Le plaisir d’avancer en forêt fait partie des bonheurs que peuvent goûter les amateurs de randonnée alpine.

Apprivoiser la randonnée alpine

La randonnée alpine est un sport qui compte sans cesse plus d’adeptes au Québec et en Estrie. Toutefois, bien que cette activité puisse paraître plutôt accessible sur le plan des habiletés pour les gens qui skient déjà, il est souvent préférable d’avoir obtenu quelques conseils judicieux pour connaître du succès dès les premières sorties en montagne.

Directrice adjointe de l’école de glisse de la station Mont Orford, Marianne Lacasse s’est elle-même acheté un équipement de randonnée alpine au cours des dernières années. Elle s’est aperçu qu’il est préférable de ne pas improviser lorsqu’on commence à pratiquer ce sport.

«Quand j’ai fait l’achat de mon équipement, je me suis rendue compte, au moment de l’essayer, que je ne savais comment certaines parties de l’équipement fonctionnait. J’ai vu que j’avais des choses à apprendre et je me suis dit que je n’étais sûrement pas la seule dans une telle situation», raconte Marianne Lacasse.

Voilà comment est née l’idée de créer un cours d’initiation à la randonnée alpine à la station Mont Orford. Le cours en question est offert depuis l’an dernier et, preuve de sa pertinence, le nombre d’inscriptions est plus élevé que prévu.

«Je voulais donner aux gens l’occasion d’essayer ce sport avant même d’acquérir un équipement pour en faire. Lorsqu’on achète les bottes, les skis et le reste, c’est assez dispendieux alors je trouve que c’est mieux de faire l’essai en premier», explique la directrice adjointe de l’école de glisse du Mont Orford.

Pour offrir le cours d’initiation, l’école de glisse s’est tournée vers Hugues Demers, un moniteur oeuvrant au Mont Orford depuis de nombreuses années et qui connaît bien la randonnée alpine, aussi appelée «peau de phoque» ou «skimo» selon les régions.

«On s’était dit qu’on allait être content si au moins trois personnes étaient présentes à chacun des cours l’an dernier. Or, dès la première sortie, on avait une dizaine de personnes d’inscrites. On a vite senti qu’il y avait de l’intérêt», raconte Marianne Lacasse.

En soirée

Les participants aux sorties organisées par l’école de glisse de la station Mont Orford se retrouvent en fin de journée devant la boutique Ski vélo Vincent Renaud, à Orford. C’est d’ailleurs ce magasin qui fournit l’équipement nécessaire à ceux qui n’en ont pas encore fait l’achat.

«Tout l’ajustement de l’équipement est fait par Ski vélo Vincent Renaud. Ensuite, on montre aux gens comment se déplacer avec les skis et de quelle façon fonctionne les fixations et les bottes, entre autres. Et, après ça, on entreprend la montée. On guide les participants sur la montagne. On avance à un rythme très, très lent pour être sûr que ça se passe bien pour tout le monde.»

Au fil de la montée, divers conseils sont offerts aux participants. «On leur indique par exemple où ils devraient monter et à quel endroit ça serait préférable de ne pas passer. On veut en faire de bons ambassadeurs et de bons utilisateurs de la montagne», résume Marianne Lacasse.

Une fois arrivé au sommet, le groupe a souvent droit à un spectacle offert par la nature elle-même. «On est au sommet au moment des dernières lueurs du jour. La vue est très belle. C’est vraiment plaisant à voir.»

Et, avant de redescendre à la lumière de lampes frontales, les participants sont invités à changer de vêtements, question d’être confortables jusqu’au bas des pentes. On a habituellement chaud durant la montée, tandis que la descente requiert une meilleure protection contre le froid.

Valérie Colette et Marianne Lacasse, respectivement conseillère en marketing et directrice adjointe de l’école de glisse au Mont Orford, sont toutes deux des adeptes de randonnée alpine.

En croissance

Directeur général par intérim de la station Mont Orford, Simon Blouin est bien placé pour constater l’engouement grandissant pour la randonnée alpine parmi la population de la région et du Québec tout entier.

«Chez nous, au Mont Orford, on a émis plus de 930 abonnements de saison à des adeptes de cette activité pour l’hiver 2019-2020. C’est 45 pour cent de plus que l’année précédente. Je trouve ça positif, d’autant plus que les gens se conforment davantage aux règlements aujourd’hui», révèle M. Blouin.

À ses yeux, la randonnée alpine n’est pas un sport qui concurrence le ski alpin ou qui le menace. «Je considère que ça aide à garder l’intérêt des skieurs. Nous, ce qu’on aime, c’est que les gens restent à la montagne et cette activité permet ça», note-t-il.

Afin d’attirer un nombre accru d’amateurs de randonnée alpine, le Mont Orford a ajouté pour eux deux sentiers permettant de se rendre sur le mont Alfred-Desrochers, une des trois montagnes composant le domaine skiable de la station.

Mais, s’il se réjouit de la situation, le grand patron de la station est forcé d’admettre que l’émergence de la randonnée alpine ne s’effectue pas sans certains inconvénients. «On a des pistes pirates qui apparaissent à des endroits ou on préférerait ne pas en voir et on a des gens qui skient plus souvent sur des pentes où travaillent les dameuses en soirée. C’est dangereux et on risque d’avoir un accident grave un jour.»

Simon Blouin et son équipe utilisent donc différents moyens pour tenter de limiter les problèmes liés à la popularité croissante de ce sport hivernal. En outre, des infolettres ont été envoyées et des dirigeants de boutiques de sport ont par surcroît été rencontrés.

Des «extra-terrestres»

Lui-même adepte de ce sport, le député d’Orford Gilles Bélanger se souvient qu’à ses débuts lui et son partenaire d’entraînement se sentaient bien seuls parce que très peu de gens pratiquaient cette activité. «On avait l’air des extraterrestres et de ne pas avoir assez d’argent pour se payer des billets de remontée mécanique pour skier normalement», dit-il en rigolant.

Quoi qu’il soit, M. Bélanger confie que la randonnée alpine est son sport d’hiver préféré. «Tu peux t’en aller seul en forêt avec de la musique dans les oreilles et te promener à plein d’endroits peu accessibles en temps normal. En plus, il y a un côté cardio qui me plaît bien», fait-il valoir.

Le député d’Orford note également que la randonnée alpine présente un avantage à ne pas dédaigner, comparativement au ski de fond. «On trouve moins de neige à la base des montagnes à cause des changements climatiques. En se déplaçant vers les sommets, il y a un meilleur enneigement.»

Les participants au cours d’initiation à la randonnée alpine, au Mont Orford, effectuent une partie de leur sortie en utilisant des lampes frontales

En vitesse

Sept sorties à la lampe frontale au Mont Orford
98 $ par sortie
Comprend le billet et l’équipement complet
Réservation: 819-843-6548, poste 8356 ou ecole@orford.com.