Bière

Les bières biologiques

CHRONIQUE / Les produits biologiques ont la cote au Québec. On en retrouve de plus en plus et les magasins spécialisés proposent une gamme variée de plus en plus étendue. Il est dorénavant possible de faire son épicerie uniquement avec des produits bio. La chaîne d’épicerie Rachelle Béry, connue pour sa grande sélection de produits biologiques, a d’ailleurs fait le pari d’identifier les bières biologiques de son offre globale de bières de microbrasseries. Mais au fond, qu’est-ce qu’une bière biologique ?

Un produit biologique doit répondre à des règles strictes. Par exemple, il est interdit d’utiliser des pesticides ou des herbicides chimiques sur les cultures. Le désherbage doit se faire mécaniquement ou par tout autre moyen « naturel ». Même chose du côté du renforcement des sols, qui n’implique pas de produits fertilisants chimiques ou autres. Des techniques de rotation de cultures ou d’épandage de matières organiques sont requises. Et, bien entendu, pas de semences génétiquement modifiées. On utilise plutôt des semences non altérées. Pour les produits transformés, comme la bière, il est également interdit de leur ajouter des colorants chimiques, des additifs ou des arômes artificiels. Aucun agent de conservation chimique n’est également autorisé.

Sexologie

Le sexe au chant du coq

CHRONIQUE / Cocorico! Le sexe, le pratiquez-vous dès le chant du coq? Parce qu’il y a de ces gens plus matinaux que d’autres, la case horaire du petit matin semble être une option envisageable pour bien débuter la journée... ou régler le dossier. Aux vertus tantôt indéniables pour le lève-tôt et discutables pour la marmotte, la réalité entourant la pratique sexuelle au réveil comporte elle aussi son lot de pour, et bien entendu, de contre.

Oui, oui et oui! 

Bien sûr que d’entamer toute journée par cette proximité qu’engendre la relation sexuelle représente certes une excellente façon de faire, autant pour vous que pour le couple. Profiter de ce regain d’énergie succédant à une bonne nuit de sommeil, de cet élan peut-être suggéré par les brides de songes plus suggestifs, d’une vision sur une mini-rikiki jaquette, de la tranquillité de la maisonnée ou encore d’une érection aussi provoquée par l’envie d’uriner, je dis oui!

Recueil de soupes de Josée di Stasio : du réconfort plein la louche

CHRONIQUE / Je ne vous apprends rien : la soupe est un plat doudou. Un bol de réconfort qu’il fait bon savourer lorsque les journées passent définitivement en mode automne. Pile-poil pour ce temps de l’année où la saison froide nous donne des envies de mijotés et de plats chauds, Josée di Stasio propose un nouveau recueil de recettes tout entier consacré à la soupe et à ses accompagnements.

Le thème de ce cinquième livre allait presque de soi pour la maestria québécoise du bon manger.

« J’aime la simplicité et la convivialité de la soupe, c’est un mets très collé à mon quotidien, pour plusieurs raisons. C’est tout simple à préparer, ça ne demande pas beaucoup de techniques de cuisine ni énormément de temps. J’aime le fait que c’est un plat qui suit les saisons. En hiver, on le cuisine avec des légumes racines et des céréales, de l’orge ou du riz, par exemple. Pendant l’été, on profite de l’abondance des légumes frais. C’est une façon de manger local et sainement tout au long de l’année. Même si on n’a presque rien dans le frigo, on est capable de concocter une soupe en deux temps trois mouvements. J’adore ce type de cuisine où on s’arrange avec ce qu’on a sous la main. »  

Consommés, potages, veloutés et autres déclinaisons en bouillons ont toutes leurs particularités et leurs exigences. Josée a réuni dans ce nouveau carnet 52 recettes à servir dans un bol, en plus de quelques accompagnements où figurent scones, craquelins et biscuits soda maison. Dès le premier coup d’œil, on reconnaît la signature di Stasio. Abondamment illustré des appétissantes photos de Dominique T Skoltz, le livre vert au papier glacé et au joli format carré marie souci du détail, alléchant éventail de recettes et graphisme séduisant.

De page en page, le plat vedette confirme sa couleur caméléon : la soupe se moule aux goûts des uns et des autres et se module aux récoltes, en plus d’être un mets dépanneur qu’on peut préparer à l’avance.

« Personnellement, je suis toujours ravie d’en avoir sous la main. Je congèle très peu de plats, mais les soupes, je n’hésite jamais à en garder une ou deux au congélo. Ça me dépanne infiniment, pour le lunch comme pour le souper. »

Ici comme ailleurs

Ici encore, je ne vous apprends rien : la marmite qui fume sur le feu a quelque chose de rassembleur. D’universel, aussi.

« Dans toutes les cultures, la soupe fait partie de la tradition », résume la créatrice de recettes, qui garde un souvenir précieux des soupes que cuisinait chacune de ses deux grands-mères.

Son recueil tout neuf jumelle autant des classiques (poule au pot, soupe dinde et nouilles, soupe miso, crème de champignons, minestrone, velouté de poivrons rouges, crème de tomates) que des propositions plus audacieuses (soupe indienne aux lentilles rouges, soupe chili végétarien, soupe thaïe aux carottes, soupe de boulettes au gingembre). Quelques originales déclinaisons aux fruits figurent aussi dans sa sélection. Soupe fraîche de rhubarbe et de fraises, petits fruits à la nage, jus glacé aux pêches, entre autres.

« Ce qui est bien, avec les soupes, c’est que les possibilités sont infinies. Certaines sont d’une grande finesse, d’autres ont des parfums plus corsés. Elles se prêtent à toutes les occasions. Quand on reçoit une grande tablée, par exemple, c’est très pratique de servir un potage déjà prêt en entrée. On peut aussi inverser la formule et présenter une soupe-repas après une mise en bouche un peu plus consistante. Peu importe quand et comment on la sert, on peut donner du corps et de la personnalité à la soupe en jouant avec les aromates, les accompagnements, les garnitures. »

L’animatrice et auteure a d’ailleurs plus d’un tour dans son bol pour « réveiller » soupes et potages.

« On peut braiser les légumes, ajouter du zeste d’agrumes ou bien un peu de citron, de vinaigre ou de moutarde, selon la recette. Ça balance les saveurs. En glissant la croûte d’un fromage parmesan dans le bouillon, on donne aussi un petit kick au plat. Jouer avec les épices est une autre façon de réinventer nos classiques et jazzer nos soupes. Je pense au paprika fumé, par exemple, qui apporte de la profondeur et rehausse à merveille les soupes végés », note celle qui signe un chapitre sur les à-côtés et un autre sur les garnitures.

« Les garnitures, ce n’est vraiment pas juste pour faire joli. Ça ajoute un parfum, une signature. Des cubes de fromage Halloumi qu’on a fait griller, des croûtons maison assaisonnés, des noix grillées ou un pesto de saison, par exemple, donneront du punch même au plus simple des bols. Ce côté ludique me plaît vraiment beaucoup. La soupe devient comme une toile de fond sur laquelle on se plaît à ajouter divers éléments, au gré de ses envies et de ses préférences. »

Tous les possibles sont là. Et j’ai comme l’impression que nous serons nombreux, au cours des prochains jours, à expérimenter autour de la soupière. Mais là non plus, je ne vous apprends rien. ►         

Éviter les impairs 

Elle a beau se composer d’un minimum d’ingrédients et être très pratico-pratique, la soupe a quand même ses impératifs. « Un consommé aux tomates, une soupe aux pêches ou bien des petits fruits à la nage, c’est vraiment meilleur en saison, lorsque les ingrédients sont frais. Certains faux pas sont à éviter, même pour un plat aussi simple que la soupe. Un potage d’asperges qui a bouilli, on oublie ça. Même chose pour la soupe dans laquelle marinent des pâtes qui ont gonflé dans leur bouillon. » 

Une découverte : les gnudi

Le mot, déjà, est intrigant. Gnudi. Ça ne ressemble à rien que je connais. C’est pourtant tout simple. « En fait, ce sont des quenelles italiennes généralement faites à base de ricotta. On pourrait dire que c’est la farce des raviolis, sans la pâte », m’explique Josée, qui aime les servir dans un fin consommé de tomate concocté en saison.

Vous voulez lire?

À la soupe, de Josée di Stasio

Flammarion Québec, 192 p.

BOURLINGUEUR

Le détour obligé en territoire palestinien

LE BOURLINGUEUR / La flambée de violence à Gaza ne s’apaisait pas. Quelques jours avant mon départ pour Tel-Aviv, les chaînes de nouvelles en continu me renvoyaient des images de Jéricho et de Bethléem, en Cisjordanie, barricadées. Les rues, même en plein jour, semblaient désertes. La situation politique apparaissait tendue.

Bien entendu, les touristes ne sont pas admis à Gaza. Au moment des combats, même une partie du sud d’Israël était déconseillée aux touristes. Un tir de mortier s’est d’ailleurs frayé un chemin dans la région du désert de Negev, où je considérais de m’aventurer. En août, une roquette s’est échouée près de la ville de Be’er Sheva.

Il m’apparaissait tout à fait essentiel, à tout le moins, de visiter la Cisjordanie pour comprendre la réalité des territoires palestiniens occupés. Il faut toutefois considérer le moyen de traverser le mur qui sépare Israël de la Cisjordanie. Par exemple, certaines compagnies de location refusent que leurs voitures traversent en Cisjordanie. Les tours guidés et l’autobus deviennent des options plus faciles.

À partir de Tel-Aviv et Jérusalem, plusieurs compagnies proposent effectivement de visiter Ramallah, Bethléem et Jéricho dans une même journée. D’autres suggèrent plutôt de s’attarder à Hébron. Mea culpa, mon horaire ne me permettait qu’une courte journée à Bethléem, ce qui est largement insuffisant.

Insuffisant parce qu’on veut bien s’imprégner de l’atmosphère, déambuler nonchalamment dans les rues, faire un crochet par le marché public et manger au carré... Manger. Si on veut comprendre toute la dynamique des relations tendues dans ce coin du monde, peut-être est-il préférable d’y passer la nuit, de se trouver un guide non seulement pour les attractions principales, mais aussi pour s’aventurer dans un camp de réfugiés. Pourquoi pas?

J’ai pris le transport public près de la porte de Damas, aux limites de la vieille ville de Jérusalem. L’autobus nous conduit directement à Bethléem, sur le bord d’une route. Bien qu’on ait pu apercevoir un poste de contrôle, personne n’a demandé de voir notre passeport.

Dès lors, des chauffeurs de taxi proposent de nous conduire d’un site à l’autre pour un prix tout à fait raisonnable. S’ils sont fermes et qu’ils n’abandonnent pas au premier refus, ils ne se montrent jamais agressifs comme certains marchands dans les villes touristiques ailleurs dans le monde. C’est d’ailleurs une caractéristique qui m’a sauté aux yeux : l’amabilité de gens de Bethléem.

Au carré Manger, j’ai acheté des cartes postales en oubliant que je ne pourrais pas les poster, avec leur timbre palestinien, une fois rentré à Jérusalem. Pour presque rien, j’y ai mangé un plat typique, le musakhan, composé de poulet, d’oignons, d’amandes et de pain arabe. Et dans une boutique de souvenirs à quelques pas de là, le propriétaire m’a offert de grimper un escalier, dans l’arrière-boutique, pour apprécier la vue qu’il a de son toit.

À la vôtre!

Où déguster cet automne?

CHRONIQUE / Dans les semaines à venir, le vin, le gin et même le saké déferleront à grands flots sur Montréal et Québec. N’en manquez pas une goutte grâce à cette chronique qui revêt une allure d’agenda communautaire pour les besoins de la cause. De Montréal à Québec, l’offre est dangereusement excitante cette année.

Le Salon des vins d’importation privée (vin vegan)
27 et 28 octobre - Montréal et 30 octobre - Québec

Déguster des importations privées, c’est bien, mais pouvoir le faire en compagnie du vigneron, c’est mieux! Plus de 120 artisans des quatre coins du monde viennent présenter plus de 1000 produits non offerts à la SAQ. Attendez-vous à y découvrir des vins issus de vignobles de petites et moyennes tailles, en agriculture conventionnelle, bio et biodynamique. Ce sera aussi l’occasion de déguster les lauréats du Jugement de Montréal 2018 mettant en vedette des vins rouges natures. Notez que si vos papilles s’emballent, il sera possible de commander vos vins préférés sur place, à la caisse ou à la bouteille!

Prix : 25 $ en prévente (30 $ à la porte), incluant 15 $ en coupons de dégustation

La Grande Dégustation de Montréal
1, 2 et 3 novembre - Montréal

Vous rêvez de brunello di montalcino, de barolo, de supertoscans et de franciacorta? Arrêtez de faire votre valise parce que le plus grand rassemblement vinicole de l’est du pays célèbre l’Italie pour sa cuvée 2018. Les amateurs de gin seront heureux d’apprendre que le spiritueux tiendra une place centrale à la LGDM, au même titre que le pinot gris. Plus de 220 producteurs, 18 pays et 1300 produits, dont 800 en importation privée (disponibles en commande à l’unité!) et 500 en SAQ... une journée, c’est pas assez!

Prix : 15 $ en prévente (ou 18 $ à la porte) + 1 $ par coupon de dégustation

Raw Wine
1er novembre - Montréal

Grande nouveauté cette année, Montréal accueille pour la première fois le salon Raw Wine qui mettra de l’avant des vignerons produisant des vins biologiques, biodynamiques et natures. Ils seront une centaine, dont quelques-uns de chez nous (Négondos, Les Pervenches et Nival), à y présenter des jus peu manipulés en provenance de l’Autriche, de la Hongrie, de la Slovénie, de Grèce et d’ailleurs.

Prix : 45 $ tout inclus

Kampaï
25 octobre - Montréal

Vous ne comprenez rien au saké et vous n’avez toujours pas éclairci l’épineuse question à savoir s’il faut le servir chaud ou froid? Ne vous en faites pas, l’alcool de riz japonais dégage une aura de mystère pour nombre d’entre nous. Bonne nouvelle, un 1er festival de saké débarque au Québec cet automne avec une centaine de variétés de saké, dont une cinquantaine qui ne s’est jamais retrouvée en SAQ. Plus 4 restaurants sur place pour vous faire découvrir les délices de la gastronomie japonaise.

Prix : 50 $ en prévente (ou 70 $ à la porte)

Récits millésimés
22 au 25 octobre - Montréal

Échelonné sur 4 jours, Récits millésimés est une série d’événements mettant en vedette le grand collectionneur de vins Michel-Jack Chasseuil. Il y sera question, entre autres, d’anecdotes et de péripéties entourant sa caverne d’Ali Baba réunissant quelque 40 000 bouteilles de vins mythiques (avec Véronique Rivest), de vins du Québec (avec Nadia Fournier) et d’accords vins et desserts.

Prix : Entre 55 $ et 104 $

Sexologie

Protégé et en santé

CHRONIQUE / Sans condom, c’est non! Du moins, c’est ce que j’aimerais. Bien que cette méthode mécanique soit des plus efficace contre la propagation des infections transmises sexuellement et des grossesses indésirées, il y a encore de ces gens rébarbatifs à son utilisation, le saviez-vous?

Étant mère, des prétextes insignifiants pour justifier un comportement peu souhaitable, j’en ai entendu mille et un. Me faire charrier, j’ai l’habitude. Par conséquent, en entendre des vertes et des pas mûres sur ces occasions de ne pas porter ledit préservatif, c’est la même chose. De ce fait, de déboulonner ses excuses bidon pouvant compromettre votre santé, le voici mon mandat du jour!

En cuisine

Récolte bouquine

CHRONIQUE / Parce que plusieurs nouveaux titres ont pointé leur nez relié sur les tablettes culinaires des librairies avant même la fin des vacances estivales, et parce que nous sommes à quelques jours du début du 40e Salon du livre de l’Estrie, coup d’œil sur cinq bouquins de cuisine publiés dernièrement.

Famille futée 4 — 200 recettes pour survivre aux soirs de semaine
Geneviève O’Gleman et Alexandra Diaz, Éditions de l’Homme. 496 p.

Avant que leur rupture professionnelle fasse les manchettes, Geneviève O’Gleman et Alexandra Diaz ont largué un dernier bouquin réunissant les recettes des saisons cinq et six de l’émission qu’elles pilotaient à Télé-Québec. Rien de bien nouveau sur papier, donc. Des recettes connues et déjà vues par les téléspectateurs qui étaient nombreux à l’hebdomadaire rendez-vous culinaire. Reste que la brique vaut le coup d’œil. Agréable à consulter, joliment illustrée, elle combine recettes pas compliquées et astuces sauve-la-vie pour qui veut cuisiner davantage sans toujours savoir par où commencer. Testées : la recette de biscuits au chocolat 5 ingrédients (et sans gluten). Ils se font en deux temps trois mouvements et ils valent leur pesant de cacao.  

Dans un registre moins hyperglycémique, la sauce aubergines et tomates a plu à tout le monde, de même que le sandwich à l’effiloché végé, qui tranche joyeusement avec les versions végétariennes habituelles. Alors que plusieurs recettes recommandent le fruit du jacquier, en raison de sa texture confondante, la version proposée ici est à base de tofu et de carottes râpées. Et le résultat est franchement bon.

Bourlingueur

La ville ultrareligieuse de Safed

CHRONIQUE / Malgré la chaleur accablante pesant sur Israël, en début d’été, il fallait prévoir de quoi se couvrir pour les soirées fraîches à Safed, dans les hauteurs de la Galilée, à proximité du Golan. Même dans le jour, personne ne se battait pour les quelques parcelles d’ombre qu’on pouvait trouver.

Safed, à 900 m d’altitude, compte environ 32 000 habitants. C’est aussi le lieu de naissance du leader palestinien Mahmoud Abbas. Le principal défi, en arrivant, est de déterminer comment écrire le nom de la ville. Outre Safed, on l’appelle aussi Tsfat ou Tzfat.

De l’ouest du pays, la route vers cette ville mystique est particulièrement jolie. On gravit des montagnes sur des routes aux courbes infinies. Et la navigation dans la ville elle-même requiert un brin d’étude puisque les principales rues, à sens unique, peuvent nous forcer à de longs détours pour revenir en arrière.

J’ai dormi au Safed Inn, un bed and breakfast situé aux limites de la ville, dans un coin à l’opposé du vieux quartier. L’établissement, avec son énorme jardin et son offre de copieux petits-déjeuners, se trouvait à deux pas d’une base militaire. Deux pas exactement. Du jardin, en se mettant sur le bout des pieds, on voyait les jeunes hommes et femmes s’entraîner de l’autre côté d’un mur surmonté de barbelés.

On les voit d’ailleurs partout en ville, les jeunes enrôlés, avec leurs uniformes, déambulant nonchalamment. Au premier coup d’œil, ça surprend un peu. Mais dans un pays où le service militaire est obligatoire, c’est chose commune.

Le premier soir, je me suis échoué dans un restaurant irakien complètement vide. Le repas typique, un bouillon avec des boules de semoule et un peu de viande, mijotait dans une grande casserole. Le chef, un costaud moustachu, m’en a servi plusieurs louches en me regardant d’un air amusé.

Une promenade dans la nuit neuve m’a fait aimer Safed immédiatement. La ville sainte, très religieuse, est la capitale de la kabbale, un courant mystique du judaïsme. À n’en point douter, à la lumière faiblarde éclairant les rues piétonnes de la vieille ville, on sent tout de suite une atmosphère étrange mais apaisante. Safed a une âme.

Il y a aussi ce sentiment d’immensité quand on se tient tout en haut du grand escalier, Ma’alot Olei Hagardom, qui traverse la vieille ville pour descendre vers l’ancien cimetière juif. La vallée, à l’horizon, n’est que l’immensité d’une épaisse obscurité parsemée de quelques flambeaux lumineux.

Les allées, où les boutiques bourdonnent en plein jour, sont désertes une fois la nuit tombée. Les volets des fenêtres sont fermés. Des ribambelles de fanions aux couleurs d’Israël flottent nonchalamment. À l’occasion, on entend le bruit des pas sur la pierre quand des hommes quittent la synagogue pour rentrer à la maison.

Assis dans le grand escalier, j’ai regardé ces passants, majoritairement des juifs hassidiques, se déplacer avec une détermination évidente. Pas de pertes de temps en chemin. J’ai rapidement compris pourquoi, comme touriste, il est préférable d’éviter Safed un jour de sabbat. Déjà en soirée, c’est le calme plat. Les journées de repos sont donc forcément encore plus silencieuses.

On se perd avec joie dans les ruelles étroites de la vieille ville, où les portes et les volets bleu ciel tranchent sur des murs blancs. Comme dans un labyrinthe, on se surprend à passer deux fois devant la même synagogue, devant la même galerie d’art.

À LA VÔTRE

Des bulles de qualité supérieure

CHRONIQUE / Me voilà sur la route ondoyante qui relie la ville de Conegliano et le village de Valdobbiadene, dans la province de Trévise en Vénétie. La topographie évolue rapidement au fur et à mesure qu’on dévale la trentaine de kilomètres qui sépare les deux communes. De légèrement vallonné à Conegliano, le terrain devient fortement accidenté à Valdobbiadene. C’est ici, dans la contrée luxuriante des préalpes, où s’élèvent à perte de vue les vignes de glera, que l’élite du prosecco prend vie.

Pas étonnant que ce jardin d’Éden du nord-est de l’Italie soit candidat pour devenir un site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Si le jugement s’avère positif, il s’agira d’une seconde distinction déterminante en peu de temps pour cette région scénographique qui a été élevée au rang de DOCG (Dénomination d’origine contrôlée et garantie) en 2009, le plus haut niveau de qualité italien. Conegliano valdobbiadene prosecco superiore DOCG représente le cœur et l’origine du vin effervescent éponyme — une forteresse de quelque 7500 hectares au milieu de la vaste prosecco DOC (20 000 hectares) qui s’étend de la Vénétie au Frioul-Vénétie Julienne.  

150 ans de prosecco

L’effervescente histoire du prosecco commence il y a tout juste 150 ans, à la fondation de Carpenè Malvolti, premier et plus ancien établissement viticole dans les régions de Conegliano et Valdobbiadene. Après une escale en Champagne, Antonio Carpenè revient à Treviso avec l’intention de faire un mousseux italien. Mais pas question de planter du chardonnay ou du pinot noir, il tient mordicus à travailler avec le cépage indigène de la région, le glera, alors connu sous le nom de « prosecco ». Après des essais en méthode traditionnelle (comme en Champagne), force est d’admettre que ça ne fonctionne pas. La forte acidité et le caractère aromatique du glera s’avèrent incompatibles avec cette technique de vinification. Puis, au fil des recherches et perfectionnements de la méthode charmat (ou martinotti en Italie), Carpenè Malvolti est devenue la première maison italienne à produire un prosecco mousseux — avec deuxième fermentation en cuve close.

De 1968 à 2018, les cinq générations de Carpenè se sont révélées très impliquées dans le développement et le rayonnement de leur région viticole, en laissant d’ailleurs en héritage la toute première école œnologique du pays. Leur succès s’appuie aussi sur une étroite collaboration avec une centaine de familles, certaines avec lesquelles ils travaillent depuis cinq générations. Depuis ses débuts, la maison s’est engagée à respecter et à reconnaître l’expertise des vignerons locaux en achetant leurs raisins plutôt qu’en tentant d’acheter leurs vignes. « Ils produisent les meilleurs raisins, nous on se concentre à produire le meilleur vin! » lance Domenico Scimone, directeur des ventes et marketing.

Une DOCG de plus en plus verte

Sur la route vers Conegliano, l’œnologue en chef de Carpenè Malvolti me fait remarquer que « plus souvent qu’autrement, les vignerons ont planté à même leur propriété. Dans la cour arrière et devant la maison! » Il va sans dire qu’ils n’iront pas y mettre n’importe quoi. D’ailleurs, il y a un détail qui attire rapidement l’attention. Tout est si… vert. Depuis 10 ans, le consortium de la DOCG a mis sur pied une série de projets pour le développement d’une viticulture plus respectueuse de l’environnement et de ceux qui l’habitent. Au programme : valorisation de la biodiversité, transformation des déchets de taille et de marcs de raisins en énergies renouvelables et réduction des produits phytosanitaires. Justement, il y a cette odeur familière qui chatouille l’odorat en foulant des pieds une quelconque parcelle. Tiens, tiens, on vient d’épandre des résidus de raisins pressés dans les rangs enherbés, en guise d’engrais. C’est bon. Les bottines suivent les babines.

Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG

Il n’y a que les Italiens pour faire des dénominations aussi longues. N’empêche qu’on leur pardonne puisqu’ils font là un sapristi de bon jus. Les raisins de la DOCG, vautrés entre la mer Adriatique et les Dolomites, qui apportent respectivement un souffle chaud de jour et un vent frais de nuit, développent une forte acidité grâce à l’écart thermique. Les rendements sont plus restreints que pour la DOC Prosecco, et les vins plus complexes. Ce qui va probablement à l’encontre de discours qualifiant le prosecco de « simple ».

Domenico parle du prosecco comme d’un « bon ami ». Il n’aurait pu mieux dire. C’est l’ami vers lequel on se tourne quand on veut passer un bon moment, peu importe l’occasion ou l’heure de la journée. Le copain énergique, un peu caméléon, qui sait se doser selon la compagnie, sur la table et autour. Ce sont les bulles avec lesquelles on s’autorise à faire pop! sans raison apparente. Qu’il fait bon festoyer sans avoir à y laisser sa chemise.

Sexologie

Intrigant, ce petit jardin secret?

CHRONIQUE / Ce que vous ne savez pas de votre partenaire amoureux, ce petit jardin secret dont vous n’avez aucun accès, cette zone de son intimité qui ne vous est pas attribuée... Est-ce la source de votre curiosité ?

Bien que le couple soit constitué de deux entités, reste tout de même une part d’individualité qui peut amener des questionnements. Parce que vous ne savez pas tout de cette personne qui partage votre vie, comment vivez-vous avec ce côté inconnu de l’autre qui ne vous appartient pas ? Voyons-y !