Il vous sera très difficile de trouver la Péché Mortel Jameson Edition en bouteille, la frénésie s’étant emparée des amateurs avertis.

Affinage, marketing et importations

CHRONIQUE / Sur les routes du Québec durant tout l’été, j’en profite pour vous parler de l’actualité bière, de rencontres d’artisans ou de découvertes brassicoles. Le fil conducteur de cette chronique ? De la spontanéité et de la bière.

Péché Mortel Jameson

Depuis quelques années, le célèbre whisky Jameson propose deux produits affinés en fûts ayant contenus de la bière: Le Caskmates Stout Edition et le Caskmates IPA Edition. Les deux fûts proviennent de la brasserie Franciscan Well Brewery située à côté de la distillerie de Midleton, en Irlande. Bien entendu, les fûts utilisés par la brasserie provenaient de la distillerie.

Pendant la tournée de promotion mondiale, pour laquelle j’ai été invité à organiser une activité de dégustation à l’aveugle avec des personnalités du monde de la bière du Québec en 2018, Jameson a très vite compris le potentiel énorme de s’associer avec des brasseries influentes et de leur envoyer quelques fûts de whisky afin d’y affiner de la bière. C’est Dieu du Ciel! qui a été sélectionnée et qui a relevé le défi en offrant, depuis ce 11 juillet 2019, la Péché Mortel Jameson Edition, leur fameuse Imperial Stout au café qui a été affinée en fût. La bière est d’ailleurs très souvent utilisée pour différentes expériences d’affinage offertes pendant le Péché Day annuel.

Il vous sera très difficile de trouver cette bière en bouteille, la frénésie s’étant emparée des amateurs avertis. Par contre, différents bars de la province la proposent en fût. Une version plus chocolatée et vanillée qui offre des notes subtiles de whisky, le Jameson n’étant pas forcément le whisky le plus explosif du côté des saveurs.

Amateurs de whisky, la version Jameson Péché Mortel sera bel et bien offerte, les bouteilles s’envoleront fort probablement très vite.

La Budweiser «fraîchement brassée», une stratégie marketing qui consiste à souligner la livraison de la bière, dans de grandes cuves, à la vue des consommateurs.

Monologue sur les réseaux sociaux

L’algorithme de Facebook me place, fort probablement, dans «amateur de bière du Québec, masculin, 35-45 ans, grand voyageur, un ti-peu chialeux à ses heures, gaucher et qui aime le bacon…». Me voilà donc submergé de publicités de bouffe, de séminaires pour changer ma vie, de stylos qui ne coulent pas, mais surtout de publicités sur la bière.

La dernière en date nous provient de Budweiser, une publicité qui me vantait la grande qualité de la bière, car brassée plus longtemps. «Que voulez-vous dire par brassage plus long?» me suis-je empressé de leur demander. Le slogan est tellement vague qu’il ne veut rien dire. J’attends encore une réponse…

Quelques jours plus tard, je suis assis dans une Cage aux Sports et me commande une Budweiser «fraîchement brassée». Une stratégie marketing qui consiste à souligner la livraison de la bière, dans de grandes cuves, à la vue des consommateurs. Encore un message marketing qui n’apporte pas grand-chose, si on se fie à la vitesse à laquelle ce genre d’établissements change les fûts de bière depuis de nombreuses années…

À l’ère des réseaux sociaux et de l’interactivité avec les internautes, me semble que les équipes marketing de Budweiser pourraient arrêter de balancer des messages vides de sens. Le consommateur est de moins en moins dupe. Et s’il y a réellement une différence significative du goût et des saveurs entre les différentes Budweiser, qu’ils répondent aux questions des consommateurs… 

La Moneuse

Deux bières belges à la SAQ

La SAQ étant très discrète sur ses nouveaux arrivages de bières, je viens d’apercevoir en succursale deux produits que je vous invite à découvrir et qui semblent être sur les tablettes depuis quelques semaines.

La brasserie de Blaugies, située dans une petite commune de Belgique, est en activité depuis 1988 et propose des bières non filtrées, refermentées en bouteille. Depuis que je m’intéresse au monde de la bière, Blaugies a toujours fait partie de mes brasseries préférées pour le brassage de ses bières sans compromis, à l’ancienne, avec une philosophie de brassage proche des fermes-brasseries du 20e siècle.

La Vermontoise

Vous pouvez vous procurer la Moneuse, une spéciale belge, brassée avec malt, houblon, levure et eau. On y retrouve un nez de levure belge sur un corps rond et une légère amertume sèche. Ainsi que la Vermontoise, une bière collaborative réalisée avec le maître brasseur de Hill Farmstead et qui se distingue par un houblonnage aux houblons américains, une initiative pas très commune en Belgique.

Disponibles en format 750ml, elles se partagent bien et ont un potentiel de garde de un à deux ans.