Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Whistler pour l’amour des montagnes

Le bourlingueur

Whistler pour l’amour des montagnes

CHRONIQUE / Squamish ou Whistler? Où passer la nuit après une première journée à l’extérieur de Vancouver? J’avais choisi Squamish, le lancinant grondement de l’autoroute de l’autre côté de la fenêtre de l’auberge de jeunesse et les rues désertes d’une petite ville qui s’endort tôt. Du moins ce jour-là, j’aurais pu me coucher au milieu de la rue, au cœur de la communauté, et m’en sortir sans la moindre égratignure.

La cuisine cajun du Copper Coil Still & Grill, comme son dessert de smores, valait bien un petit détour. Le calme à la lueur des réverbères aussi, à bien y penser. Mais tout bien pesé, j’aurais dû poursuivre ma route jusqu’à Whistler. Les remugles de l’auberge de Squamish y sont peut-être pour quelque chose. Là, la chambre, même la fenêtre béante, transpirait l’effort bien senti.

Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Entre figues d’ailleurs et gingembre d’ici

En cuisine

Entre figues d’ailleurs et gingembre d’ici

CHRONIQUE / Je me suis lancée dans le Défi 100 % local avec l’idée de porter attention à ce que je glissais dans mon panier d’épicerie pendant tout le mois de septembre. L’idée, c’était de mettre essentiellement les produits québécois au menu de la maisonnée. Et de faire encore plus quand c’était possible en priorisant des aliments cultivés ou apprêtés dans la région.  

À mi-chemin du parcours, je constate que c’est plus facile que je ne l’appréhendais. Des aliments locaux, il y en a beaucoup, et partout. Mais je dois aussi avouer que dès la première semaine, j’ai triché. 

Parce que j’ai flanché devant les figues fraîches en provenance des États-Unis et de la Grèce. Le fruit charnu est tellement délicieux… et tellement difficile à cultiver sous nos climats pour les apprenties jardinières comme moi! 

J’ai bien essayé, l’an dernier, de mettre mon précieux figuier en dormance à l’intérieur. Échec monumental. Au printemps, il restait un tronc sec. Cassant. Inutile de dire qu’il a fini au compost. Et que je n’ai pas réussi à faire pousser la moindre figue. Cette année, j’ai planté des tomates de façon démesurée et j’ai laissé tomber mon ambition de faire pousser le fruit méditerranéen au jardin… pour l’instant, du moins. 

Devant l’appétissant étalage du fruit méditerranéen, j’ai craqué et j’en ai acheté un plein plateau. 

En ajoutant quand même deux barquettes de bleuets sauvages du Lac Saint-Jean. Et un lourd panier de pommes de la Ferme Sainte-Catherine, dont les vergers sont à quelques kilomètres à peine de la maison. Entre autres fruits d’ici. 

L’exemple en est un parmi tant d’autres. On peut bien vouloir « acheter bleu » plus souvent, on n’y parvient pas tout le temps. C’est parfois une question de disponibilité des produits. C’est parfois aussi une affaire de goût. Des oranges, des bananes, du café et du chocolat, ça ne pousse pas sous nos cieux hivernaux. 

Une fois ceci dit et assumé, et une fois intégrée l’idée que certaines denrées importées se faufileront de toute façon chez nous malgré toutes nos bonnes intentions, on peut quand même faire un bout de chemin. En préférant un produit d’ici à un autre qui aurait parcouru davantage de kilomètres avant d’atterrir dans nos assiettes, par exemple. Ou en privilégiant certaines marques à d’autres.  

L’exercice est relativement simple à faire. Et pas plus coûteux, assure Mariepier Baril, conseillère au développement alimentaire au Conseil de l’industrie bioalimentaire de l’Estrie.

La précision monétaire est importante. C’est une idée préconçue qui, paraît-il, revient assez souvent : dans l’esprit de plusieurs, manger local, ça coûte beaucoup plus cher. 

« C’est un frein qui est souvent nommé. Peut-être parce que, lorsqu’ils pensent aliments locaux, les gens ont d’emblée en tête les produits plus nichés que proposent les artisans. La confiture fancy ou le fromage fin d’un petit producteur, par exemple. » 

Ces aliments-là, c’est vrai, peuvent être un peu plus dispendieux. 

« Mais on ne les met pas nécessairement au menu chaque jour », nuance Mariepier.

Celle-ci invite les gens à prendre conscience du fait que des denrées québécoises, il y en a plein les tablettes. Et les frigos. Et les congélos. Et pas seulement au rayon des fruits, des légumes, des œufs, des viandes et des produits laitiers. 

« Des légumes surgelés de marque Arctic Garden, des pâtes Catelli ou Alegria, du pain Saint-Méthode, de l’hummus Fontaine Santé, du beurre de noix, du miel québécois, de la crème glacée Coaticook, ce sont là quelques exemples de produits de marques populaires qu’on retrouve dans les épiceries à grande surface et qui sont faits au Québec. On n’a pas à débourser davantage ni à visiter des endroits spécialisés pour les trouver. Ils ne coûtent pas plus cher que ceux d’une autre marque », remarque Mme Baril. 

Vrai. 

Pour les dénicher sans trop d’efforts, on peut chercher la bien connue pastille Aliments du Québec sur les emballages. On peut aussi visiter le site alimentsduquebec.com, qui répertorie différentes denrées, par catégories. On peut enfin s’inspirer des coups de cœur de l’entourage. Voici donc cinq aliments de proximité, parmi plusieurs autres, qui ont la cote à la maison.  


Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
À la découverte de nouveaux territoires

Sortie prendre l'air

À la découverte de nouveaux territoires

CHRONIQUE / Ce fut le coup de cœur des vacances, inattendu.

La beauté de la réserve faunique du St-Maurice nous a happés. Sans compter que sur ce territoire comptant 220 lacs, on a pu oublier (un peu) que tous les Québécois, ou presque, prenaient leurs vacances ici cet été.

Les points de vue uniques des Sentiers frontaliers

Plein-air

Les points de vue uniques des Sentiers frontaliers

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Des sentiers plus sauvages avec des points de vue uniques.

Voilà à quoi peut s’attendre le randonneur qui s’aventure dans l’un ou l’autre des quelque 135 kilomètres des Sentiers frontaliers nichés à la frontière canado-américaine entre le Haut-Saint-François et le Granit.

Natalie Richard
La Tribune
Natalie Richard
L’effet charme du vin orange

Planète vins

L’effet charme du vin orange

CHRONIQUE / Qu’on l’aime ou non, l’effet charme du vin orange persiste, si bien qu’« orange » est désormais une nouvelle catégorie pour les vins, aussi légitime que rouge, blanc, rosé et jaune. Je pressens des froncements de sourcils quant au vin jaune et plusieurs se demandent encore ce qu’est au juste le vin orange.

Le vin jaune est originaire du Jura, une des plus anciennes régions de vin en France, avec la Bourgogne. On le produit à partir du cépage savagnin qu’on laisse vieillir en barrique pendant un minimum de cinq ans, sous un voile protecteur formé naturellement par les levures. Il en résulte un vin unique aux saveurs particulières et on le trouve rarement, alors n’hésitez pas si vous avez l’occasion d’y goûter. Quant au vin orange, il s’agit d’une méthode ancestrale qui consiste à macérer un vin blanc comme un rouge, avec les peaux du raisin. Et comme c’est la peau qui colore le vin, il prend une teinte orangée à la suite d’une macération, plus de texture, de saveurs, et des notes phénoliques qui lui donnent un effet tannique. La meilleure façon de bien le comprendre est de l’essayer! Chin-chin!

Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Moisson de livres d’ici

En cuisine

Moisson de livres d’ici

CHRONIQUE/ Mois du Défi 100 % local, septembre nous invite à mettre les aliments de proximité au menu. Question de nourrir l’inspiration « locale », et parce que, avant de passer en cuisine, souvent, on bouquine, regard sur quelques récentes parutions signées par des auteures québécoises. 

La cantine végane - Recettes pour bons vivants
Marie-Michelle Chouinard, VLB Éditeur, 184 pages

Depuis un peu plus d’une semaine, les réseaux sociaux sont tapissés de photos de brownies cookies’n cream. Chacun partage en images sa version maison de la fameuse recette de Marie-Michelle Chouinard alias la blogueuse Une maman végane. 

Les décadents carrés sucrés aux biscuits Oreo dont l’auteure nous révèle le secret traduisent bien l’approche décomplexée qu’elle adopte envers la cuisine végé. Dans son tout récent livre, La cantine végane, la Montréalaise désormais établie à Québec partage une sélection de recettes et de plats sans produits animaux. Elle se garde bien de verser dans la tendance du végé-tout santé. Soupe orge et bœuf (sans bœuf), burger au poulet frit (sans poulet), chaudrée de palourdes (sans palourdes), tofu jambon, crabcakes (sans crabe), bâtonnets de fromage (sans produits laitiers), beignes Boston, omelette nature (sans œufs), poutine, gnocchis et raviolis, sont quelques-unes des propositions véganisées qu’elle décline dans son appétissant ouvrage. Ses plats inspirés de classiques bien québécois ont en commun de miser sur le plaisir gustatif avant tout. Elle ne fait pas l’apologie du kale et du quinoa, ne vante pas les mérites du tofu, ne martèle pas les avantages du régime végé par rapport à celui carné. Elle donne plutôt les clés (lire ici : les recettes) qui convaincront probablement même les plus sceptiques. Après tout, au final, c’est encore et toujours le test de goût qui fait foi du reste. Et, oui, j’ai fait comme tout le monde et j’ai cuisiné ses brownies à fort index glycémique. Les délices sucrés parsemés de miettes d’Oreo ont tous disparu du plat en moins de 24 h. Les enfants en ont redemandé. J’appelle ça un test de goût concluant. 

Les recettes de Mandy - Salades gourmandes et autres délices
Mandy Wolfe, Rebecca Wolfe & Meredith Erickson,  Les éditions La Presse, 246 pages

L’histoire des restaurants Mandy’s est fascinante et l’enviable réputation de l’enseigne gourmande s’est bâtie une salade à la fois, littéralement. Depuis ses timides débuts dans une boutique de vêtement où les sœurs Wolfe avaient un tout petit comptoir à salades d’à peine un mètre qu’elles tenaient à bout de bras, toutes seules, le commerce familial a fait un sacré bout de chemin. La bannière du duo de frangines compte aujourd’hui huit établissements dans le grand Montréal. Rendu là, on peut parler d’une institution dans le paysage de la métropole. Une institution qui révèle quelques-uns des secrets de son succès dans le livre Les recettes de Mandy, pour lequel j’ai eu un coup de cœur. 

L’ouvrage présente une variété de smoothies, de salades, de vinaigrettes et de bols santé tous aussi appétissants les uns que les autres parce qu’ils sont faits d’ingrédients savamment choisis et joliment apprêtés. L’éventail, vaste et éclectique, fait la démonstration que la salade peut être reine de l’assiette et faire pâlir d’envie même le plus somptueux des plats chauds. J’aime particulièrement le fait que les recettes de base peuvent être réinterprétées et agencées avec d’autres ingrédients à l’envi. Et si je suis une fan finie de salades, j’avoue que j’ai d’abord craqué pour les biscuits aux pépites de chocolat. La recette ouvre le court chapitre consacré aux desserts et est présentée comme une spécialité que Mandy peaufine depuis l’enfance. Son secret? Une technique que j’avais déjà vue ailleurs sans me décider à la tester parce que, tout de même, ça demande un peu plus de temps que d’assembler tous les ingrédients dans un même bol. C’est que, au lieu de fouetter le beurre ramolli avec le sucre, Mandy le fait mousser et brunir dans une casserole, à feu moyen. Le tour de main apporte une touche caramélisée à nulle autre pareille. Parole de fille qui fait des biscuits aux pépites de chocolat depuis qu’elle sait manier une spatule. 


Jonathan Custeau
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Jonathan Custeau
Une gondole jusqu’au ciel

Le bourlingueur

Une gondole jusqu’au ciel

CHRONIQUE / Des montagnes plein les yeux. Et le menton tombé jusqu’aux genoux devant l’immensité du panorama. L’autoroute Sea-to-Sky, ou autoroute 99, au nord de Vancouver, lèche la côte de la baie de Howe. Il suffit que le soleil plombe le moindrement sur les vaguelettes turquoise pour torturer le conducteur qui doit garder ses yeux sur la route. C’est juste beau!

Pour une fois, j’étais heureux de ne pas partager la route avec un ou plusieurs passagers dans le véhicule. Ils se seraient extasiés à grands coups d’exclamations sans que je puisse profiter pleinement du même spectacle qu’eux. Supplice! Tout de même, le coup d’œil sur ces géantes montagnes qui se trempent les pieds dans la baie m’a incité à m’arrêter dès qu’on annonçait une halte pour observer la vue. Il n’y en a pas des tonnes, de ces haltes, entre Vancouver et Squamish, et celles que je choisissais ne me paraissaient pas particulièrement bien placées en comparaison des images qui se lançaient dans le pare-brise directement sur la route, où il m’était impossible de m’immobiliser.

Natalie Richard
La Tribune
Natalie Richard
Pur plaisir

Planète vins

Pur plaisir

CHRONIQUE/ Pas besoin d’une occasion spéciale pour avoir du plaisir. La vie est tellement plus belle quand on est joyeux, ça vaut la peine d’entretenir l’ensemble de nos petits plaisirs quotidiens et de nos grands plaisirs occasionnels, quels qu’ils soient! Les moments de bonheur sont les moins compliqués et plus souvent spontanés.

Il suffit d’être en bonne compagnie autour d’une bonne table garnie d’aliments frais, de bons vins pour les accompagner avec une belle ambiance pour compléter le tout, dans la plus grande simplicité… et la magie opère. J’ai choisi les vins de cette semaine dans cet esprit et par pur plaisir! Santé et que la joie vous accompagne!

Sumarroca Brut Nature Gran Reserva 2016   
17,60 $ • 13408929 • 12 % • 2,8 g/l 

Des bulles croquantes qui dévalent le palais tout en finesse avec des arômes de brioche sur une finale zestée de lime aux notes légèrement fumées. Un très beau Cava dans un rapport qualité-plaisir inégalé pour un Gran Reserva, une qualification qui signifie que le vin a passé un minimum de 30 mois sur lie avant le dégorgement, d’où la complexité des saveurs et sa texture opulente. Plaisir garanti!

Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Des suggestions pour profiter de l’automne

Sortie prendre l'air

Des suggestions pour profiter de l’automne

CHRONIQUE/ Avec septembre et les feuilles qui rougissent viennent les plus beaux jours pour marcher en forêt; la lumière du jour n’en est que plus belle. Le début de la Flambée des couleurs, à compter du 19 septembre dans Magog-Orford, nous donne le signal que cette grand-messe automnale va commencer.  Voici quelques suggestions pour profiter de l’automne à venir, des marches contemplatives avec les enfants aux sommets demandant un peu plus d’efforts.

Mont Owl’s Head - Estrie

C’est l’une des plus belles vues des Cantons-de-l’Est. Surtout si vous êtes, comme moi, amoureux de ces paysages où l’eau s’entremêle aux montagnes. Difficile d’avoir une vue plus saisissante du lac Memphrémagog, dans lequel on semble pouvoir se jeter directement. C’est sans compter tous les sommets que l’on peut observer autour, comme Jay Peak et Elephant. Les sentiers, des tracés allant jusqu’à cinq km, proposent un dénivelé d’environ 540 mètres et les chiens sont permis en laisse. L’accès aux sentiers de randonnée pédestre est gratuit. On peut télécharger la carte en allant sur le site : https://owlshead.com/randonnee-pedestre/.

Sentiers pédestres des 3 Monts - Chaudière-Appalaches

Ce fut l’une des belles découvertes au cours de la dernière année : Les Sentiers des 3 Monts, à Saint-Joseph de Coleraine. Les sentiers des monts Oaks et des monts Kerr traversent la réserve écologique de la Serpentine-de-Coleraine et permettent d’atteindre des sommets de 460 mètres et 494 mètres. La vue du mont Kerr est typique du paysage du coin. De là, on aperçoit les vestiges de la mine Lac d’Amiante qui longe la route 112, un paysage différent de ce que l’on voit habituellement aux points culminants. J’ai visité deux des trois sommets, ne manque qu’à ma liste le mont Caribou (558 mètres), qui offre une vue de 360 degrés sur la région. 

Différents hébergements sont aussi disponibles sur place (camping, yourtes, chalet). Comme le site est protégé, il est possible d’y randonner même pendant la saison de chasse. Les chiens ne sont toutefois pas admis.

Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Du sureau et du tout bio

En cuisine

Du sureau et du tout bio

CHRONIQUE / Si on roule sur le chemin Bibeau sans trop porter attention, on ne remarque pas nécessairement la pancarte. On ne se doute pas qu’au détour de la route, tout près de la ville, se trouve une ferme biologique de quelque 95 hectares.

La Ferme Bibeau n’est pourtant pas nouvelle dans le paysage, elle qui a été construite en 1877. Depuis, elle est toujours restée dans la famille. 

«Je suis de la cinquième génération de producteurs», me confirme Léon Bibeau. 

Le Sherbrookois a un temps hésité avant de prendre la relève de l’institution agricole. 

«Quand on a grandi sur la terre, ça devient presque un automatisme d’assurer le relais. Mais il faut quand même prendre le temps d’y réfléchir, de voir si c’est bien ce qu’on veut faire dans la vie. Il faut pouvoir choisir librement et avec discernement le chemin qu’on emprunte», explique-t-il. 

Avec sa conjointe, Kloé Boucher, il a finalement plongé dans l’aventure fermière. Sur leur vaste domaine de l’est de la ville, ils cultivent de l’ail, du sureau, quelques autres légumes. Ils élèvent aussi des poules pondeuses et du bœuf nourri à l’herbe. 

Tout est certifié biologique depuis 2006, le respect de l’environnement est une valeur chère à l’entreprise. La ferme, qui a fait de la production laitière jusqu’en 2011, s’est redéfinie ces dernières années. 

« On a le souci de travailler en fonction du sol qu’on a ici, des différentes zones cultivables. On a mis environ 150 000 plants d’ail en terre. On avait de grands espaces qu’on tondait, mais qu’on n’utilisait pas. Ce coin de terre était un peu humide, on cherchait une culture adaptée et durable pour occuper cet espace. On a eu envie d’essayer celle du sureau. »

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Contemplation au nord de Vancouver

Le bourlingueur

Contemplation au nord de Vancouver

CHRONIQUE / Elle est où la prise USB dans la voiture de location? C’est la question que je me suis posée, dans le garage sombre du Hertz centre-ville, à Vancouver. Et j’ai abandonné. C’est le résultat de l’impatience de partir à l’aventure, après avoir attendu sagement le traitement anti-COVID réservé aux véhicules que d’autres clients venaient juste de rapporter. Parce que je n’y voyais rien. Parce que je pensais m’en sortir sans GPS.

Mais non! C’est un pont au sud de Vancouver que j’ai traversé en premier avant de réaliser que Whistler et ses montagnes se trouvaient dans l’autre direction. Bon roadtrip Champion!

Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Pas d’âge pour rouler en montagne

Sortie prendre l'air

Pas d’âge pour rouler en montagne

CHRONIQUE / Lucie, six ans (presque sept!), mesurant à peine trois pommes et demie, bien concentrée sur son vélo en montagne : la photo a capté mon attention sur mon fil Facebook. J’ai ouvert grand les yeux : elle a du cran, quand même! La passion du vélo de montagne est grandissante au Québec, et les enfants n’y échappent pas. Ici et là, des installations poussent pour les aider à développer leurs habiletés.

La fillette d’un couple d’amis en est à ses premières descentes. Père et fille sont allés ensemble au mont Bellevue, notamment.

Natalie Richard
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Natalie Richard
Un été plus que parfait  

Planète vins

Un été plus que parfait  

CHRONIQUE / Je ne sais pas si vous avez comme moi l’impression que l’été est passé beaucoup trop vite! Comme si la comète nous avait attirés dans sa course pour accélérer le temps, le soleil se couche plus tôt et on cherche rapidement une petite laine en début de soirée. Je suis en train de me dire que le long week-end de la fête du Travail est finalement juste un autre nom pour le dernier sprint de la rentrée scolaire quand un arbre aux feuilles déjà métamorphosées en couleurs m’émerveille. C’est fou me dis-je… Je m’ennuie de l’été mais j’ai hâte à l’automne!

Et c’est alors qu’une citation célèbre d’un auteur inconnu apparaît sur mon écran : « Oublie ton passé, qu’il soit simple ou composé, et participe à ton présent pour que ton futur soit plus que parfait ». Boum! Voici quelques belles cuvées et libations, simples et bien composées, pour profiter plus que parfaitement du présent lors de ce dernier long week-end de l’été!

Natalie Richard
La Tribune
Natalie Richard
La route des saveurs  

Planète vins

La route des saveurs  

CHRONIQUE / Qu’est-ce qui détermine le goût d’un vin? Il y a plusieurs facteurs, mais simplifions l’équation à quatre principaux éléments : le type de cépages, chacun ayant ses caractéristiques et ses propres saveurs, le type de sol sur lequel pousse le raisin, combiné au climat qui favorise son terroir et finalement, le style que le vigneron choisira de donner au vin lors de la vinification.

Dans les vins comme dans la vie, il y en a pour tous les goûts. Le goût ne se discute pas, mais il se développe. Sans oublier que nos goûts changent et comme tout le reste ils évoluent. Et au final, le meilleur vin est celui que vous préférez… en ce moment! 

Acquesi Cortese 
17 $ • 12 771 751
11 % • 13 g/l • Bio

Au nord de l’Italie, le Piémont est synonyme de saveurs. Avec une si belle gastronomie à base de produits exceptionnels incluant la truffe blanche, les bolets et de fabuleux fromages, il n’est pas surprenant que les vins se démarquent. On a juste à penser nebbiolo pour avoir l’eau à la bouche, mais on entend moins parler du cortese, un cépage blanc qui s’exprime par des notes de citron Meyer et de melon miel sur une approche minérale et un goût d’amande. Absolument délicieux en effervescence, courez vite en chercher avant qu’il n’en reste plus!

Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Viser l’assiette de proximité

En cuisine

Viser l’assiette de proximité

CHRONIQUE / J’avoue, j’ai hésité avant de me lancer dans le Défi 100 % local. Celui-ci se déploie à la grandeur du Québec pendant tout le mois de septembre et invite la population à glisser les aliments d’ici dans l’assiette.

Jusque-là, la définition est attrayante, n’est-ce pas? Tout est bien, tout est beau. 

L’idée de mettre davantage encore en vitrine les délices du coin est plus qu’alléchante. C’est en réfléchissant à ce que ça impliquait que j’ai eu un léger mouvement de recul. 

J’ai passé en revue ce qu’il y aurait au menu chaque jour. 

Soir, midi, matin. 

Matin, surtout. C’est en pensant à ce qui pétrit les premières heures de ma journée que j’ai eu un mouvement de recul. Le terme « 100 % local » m’a alors semblé un peu intense. 

Le hic, l’épine, c’est que j’avais un souci avec le café (et avec le chocolat, mais c’est une autre histoire). Aux dernières nouvelles, ça ne pousse pas à Saint-Hyacinthe ni dans Lanaudière. M’en passer pendant tout un mois? Impensable. Puis j’ai relativisé la patente en me disant que la définition d’assiette locale pouvait être élastique, au moins un peu. J’ai trouvé un compromis avec le café. Oui, il s’épanouit sous les tropiques. Mais celui que je bois est torréfié ici, par une entreprise locale tout près de chez moi. Cette dimension régionale me réconcilie avec le fait de consommer quotidiennement le nectar d’une plante cultivée à des milliers de kilomètres. 

En visitant le site web de l’événement automnal (defijemangelocal.ca), j’ai eu la confirmation que j’avais bien vu : le 100 % local frappe l’imaginaire, bien sûr. Mais l’important à retenir, c’est que ce n’est pas un absolu. On n’exige pas la perfection au chapitre locavore. On incite plutôt à multiplier les petits gestes qui, lorsqu’ils s’additionnent, font une différence. 

Bref, le défi est à géométrie variable, chacun est invité à choisir l’objectif qui lui convient et qui s’inscrit de façon réaliste dans son quotidien. 

Découvrir un nouveau producteur de sa région, s’approvisionner en vins québécois, visiter un marché public, planifier un repas 100 % local sont autant de possibilités qui s’offrent aux participants. 

J’ai donc fini par m’inscrire au Défi. En me disant que notre famille de six viserait manger le max d’aliments locaux au cours des prochaines semaines. Mais c’est sans culpabilité que je dégusterai mon café... et, parfois, mon carré de chocolat!

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Voyager malgré la COVID

Le bourlingueur

Voyager malgré la COVID

CHRONIQUE / «Comment tu vas faire pour ne pas voyager? » La question qui tue! Comme si avoir une légère dépendance pour le dépaysement me plaçait dans une situation critique maintenant que les frontières sont érigées comme des murs presque infranchissables. Changer d’air, autant pour sa santé mentale que pour encourager des entreprises à bout de souffle, ce n’est pas forcément s’exiler sur un autre continent.

Changer d’air, m’éloigner de l’univers professionnel, des bilans quotidiens du nombre de cas de COVID, des pronostics sur les chances du Canadien de repêcher Alexis Lafrenière, c’est surtout ça qu’il me fallait. Et je suis parti. J’ai même pris l’avion. Oui, voyager, sans paniquer et sans nier la pandémie, ça se peut. Mais il faut être prêt à s’adapter.

Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
La tomate dans tous ses états

En cuisine

La tomate dans tous ses états

CHRONIQUE / C’est chaque année pareil. Les tomates de mon jardin n’en finissent plus de rester vertes. Et tout à coup, un matin d’août, ça y est, elles se mettent à rougir. De concert. Toutes en même temps.

Quand les plants explosent ainsi, on déguste la tomate à toutes les sauces, c’est le cas de le dire. Les puristes ne jurent alors que par le sandwich aux tomates, celui où le fruit rouge mûri sur le plant et tout juste cueilli vole la vedette dans l’assiette. D’autres préfèrent servir la tomate fraîche et encore gorgée de soleil en salade, avec un filet d’huile d’olive fine, peut-être un trait de vinaigre balsamique, de la fleur de sel, un soupçon de poivre du moulin.

Il reste qu’on se retrouve quand même à gérer des paniers pleins au quotidien. 

Chez nous, même en étant six à la maison, même en mangeant des tomates matin, midi et soir, il y a des surplus.     

Je le vois dans mon carré de terre qui déborde, ce point de rupture s’en vient. Excepté que cette année, et comme plusieurs autres apprentis jardiniers, d’après les témoignages que j’entends, j’ai un peu exagéré avec le nombre de plants. Résultat anticipé : beaucoup de récoltes tomatées.  

On a beau les aimer un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, encore faut-il savoir gérer pareille profusion. Quelques idées en cinq verbes pour mieux conjuguer avec l’abondance annoncée. 

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Un hôtel nomade de parc en parc

Le Bourlingueur

Un hôtel nomade de parc en parc

CHRONIQUE / Le GPS s’est un peu perdu dans le champ de patates. Presque littéralement. À Saint-Stanislas, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il m’indique de tourner à droite pour entrer au parc régional des Grandes-Rivières du lac Saint-Jean. Rien sur la droite pour encore quelques maisons. On dirait que Google a dessiné son plan à l’aveugle... Mais on finit bien par trouver un rang sur la droite.

Le bitume disparaît aussitôt le virage, le vrai, entrepris. Une légère traînée de poussière cherche à dérober la bagnole du regard des villageois pourtant fort sympathiques. D’ailleurs, au coin que je viens de tourner, l’ancienne église abrite désormais le restaurant Au clocher, un mur d’escalade, un dépanneur, une salle de visionnement et une salle communautaire. Rien que ça! Les déjeuners y sont d’ailleurs la source de plusieurs miam.

La Route verte toutes couleurs unies

Vélo

La Route verte toutes couleurs unies

Jean-François Pronovost
Vélo Mag
Un projet de l’envergure de la Route verte n’aurait jamais pu démarrer et se développer adéquatement sans un appui technique et politique des gouvernements québécois qui se sont succédé depuis 1995. Des fonctionnaires ont contribué à ce que le ministère des Transports soutienne la Route verte et fasse progresser les pratiques de cet ancien ministère de la Voirie vers ce qui s’approche davantage de la mobilité durable. Une véritable révolution ! Ce projet a même suscité l’adhésion de l’ensemble de l’Assemblée nationale.

La Route verte est lancée en juin 1995 sous la gouverne de Jacques Parizeau, du Parti québécois, assisté de son adjoint parlementaire à la Jeunesse, Gilles Baril, et de son ministre des Transports, Jacques Léonard. L’inauguration internationale de la Route verte est quant à elle célébrée en 2007, cette fois par le gouvernement libéral de Jean Charest.

Dans différents contextes ou lors d’hésitations gouvernementales, des ministres ou des députés, toutes formations confondues, appuient la Route verte et l’idée que cette réalisation incarne la vitalité économique des régions, la santé et une manière concrète d’améliorer la qualité de vie des Québécois. Et cela à peu de frais ! Jacques Baril, député d’Arthabaska et ministre délégué aux Transports sous Guy Chevrette et Serge Ménard, est un de ceux-là. Pour SA région des Bois-Francs, la Route verte est une façon d’amener des visiteurs à s’imprégner de la ruralité ; pour le Québec, elle est une façon de mesurer l’immensité du territoire. C’est cet homme de la terre qui, en 1999, annonce le premier programme de financement au développement de la Route verte et, en 2001, met fin à la tarification de 10 $ sur les sentiers cyclables, dont quelques-uns sont des portions de la Route verte.

Comment la Route verte a fait la réputation du Québec

Vélo

Comment la Route verte a fait la réputation du Québec

Sarah-Émilie Nault
Vélo Mag
En 1995, la toile d’araignée de la Route verte a commencé à s’étendre dans tout le Québec. Vingt-cinq ans plus tard, ce fabuleux itinéraire cyclable fait pas moins de 5300 km. Histoire de souffler ses 25 bougies, Vélo Mag laisse la parole aux enthousiastes qui ont pensé, construit, entretenu, encouragé, sauvé la Route verte… sans oublier ceux qui l’utilisent et bénéficient de cet incontestable levier économique. La Route verte a également accompli un autre exploit : réunir toutes les couleurs politiques autour d’un même projet. Portrait en onze personnalités et une unité de vision.

Michel Archambault, titulaire-fondateur de la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM

Un catalyseur de développement économique

« La Route verte et le cyclotourisme jouent un rôle de catalyseurs de développement économique pour plusieurs régions, les reliant entre elles – elles et une foule d’acteurs. La Route verte fait office de colonne vertébrale dans le positionnement des activités estivales de certaines régions du Québec en permettant aux auberges, magasins et commerces de s’adresser à une clientèle gourmande (circuits et forfaits incluant hébergement, sous-produits du vélo et activités d’attraction) », observe le professeur émérite du département d’études urbaines et touristiques Michel Archambault.

Le logo de la Route verte a contribué à ce que le Québec s’installe sur les marchés touristiques intérieurs et étrangers. En 2015 seulement, les dépenses touristiques des cyclistes au Québec étaient estimées à 700 millions $, dont 110 millions attribuées à ceux provenant de l’extérieur du Québec.  

En reconnaissant la Route verte comme l’une des initiatives marquantes dans le domaine du cyclotourisme au cours de la dernière décennie, le National Geographic lui a apporté la consécration à l’étranger.

Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Des poissons et de la vision

En cuisine

Des poissons et de la vision

CHRONIQUE / On peut dire que Normand Roy et Doris Brodeur ont de la vision. Depuis 1975, ils élèvent la truite arc-en-ciel. La Ferme piscicole des Bobines, qu’ils ont fondée il y a 45 ans, a pris bien du coffre depuis ses débuts.

L’entreprise bâtie autour du poisson moucheté a commencé dans le sous-sol de la maison familiale. Imaginez un peu : leurs premières truites barbotaient dans… des piscines pour enfants! 

Elles n’y sont pas restées longtemps : le couple d’Estriens, parent de quatre enfants, a vite eu la piqûre pour l’aquaculture. 

À l’époque, tout était à faire et à inventer. Ils se sont retroussé les manches et ont construit l’entreprise familiale dont ils rêvaient. 

« Je me souviens qu’enfant, j’aimais beaucoup la pêche. J’ai grandi à Saint-Malo, sur une ferme. Près de la maison, il y avait un ruisseau. Quand ma mère nous cherchait, c’est là qu’elle nous trouvait. On se fabriquait des cannes à pêche avec un bout de bois et une ficelle. Ça n’avait rien à voir avec les moulinets sophistiqués d’aujourd’hui! » raconte Normand Roy en riant. 

Celui-ci est devenu technicien laitier. C’est en travaillant à l’Union des producteurs agricoles de Sherbrooke qu’il a croisé la route d’éleveurs de poissons. Peut-être parce qu’il avait tant aimé pêcher lorsqu’il était enfant, le domaine a attisé sa curiosité. Il a eu envie de tenter sa chance dans la niche piscicole. 

« Mon mari était fromager-beurrier, tout ça était nouveau pour lui, mais il avait vraiment le sentiment d’avoir trouvé la production qu’il cherchait. Il s’enflammait lorsqu’il m’en parlait », se souvient Doris Brodeur. 

Elle lui a non seulement dit de plonger, elle s’est lancée dans les eaux entrepreunariales avec lui. 

« La santé, c’était important pour moi et la consommation de poisson, c’était bon pour la santé. Ça allait de soi de l’épauler et de m’impliquer dans le commerce. »

La première année, ils avaient 25 000 œufs de truite. Seulement 500 poissons ont survécu. 

Au lieu de se décourager, ils se sont dit que ça irait mieux l’année suivante. Ils ont eu raison. 

« On a toujours eu cette façon de voir, raconte Normand. C’était difficile, les premiers temps. Et au fil des ans, il y a eu des périodes plus creuses, mais on a maintenu le cap. On avait en tête de créer une entreprise qui ferait l’élevage et la transformation de la truite. On ne voulait pas ensemencer les lacs, comme d’autres le faisaient, nous, on souhaitait vendre nos truites et les transformer sur place, on voulait offrir de quoi garnir l’assiette du consommateur. C’est exactement ce qu’on a mis sur pied. Et on peut compter sur de la relève. Notre fils Clément est avec nous dans l’entreprise depuis une quinzaine d’années. »

Rentrée scolaire : les enfants invités à poser leurs questions au ministre de l’Éducation

Actu-Jeunesse

Rentrée scolaire : les enfants invités à poser leurs questions au ministre de l’Éducation

Ève Tessier-Bouchard
Ève Tessier-Bouchard
Développement de projets, Coopérative nationale de l'information indépendante
Tu te poses des questions sur la rentrée scolaire? Comment ça se passera? Quelles seront les règles? De quelle façon tu pourras vivre tes journées avec tes camarades?

Le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, a accepté avec enthousiasme notre invitation à répondre aux questions des 8-12 ans! Il le fera dans un vidéo qui sera diffusé le 25 août sur les plateformes des médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) et sur le Canal Squat de Télé-Québec.

Tu peux nous écrire ta question ou nous envoyer un vidéo de toi qui pose ta super question. Si tu optes pour cette option, assure-toi qu’on voit bien ton visage et qu’on entend bien ta question! Par exemple, si ton chien jappe pendant que tu parles, il faut refaire la vidéo! 

N’oublie surtout pas de nous écrire ton prénom, ton âge, le nom de ton école et celui de ta ville.

Voici l’adresse courriel pour envoyer ta question : maquestion.ministreRoberge@cn2i.ca

Tu as jusqu’à lundi soir prochain (17 août) pour nous l’envoyer! Fais comme si tu étais un journaliste et pose une colle au ministre Roberge! 

Condensé d’asphalte, de sentiers et de gravelle dans les Laurentides

Vélo

Condensé d’asphalte, de sentiers et de gravelle dans les Laurentides

Maxime Bilodeau
Vélo Mag
Peu importe votre allégeance cycliste, les Laurentides vous réservent d’agréables surprises. Il suffit, en fait, d’aimer pédaler. 

Mont-Tremblant en compagnie virtuose

Félix Burke est un fakir. Devant moi, l’athlète de 22 ans lévite au-dessus des sentiers de Mont-Tremblant. Que les 65 km du réseau soient détrempés ne semble même pas lui occuper l’esprit ; les roches, racines et autres babyheads, nombreuses, défilent sous les pneus de son Rocky Mountain comme si elles n’étaient que de vulgaires fissures dans l’asphalte. La preuve : le Tremblantois entretient sans peine une conversation avec votre humble serviteur, véritable empoté de la chose cramponnée. Le pédalage de ce spécialiste sur ces pistes techniques (néophytes, s’abstenir) est une ode à l’agilité.

Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Des légumes plein le panier

En cuisine

Des légumes plein le panier

CHRONIQUE / Avec les demandes d’abonnements aux paniers de légumes offerts par les producteurs locaux qui ont explosé cette année, vous faites peut-être partie des nombreux nouveaux adeptes de la formule. Vous découvrez peut-être le bonheur d’ouvrir chaque semaine la boîte sans trop savoir quels délices des champs vous trouverez. Peut-être aussi que, de semaine en semaine, vous ne savez plus trop comment apprêter tel ou tel légume que vous n’aviez pas nécessairement l’habitude de mettre sur votre liste d’épicerie. Peut-être encore manquez-vous d’inspiration pour réinventer encore et encore les délices que cultive votre fermier de famille. Pour gommer tous ces peut-être, regard sur quelques végétaux, très communs ou un peu plus rares, qui ont la cote ces semaines-ci. Avec quelques idées pour les apprêter sans gaspiller.

Mystérieux chou-rave

Légume encore un peu méconnu dans bien des chaumières, le chou-rave est, son nom le dit, une variété de chou. La plante potagère au ventre bombé tirerait ses origines du nord de l’Europe. Son goût, assez délicat, rappelle celui de la tige de brocoli, disent plusieurs gourmands. Je suis assez d’accord. Le légume, qui fait partie de la grande famille des brassicacées, se déguste aussi bien cru que cuit, mais dans tous les cas, il faut le peler. Dans les plats gratinés ou dans les purées, le chou-rave s’accommode bien d’un mariage avec des légumes racines. On peut aussi l’ajouter aux salades : râpé, coupé en fines lamelles ou en petits dés, il apportera texture et croquant. Perso, j’aime bien le jumeler aux pommes. On peut aussi l’employer à la place du céleri-rave pour bricoler une classique rémoulade. Sa saveur assez douce en fait un joueur d’équipe intéressant dans les soupes, où on peut l’associer à différents légumes.

Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
L’amour des grands remous de Mylène Paquette

Sortie prendre l'air

L’amour des grands remous de Mylène Paquette

CHRONIQUE / Ils sillonnent le Québec pour chanter, tourner ou partir à l’aventure. Cet été, découvrez les passions et les endroits coups de cœur des personnalités d’ici dans la chronique Sortie prendre l’air.

Sept ans après avoir dépassé l’horizon en traversant l’Atlantique à la rame, Mylène Paquette a gardé intact cet amour de l’eau… et des sensations fortes. L’aventurière a un faible pour le packraft.

Début juillet, elle est allée descendre la rivière Matawin en Mauricie avec l’aventurier Frédéric Dion. Le groupe comptait près d’une dizaine d’aventuriers prêts à affronter de gros rapides. 

« Je pense que c’est notre troisième voyage avec Fred sur la Matawin. L’an passé, mon chum est allé à ma place, on avait un bébé naissant. Frédéric est un guide incroyable, il est vraiment bon. Un jour on sera capables d’y aller seuls, mais pour le moment on a besoin de quelqu’un qui connaît bien la rivière. Il y a plein de choses que je n’aurais pas faites sans lui », dit celle qui a plutôt l’habitude de rapides plus petits. « C’était beau! »

Le groupe a descendu la rivière en rafting et en packraft, une sorte de radeau gonflable conçu pour les rapides, qui a l’avantage de se traîner un peu partout… et parfois même d’éviter des portages qui se seraient révélés ardus.  

« On a surfé sur les vagues… et on a chaviré », lance-t-elle en riant.  

« Depuis trois ans, on a commencé à faire du packraft. C’est du rafting à une personne. Tu ranges tout ton équipement, ton matériel de camping. Tu pars en autonomie complète. Tu peux même mettre un vélo sur le packraft et ensuite continuer en vélo. Une fois qu’il est dégonflé, il n’est pas plus gros qu’une boîte à lunch, c’est vraiment tout petit. »

L’embarcation chavire moins qu’un kayak de rivière et elle est facilement transportable. « Je me rappelle qu’il y a un bout qu’on ne voulait pas faire, il y avait une chute de 30-40 pieds. On a laissé aller le packraft et on a couru », dit-elle en se remémorant l’un de ses périples sur la rivière Matawin. 

« Mon chum et moi, on s’est acheté ça il y a deux ans et demi. On a commencé à en faire, on n’a pas encore beaucoup d’expérience. C’est pas mal notre passion d’été », dit celle qui pratique, en hiver, le canot sur glace. « J’étais enceinte la saison précédente, donc la saison dernière, j’ai fait trois courses. »

C’est son amie Marilyne Marchand qui l’a initiée à ce passe-temps.  Le couple est allé au parc d’eau vive de Valleyfield, et descendu les rapides de Lachine.

« On a essayé une soirée, et le soir même à minuit, on commandait nos packrafts. On était tellement contents! On en a acheté trois, un chaque et un pour le vélo (pour la personne qui part avec en vélo). Depuis, on y va une couple de fois par année. » 

Le couple a aussi suivi des cours de kayak de rivière.

Mylène Paquette est porte-parole du Circuit bleu, une activité de la Fondation Charles-Bruneau qui permet de faire du kayak sur le fleuve, et ambassadrice du Défi Gaia, un événement-bénéfice organisé par Village Monde. 

Dans son livre Dépasser l’horizon, Mylène Paquette raconte comment un séjour en voile sur le lac Champlain a fait naître une étincelle, ce qui allait devenir les prémisses de ce grand rêve. 

« Quand tu as accès à un cours d’eau, tu as accès à la planète, au monde entier. On oublie qu’on est vraiment relié, tout le monde sur la Terre. Ça m’avait bouleversée. »

Elle est d’ailleurs propriétaire d’un voilier. 

« On l’a pas mis à l’eau depuis deux ans parce que j’étais enceinte et parce qu’il y a trop de travaux à faire dessus », dit-elle en ajoutant que l’embarcation n’est pas tout à fait adaptée avec un enfant en bas âge. 

« Je suis plus en petit véhicule maintenant. Avant, j’avais un gros vaisseau à rames, après j’ai acheté un voilier de 25 pieds, et je suis revenue à l’essentiel avec le packraft. »

Elle a aussi suivi des cours de dériveur et en a acheté un aux Îles de la Madeleine.  

Et sur terre? « Mon chum m’a fait découvrir le vélo touring. Au départ, on voulait aller à Terre-Neuve… mais on va aller faire la petite route du Nord avec le bébé », lance-t-elle en riant.

Natalie Richard
La Tribune
Natalie Richard
Cool chardonnay

Planète vins

Cool chardonnay

CHRONIQUE / Selon le récent rapport annuel de la SAQ, le cépage blanc préféré des Québécois serait le chardonnay. Pas étonnant, car c’est aussi le plus polyvalent. Il sait si bien s’adapter à son environnement et à son terroir que son goût peut varier de façon considérable selon le climat dans lequel il est cultivé et la façon dont il sera vinifié. Au lieu de dire « je n’aime pas le chardonnay », on devrait plutôt affirmer « je n’ai pas encore trouvé mon chardonnay ». Est-ce que le vôtre est plus vif et citronné comme celui de Chablis, plus crémeux, beurré et boisé comme on le produit en Californie, ou entre les deux comme un chardonnay du nord de l’Italie, par exemple? Les chardonnays de climat frais sont en général beaucoup plus zestés et salins que ceux de climat chaud qui présentent généralement une acidité moyenne, des notes de tarte aux pêches et même à l’occasion des fruits exotiques. La meilleure façon de découvrir est d’essayer. Qui sait, un de ceux-là est peut-être le vôtre!

La Chablisienne Chablis La Sereine
23,45 $ • 565598
12,5 % • 1,7 g/l

La coopérative La Chablisienne produit des vins qui sont excellents et abordables, d’une constance et d’une qualité remarquable. Les raisins sont issus des terroirs argilocalcaires de sols kimméridgiens campés sur les deux rives du Serein, la rivière qui traverse la région de Chablis. On y trouve donc des notes de coquilles d’huîtres et d’agrumes en équilibre sur une texture à la fois soyeuse et zestée.  

Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard
Un couple sans sexe, vraiment ?

Sexologie

Un couple sans sexe, vraiment ?

CHRONIQUE / « Et si ce n’était pas du maudit sexe, tout irait si bien entre nous… »

Voilà le témoignage d’une dame qui mettrait bien une croix sur le volet sexuel de son couple, au grand dam de son homme. Lui, vous l’aurez compris, n’est aucunement prêt à abdiquer et revendique haut et fort la nécessité du sexe dans leur vie ou, du moins, dans la sienne.

Jonathan Custeau
La Tribune
Jonathan Custeau
Pourquoi pas le Château en tout inclus ?

Le Bourlingueur

Pourquoi pas le Château en tout inclus ?

CHRONIQUE / C’était le 1er janvier 2004. Je venais de cueillir les clés de mon appartement de Grande-Allée à Québec. Il faisait le froid de l’hiver des plaines : les joues me brûlaient des caresses que soufflait le fleuve sur la Haute-Ville. Dans la pénombre, j’ai suivi la rue jusqu’à la promenade Dufferin, où je me suis extasié devant le Château Frontenac jusqu’à ce que mes orteils virent au bleu.

Avalant les flocons, le menton au nombril, j’admirais l’immense hôtel que je n’avais vu qu’en photo. J’étais secoué comme je l’aurais été devant la tour Eiffel ou le Taj Mahal. Le Château, c’est en quelque sorte l’image de Québec. On en trouve même une réplique à Walt Disney World.

Il m’aura néanmoins fallu seize bonnes années pour en franchir la porte. À défaut de prendre le large en temps de pandémie, décrocher dans un tout inclus de luxe, chez nous, c’est possible. Le Château Frontenac se lance effectivement dans la formule tout inclus en devenant le deuxième hôtel Fairmont à tenter l’expérience.

Pour dire vrai, les temps sont durs pour l’établissement de 610 chambres. D’un taux d’occupation atteignant généralement les 80 % l’été, surtout grâce à la clientèle internationale, elle frise les 20 % ces dernières semaines, selon Maxime Aubin, directeur adjoint au marketing et aux communications au Fairmont Le Château Frontenac. Les Québécois, indécis, réservent à la dernière minute. 

D’ici la fin juillet, ils peuvent d’ailleurs profiter d’une promotion deux pour un sur une chambre régulière. Le tout inclus, lui, avec trois repas et des activités au choix, à partir de 999 $ la nuit, en occupation double... sera offert à partir du 31 juillet. Un minimum de deux nuits est exigé et le deux pour un ne s’applique pas dans ce cas. 

En matière d’expérience, c’est sans doute la première fois que je me suis permis le même état d’esprit, au Québec, que j’aurais en découvrant un autre coin du monde. Les étoiles s’alignaient pour l’aventure, des éléments de surprise et de découverte. 

Malgré la prise de température et le port du masque obligatoires à l’entrée de l’hôtel, on remarque surtout le décor somptueux et l’atmosphère pas du tout prétentieuse de l’établissement. Les employés, polis, souriants sous le masque, interagissent avec une dose de raffinement, sans déborder. C’est que leur entraînement commence par deux jours sur l’histoire du château et l’apprentissage des interactions avec les clients. 

L’histoire du château, d’ailleurs, est à la fois fascinante et méconnue, en commençant par la boîte aux lettres dorée visible près des ascenseurs. On raconte avoir découvert une carte postale datée de la Deuxième Guerre mondiale coincée dans une chute à lettres entre deux étages. Un soldat aurait écrit à sa copine pour lui dire qu’il la marierait au retour de la guerre. La destinataire de la lettre n’a jamais été retrouvée, mais l’histoire a inspiré la télésérie coréenne Goblin, attirant son lot de touristes de l’Asie. 

Dans l’histoire moins anecdotique, on ignore peut-être que le Château, qui a toujours été un hôtel, a été construit par le Canadien Pacifique et inauguré en 1893, et qu’il appartient désormais à Ivanhoé Cambridge, la branche immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Les rappels du train sont d’ailleurs visibles partout dans la décoration du restaurant Le Sam, de la forme des chaises, clin d’œil aux locomotives, aux mains courantes le long des murs. 

En se promenant dans les quelque 12 kilomètres de couloirs, on tombera peut-être sur le mur des célébrités ayant défilé au Château. On peut penser à la reine Élizabeth II, venue à Québec alors qu’elle n’était encore que princesse, ou au président Franklin D. Roosevelt et aux premiers ministres Winston Churchill et Lyon MacKenzie King, venus pour les Conférences de Québec pour discuter stratégie en 1943 et 1944. Plus récemment, Céline Dion, Leonardo DiCaprio et Steven Spielberg ne sont que quelques clients ayant séjourné dans l’hôtel. Et oui, le nom du quotidien Le Soleil a aussi été trouvé au Château...

Maxime Aubin rapporte par ailleurs que chaque chambre est unique en raison de la vue qu’elle offre et de son aménagement intérieur. Et la vue, avouons-le, est imbattable si on s’aventure dans les hauteurs.

En ce qui me concerne, la Château a su me tirer de mon quotidien et me faire oublier un instant le confinement auquel nous nous sommes soumis cet hiver.

Vin, gastronomie et visite historique

Les acheteurs du forfait tout inclus pourront entre autres choisir un repas dans n’importe quel restaurant du Château. Au Champlain, où le chef Stéphane Modat, nommé chef de l’année en 2019, propose un menu chasse et un menu pêche, le repas constitue une bonne façon de souligner le début ou la fin des vacances avec une gâterie. Même après la mise en bouche, la truite mouchetée, l’esturgeon du lac Saint-Louis et le doré du lac Saint-Pierre, il restera de la place pour le filet de flétan de la Gaspésie, présenté comme un point d’orgue savoureux. Quand on pense qu’on n’en peut plus, la tarte tatin aux fraises nous achève avec son goût de ciel. Vraiment!

À noter que la décoration du restaurant vaut à elle seule un arrêt, entre autres pour sa sculpture représentant la profondeur du Saint-Laurent, entre Montréal et Québec, et son caribou portant lui aussi le masque. 

Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Réfléchir avant de partir

Sortie prendre l'air

Réfléchir avant de partir

CHRONIQUE / Ça m’a sauté aux yeux pendant la pandémie. En pleine campagne, loin des foules pourtant : la quantité de déchets qui se retrouvaient dans les fossés pendant que je courais le long de la route. En 2020, vraiment? Et puis, Dieu merci, les espaces où je vais randonner ont rouvert. Mais de quoi auront-ils l’air à la fin de l’été?

On vous en parlait dans ces pages la semaine dernière : çà et là, des municipalités se retrouvent avec des campeurs qui improvisent et des traces bien visibles de visiteurs qui sont passés par là.

L’enjeu n’est pas tant le nombre de personnes qui passent que les conduites qu’elles adoptent, précise Renée-Claude Bastien, guide en tourisme d’aventure depuis près de 20 ans. Elle est aussi formatrice de Sans trace, un programme qui vise à réduire notre empreinte écologique en plein air.

L’enseignement à ce sujet a évolué, dit-elle.

« On favorisait des petits groupes de plein air. On s’est rendu compte qu’il y a moins d’impacts à avoir un groupe de 25 personnes très bien informées et qui prennent soin de minimiser leurs impacts qu’un groupe de 10 qui n’ont aucune information et qui créent des impacts. Ça revient à l’importance de cette réflexion pour minimiser les conséquences sur le milieu naturel qu’on va visiter. »

Le mouvement Sans trace est né aux États-Unis au milieu des années 1970 avant de s’étendre ici. 

« C’est venu du fait que les gens ne respectaient pas la réglementation en plein air, en ne se doutant pas qu’elle n’est pas là pour contraindre nos libertés, mais pour protéger l’espace naturel. »

Un programme national d’éducation visant à expliquer pourquoi cette réglementation est en place. 

« Quand on sort d’un sentier, on piétine la flore, on crée des sentiers secondaires qui favorisent l’érosion du sol et on doit ensuite restreindre l’accès. Quand on dit aux gens de rester dans le sentier, ça ne les allume pas. Quand on leur explique pourquoi on demande ça, en ayant la raison, c’est plus difficile de faire l’action inverse. »

Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Eau-de-vie… laitière!

En cuisine

Eau-de-vie… laitière!

CHRONIQUE / C’est une première au Québec : depuis juin, la famille Migneron de Charlevoix (dont la réputation n’est plus à faire au chapitre des fromages), commercialise une originale eau-de-vie faite à partir de… petit-lait! 

Lancé tout récemment et vendu en SAQ, le nouvel alcool signé Charlevoyou a nécessité deux ans de recherche et développement. 

« Notre activité principale, c’est bien sûr l’activité de la fromagerie. Et comme dans toute fromagerie, on doit gérer la matière résiduelle de coagulation du lait, qu’on appelle le petit-lait. Chacun trouve sa façon d’en disposer. Certains vont le broyer en poudre, d’autres vont le transformer en méthane, d’autres vont le donner à manger aux animaux », explique Madeleine Dufour, distillatrice et gestionnaire au sein de l’entreprise familiale fondée par ses parents, il y a 26 ans. 

Du côté de l’institution de Charlevoix, on a eu la bonne idée d’en faire de l’alcool. Entre autres parce que, depuis dix ans déjà, les Dufour cultivent la vigne dans leur coin de campagne à Baie-Saint-Paul. 

« On avait déjà un pied dans le vin, on s’est dit : pourquoi ne pas pousser davantage notre intérêt pour la distillation? Après avoir fait plusieurs recherches, on a réalisé que c’est un élan plus grand que nous. On a l’impression que l’Homme avec un grand H a toujours voulu trouver de la matière à distiller pour faire de l’alcool à partir de ce qu’il avait sous la main. Nous, comme on développait un nouveau produit, on n’avait pas de repères. On a multiplié les démarches et les essais, on a amalgamé toutes nos connaissances. Une grosse partie du travail s’effectue en fromagerie, parce qu’il faut faire le traitement du lactosérum avant de l’envoyer vers la distillerie où, par un processus de fermentation, on transforme le sucre présent dans le liquide en alcool. »

En bâtissant la distillerie en 2017, Madeleine Dufour et son frère, Alexandre, aussi partie prenante du projet, pensaient se lancer dans la production de vodka. 

Ils ont réalisé en cours de route que le nectar qui sortait de leur alambic était trop parfumé pour entrer dans la niche de la vodka, par définition plus neutre au goût. 

« Notre produit avait trop de personnalité. On fait de la triple distillation, qui permet un résultat très fin, très épuré. Au nez, on sent cette palette de caramel, de dulce de leche. Plusieurs trouvent que ça ressemble à une eau-de-vie de fruit, parce qu’on perçoit le côté un peu végétal. C’est un mélange de plein d’influences gustatives, ça donne une belle complexité qui fait qu’à chaque gorgée, on détecte quelque chose de nouveau », assure l’entrepreneure de 25 ans.

Dans la foulée de leurs recherches, Madeleine et Alexandre ont constaté que quelques initiatives semblables à la leur avaient germé en Angleterre et en Nouvelle-Zélande. 

« Je pense toutefois qu’on est les seuls à avoir trois chapeaux : producteurs de lait de brebis, fromagers et distillateurs. On comble notre cycle agricole et j’ai l’impression que ça, c’est assez unique. Pour nous, c’est une immense fierté. En plus de s’inscrire dans le mouvement zéro déchet et d’être en mode économie circulaire, on redonne une valeur à quelque chose qui n’en avait pas tellement. Et au final, on arrive avec un bon produit. »

Les gourmands pourraient aussi utiliser l’eau-de-vie en cuisine, pour flamber un dessert ou déglacer une poêle lorsqu’on fait une sauce. Au verre, elle se prête bien à différents mélanges.

Les entrepreneurs ont d’ailleurs travaillé de concert avec des mixologues pour créer des recettes mettant en vedette cet alcool nouveau genre. 

« Ils ont mis en valeur le caractère unique de notre spiritueux en accentuant son côté lacté, en jouant avec les textures, en ajoutant du blanc d’œuf ou des fruits, par exemple. »


Clin d’œil à Madeleine et à l’emblématique fraise du Québec, Rose Simard, de 1 ou 2 cocktails, a créé le « Madeleine aux fraises ». Si vous avez envie de goûter, voici la recette : 


Madeleine aux fraises (recette de 1 ou 2 cocktails)

Ingrédients

1,5 oz d’eau-de-vie, Charlevoyou

0,75 oz de jus de citron frais

0,75 oz de sirop simple ou sirop de vanille

0,75 oz de crème à fouetter 35 %

¼ de tasse de fraises

1 blanc d’œuf

Vin mousseux, Blanquette de Limoux

Préparation

1. Écraser les fraises au fond du shaker à l’aide du pilon.

2. Ajouter tous les ingrédients dans le shaker à l’exception du vin mousseux.

3. Secouer une première fois sans glaçons (dry shake).

4. Ajouter des glaçons puis secouer vigoureusement.

5. Double-filtrer dans un verre rempli de glaçons.

6. Allonger tranquillement avec le vin mousseux afin de créer un beau collet de mousse.

7. Garnir d’une tranche de fraise ou savourer immédiatement