Le prix de la bière

CHRONIQUE / L’actualité des dernières semaines a secoué le petit monde de la bière en Ontario.

Début août, Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, a invité plusieurs brasseries à vendre de la bière à 1 $ la canette à partir du 27 août. Une initiative très mal reçue par l’ensemble des brasseries artisanales de làs-bas qui voient, dans ce message, celui d’un produit qui doit se vendre à rabais et ne méritant pas qu’on s’attarde à son rapport qualité-prix. De très nombreuses brasseries ontariennes ont donc gentiment refusé l’offre, créant par défaut un débat sur le prix de la bière.

La bière artisanale est-elle trop chère ? Non !

Il est surtout impératif de comprendre pourquoi. Comparons le marché de la bière à celui du vin. Le vin jouit d’un terroir qui en a fait sa renommée. On choisit un cépage. On choisit une région. On choisit une appellation. On choisit une grande maison. Le prix augmente. Vous aimez le pinot noir, vous en trouverez de tous les prix à la SAQ. Vous choisirez votre bouteille en fonction de critères variés. Dans le monde de la bière, il n’y a pas de terroir, pas de grandes maisons de prestige, mais différents artisans aux réputations également différentes. Il existe bien un marché de bières par style, par région – favorisant bien plus le sentiment d’appartenance que le climat des sols – ou par réputation de brasseries, mais ça spécule plus dans le vin que dans la bière.

Par contre, que ce soit chez le vigneron ou le brasseur, il faut tenir compte de l’aspect artisanal du produit. Le cas de l’Ontario est assez flagrant, l’artisan derrière le produit n’a pas aimé qu’un homme politique décide du prix de son produit. On n’aurait jamais vu ça dans le monde du vin.

La consommation de bières au Canada est très souvent associée à l’aspect quantitatif, plus que qualitatif. Combien de fois j’entends : « Je n’en prendrais pas 3-4 de celle-là ». Ben tant mieux ! La bière présentée est un produit de qualité, à découvrir par petites gorgées dans un verre approprié. On est loin de la bière blonde douce qu’on cale à la bouteille. On doit donc boire ce produit avec autant de discernement qu’on l’a acheté. Voilà pourquoi il est très difficile de parler du prix moyen d’une bière ; ça dépend de la bière. Tout simplement.

La vraie réponse est donc assez simple. Achetez vos bières artisanales de la même manière que vous achetez votre vin : dans un esprit de découvertes, de partage et d’éveil des sens. Vous comprendrez mieux la différence de prix.

IPA du Pacifique

Brasserie Riverbend - 6 %

Description
Une inspiration d’une West Coast IPA – elle propose une amertume plus franche que certaines IPA de différentes régions du monde. La côte ouest a vu se développer les IPA contemporaines, au point de devenir une référence pour beaucoup de brasseries. Le malt utilisé est 100 % québécois. Par contre, les houblons sont d’origine américaine. On y retrouve de l’Amarillo et du Centennial.

Dégustation
C’est à boire frais. Les houblons se réveillent sur des notes fraîches de fruits et l’amertume tranchante termine chaque gorgée sans aucune humilité.

Une bière qui plaira aux amateurs de bières amères, mais équilibrées.

Assemblage #6 

Brasserie Dunham – 5,5 %

Description
Un produit distribué chez tous les détaillants membres de la DBSQ – Détaillants bières spécialisés du Québec.

Pour son 5e anniversaire, la brasserie s’est amusée à assembler de la saison framboise, Kekriek et Berliner Weiss aux cerises. Trois bières aux fruits de bonne réputation.

Dégustation
Au nez, les fruits rouges s’amusent et offrent un beau bouquet de fraîcheur. L’acidité de la bière vient appuyer ce sentiment de fraîcheur.

On s’attend à croquer dans un sorbet aux fruits. En bouche, la bière est complexe, s’amusant avec les notes boisées et taniques des fûts utilisés.

À accompagner d’un plateau de fromages frais, du terroir.