Le Bourlingueur

La galère de Florence

CHRONIQUE / C’était une autre décennie. Je ne m’étais encore jamais aventuré en dehors de l’Amérique du Nord. J’avais tout prévu. Tout. Des horaires de train aux auberges de jeunesse où je dormirais pendant tout un mois. Tout prévu, sauf ça...

Avant de partir, j’avais pris soin d’anticiper chaque pépin. Pour la carte de guichet automatique, on racontait qu’il fallait un code à quatre chiffres, sans quoi certains lecteurs européens ne reconnaîtraient pas notre technologie. Il fallait que la carte porte le logo « plus », pour valider qu’elle fonctionnerait à l’international.

J’avais commandé deux cartes de crédit : une Visa, une MasterCard. On n’est jamais trop prudent.

Les chèques de voyageurs? Pourquoi? On avait bien passé le cap des années 2000.

J’avais rêvé de Rome depuis que j’avais vu le Colisée dans mes livres d’histoire. Pour une première incursion sur le Vieux Continent, je ne pouvais ignorer la fontaine de Trévi, mythique. Aussi ai-je pris le temps de traverser la place Saint-Pierre, déserte à cause de la pluie, et de m’arrêter à la chapelle Sixtine, où des surveillants répétaient « no photo » sans arrêt, pendant que les visiteurs s’entassaient toujours plus serrés.

C’était l’année des Jeux olympiques. L’Italie s’apprêtait à accueillir le monde entier plus au nord, à Turin et dans les montagnes environnantes. À trois semaines de la cérémonie d’ouverture, en plein mois de janvier, j’avais fait toutes les entourloupettes pour m’y rendre.

Pour ce faire, j’ai sacrifié Pise, impossible à atteindre dans mon trajet. Mais Florence. Florence! C’était bien sur la route.

Florence, c’est l’immense Duomo, cette cathédrale Santa Maria del Fiore. C’est surtout la statue du David, de Michel-Ange. Un incontournable.

J’ai pris le train à partir de Rome en matinée, avec un peu moins de 10 euros en poche, avec pour arrivée Turin, au nord, où un lit m’attendait pour la nuit. Ça me laissait un peu plus d’une demi-journée pour Florence, le temps d’une escale pour visiter les environs de la gare.

Il suffisait de laisser son bagage au comptoir de la gare, pour quelques euros, et on le surveillait pour nous. Voilà qui entamait encore un peu plus mon budget.

Pas de problème! 2006 avait fait son œuvre. Au premier guichet automatique, je retrouverais de quoi payer ma pitance.

Sauf que... Sauf que le distributeur de billets a recraché ma belle carte toute neuve, pourtant frappée du logo « plus ». La carte de ma compagne de voyage, qui n’avait plus que quelques pièces en poches également, avait subi le même sort.

Il faut dire qu’il arrive que certaines banques ne soient pas compatibles avec les nôtres... ou que le distributeur soit tout simplement vide de ses billets. Quand la situation se présente, vaut mieux tester une autre machine.

Après trois banques différentes, j’ai compris que quelque chose clochait. C’était avant que l’internet soit universel. Que les téléphones intelligents, au bout des doigts, nous permettent de régler tous nos problèmes en moins de cinq minutes. Parler à un humain, directement sur place, demeurait la meilleure solution.

Voyages

Costa del Sol : de plages en villages

Si par chance les vacances d’hiver vous amènent sur la Costa del Sol cette année, il faut impérativement réserver quelques jours pour rayonner dans les villages si typiques et si près qui forment l’arrière-scène de cette belle Andalousie.

Séjournant dans une villa de Malaga durant deux semaines cet automne - ç’aurait tout aussi pu être Torremolinos, Marbella ou Benalmàdena -, nous avons boudé les plages de la Méditerranée à quelques occasions pour nous imprégner de la culture espagnole, à Grenade, à Cordoue, et à Séville, notamment.
Au prix d’une longue journée de déplacement, nous avons même fait une incursion sur le continent africain, à Tanger au Maroc, à 45 minutes à peine de Tarifa, la pointe sud de l’Europe, par le détroit de Gibraltar.

Récit de quelques belles découvertes qui ne pourront pas attendre les jours de pluie puisque, parole de locaux, il pleut à peine quatre jours par année sur la Costa del Sol…

Grenade

Le palais forteresse de l’Alhambra et les jardins du Generalife à Grenade sont une succession de jardins, de cours intérieures et de palais qu’on enfile avec ravissement, un peu sonné par l’ampleur historique et l’harmonie qu’ils incarnent. Avec raison, l’industrie touristique a hissé ce monument parmi les merveilles architecturales du monde. Érigée à partir du 11e siècle, au temps des sultans, l’Alhambra constitue aujourd’hui un modèle de préservation et un riche témoin du métissage des civilisations qui s’y sont succédé. Le site est évidemment répertorié au patrimoine de l’UNESCO. Son accès est restreint à 8000 visiteurs par jour. Vaut mieux réserver et même réserver un guide local qui saura mieux que quiconque raconter toute la richesse des lieux.

Plein air

Du nouveau prêt-à-camper à la Sépaq

Partenaires depuis une dizaine d’années, la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) et l’entreprise Huttopia emprunteront des chemins séparés. La première proposera à sa clientèle de tout nouveaux équipements de prêt-à-camper à compter de la prochaine saison estivale, tandis que la seconde « accélère » son plan de développement en Amérique du Nord.

« La fin du partenariat avec Huttopia met un terme à une relation d’affaires profitable de 10 ans et est une suite logique dans le développement des deux organisations », fait valoir le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin.

Par voie de communiqué, l’entreprise française a pour sa part souligné que le partenariat avec la société d’État a été « riche en rencontres et en échanges ». Mais elle ajoute qu’il est temps pour elle de « se recentrer sur son vrai métier ».

En raison de la fin du partenariat qui existait entre les deux organisations, la Sépaq a choisi de développer un nouveau produit de prêt-à-camper spacieux et confortable en essayant de répondre le mieux possible aux besoins des familles.

Un prototype a été présenté à la clientèle, au cours des derniers mois, au parc national du Mont-Orford.
Les réactions des gens ont été très bonnes, selon Simon Boivin. La Sépaq a donc décidé de rendre le nouveau produit disponible dans le réseau d’aires protégées dont elle a la responsabilité. Un total d’environ 70 unités seront installées en 2018 dans différents parcs nationaux et réserves fauniques du Québec. Il a toutefois été impossible de savoir où elles seront installées exactement.

Trois lits doubles seront placés à l’intérieur de chacune des tentes qui seront montées dans les aires protégées. On retrouvera, à l’avant de chaque unité, une porte-patio donnant sur une terrasse recouverte. Des ustensiles, de la vaisselle et plus encore seront mis à la disposition des gens qui les loueront.

« Notre nouveau produit répondra particulièrement bien aux besoins des familles, indique M. Boivin. Les tentes Huttopia qu’on a dans notre réseau sont faites pour quatre personnes. Mais ce qu’on a développé est conçu pour en accueillir six. On a également augmenté l’espace de rangement par rapport à ce que les gens connaissaient jusqu’à maintenant. »

Précisons qu’on retrouve 517 équipements de prêt-à-camper de marque Huttopia dans le réseau géré par la Sépaq. La totalité de ces tentes seront conservées malgré la fin du partenariat entre la société d’État et l’entreprise française.

« Le prêt-à-camper est très populaire auprès des familles, note Simon Boivin. Ça permet aux gens d’éviter l’achat d’un équipement de camping et, en plus, c’est pratique parce que le matériel est déjà monté à leur arrivée. »

Notons que, vendredi, la Sépaq a par ailleurs annoncé l’implantation de nouveaux chalets, baptisés Écho, au parc national du Mont-Mégantic. Ces derniers posséderont notamment deux chambres à coucher, une cuisine ainsi qu’un salon.

L’avenir d’Huttopia

Pour en revenir à Huttopia, elle annonce son intention de créer trois « espaces de villégiature » supplémentaires, au Québec et aux États-Unis, avant la fin de l’année 2019.

Au Québec, l’entreprise compte un terrain de camping à Sutton et prévoit en ajouter un second dans la région de la capitale nationale dans un avenir rapproché. Huttopia démarrera par surcroît deux campings en sol américain à brève échéance.

« Avec l’ouverture de nos nouveaux espaces de villégiature au cours des prochaines années, nous avons choisi de réserver l’usage de la marque, de ses produits et de ses services à nos propres sites. Cela permettra de mieux identifier la réalité de l’offre Huttopia, qui ne se limite pas à une simple tente de type prêt-à-camper », soutient Céline Bossanne, cofondatrice de l’entreprise.

Le Bourlingueur

Gabriel, la montagne et l’Afrique

CHRONIQUE / Ceci n’est pas une critique, même s’il est question de Gabriel et la montagne, un film de Fellipe Gamarano Barbosa. Un long-métrage de voyage, vous l’aurez deviné, conçu à partir des notes de Gabriel Buchmann, parti à travers le monde pendant un an et décédé alors qu’il s’apprêtait à rentrer.

Pas de divulgâcheur ici. L’histoire est vraie. Il est dévoilé, dès les premières minutes sur grand écran, que le jeune Brésilien a été retrouvé mort dans une montagne au Malawi.

La bande-annonce m’avait bouleversé. Le condensé de quelques minutes me replongeait dans la liberté, la naïveté, l’incongruité d’un tour du monde. De toute évidence, le personnage de Gabriel vit à 100 miles à l’heure, se fout un peu de ce que les autres peuvent penser et cherche à se tremper dans la vie locale plutôt qu’à fréquenter les sites purement touristiques.

Comme les critiques l’ont parfois souligné, la bobine complète de Gabriel et la montagne n’est pas aussi touchante. Les mouchoirs que je gardais, pas très loin, au cas où, n’ont pas servi. Niet. Même pas l’œil humide.

Pour l’aventurier en moi, l’histoire a plutôt soulevé un dilemme moral, une introspection, une critique des « grands voyageurs », ceux qu’on entend souvent nous raconter comment sortir des sentiers battus. Parce que c’est précisément ce que faisait Gabriel Buchmann en visitant des tribus Massaïs, en demandant au chauffeur d’un bus de l’abandonner en pleine brousse au Kenya ou en Tanzanie.

On voit d’une part cette envie de suivre un rythme lent, d’autre part ce désir de se fondre à la population locale, même si le défi relève de l’utopie. Gabriel s’emporte parce qu’il refuse de payer le prix des « touristes », résiste à manger dans les restaurants avec les plus belles vues, encore trop touristiques, et il engueule un guide qui ne rend pas les services pour lesquels ils s’étaient entendus. Un classique de la négociation dans certains coins du monde.

J’étais divisé. Parce qu’après plusieurs mois sur la route, on développe un pif pour les arnaqueurs. Vrai qu’on s’impatiente un peu à partager nos expéditions avec d’autres voyageurs qui n’y voient que du feu, nous demandent de laisser tomber quand on voudrait négocier encore un brin. Vrai qu’il y a une certaine arrogance à rabrouer ces autres qui n’ont « pas encore compris », qui ouvrent leur portefeuille comme un buffet libre-service. Parce qu’après tout, on sera toujours un étranger. Il faut choisir ses combats.

Mais justement, parce qu’on sera toujours un étranger, on risque dans la méfiance de passer à côté d’occasions en or. Après plusieurs mois sur la route, on devient aussi immunisé aux inconnus qui nous abordent et nous offrent toutes sortes de services pour de l’argent.

Pourtant, dans le film, on voit bien que ces fournisseurs de services sont devenus des amis du personnage principal. Qu’ils sont bienveillants.

Voyages

Incursion dans l’imaginaire d’Harry Potter

Effectuer une plongée en balai volant au stade de Quidditch à Poudlard, voilà la sensation ultime qui est vécue dans le manège vedette des parcs Universal Studios en Floride.

C’est une véritable incursion dans le monde des sorciers imaginé par J.K. Rowling qui est permis de vivre dans les deux parcs d’attractions situés près d’Orlando en Floride.

Si l’amateur de Harry Potter va avoir l’impression de se retrouver littéralement dans les livres ou les films, le profane va certes être impressionné par les reproductions de cet univers fantastique.

Notre famille étant composée de parents qui ont lu les livres, d’un garçon qui se prend pour Ron Weasley, d’une ado qui a des airs d’Hermione Granger et d’une grande qui ne s’était jamais laissée impressionner par ce monde magique qui a séduit des millions de personnes, nous avions l’échantillon idéal pour constater l’effet Harry Potter.

Notre périple Harry Potter s’est amorcé par le passage secret à travers une reproduction de Londres à s’y méprendre pour se retrouver au cœur du chemin de Traverse.

Les bâtiments, sorciers, boutiques de farces et attrapes pour sorciers, le pub du Chaudron baveur, Ollivander et ses baguettes magiques, nous étions arrivés dans le monde magique de Harry Potter.

La flamme du dragon au-dessus de la banque Gringotts ne faisait qu’ajouter à l’illusion.

C’est dans cette banque gérée par des Gobelins que la première attraction s’offre.

Une montagne russe intérieure qui nous a plongés dans les profondeurs de cette banque où les fortunes des sorciers sont gardées.

Pour ceux qui ont le billet « park to park », c’est à la sortie du chemin de Traverse que l’on se rend à la plate-forme 9 3/4 pour prendre le train Poudlard Express qui mène à l’école des sorciers située dans le parc Islands of Aventure.

Parce que tout est pensé pour retenir le visiteur le plus longtemps possible dans les deux parcs...
Nous avons effectué la visite en deux jours. Notre famille de moldus (ceux qui ne sont pas des sorciers pour les profanes) est arrivée à Poudlard le lendemain matin.

Si la file d’attente peut paraître longue, elle se fait dans le château de l’école de sorcellerie. On visite les diverses pièces comme le dortoir des Gryffondors ou les escaliers avec les portraits qui parlent. Les animations font passer les minutes plus vites.

Mais cette attente en vaut la peine.

Un manège multisensoriel à l’intérieur et l’extérieur de Poudlard donne l’impression de voler dans ses combles, sur le dos d’un hippogriffe (une bête volante magique), sur un balai magique en suivant Harry Potter dans le stade de Quidditch (un sport de sorciers sur un balai volant).

Le souffle d’un dragon vous chauffera même le visage.

Après cette incursion où le cerveau peine à faire la différence entre le réel et l’imaginaire, les deux montagnes russes de la section consacrée à Harry Potter paraissent un peu plus fades. Mais pour les amateurs de sensations fortes le manège « Dragon Challenge » où le bolide est retenu par le dessus et où les pieds sont dans le vide est une expérience qui ne laisse pas indifférent.

Une incursion dans le monde de Harry Potter ne serait pas complète sans une bière au beurre, la favorite du sorcier le plus célèbre et ses amis.

On vous conseille celle glacée, elle est meilleure...

Express Pass

Pour vivre les parcs Universal Studios sans les longues files d’attente, surtout en hautes saisons où elles dépassent souvent une heure et même deux à trois pour les manèges les plus populaires dont celui de Poudlard, il est possible de payer plus cher et d’obtenir des laissez-passer coupes files « Express Pass ».
Hors de prix pour une famille de cinq comme la nôtre, nous avons été aiguillés vers les hôtels de la chaîne Loews situés sur le site des parcs d’attractions Universal Studios.

Pour une nuit dans le complexe, entre 300 et 400 $, les « Express pass » sont inclus pour les journées d’arrivée et celle du départ. Une heure est aussi ajoutée le matin dans les parcs pour ceux qui séjournent au complexe.

Belle façon de couper les journées en deux avec les piscines de l’hôtel et de rentabiliser ses journées dans les manèges et attractions au lieu des files d’attente...

Parce que si le monde d’Harry Potter demeure la vedette, nombre d’autres attractions proposent que l’imaginaire est proche parente du réel.

Voyages

De la plage à l’espace

Synonyme de plage et de parcs d’attraction la Floride s’avère une destination familiale par excellence. Si Walt Disney s’impose lorsque les enfants sont petits, Universal Studios devient un incontournable lorsqu’ils sont plus grands. Et que dire de la surprise d’avoir pu découvrir Cap Canaveral non seulement du point de vue de l’histoire spatiale, mais aussi de façon concrète avec le lancement d’une fusée vers l’espace.

« Quatre, trois, deux, un, décollage ».

D’abord les flammes causées par la combustion des gaz puis le grondement sourd qui parvient jusqu’à nous.

Si le voir à la télévision paraît spectaculaire, assister au lancement d’une fusée vers l’espace est exceptionnel.

Ce détour planifié vers la plage Playalinda du Canaveral National Seashore en Floride offre non seulement du sable doré sur plusieurs kilomètres avec des superbes vagues pour les amateurs de surf, mais aussi une vue imprenable sur les rampes de lancement des navettes spatiales et des fusées de la NASA en Floride.

Habituellement calme, le parc national situé un peu au nord de Cap Canaveral est bondé de curieux qui comme nous veulent assister à ce spectacle inusité en ce jour de lancement.

Camion de retransmission de la NASA, amateurs de décollage de fusées avec objectifs longue portée et radio pour suivre les étapes du décollage ou nombreux touristes se massent sur la plage ou passerelle y menant pour avoir le meilleur point de vue sur l’engin qui s’apprête à partir vers l’espace.

À 12 h 31 pile, on ne badine pas avec la précision de l’heure pour un décollage, Space X Falcon 9 défie la gravité terrestre pour aller ravitailler la Station spatiale internationale. Aucun humain à bord, que le meilleur du génie humain pour la guider hors de l’apesanteur et faire revenir les engins de propulsion.
En payant plus cher et en réservant, nous aurions pu être au site d’observation du Kennedy Space Center.

Mais à moins d’une dizaine de kilomètres de la zone réservée avec rien pour nous cacher la vue, le spectacle est tout aussi saisissant.

Et à 10 $ US pour le stationnement, journée de plage incluse... peu d’attractions sont aussi impressionnantes.

Si la conquête de l’espace et l’exploration spatiale vous intriguent, la visite du Kennedy Space Center (KSC) est un bon complément ou une excellente introduction à cet apogée que représente le lancement d’une fusée vers l’espace qu’elle soit habitée ou non...

Le site du KSC permet de découvrir ou d’approfondir cette conquête de l’espace des premières missions hors de l’atmosphère, aux premiers pas de l’homme sur la Lune en passant par le programme des navettes spatiales et maintenant le programme Orion qui vise à se rendre sur mars avec un vol habité.

La visite guidée en autobus vers l’immense hangar d’assemblage de la NASA et des rampes de lancement mènent vers le centre Applo–Saturn V.

Les emblèmes de chacune des missions Appolo conduisent vers les premiers pas de Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune. Il est même possible de toucher à une pierre lunaire.

De retour au complexe du KSC, entièrement financé par les admissions des visiteurs, on entreprend les missions des navettes spatiales. Une projection ouvre vers l’authentique et impressionnante navette Atlantis qui a franchi plus de 200 millions de kilomètres dans l’espace.

Découvrez aussi comment le génie aérospatial canadien a contribué au succès de ces missions avec le bras canadien qui est bien en vue sur Atlantis.

Divers simulateurs et activités interactives permettent de se tremper dans le quotidien des astronautes qui ont vécu les missions de ce programme spatial. Point culminant de cette section du KSC, un simulateur permet de vivre le décollage d’une navette vers l’espace. Petit conseil, s’asseoir davantage vers l’arrière pour mieux vivre l’expérience.

Si le cœur vous en dit, recherchez les écussons de mission des astronautes canadiens Marc Garneau, Julie Payette et Chris Hadfield en sortant du simulateur.

Comme si la journée n’était pas assez remplie, des projections IMAX 3D, sur les projets de la NASA vers Mars ou des images des confins de l’univers à travers des images du télescope Hubble sont offerts.

Si vous êtes chanceux, vous pourrez même croiser un astronaute et discuter avec lui.

Si la Floride rimait avec soleil, plage et Walt Disney, elle a maintenant une saveur de découvertes des contrées encore inexplorées au-dessus de nos têtes.

Une journée de moins à la plage, mais combien instructive et inspirante pour une cinquantaine de dollars par personne.

En cuisine

Dimanches de boulange

CHRONIQUE / Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, j’ai toujours trouvé les dimanches plutôt moches. Peut-être à cause de l’horizon du lundi qui se rapproche, c’est comme si le dernier jour du week-end était dans mon esprit taillé sur mesure pour le répertoire triste de Michel Sardou. Avec ce que ça veut dire d’humeur un peu grise.

Et puis je me suis mise à la boulange. J’ai combattu le spleen, les mains dans la farine. Et comment dire? C’est comme si Sardou avait cédé la place à Dassin. Ça a changé la trame sonore de mes dimanches, qui sont devenus temps joyeux à répéter le geste millénaire de malaxer la pâte.  

Bon, là, j’écris tout ça, c’est beau, ça fait image, mais il faut que je confesse que depuis au moins quatre ans, neuf fois sur dix, je triche. Le pain qui sort de mon four est un autonome qui s’est débrouillé pour se métamorphoser en miche tout seul, ou presque.

Depuis au moins quatre ans, je suis une boulangère du dimanche paresseuse, je fais partie de ceux, toujours plus nombreux, qui font leur pain à la maison en adoptant la loi du moindre effort. J’ai fait mienne la méthode du pain sans pétrissage dont les recettes pleuvent sur le web. Et très franchement, j’adore.

Je pensais que ça sonnerait comme une hérésie aux oreilles d’un boulanger expérimenté comme Jean-Pierre Oddo, dont le pain au khorasan lui a permis de remporter l’un des grands prix au Concours artisan boulanger 2016.

Mais non. Niet.

« En fait, le pain sans pétrissage, je trouve ça assez génial. Je suis toujours étonné de voir la qualité des pains qui en résultent. Ils sont bons, avec une belle croûte, une mie tendre », résume le copropriétaire de la boulangerie Les Vraies richesses, qu’il exploite avec sa conjointe, Anne-Christine Bru, et qui a d’abord eu pignon sur rue à Stanstead avant de venir s’installer sur la rue King Ouest de Sherbrooke, il y a un an.

C’est que la méthode des fainéants a ses avantages et ses bienfaits : elle a le mérite de favoriser une longue fermentation. Et c’est justement cette longue fermentation que privilégie le maître boulanger.

« Parce que le pain dont la pâte a longuement fermenté est savoureux, il a pu absorber tout le bon goût des céréales, il se conserve mieux et s’avère plus digeste. La méthode sans pétrissage permet cette longue fermentation et sa facilité la rend accessible au plus grand nombre. »

Il faut juste planifier un peu et avoir la patience de laisser reposer la pâte des heures. Et des heures. Et des heures.

« Ce que je préconise, c’est de commencer la pâte la veille. On mélange la farine, le sel, l’eau tiède et la levure dans un bol, on fait des rabats toutes les heures pendant quatre ou cinq heures. Et puis on laisse reposer la pâte au frigo pendant la nuit, jusqu’à la cuisson, le lendemain, dans une cocotte. »
La pâte sera plus humide qu’une recette de pain standard, c’est normal.

« Il faut qu’elle soit bien hydratée, pour arriver à une belle mie assez soyeuse. Pour un kilo de farine, il faut environ 700 grammes d’eau. »

Et peu de levure. Cinq grammes suffisent.

« Du moment qu’on laisse le temps faire son travail, évidemment. Les glutens vont s’assembler tout seuls. »

Pour que la magie opère sans fausse note, il faut quand même mettre toutes les chances de son côté. 

D’abord en choisissant une bonne farine, ça va de soi. Biologique, si possible.

« Au minimum, il faut qu’elle soit non blanchie. Une farine tamisée va rendre la fermentation plus facile. 

Après, on peut aussi faire des mélanges. Ajouter un peu de farine d’épeautre, de kamut, de khorasan ou de seigle, par exemple. »
Utiliser peu de levure est un autre élément-clé, on l’a dit. On le répète.

« À la boulangerie, nous, on travaille beaucoup avec le levain, mais à la maison, la levure sèche peut donner de très bons résultats. On n’a pas besoin d’en mettre beaucoup parce que le procédé de fermentation va mobiliser les bonnes bactéries présentes dans le grain de la farine. »

Lorsque la pâte a longuement reposé, on peut passer à l’étape suivante et penser cuisson. Personnellement, j’enrobe sommairement mon boulon de pâte en le glissant dans un autre bol. Je laisse ensuite reposer le tout en recouvrant d’un linge à vaisselle propre, pendant une heure ou deux, à température pièce. Et puis je cuis, dans une cocotte en fonte préchauffée au four, à 425 degrés. À couvert pendant les 30 ou 40 premières minutes. Puis à découvert pour une quinzaine de minutes, le temps de dorer la croûte.

« La cocotte, c’est probablement ce qui donne les meilleurs résultats parce que, en boulangerie, nos fours nous permettent d’injecter de la vapeur en cours de cuisson. À la maison, on n’a pas ce système, mais la cuisson en cocotte permet de générer de la vapeur.

Et on n’en a pas parlé encore, mais outre le bonheur de déguster un pain tout frais tout chaud qu’on a fait soi-même, il y a l’odeur. L’incomparable parfum de la miche qui cuit au four suffit à mettre K.O. n’importe quel spleen du dimanche.

Un petit air de Joe Dassin avec ça?

Pain voyageur et savoir-faire partagé

Julie Grenier est celle qui a implanté l’original concept du Pain voyageur en Estrie, il y a plusieurs années, après avoir appris les premiers ferments du métier en Bretagne auprès d’un boulanger qui utilisait un levain centenaire. De retour au Québec, elle a travaillé en boulangerie avant de lancer la sienne, mobile, et de se promener avec celle-ci dans différents événements estivaux.

À la vôtre

L’Alto Adige, dans toute sa diversité

CHRONIQUE / Les paysages époustouflants et inattendus de l’Alto Adige prennent place dans la partie la plus au nord de l’Italie, dans la région du Trentin-Haut-Adige. Ici, la proximité avec l’Autriche est aussi géographique que culturelle. En effet, en plus de l’italien, l’allemand y est largement parlé puisque l’Alto Adige a longtemps appartenu à l’Autriche avant d’être annexé à l’Italie après la Première Guerre mondiale.

Une diversité culturelle certes, mais aussi géologique et climatique où il fait bon vivre pour une vigne.

En observant le panorama de l’Alto Adige, aussi surnommé Dell’Alto Adige ou Südtirol(er), on comprend d’où provient toute cette diversité. Les Dolomites (carbonate, calcium et magnésium) et les porphyres (roche d’origine volcanique) forment de nombreux reliefs et sommets imposants pouvant s’élever jusqu’à 3900 mètres. La vigne y pousse à flanc de coteaux, à des hauteurs souvent vertigineuses grâce au mur naturel que forment les Alpes contre les vents nordiques. Plus de 20 variétés de cépages s’y enracinent joyeusement, dont plusieurs internationaux : le pinot blanc, le sauvignon blanc, le pinot gris, le gewürztraminer et le chardonnay. Le climat et les sols favorisent certes grandement l’épanouissement des blancs, mais des cépages noirs tels que le cabernet sauvignon ainsi que des variétés autochtones comme le lagrein tirent aussi très bien leur épingle du jeu.

Bière

Trou du Diable – Émotions et inquiétudes

CHRONIQUE / L’achat de la brasserie Trou du Diable par la division Six Pints de Molson­ a créé un tsunami d’émotions dans tout le Québec, mais également ailleurs dans le monde ; les petits gars de Shawinigan étant connus bien plus loin que le poste de Lacolle­. Dans la dernière semaine, j’ai dû lire des centaines de témoignages et réactions. Je profite de cette tribune pour présenter la différence entre une brasserie indépendante et une brasserie af­filiée. J’en profite également­ pour rétablir­ quelques faits.

INDÉPENDANTE OU AFFILIÉE

La différence marquante entre une brasserie indépendante et une brasserie affiliée est basée sur le chemin qu’empruntent les profits de la vente d’une bouteille de bière. Dans beaucoup de régions du Québec, de très nombreuses brasseries sont la propriété de gens du coin, parfois seuls, parfois en groupe. Les profits — mais aussi les pertes — de l’entreprise sont donc, pour la très grande majorité des cas, réinvestis dans la région de production de la bière. De très nombreux exemples existent : Microbrasserie­ Charlevoix, Pit Caribou­, Dunham­, Les Trois Mousquetaires, etc.

Du côté d’une brasserie affiliée à un grand groupe brassicole, les actifs et passifs sont devenus propriétés du groupe. Le profit de la vente est donc redirigé vers le siège social du groupe. C’est la grande différence entre une brasserie indépendante et une brasserie affiliée.

Mais le groupe brassicole peut également réinvestir dans la région de production et donc y verser de la richesse. Cette richesse peut parfois être bien supérieure à ce qu’aurait versé la brasserie indépendante­. Ni noir ni blanc.

Pour beaucoup de consom­mateurs, l’indépendance d’une brasserie n’est pas forcément liée au parcours qu’empruntent ses profits ou ses pertes, mais surtout à une philosophie d’achat local et de développement régional. Le monde de la bière artisanale est un monde d’émotions. Acheter une bière d’une brasserie indépendante, c’est souligner son intérêt à encourager une économie locale.

LA QUALITÉ

Plusieurs témoignages laissent sous-entendre que la bière qui sera dorénavant brassée dans les installations du Trou du Diable risque de baisser en qualité. L’argument étant appuyé par de nombreux exemples, à travers le monde, de bières devenues insipides au cours des années. Un argument véridique, mais d’une autre époque. Les achats de brasseries dans les années 80-90 par de grands groupes brassicoles étaient basés sur des motivations complètement différentes qu’aujourd’hui. On achetait du volume de vente, on invitait deux ou trois ingénieurs brassicoles à diminuer les coûts de production de la bière, on y allait d’une bonne grosse campagne de publicité et on se retrouvait avec un produit bien différent de sa version­ originale. 

Aujourd’hui, le monde de la bière a bien changé. Pendant de très nombreuses années, les grands brasseurs ont essayé de rivaliser avec les brasseries indépendantes en y allant de bières à saveurs ajoutées, de produits aux marques « régionales » ou de stratégies commerciales qui ont souvent terminé à grand coup d’épée dans l’eau. Depuis quelques années, elles sont conscientes qu’elles n’ont ni la philosophie ni le savoir-faire pour brasser des bières « artisanales­ ». Donc elles en achètent.

L’acquisition de brasseries « artisanales » en Amérique du Nord est exponentielle depuis quelques années. Le groupe AB-Inbev, dans sa division High-End, possède un portefeuille de produits comprenant de très nombreuses brasseries anciennement indépendantes. Même chose du côté de Molson. Et le mot d’ordre est le même dans les deux groupes : on ne touche pas à la philo­sophie de brassage et à l’image du produit. C’est ce qu’ils ont acheté.

LA DISTRIBUTION

Plusieurs acteurs de la culture bière au Québec ont manifesté leurs inquiétudes face à l’arrivée du Trou du Diable dans le portefeuille de Molson. Les petits brasseurs vont devoir se battre avec un ancien allié pour se partager l’espace tablette ou le nombre de lignes chez les détaillants ou restaurateurs, pouvaient on lire régulièrement. C’est effectivement le cas, mais il est important de nuancer les propos. Ce n’est pas toute l’industrie de la bière artisanale qui va en souffrir; uniquement les brasseries qui jouent dans la même cour que le Trou du Diable. Elles sont beaucoup moins nombreuses­ qu’on ne le pense.

L’arrivée des bières du Trou du diable dans le portefeuille de Molson­ donne des ailes aux représentants de Molson. Plusieurs grandes chaînes de restauration ne font affaire qu’avec de grands groupes brassicoles. Les raisons sont multiples, mais bref, elles tournent toutes autour de l’argent. Proposer un produit « artisanal » avec une aussi belle réputation permettra fort probablement de faire pencher la balance auprès des grands groupes de restauration qui ne regardent pas du côté des brasseries­ indépendantes, de toute façon. 

Du côté de votre détaillant, plusieurs programmes commerciaux sont souvent négociés entre les grands groupes brassicoles et les chaînes de détaillants. Ces programmes sont très souvent en concurrence les uns avec les autres. Les petites brasseries indépendantes sont beaucoup moins concernées, car la décision d’achat du consommateur joue sur un tout autre sentiment que celui d’acheter un prix ou une promotion croisée.

Pour conclure, il est important de mentionner que depuis quelques mois, de très nombreuses initiatives de mise en valeur des bières artisanales indépendantes ont vu le jour au Québec. Je mentionne la nouvelle initiative des restaurants St-Hubert­, proposant des lignes de fûts de bières de chaque région, la nouvelle section de bières de brasseries indépendantes dans 117 magasins Couche-Tard à travers le Québec et de très nombreux restaurants indépendants qui considèrent la bière comme un produit local ou du terroir.

LE TERME « MICROBRASSERIE »

Avez-vous remarqué que je n’utilise pas le terme «microbrasserie» dans cette chronique. La raison est fort simple. On ne peut plus différencier une « micro­brasserie » d’une « brasserie » uniquement par la composition de son conseil d’administration. Au sens légal du terme, une brasserie est considérée micro­brasserie en dessous d’un seuil de production annuelle estimée à 300 000 hl par an. L’encadrement nous provient des lois sur les taxes d’accises et à un taux de taxes allégé pour les petits producteurs. 

Au sens philosophique du terme, une microbrasserie est une brasserie qui brasse des produits de même philosophie que toute autre brasserie brassant des produits depuis la révolution microbrassicole. Une recherche du goût authentique, l’utilisation de matières premières distinctives et un brassage sans compromis. Si on regarde le marché de la bière actuellement, on se rend compte que de très nombreuses brasseries affiliées à de grands groupes brassicoles continuent encore de brasser avec cette même philosophie. Sont-elles toujours des « microbrasseries » ? Les débats sont lancés depuis plusieurs années et ne risquent pas de s’éteindre de sitôt. Il faut donc parler de « microbrasseries indépendantes », c’est au consommateur de choisir s’il veut encourager une économie locale et régionale ou pas. Le goût n’est pas uniquement gage d’indépendance.

LE BOURLINGUEUR

La planète dans l'assiette

CHRONIQUE / Manger! Il suffit d’être un tantinet gourmand pour que les repas prennent une place immense dans les voyages que nous planifions. En plus de nouvelles saveurs, des plats qu’on ne se serait jamais imaginé manger, il y a tous ces restaurants, plus ou moins typiques, avec leur ambiance, leur concept différent, qui nous permettent de bien nous plonger dans une nouvelle culture.

Au Japon, par exemple, certains restaurants nous permettent de commander directement à l’entrée, sur une espèce de machine distributrice. Il y a cinq ans, ces machines n’avaient pas d’écran tactile, pas plus que des illustrations, la plupart du temps. On appuyait sur les descriptions des plats qu’on voulait, un coupon s’imprimait, et on le remettait à une serveuse, qui nous apportait aussitôt notre commande.

Sauriez-vous lire le japonais, ou feriez-vous comme moi, en choisissant seulement les restaurants où des images simplifient le choix des clients?

Dans d’autres pays, la méfiance et la paranoïa sont payantes. On pense à l’Inde et à la Birmanie, où le meilleur et le pire peuvent se côtoyer quand on mange directement dans la rue. La cuisine de rue y est particulièrement populaire, mais le manque de cuisson ou le manque de réfrigération jouent parfois des mauvais tours.

C’est pourtant en Inde que les saveurs des currys et des thalis rendent complètement fou. Les épices bien dosées, le pain naan fraîchement cuit et les plats végétariens sont difficiles à égaler. Pareil pour les lassis, ces boissons à base de fruits et de yogourt. Il faut toutefois savoir que de commander un « lassi spécial » peut entraîner des hallucinations. Le cannabis qu’on y ajoute y est probablement pour quelque chose.

L’Inde demeure un endroit idéal pour s’initier à la cuisine végétarienne, d’une part parce que les animaux n’y semblent pas particulièrement en santé, d’autre part parce que les plats de fromage indien, d’épices et de légumes y sont tellement goûteux.

En Birmanie, où le mercure grimpe souvent au-dessus des 30 degrés Celsius, on se lassera probablement de manger des soupes et des plats de nouilles fumants. Mais les autres plats cuits, souvent servis froids, peuvent facilement entraîner des intoxications, particulièrement à l’extérieur des grandes villes. On mange généralement assis sur un tabouret de plastique, sur le bord de la rue, devant ceux ayant préparé le repas.

Les voyages culinaires, c’est essayer de nouveaux mets, comme le chameau, servi dans le buffet de l’hôtel où je logeais à Tozeur, en Tunisie. Il faut s’habituer au goût laineux très prononcé.

Au Pérou, on m’a servi du jambon de lama sans que je goûte une différence importante avec le jambon que je consomme habituellement. J’ai quand même eu moins de réticences à essayer ce plat qu’à goûter le cuy, ou cochon d’Inde, qu’on sert généralement en entier dans l’assiette. L’occasion d’en manger ne s’est pas présentée.