Horticulture

La fascinante histoire de la pivoine

Les 22 et 23 juin se tient au Parc Marie-Victorin à Kingsey Falls (près de Drummondville) la dixième exposition annuelle de la Société québécoise de la pivoine, le Grand Bal des pivoines. Pour l’occasion, pourquoi ne pas faire un tour dans l’histoire de cette plante si populaire?

Origines lointaines

La pivoine appartient au genre Paeonia, un genre de 33 espèces surtout originaires de l’Europe et de l’Asie, avec deux espèces «égarées» trouvées en Amérique du Nord (P. brownii est même indigène au Canada, car elle s’étend jusqu’en Colombie-Britannique.) C’est le seul genre de la famille des Paéoniacées. Ainsi, la pivoine n’a aucun proche parent.

Le nom vient de Péon, disciple d’Asclépios, le dieu grec de la médecine. Selon la légende, il trouva une racine capable de réduire la douleur des femmes pendant l’accouchement. Cela rendit Asclépios si furieux qu’il voulut tuer son élève. Le dieu Zeus intervint toutefois et changea Péonia en la plante qu’il avait découverte, la pivoine. 

Depuis la nuit des temps, la pivoine est vue comme une plante médicinale, autant en Europe qu’en Asie. On la considérait presque comme une panacée, capable de guérir les tumeurs, les infections, les problèmes neurologiques, et beaucoup plus encore. 

La pivoine est comestible aussi, surtout ses fleurs. D’ailleurs, on dit que Confucius (551–479 EC) fut un grand amateur de la sauce à la pivoine!

C’est en Chine, pendant la dynastie Tang (7e siècle), qu’on commence non seulement à cueillir les pivoines sauvages, mais à les cultiver. C’est dans l’ancienne capitale de la Chine, Luoyang, que la pivoine fut cultivée pour la première fois. Elle demeure toujours le centre de la culture de la pivoine aujourd’hui, 1500 ans plus tard.

À l’époque, on ne savait rien de l’hybridation, ni même que le pollen servait à féconder les fleurs. Malgré cela, grâce à la culture de différentes variétés côte à côte, des croisements spontanés eurent lieu, donnant des plantes aux fleurs plus attrayantes. On commença alors pour la première fois à voir la pivoine comme plante ornementale. Bientôt, la pivoine devint l’emblème floral de la Chine et le demeura jusqu’à l’arrivée au pouvoir de la République populaire de Chine en 1949.

La pivoine de Chine, l’ancêtre de nos pivoines de jardin, n’arriva en Europe qu’au 18e siècle. On la nomma alors «pivoine blanche» (lactiflora veut dire «à fleurs laiteuses»), car la première variété connue était de cette couleur.

+

Horticulture

Des fines herbes qui attirent les abeilles

Les fines herbes sont très à la mode ces temps-ci. On peut les cultiver en pleine terre ou en pot, normalement dans un endroit ensoleillé au sol bien drainé, puis récolter leurs tiges, feuilles et fleurs pour la cuisine. Mais plusieurs herbes jouent aussi un deuxième rôle: elles plaisent aux abeilles (et aux papillons aussi!), les attirant souvent de loin. On a donc tout intérêt à incorporer ces herbes au potager, car plusieurs légumes — concombres, courges, melons, poivrons, etc. — ont besoin d’abeilles de leur pollinisation, mais n’ont pas autant le don de les séduire que les herbes.

Voici 10 herbes qui plaisent autant aux abeilles qu’aux humains:

1  Agastache fenouil (Agastache foeniculum) : Une jolie grande vivace aux épis de fleurs bleu violet qui se succèdent pendant tout l’été, au grand plaisir des abeilles. L’agastache fenouil est une des rares fines herbes indigènes au Québec. Elle est aussi l’herbe de l’année 2019! Les fleurs et les feuilles au goût anisé sont utilisées comme assaisonnement ainsi que dans les tisanes, les sirops et les salades. 90-120 m x 45-60 m. Zone 2.

Horticulture

La vivace de l’année 2019

Décidément, la Perennial Plant Association sait comment choisir une plante méritante! Année après année dans sa campagne «vivace de l’année», elle fait la promotion d’une plante réellement exceptionnelle et, surtout, qui a fait ses preuves. En effet, la vivace de l’année n’est jamais une nouveauté: il faut qu’elle soit sur le marché depuis plusieurs années avant d’être ajoutée à la liste des 400 gagnantes potentielles proposées annuellement.

Pour mériter un prix vivace de l’année, la plante doit:

  • Être adaptée à une large gamme de conditions climatiques;
  • Nécessiter peu d’entretien;
  • Offrir une bonne résistance aux parasites et aux maladies;
  • Être largement disponible sur le marché;
  • Offrir plusieurs saisons d’intérêt ornemental.

Cette année, le choix va à la bétoine ‘Hummelo’ (Stachys ‘Hummelo’), une vivace peu connue du grand public, mais à la floraison spectaculaire, lancée dans les années 1990 par l’hybrideur allemand Ernst Pagels. Le nom est en honneur du grand architecte paysager néerlandais, Piet Oudolf, dont le jardin se trouve à Hummelo, aux Pays-Bas. 

C’est une vivace aux nombreuses tiges dressées portant chacune un épi (Stachys vient du grec pour épi) de fleurs rose violacé qui persistent souvent deux mois, de juin à août, parfois même à septembre. Les petites fleurs tubulaires ont deux lèvres à l’extrémité, un trait classique des plantes de la famille des Lamiacées (famille de la menthe). Ses fleurs attirent les abeilles.

Maison

Les Jardins de Métis ouvrent leurs allées

MATANE — Le feuillage vert tendre des arbres annonce l’ouverture des Jardins de Métis. Ce samedi 1er juin 2019, plusieurs activités attendent les visiteurs au cœur du site situé aux portes de la Gaspésie.

Parmi celles-ci, notons la corvée annuelle de nettoyage des berges, à laquelle participe une bonne partie des employés des Jardins. En fin de journée, les efforts des participants de la corvée seront bien récompensés lors de la première activité culinaire de la saison, alors que le nouveau chef exécutif, Frédérick Boucher, va cuisiner des saveurs gaspésiennes avec la collaboration de son équipe.

La journée d’ouverture est aussi l’occasion de présenter quatre nouvelles expositions, dont des tableaux du regretté cinéaste Gilles Carle à la maison écologique ERE 132. Pour l’exposition L’audible langage des fleurs, les murs de la Villa Estevan sont meublés de portraits de fleurs de la photographe T. M. Glass.

L’enseignant en photographie du Cégep de Matane, Yves Arcand, présente son exposition intitulée Antifloral. «C’est une approche avec des éléments moins flamboyants des fleurs, décrit le directeur des Jardins de Métis, Alexander Reford. Il nous fait regarder la fleur un peu autrement.»

La photographe Joan Sullivan qui, selon M. Reford, a complété un parcours complet des parcs éoliens à travers le Canada «pour photographier la beauté paysagère, mais aussi pour parler un peu des changements climatiques», présente Vents du changement.

Infos : jardinsdemetis.com

Maison

Une pointe entre «experts horticoles»…

La jardinerie Hamel — connue jadis sous le nom Centre Jardin Hamel — fait un clin d’œil savoureux à la Société québécoise du cannabis (SQDC), depuis quelques jours.

Un panneau publicitaire au bord de l’autoroute Laurentienne (direction nord, à l’angle de la rue de la Croix-Rouge, à la hauteur du stade des Capitales), propose la pointe suivante : «on fait pousser du bon stock, pis on n’en manque pas!» 

Ce petit mot d’humour fait référence aux difficultés d’approvisionnement qu’a connues la SQDC à ses débuts, qui a forcé la réduction des heures d’ouverture. 

Une idée de pub qui décroche un sourire…

Horticulture

Les lilas : surtout pour le parfum

Rappelez-vous des lilas de votre enfance et surtout les gros bouquets qui parfumaient toute la maison? On trouvait un magnifique lilas commun (Syringa vulgaris), à fleurs simples lavande ou blanches, ou encore, un des hybrides français à fleurs plus colorées dérivés du lilas commun, sur presque tous les terrains.

Mais aujourd’hui, on l’accuse d’occuper trop d’espace sur les terrains modernes plus petits. Et c’est vrai que cet arbuste entouré de drageons (repousses) peut facilement atteindre 3m de diamètre! Ainsi, les lilas nains qui, eux, ne drageonnent pas et restent très compacts, commencent à le remplacer. 

Mais pas si vite! Même si les lilas nains sentent bon, rien n’égale le parfum d’un lilas commun en pleine floraison. À vous de décider si vous acceptez un parfum moins séduisant… ou trouverez la place pour un beau, gros lilas comme autrefois!

Culture des lilas

On peut planter un lilas en toute saison, tant que le sol n’est pas gelé. Préférez un emplacement très ensoleillé (plus il y a de soleil, plus le lilas fleurira) au sol bien drainé et pas trop riche. 

Creusez un trou de la profondeur de la motte et trois fois plus large, puis enlevez le pot et déposez la motte dans le trou. Ensuite, remblayez avec la terre prélevée et arrosez bien. Ne sont pas pour lui les engrais et les composts : un sol trop riche nuit à la floraison.

Maintenant, patientez. Le lilas commun ne commence à fleurir abondamment que vers l’âge de 5 à 7 ans! Par contre, l’arbuste est de très longue vie et vivra sans doute plus longtemps que la personne qui l’a planté. (Les lilas nains, par contre, fleurissent dès leur jeunesse, souvent l’année suivant la plantation.)

Maison

Jungle urbaine signée Alma

Alma, entreprise montréalaise de vente en ligne de plantes d’intérieur et d’accessoires, s’invite à Québec les 25 et 26 mai, de 9h30 à 17h. Elle organise une boutique éphémère au deuxième étage de la Récolte, au 980, avenue Cartier, à Québec.

On promet une «vraie jungle urbaine avec des centaines de plantes», des cache-pots en bois de La Petite Écharde, des jardinières de Kapadocia Macramé et de Bar à Plantes, ainsi qu’une ligne maison de modules en bois. 

L’équipe autour de la fondatrice Audrey Robitaille fait des livraisons ponctuelles dans la capitale et les environs, et projette ouvrir un local de cueillette «à moyen terme» dans la région. 

L’entreprise a pour objectif d’offrir un «service sur mesure et personnalisé». Elle décore et verdit aussi bureaux et salles de réception lors d’événements. 

Info : almaplantes.com

Horticulture

Les Exceptionnelles 2019: de belles découvertes (suite)

La semaine dernière, je vous ai présenté quatre des nouvelles introductions Les Exceptionnelles pour 2019. Voici les trois autres.

1- Séneçon blanc Angel Wings (Senecio candicans “Senaw”) (photo principale)

Sans doute le plus original des gagnants Exceptionnelles 2019, le séneçon blanc Angel Wings offre de grandes feuilles blanc argenté très douces au toucher. C’est une couleur qui mettra en valeur les plantes avoisinantes, mais la plante est des plus impressionnantes isolée aussi. Ne vous attendez pas à une floraison quelconque : c’est une plante cultivée pour son beau feuillage. Ce séneçon réussit au soleil, la situation idéale, ou à la mi-ombre et dans tout sol bien drainé. Il tolère une certaine sècheresse, mais sans exagération. Originaire de la Terre de Feu, à la pointe de l’Amérique du Sud où les températures sont fraîches à froides toute l’année, il ne sera pas dérangé par des températures fraîches et tolérera même plusieurs degrés de gel. Il fait une excellente plante d’intérieur pendant l’hiver : placez-le devant une fenêtre ensoleillée et arrosez-le modestement. On peut le multiplier par division ou bouturage. H : 20-40 cm. L : 20-30 cm.

Des plantes comestibles

Le programme Les Exceptionnelles a pensé innover cette année en ajoutant des plantes comestibles à son programme. Ainsi, dans les trois jardins d’essai (le Jardin botanique Roger-Van den Hende, le Jardin Daniel A. Séguin et le Jardin botanique de Montréal), il y avait une section de légumes et de fines herbes à essayer. Le visiteur devait goûter à ces plantes et donner son appréciation. Le hic, c’est quand trop de gens récoltent une plante, il n’en reste plus pour les suivants! Ainsi, quand j’ai visité le Jardin botanique Roger-Van den Hende l’été dernier, j’ai été déçu : il n’y avait plus de fruits prêts à manger sur les plants! 

L’an prochain, les organisateurs vont réviser leur façon de fonctionner vis-à-vis des plantes comestibles. J’ai entendu dire qu’il y aura des journées spécifiques où l’on organisera des dégustations spéciales, ce qui est beaucoup plus logique. 

***

Pour 2019, il y a deux légumes parmi les gagnants des Exceptionnelles.

Horticulture

Exceptionnelles 2019 : de belles découvertes

Tous les ans depuis 2006, de nouvelles Exceptionnelles arrivent sur le marché au printemps. Que sont-elles? De nouvelles variétés de fleurs, choisies par le public lors de visites à trois jardins : le Jardin botanique Roger Van den Hende, le Jardin botanique de Montréal et celui à l’origine du programme, le Jardin Daniel A. Séguin à Saint-Hyacinthe. Le programme a toutefois connu des complications en 2019 : 4 des 13 gagnantes ne seront pas offertes cette année! Il y avait, paraît-il, des problèmes d’approvisionnement de semences. Peu importe la raison : il y aura neuf gagnantes à essayer en 2019. Les quatre variétés non disponibles rejoindront le palmarès l’an prochain, me dit-on.

La semaine prochaine, je vous présenterai les trois autres gagnantes du programme des Exceptionnelles. En attendant, vous trouverez ces quatre premiers gagnants dans toute bonne jardinerie :

Maison

1 million $ pour le jardin OGarden Smart

Surprenante bibitte, que ce OGarden Smart! Avec raison, ce jardin de cuisine rotatif autonome attire l’attention. À preuve, OGarden, la compagnie lévisienne qui l’a créé, vient de récolter 1 million $ en seulement 30 jours de sociofinancement.

Cette coquette somme — qui servira à lancer la production à plein rendement — s’ajoute aux 110 000 $ récoltés lors d’une campagne précédente et à des investissements privés obtenus après un passage télévisé aux Dragons

Jusqu’à 90 légumes peuvent pousser à la fois, en tournant autour de la source lumineuse. L’arrosage et l’éclaraige sont automatisés. 

«C’est la tendance actuelle. Ça optimise l’espace, réduit la consommation d’énergie et permet de récolter des légumes frais tous les jours, si on veut», explique le pdg Pierre Nibart. 

Prix de la bête : 995 $. 

Info et achat : ogarden.org/fr