Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Le bourlingueur

Magie éléphantesque

CHRONIQUE / Strasbourg avait joué les ambivalentes toute la journée. Mouillera, mouillera pas. Les nuages gris teintaient le ciel dans le très loin, comme une promesse qu’ils s’abattraient sur la ville tôt ou tard. Ce qu’ils ont fait.

Quand la pluie arrache le chapelet de la corde à linge, on va au musée. Parce que c’est en dedans, et surtout, plus sec. Vive le Musée d’art moderne.

Plein air

Apprivoiser la randonnée alpine

La randonnée alpine est un sport qui compte sans cesse plus d’adeptes au Québec et en Estrie. Toutefois, bien que cette activité puisse paraître plutôt accessible sur le plan des habiletés pour les gens qui skient déjà, il est souvent préférable d’avoir obtenu quelques conseils judicieux pour connaître du succès dès les premières sorties en montagne.

Directrice adjointe de l’école de glisse de la station Mont Orford, Marianne Lacasse s’est elle-même acheté un équipement de randonnée alpine au cours des dernières années. Elle s’est aperçu qu’il est préférable de ne pas improviser lorsqu’on commence à pratiquer ce sport.

Bières

Cinq bières qui ont façonné le Québec brassicole

CHRONIQUE / Un peu de nostalgie ou un retour aux sources, c’est selon, mais voici le prétexte parfait pour découvrir cinq bières qui ont fait du Québec brassicole ce qu’il est aujourd’hui. Cinq bières qui ont changé la perception de cet univers chez une clientèle parfois dubitative, mais souvent curieuse.

Boréale Rousse
Brasseurs du Nord
Blainville

Lorsque les fondateurs des Brasseurs du Nord ont brassé leur première rousse au milieu des années 80, le monde de la bière au Québec était dominé par les bières «blondes douces» à grand renfort de marketing. Il fallait avoir de la détermination pour proposer une bière aux malts caramélisés, au taux d’alcool légèrement supérieur, mais, surtout… au goût différent. Aujourd’hui, la Boréale rousse est toujours considérée comme la mère de toutes les rousses au Québec. Une bière au goût malté, mais pas trop. À l’amertume, mais pas trop. Aux notes de caramel, mais pas trop. Bref, une bière que l’on boit pour se rappeler que l’on a parfois envie de boire autre chose.

*****

Le Technologue

Se garder au chaud malgré le froid

CHRONIQUE / Nous sommes en pleine période de grands froids et l’habillement en pelures d’oignon, qui consiste à utiliser plusieurs couches de vêtement, est le moyen idéal pour se garder au chaud afin de profiter au maximum des activités extérieures. J’ai essayé pour vous différents produits de la compagnie de vêtements de plein air Columbia.

Le froid ne doit pas être un frein à vos activités extérieures et un habillement adéquat est la clé pour ne pas geler. Selon les conditions météo ainsi que votre niveau d’activité, il est nécessaire d’adapter votre habillement en conséquence. Le bon vieux manteau lourd et épais peut encore faire l’affaire lorsque vous ne bougez pas beaucoup ou pour prendre une marche, par exemple, mais dès que le niveau d’effort est augmenté, il devient alors un handicap. Son poids et son format ne sont certes pas adaptés à l’effort physique, mais son principal défaut réside essentiellement dans son manque de ventilation retenant ainsi transpiration et humidité.

Recettes

Pavés de saumon Général Tao

Préparation : 20 minutes
Cuisson : 10 minutes
Quantité : 4 portions

INGRÉDIENTS

• 4 filets de saumon de 150 g (1/3 de lb) chacun, la peau enlevée
• sauce Général Tao
• 125 ml (1/2 tasse) de bouillon de poulet réduit en sodium
• 60 ml (1/4 de tasse) de sauce soya réduite en sodium
• 60 ml (1/4 de tasse) de jus d’orange
• 30 ml (2 c. à soupe) de cassonade
• 30 ml (2 c. à soupe) de vinaigre de riz
• 30 ml (2 c. à soupe) de ketchup
• 15 ml (1 c. à soupe) de gingembre haché
• 15 ml (1 c. à soupe) d’ail haché
• 10 ml (2 c. à thé) de fécule de maïs
• 2,5 ml (1/2 c. à thé) d’huile de sésame grillé

Facultatif : 1 piment thaï haché

PRÉPARATION

1) Préchauffer le four à 220 °C (425 °F).
2) Dans une casserole, mélanger les ingrédients de la sauce.
3) Porter à ébullition, puis cuire de 2 à 3 minutes.
4 Sur une plaque de cuisson tapissée de papier parchemin, déposer les filets de saumon.
5) Badigeonner les filets de saumon d’un peu de sauce.
6) Cuire au four de 8 à 10 minutes, en badigeonnant le saumon de sauce plusieurs fois en cours de cuisson.
7) Servir les filets de saumon avec la sauce restante

Nouilles de riz et légumes assaisonnés

1) Réhydrater 150 g (1/3 de lb) de nouilles de riz selon les indications de l’emballage. Égoutter.
2) Couper 1 carotte et 1 poivron en bâtonnets.
3) Dans une poêle, chauffer 15 ml (1 c. à soupe) d’huile de canola à feu moyen.
4) Cuire les légumes avec 150 g (1/3 de lb) de haricots verts de 3 à 4 minutes
5) Ajouter 80 ml (1/3 de tasse) de bouillon de légumes.
6) Porter à ébullition, puis cuire de 4 à 5 minutes.
7) Ajouter les nouilles de riz et 30 ml (2 c. à soupe) de feuilles coriandre fraîche. Saler, poivrer et remuer.

PAR PORTION

Calories: 388
Protéines: 33 g
Matières grasses: 21 g
Glucides: 16 g
Fibres: 1 g
Fer: 1 mg
Calcium: 33 mg
Sodium: 820 mg

Sexologie

Il me trompe avec un homme

CHRONIQUE / «Non seulement il m’a trompée, mais en plus, il m’a trompé avec un homme ! Comment suis-je censée prendre ça, moi, là ? »

Tel un coup en plein cœur, pour ne pas dire deux, cette confidence soumise par cette femme cocufiée est certainement moteur de plus d’un questionnement. Primo, celui bien entendu se rapportant au fait d’être trahi et secundo, pas avec n’importe qui. Une personne du même sexe.

Le bourlingueur

Quand Strasbourg charme à moitié

CHRONIQUE / L’anticipation aura tué la magie. Souvent décrite comme l’une des plus belles villes de France, Strasbourg croule sous une tonne de pression quand vient le temps de séduire. C’est le blind date où on promet le match parfait. Et malheureusement, le coup de foudre ne s’est pas produit.

Strasbourg, c’est la capitale de l’Alsace, dans l’est de la France. De là, en s’étirant le cou, on peut presque voir l’Allemagne, qui s’étend juste à côté. Et on comprend pourquoi les villes voisines, plus petites, moins touristiques, jalousent un peu la grande sœur d’attirer autant les masses. Vrai que c’est joli et animé Strasbourg, et qu’on aura davantage envie d’y rallonger une balade que dans les petites communautés voisines.

Bières

Quatre choses que je ne ferai pas en 2020

CHRONIQUE / Le temps des Fêtes est derrière nous. Vive les résolutions du Jour de l’an! Comme une fois n’est pas coutume, je vous offre une chronique qui ne présente pas ce que je voudrais faire en 2020, mais bien ce que je ne ferai pas...

Prendre un bain à la bière

Prendre un bain de bière est la tendance du moment en République tchèque. Les « Beer Spa » sont de plus en plus populaires en Europe de l’Est. Le concept est assez simple : on plonge dans un bain contenant du malt, de la levure et du houblon. Même si ce dernier peut avoir des propriétés thérapeutiques, j’y vois plus un attrape touristes qu’une réelle volonté d’offrir une thérapie en bonne et due forme. La bière, ça se boit, ça se cuisine, mais on n’y plonge pas! C’est une insulte à la culture bière et, à ma connaissance, c’est la seule boisson alcoolisée trop souvent utilisée pour autre chose que juste être bue. Le débat est lancé.

Critiquer le consommateur de bière

Je ne l’ai jamais fait et ce n’est pas du tout dans ma philosophie de consommateur averti de le faire, mais j’assiste de plus en plus à un mouvement radical de consommateurs de bières de microbrasseries qui critiquent le consommateur de bières domestiques, importées ou premium. Surtout sur les réseaux sociaux. La bière de microbrasseries plaît à 15% des consommateurs du Québec. Vous l’aurez compris, 85% des autres consommateurs boivent autre chose. Ouin, pis?

Est-ce uniquement dans la bière que l’on retrouve un mouvement si radicalisé et peu ouvert à la discussion avec d’autres consommateurs? Je crois que oui. Au lieu de critiquer la bouteille de bière qui ne plaît pas dans le panier du consommateur, prenons le temps de parler de nos goûts, qui diffèrent, et de l’incroyable offre de bières disponibles au Québec. Il y en a pour tout le monde. 

Suivre absolument le marché

Les nombreuses nouveautés, les nouvelles brasseries et les très nombreuses initiatives et lancements de produits dictent un marché en pleine croissance. La culture bière ne s’est jamais sentie aussi bien au Québec. Paradoxalement, il est devenu difficile de suivre les tendances et les nombreux produits. Même pour un passionné qui y consacre tout son temps.

Pour une brasserie, se faire connaître et vendre ses produits demandent un peu plus d’énergie qu’avant. L’année sera donc ponctuée de découvertes, de rencontres et de conseils à vous offrir. C’est mon métier, mais surtout ma passion. Je relâche cependant la pression d’essayer de tout découvrir et de tout goûter. C’est impossible. Cette tendance se voit de plus en plus auprès des consommateurs avertis.

Faire la promotion absolue de l’alcool

Contrairement à la croyance populaire, ma consommation d’alcool n’est pas quotidienne. Ce n’est pas par nécessité que je ne bois pas tous les jours, mais par choix. Un choix naturel qui ne demande pas forcément une volonté particulière. Dans ma famille, l’alcool a toujours été ponctué de rencontres et de valeurs. Installé au Québec depuis 20 ans, je remarque qu’il s’agit aussi d’une différence culturelle notable. Ce n’est pas forcément une boisson enivrante, mais un vecteur de culture et de savoir-faire. La tendance veut que de plus en plus de gens se dirigent vers l’abstinence. Les raisons sont multiples et très personnelles. J’encourage d’ailleurs chaque personne qui sent le besoin d’arrêter sa consommation à le faire. Par contre, je défends également un courant de consommation équilibré et raisonnable. Certes, une soirée bien arrosée de temps en temps est parfois à la portée de tous, mais les moyens pour en limiter les conséquences autour de soi doivent cependant être considérés. Des organismes comme Éduc-Alcool présentent d’ailleurs de bons moyens pour calculer une consommation responsable.

À la lumière de cette réflexion, il est intéressant de s’attarder à la culture qui se cache derrière le savoir-faire. Est-ce que l’alcool est forcément nécessaire pour apprécier un produit artisanal fermenté ? J’en arrive à la conclusion que non. Offrez-moi une bière sans alcool qui a le même goût qu’une bière alcoolisée et l’expérience gustative et olfactive sera la même. Le problème, c’est que l’alcool est porteur de saveurs et de rondeur, par exemple. 

Les bières sans alcool sont de plus en plus populaires. Elles méritent qu’on s’y attarde en tant que produit artisanal. Surveillez les tablettes de vos détaillants préférés, elles y seront de plus en plus nombreuses en 2020. Un autre courant s’installe tranquillement au Québec, celui des Jun et Kombucha, alcoolisés ou non. L’industrie des produits fermentés est en pleine croissance également. Si on se fie à l’intérêt de découvrir la culture et le savoir-faire derrière chaque produit, la notion d’alcool passe au second plan.    

Le technologue

2020 dans la boule de cristal

CHRONIQUE / Le temps est venu de vous faire mes prévisions pour l’année 2020. D’ailleurs, ce n’est pas pour me vanter, mais celles de l’année dernière se sont avérées étonnamment exactes, et ce, sans avoir eu recours à la moindre boule de cristal!

Élections américaines et propagande

Nous sommes en année électorale aux pays de l’oncle Sam et la technologie va encore une fois avoir son mot à dire dans le processus.

En cuisine

De bonnes bouteilles 100 % Québec

Rose Simard et Max Coubès ont lancé l’entreprise 1 ou 2 cocktails avec cette idée de rendre l’apéro accessible à tous et de rejoindre les néophytes comme les connaisseurs. Pour s’adresser au plus grand nombre, ils ont fait disparaître le terme mixologue de l’équation, qu’ils estimaient un peu trop niché. Le livre qu’ils proposent est à l’image de cette vision décomplexée et rassembleuse. Au surplus, L’apéro au Québec met en vitrine différents alcools québécois ainsi que des ingrédients bien d’ici. Pour vous permettre de trinquer joliment à la nouvelle année, ou pour vous faire découvrir quelques bons jus alcoolisés de notre terroir, Rose Simard partage quelques-uns de ses coups de cœur locaux.

Belles bulles

Au jour de l’An, c’est un classique, on pense pétillant. 

« Le mousseux rose et le vin blanc mousseux du Domaine Bergeville sont deux bouteilles qui se boivent super bien au décompte de minuit. Et comme ce sont des mousseux assez secs, pas trop sucrés, ils vont bien se mélanger dans un cocktail. Ils seront aussi formidables en Aperol Spritz. Si on veut en concocter un 100 % local, on remplace l’apérol italien par un apéritivo tout québécois, par exemple la liqueur Amermelade que font les Spiritueux Iberville. C’est un cocktail tout simple à faire et il se sert bien lorsqu’on reçoit plusieurs personnes parce qu’on n’a pas besoin de shaker. Tout se mélange dans une coupe à vin. » Les cidres pétillants du Domaine Lafrance, le rosé de Michel Jodoin ou les jolis nectars à base de poires du producteur Entre Pierre et Terre sont d’autres belles trouvailles. 

Le Bourlingueur

Trèves et ses ruines romaines

CHRONIQUE / La filée de voitures dans la voie de gauche s’éternisait. Le GPS indiquait qu’il faudrait tourner à gauche sur le pont Käiser-Wilhelm plusieurs centaines de mètres plus loin. Pour traverser la Moselle et atteindre Trèves, une petite ville de l’ouest de l’Allemagne, il fallait donc se montrer patient comme au lendemain de Noël, à l’entrée des magasins.

Il faut croire que les accès sont limités, ou que la circulation est mal contrôlée par la signalisation, à l’entrée de Trèves, parce que les rues de la ville, une fois la rivière passée, ne bouchonnent pas du tout. À 115 000 habitants, le contraire aurait été étonnant.

Il reste que la navigation dans la vieille ville demeure un tantinet risquée, piétons et sens uniques posant quelques défis. Ne le dites à personne, mais j’ai joué les dyslexiques en apercevant sur le tard quelques panneaux fléchés que mon GPS n’avait pas enregistrés. Abandonner le véhicule à quelques mètres du cœur de la vieille ville aura été une libération.

Trèves s’imposait dans mon trajet entre Cologne, plus au nord, et l’Autriche, où je finirais le voyage. En cherchant les sites dignes d’intérêt sur mon itinéraire, ceux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO par exemple, deux villes rivalisaient pour un court arrêt : Aix-la-Chapelle et Trèves.

La première, plus au nord, dispose d’une grande cathédrale. Elle avait l’avantage d’offrir une pause sur la route pour le Luxembourg, où je pourrais parcourir le pays du nord au sud. La seconde, justement tout près de la frontière du Luxembourg, m’aurait forcé à écourter mon passage dans le petit pays.

Si Aix-la-Chapelle a gagné la bataille, malgré les avis divisés des Allemands rencontrés sur la route, je me suis finalement convaincu d’un détour, entre la ville de Luxembourg et Strasbourg, en France. Trèves s’ajoutait sur l’itinéraire, à seulement une quarantaine de minutes de la capitale luxembourgeoise.

Trèves est petite, calme et charmante. Elle est l’une des plus vieilles villes allemandes et on y trouve encore aujourd’hui plusieurs ruines romaines. Aucune autre ville au nord des Alpes n’offre autant de monuments romains.

Bien au centre de la vieille ville, d’où on peut apercevoir quelques clochers parfaitement perchés, un marché, le Kornmarkt, s’anime en milieu de journée pour vendre fruits et légumes. Là, impossible de se noyer dans la foule.

La principale attraction, la Porta Nigra, date du deuxième siècle. Imposante porte de grès, elle peut être visitée, entre autres pour la vue qu’elle offre sur la ville. Transformée en église à travers le temps, elle a retrouvé ses allures d’origine dans les années 1800. 

Plus centrale, la basilique, très vaste, était la plus grande de l’Antiquité et incarnait le siège et le pouvoir de l’Empire romain. Rien que ça. Et pourtant, ce jour-là, ça ne se bousculait pas au portillon pour la visiter. 

Pas plus que pour entrer dans l’impressionnante et monumentale église Notre-Dame. Son vaste parvis était presque désert. Il faut dire que les nuages gris décourageaient peut-être les fidèles et les touristes de mettre le nez dehors. Ça n’empêchait pas une femme de beugler des messages religieux dans un porte-voix, à une extrémité de la place. 

Bourlingueur

La décennie autour du monde

«C’est quoi le mot de passe du wi-fi? » est sans doute la question la plus souvent posée dans les hôtels, mais aussi les restaurants un peu partout sur la planète. Plus souvent qu’« où sont les toilettes? » et « Une autre bière s’il vous plait! » j’en suis convaincu.

Voilà la première chose qui me vient en tête quand je me demande en quoi la décennie a changé en matière de voyage. Les prises USB ou les prises de courant se sont multipliées pour recharger les appareils des touristes, les mots-clics, la promotion pour les endroits les plus instagrammables et les perches à égoportraits ont aussi envahi le marché. 

Cette technologie m’a tiré du pétrin des dizaines de fois. Il me démange néanmoins de me lancer à nouveau sans cette béquille pour voir ce que je serais en mesure d’accomplir. 

Dix ans, c’est beaucoup dans une vie. Pour le Bourlingueur que je suis, c’est partir de presque zéro, vaincre la peur de voler et déployer mes ailes des dizaines, voire des centaines de fois. Ces dix ans m’ont fait sortir de l’Europe, vivre sur la route pendant six mois, mené dans des régions sauvages, arides ou surpeuplées. J’ai appris à faire du pouce, à trimballer ma propre bouteille d’eau pour réduire les déchets que je produis, à conduire dans la voie de gauche sur une autoroute australienne. 

La dernière décennie, ce sont les avions qui tombent par erreur, le terrorisme qui surgit dans les foules assemblées, l’urgence climatique qui donne envie de rester chez soi pour donner un peu d’air à une planète qui étouffe. C’est beaucoup de découvertes, d’enseignements et de remises en question, aussi, pour peu qu’on se donne la peine de s’intéresser à l’autre.

En dix ans, les souvenirs impérissables auront été nombreux. Mon cœur s’est un peu arrêté devant la puissance des déferlantes d’Ocean Beach, à San Francisco. Leur souffle m’a fait vaciller sur mes jambes devenues trop molles. 

Que dire des plats typiques mexicains, des tacos aux salades de cactus, en passant par les cévichés et le mole? Ce grand pays coloré à l’héritage complètement fou se trouve tout juste au bout de nos doigts et offre tellement plus que les plages de Cancún et de Playa del Carmen. 

Comment oublier les 45 kilomètres de randonnée vers le Machu Picchu, où il m’avait fallu trouver une aiguille et du fil, au milieu de nulle part, pour réparer mon unique pantalon qui ne me couvrait plus complètement? Ou encore la jungle de Bolivie, ses oiseaux aux allures préhistoriques, son tapir domestique et ses singes hurleurs qu’on entend plus qu’on ne les voit? Cette Amazonie nous aspire, nous oblige à reconsidérer le respect pour cette nature imposante.

En dix ans, j’ai appris le lâcher-prise devant l’immensité d’un périple de six mois qu’il était impossible de planifier sans se tromper. Au pied d’un glacier de Nouvelle-Zélande, j’ai mis ma confiance dans le moment présent et j’ai avancé. 

Avancé vers mon premier choc culturel dans une Chine grouillante de vie, de bruit, de surstimulation. Je devenais pour la première fois une minorité visible. L’anglais ne me suffisait plus à me faire comprendre. Je me suis adapté. Pas le choix. 

Comme en Inde, où le train, le bus local, le taxi conduit à trop grande vitesse m’ont donné des sueurs froides et offert d’inoubliables rencontres. Quand on a peur un peu, on s’accroche à celui qui nous sourit. Là aussi, on s’en remet à la bonté d’étrangers pour retrouver notre route et arriver à bon port. 

Vin

Champagne ou crémant ?

Sa royauté le champagne remporte certes la palme de la bulle spéculative et du pétage de broue, mais elle ne possède pas le monopole de la méthode traditionnelle. Ne s’appelle peut-être pas champagne qui veut, mais la technique, elle, est universelle et roule à plein régime aux quatre coins du monde!

« Champagne ou crémant? » demande Philémon Cimon à Fanny Bloom dans leur chanson À bicyclette. Il y a fort à parier que la belle lui a texté « Champagne ». Après tout, si on pouvait s’éclater au champagne et picorer le caviar tous les jours, on le ferait — simple façon de parler M. Hubert Sacy. Heureusement, entre le fantasme et la réalité, entre deux soirées à paillettes et papillons, il y a tout un monde de crémants!

C’est quoi un crémant?

Hors Champagne, le crémant s’impose comme l’autorité en matière de mousseux confectionnés d’après la méthode traditionnelle en France. Il peut être produit aux six coins de l’Hexagone : Bourgogne, Alsace, Loire, Die, Limoux, Savoie, Jura et Bordeaux — plutôt huit, tout compte fait.

Tout aussi doublement fermentés, les crémants sont soumis à des règles de vinification similaires à celles régissant le champagne, bien que chaque AOC possède un cahier des charges propre. Certes certains critères divergent, comme la durée d’élevage sur lie et les rendements, notamment.

Chaque crémant possède son individualité, laquelle lui est conférée par son terroir. Le sol, le climat, la pratique du vigneron, mais aussi les cépages locaux — chardonnay et pinot noir, bien sûr, mais aussi mauzac, poulsard, clairette, chenin, pinot blanc, jacquère et plusieurs autres —expliquent la grande diversité au sein de la famille des crémants. Et, faut pas se leurrer, le prix mérite toute votre attention, avec des options plus qu’intéressantes commençant sous la barre des 20 $. 

Des crémants de tous horizons

Ah, la Bourgogne! Rien de mieux pour vous sabrer un budget. Or, le crémant de bourgogne est définitivement l’un des meilleurs coups de la région. Les inconditionnels du champagne ne seront pas trop dépaysés, et ce, à une fraction du prix. D’abord parce qu’on est géographiquement très près de la Champagne, puis parce que le chardonnay et le pinot noir y sont les protagonistes. Trêve de dualités, de belles découvertes sont aussi à prévoir du côté du gamay et de l’aligoté. 

À l’est, le Jura offre des mousseux empreints de caractère qui valent sincèrement le détour. Majoritairement composés de chardonnay, ces crémants présentent un rapport qualité-prix-plaisir hors pair. 

Plus au sud, à Limoux dans la région du Languedoc, haut lieu de la naissance de la toute première bulle, le crémant de limoux se compose majoritairement de chardonnay et de chenin, mais aussi de mauzac et de pinot noir. 

La méthode traditionnelle ailleurs

Juste en France, on pourrait continuer ainsi avec les nombreux crémants, mais aussi les appellations vouvray, saumur et blanquette de limoux — proposant toutes des bulles issues de la méthode traditionnelle. 

En dehors, la méthode traditionnelle éclate les frontières, causant des dégorgements en série jusqu’au Luxembourg (crémant de Luxembourg), en Espagne (cava), en Italie (franciacorta, trento), en Angleterre, en Allemagne (quelques sekt), au Portugal, en Californie, au Canada… bref, dans pratiquement tous les pays producteurs.

Alors, champagne ou crémant?


Cava, Brut Nature Reserva, U Mes U Fan 

Tres Cygnus   

19,60 $ • 13566783 • 11,5 % • 3,1 g/l • bio • vegan

Joli cava non dosé — donc très sec — aux notes pâtissières évoquant la mélasse et la croustade aux pommes. C’est de bonne tenue avec une pointe d’amertume en finale. La bulle parfaite pour accompagner les derniers repas copieux du temps des Fêtes!


En cuisine

Noël comme un chef : Charles-Emmanuel Pariseau [VIDÉO]

CHRONIQUE / Ils passent en mode Noël bien avant tout le monde: décembre n’est pas encore commencé que leur calendrier de l’Avent est rempli au bouchon de réservations de groupes. L’horizon des Fêtes annonce une course folle pour les chefs et les restaurateurs qui voient défiler quantité de partys de bureau dans leur établissement. Puisque, dans quelques jours, ils pourront enfin souffler à leur tour et festoyer avec les leurs, on vous propose conversation et souvenirs partagés sur le vaste thème des Fêtes avec quatre créateurs de saveurs du centre-ville de Sherbrooke. Aujourd'hui, les Fêtes vues par Charles-Emmanuel Pariseau.

Pour voir la chronique complète : Noël comme un chef

Le bourlingueur

À tous ceux qui veulent changer le monde

CHRONIQUE / À quand remonte la dernière fois que vous avez changé le monde? Hier ou aujourd’hui probablement. Ou jamais, diront les plus pessimistes. Si vous ne savez pas, c’est probablement juste parce qu’on ne vous l’a pas dit. On est tous le battement d’aile d’un papillon qui provoque des ouragans, plus ou moins heureux, à l’autre bout de la planète.

On est tous un ouragan qui renverse des inconnus, autant que nous nous noyons dans l’écume des vagues que d’autres provoquent du moindre sourire. Quand on met sa vie dans un sac à dos, sur les roulettes d’une valise souvent aussi lourde que notre cœur angoissé de partir, on change le monde comme si on écrivait notre nom dans l’écorce d’un grand arbre. Au canif ou au couteau suisse. Avec ou sans le cœur autour, c’est selon.

À la vôtre

Dix mousseux pour accueillir 2020

CHRONIQUE / La période la plus exaltante de l’année, où toutes les excuses sont bonnes pour boire des bulles, est enfin arrivée! En 2019, que des mousseux issus de la méthode traditionnelle se sont frayé une place jusque dans cette liste. Bien qu’il doive y avoir une petite déformation professionnelle derrière cela, il faut reconnaître que l’offre de cavas, crémants et champagnes est plus diversifiée et plus accessible que jamais. Place à la chronique la plus pétillante de l’année!

Cava gran reserva 2015, Brut Nature, Sumarroca
17,15 $ • 13408929
12 % • 3,2 g/l 

Une meth trad élevée un minimum de 36 mois sur lies, à moins de 20 $ et bio? Tout porte à croire que nous avons été très sages en 2019. Ce cava non dosé, à l’acidité bien tendue et à l’air salin, s’annonce plus-que-parfait pour lancer l’apéro. Une bulle à petit prix pas gênante du tout! 

En cuisine

Noël comme un chef [VIDÉO]

CHRONIQUE / Ils passent en mode Noël bien avant tout le monde: décembre n’est pas encore commencé que leur calendrier de l’Avent est rempli au bouchon de réservations de groupes. L’horizon des Fêtes annonce une course folle pour les chefs et les restaurateurs qui voient défiler quantité de partys de bureau dans leur établissement. Puisque, dans quelques jours, ils pourront enfin souffler à leur tour et festoyer avec les leurs, on vous propose conversation et souvenirs partagés sur le vaste thème des Fêtes avec quatre créateurs de saveurs du centre-ville de Sherbrooke.

Anik Beaudoin
Propriétaire du restaurant Auguste

Quand on lui demande si elle aime Noël et toute sa frénésie, Anik Beaudoin répond oui. Sans hésitation.

« Dans ma famille, on célébrait beaucoup autour de la table. Ma grand-mère Augustine cuisinait énormément. J’habitais en haut de chez elle et j’allais la trouver, tôt le matin. Déjà à 6 h 30, elle avait enfilé son tablier. Ensemble, on faisait des tartes. Mes souvenirs de réveillon sont typiques des années 1970. Les grandes tablées, les salons enfumés, les petits sandwichs, les nombreux plats. Toutes ces choses-là. Nous, les enfants, on dormait jusqu’à minuit. Les parents nous réveillaient quand la fête commençait. »

Les temps changent, les traditions aussi. Un peu. 

« Dans la vie, je déteste les pot lucks. Sauf à Noël, où c’est la formule parfaite parce que chacun apporte sa spécialité, ce qu’il fait de mieux. Et j’adore recevoir, j’aime quand la maison est pleine. Ça ne me crée pas de stress, probablement parce que j’accepte que ce soit imparfait. Au restaurant, c’est différent, il faut que tout soit sur la coche, mais chez moi, ce qui compte avant tout, c’est le moment qu’on passe ensemble. »

Un moment qui, dans les familles élargies, est parfois un peu complexe à gérer. 

« Avec tous les changements qui sont survenus dans l’alimentation des Québécois, le temps des Fêtes amène son lot de défis. Il y a des gens qui ont des allergies alimentaires, d’autres qui sont intolérants à certains aliments, d’autres qui sont végétariens ou végétaliens. Ça fait parfois plusieurs contraintes dont il faut tenir compte lorsque vient le temps de bricoler un repas. C’est mon rôle, comme restauratrice, de faire en sorte que tout le monde soit heureux ensemble. On offre donc un menu qui propose de tout et qui comprend autant des mets véganes que des plats à la viande. Parce qu’on aime simplifier la vie des gens, on a aussi une table d’hôte des Fêtes pour emporter et un service de traiteur avec un vaste éventail de possibilités. On cuisine certains classiques, mais on les twiste à notre façon. Par exemple, on concocte une volaille farcie aux champignons à la place de la dinde, on intègre la canneberge à nos accompagnements, on mitonne un ragoût tout-en-un qui a quasiment les allures d’une soupe-repas. »

  L’ADN de son resto

« On fait une cuisine véritable, qui est faite et servie par des humains passionnés qui ont à cœur l’expérience complète de la sortie au resto. »

Bières

Un petit tour dans les Laurentides

CHRONIQUE / Véritable terrain de jeu de très nombreux Québécois, les pistes de ski le long de l’autoroute 15 attendent avec impatience les nombreux skieurs assoiffés de découvertes. N’étant pas un grand skieur dans l’âme, ni dans la technique d’ailleurs, je préfère vous présenter quelques établissements à l’accueil gourmand et chaleureux le long de l’autoroute, entre Prévost et Val-David. Une petite excursion hivernale.

Pub Barils et Ardoises — Prévost

Située à 55 km de Montréal, le Pub Barils et Ardoises, ouvert depuis 2016, vient de terminer des rénovations majeures qui permettent d’accueillir encore plus de clients dans un confort urbain et soigné. La carte des bières est intelligente et tout amateur de bières y trouvera son compte. On peut même se faire plaisir avec quelques bières importées sur le menu qui plairont aux plus avertis des consommateurs. Côté cuisine, le pub propose une cuisine soignée de type bistronomique. Des plats qui invitent à la découverte, sans prétention, qui laissent une agréable impression de partager la cuisine des co- propriétaires. L’accent est mis sur l’accueil et le plaisir. On veut que vous vous sentiez comme chez vous. Mission accomplie. De plus en plus populaire dans les établissements à vocation brassicole, on y trouve également une belle sélection de vins, de quoi faire plaisir à toute la tablée.

CHRONIQUES

Des idées cadeaux technos à plus de 100$

CHRONIQUE / Le petit cube noir transforme littéralement votre téléviseur en concentrateur de domotique. Ce Firestick sur les stéroïdes répond aux commandes vocales avec précision. Au niveau de l’interface, elle est identique au Firestick, mais la puissance supérieure du Cube fait en sorte que l’expérience est très agréable et réactive. Je publierai bientôt un test complet de ce produit.

Après mes suggestions de cadeaux technos à moins de 50$, voici quelques idées cadeaux technos à plus de 100$ avec des produits que j’ai eu la chance d’essayer durant la dernière année.

Recettes

Truffes au chocolat

Préparation: 25 minutes
Cuisson: 5 minutes
Réfrigération: 1 heure
Quantité: de 20 à 25 truffes

INGRÉDIENTS

  • 300 g (2/3 de lb) de chocolat au lait de très bonne qualité
  • 125 ml (½ tasse) de crème à cuisson 35 %
  • 1,25 ml (¼ de c. à thé) de sel
  • 15 ml (1 c. à soupe) d’extrait de vanille
  • Pour l’enrobage : 
  • 60 ml (¼ de tasse) de pacanes hachées 
  • 60 ml (¼ de tasse) de noix de coco sucrée râpée
  • 60 ml (¼ de tasse) de cacao
  • 60 ml (¼ de tasse) de sucre à glacer

PRÉPARATION

  • Hacher le chocolat en très petits morceaux, puis le réserver dans un bol.
  • Dans une casserole, chauffer la crème à feu moyen. La crème devrait frémir et non bouillir. Incorporer le sel et la vanille. 
  • Verser la crème chaude sur le chocolat. Laisser fondre 3 minutes, sans remuer, puis fouetter jusqu’à l’obtention d’une texture lisse. Verser la préparation dans un bol en verre et réfrigérer 1 heure, jusqu’à ce que la préparation durcisse.
  • Dans une grande poêle, faire griller les pacanes de 2 à 3 minutes à feu moyen, jusqu’à ce qu’elles soient dorées. Transférer dans un bol.
  • Dans la même poêle, faire griller la noix de coco de 2 à 3 minutes à feu moyen. Transférer dans un autre bol. 
  • Déposer le cacao et le sucre à glacer dans deux autres bols.
  • À l’aide d’une cuillère parisienne, façonner de petites boules avec le mélange au chocolat. Rouler les boules dans les enrobages de votre choix. Conserver les boules au frais et les sortir du réfrigérateur 15 minutes avant de servir.

> Notes: Comme cette recette ne comporte que deux ingrédients principaux, il est important de miser sur la qualité. Pour des truffes exquises, il faut donc un bon chocolat et une crème fraîche et épaisse. 

Sexologie

Attention aux amoureux de l’argent!

CHRONIQUE / Votre amour est-il principalement dirigé vers votre partenaire ou davantage vers les cordons de sa ou de votre bourse ?

Fréquenter quelqu’un pour ce qu’il a par rapport à ce qu’il est, une réalité ô combien dénoncée entre les quatre murs de mon bureau ! Aux allures davantage empiriques que scientifiques, nombreux sont ceux me rapportant tolérer beaucoup pour cette liasse de billets faisant avaler bien des pilules coincées en pleine gorge. Inversement, plusieurs croient aussi que tout s’achète. Hélas...

En cuisine

Festif festin de bouquins

Parce que les beaux livres de recettes ont encore et toujours la cote, sous le sapin comme sur l’ilot de la cuisine, voici quelques suggestions bouquines pour chacun des gourmands de la parenté.

Downton Abbey – Le livre de cuisine, Les 100 recettes officielles
Annie Gray, Marabout, 270 p.

Pour la fan finie de Downton Abbey (ou pour celui qui rêve de mettre le cap sur l’Angleterre)

Les tablées où se multiplient les cloches dorées et l’argenterie scintillante ont fait saliver bien des téléspectateurs fidèles de Downton Abbey. Pour reproduire les banquets de la famille Crowley (l’étiquette guindée en moins), ce livre de cuisine officiel propose une centaine de recettes. Plats des grands soirs à servir dans une porcelaine fine ou pique-nique élaborés à déguster sous un chapiteau après un enlevant match de cricket se voisinent au fil des chapitres gourmands. Rempli de photos et de dialogues tirés de la série, l’imposant manuel retrace aussi différentes traditions gastronomiques de l’époque. Au surplus, toute une section « Downstairs » est consacrée aux repas servis dans l’aile des domestiques, sans doute l’endroit le plus intéressant du vaste domaine puisque c’est là que s’éventent les secrets de la maisonnée. Caille, canard, bœuf, jambon et autres viandes sont déclinés dans divers plats, mais perso, je préfère les sections où brillent meringues, timbales, mincemeat au citron, Christmas pudding et autres douceurs sucrées très, très british. À parcourir en mangeant des scones et en buvant du thé bien chaud, my dear.


Le Bourlingueur

Cologne, acte 2

Cologne, c’est bien plus que sa grande cathédrale inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est des quartiers bien diversifiés qui donnent l’impression qu’on a agglutiné plusieurs petits villages pour en faire une grande communauté. C’est aussi l’efficacité du transport en commun et de la mobilité durable.

Juste avant que Montréal accueille ses premières trottinettes électriques, j’ai expérimenté celles de Cologne, en Allemagne. Sont pareilles ici et là. Sauf qu’on peut les utiliser sur des pistes cyclables très clairement marquées dont les corridors sont souvent peints en rouge ou en vert. Ceux qui se sentent moins équilibristes peuvent opter pour le vélo en libre partage.

Dans une ville à la topographie aussi planche, avoir deux roues est beaucoup plus rapide que d’utiliser ses deux jambes. Même une promenade a été aménagée le long du Rhin. Mais côté rapidité, rien ne battra le métro ou le tram, qui permettent aussi de sillonner de bonnes portions du territoire. 

Mon grand coup de cœur aura été le quartier d’Ehrenfeld, qui a déterré le gamin hipster profondément enfoui dans le fond de mes talons. Les petits cafés l’air de rien, minimalistes dans le mobilier, côtoient les épiceries en vrac et les librairies où on peut aussi se boire une tasse. L’art de rue y est omniprésent, qu’il témoigne des horreurs et de l’héroïsme de la guerre, qu’il envoie des messages socialement engagés ou qu’il transforme le mot « fuck » en « lucky » grâce à deux petites altérations.

Je m’y suis plu parce que je n’ai pas senti de prétention, parce qu’on est loin des ruelles commerciales du centre, aussi, en termes d’atmosphère. Là, dans un café, une maman en train de siroter une infusion avec une amie m’a tendu son poupon pour que je le surveille le temps qu’elle règle une petite urgence biologique. On a tous des amis inconnus sans le savoir, semble-t-il.

Et malgré mes yeux grands comme des oranges et mes efforts pour scruter toutes les ruelles et tous les murs colorés qui méritaient mon attention, j’ai réussi à manquer la plus grande mosquée de Cologne, bâtiment à l’architecture moderne contenant une pincée d’excentricité. 

Le quartier belge est plus branché. Il regorge de restaurants, de terrasses, de bars de toutes sortes. Dans les grandes villes, on peut boire un verre dans un bar petit comme ça avec des dizaines d’autres noctambules. Ou se retrouver dans un endroit complètement éclaté comme le café-bar Die Wohngemeinschaft.

L’endroit, aussi un hôtel, accueille les touristes dans ses chambres toutes plus disjonctées les unes que les autres. Les lits peuvent avoir la forme d’une fusée ou être installés dans une grande chaloupe. D’autres chambres sont munies d’un mobilier contemporain ou sont rehaussées d’une murale kitsch d’un couple qu’on dirait sorti d’un roman Harlequin. 

Le côté bar, lui, ouvert à toute la population, prend les airs d’un appartement moyen avec différentes pièces thématiques où se poser avec son verre. Près de l’entrée, un lit vieillot est installé dans une fausse chambre ornée de tapisserie fleurie. On s’y échoue si la journée a été longue. Les plus hippies prendront place sur la banquette d’un Westfalia, stationné dans la pièce d’à côté. 

De jour, on préférera peut-être les randonnées le long du Rhin, à vélo si on souhaite atteindre des plages relativement désertes un peu au nord, ou à pied pour profiter de la verdure du Rheinpark. De là, on change de rive en empruntant le pont… ou en montant dans un téléphérique. 

Le progrès technologique

Le retour de l’enfant prodigue

Disponible depuis déjà quelques mois, le iPhone 11 Pro est la première incursion d’Apple dans le domaine des téléphones destinés aux professionnels. Cette fois-ci, Apple semble être à l’écoute des consommateurs en proposant avec sa gamme d’iPhone 11 des améliorations notables de l’autonomie et de la photographie. Voici mes impressions après plus d’un mois d’utilisation du iPhone Pro Max.

Plusieurs me demandent quelles sont les différences entre l’iPhone 11 et les versions Pro. Pour ce qui est de la performance, toute la gamme bénéficie de la nouvelle puce A13 Bionic ainsi que de 4 Gigaoctets de mémoire vive. Cette architecture donne des résultats très probants sur le banc d’essai, permettant ainsi à Apple de reprendre l’avant-plan en matière de performance brute. Les versions Pro ont droit à une caméra supplémentaire, soit un téléphoto 2x de 12Mp ainsi qu’un écran OLED de 5,8 pouces pour la version Pro et 6,5 pouces pour la version Pro, ce qui est de beaucoup supérieur au modèle de base qui doit se contenter d’un vétuste LCD de 6,1 pouces. Le modèle de base possède un boîtier avec une bordure d’aluminium substituée par l’acier inoxydable sur les modèles Pro. Les modèles Pro bénéficient également d’une batterie supérieure au modèle de base ainsi que d’un bloc de charge rapide permettant d’atteindre 50 % de charge en une trentaine de minutes.

Sexologie

L’amitié après l’amour, une possibilité?

CHRONIQUE / «Peut-on rester ami ? »

Troquer une relation d’amour pour une d’amitié, une possibilité ? Réalité ô combien enviée par ces ex-amoureux cherchant à ne pas dire au revoir définitivement. Par volonté ou encore incapacité, maintenir un lien, aussi minime soit-il, est un défi en soi pour plus d’un couple écorché. Puisque le contraire est plus facile, transformer des sentiments amoureux en simple amabilité est cependant un projet pour lequel je crie : « Attention ! »

En cuisine

Hubert Saint-Jean, le café de proximité

CHRONIQUE / Marc-Antoine Crépeau est en quelque sorte tombé dans la marmite du café lorsqu’un bon ami, cycliste professionnel, est revenu d’Europe avec une machine à espresso dans ses bagages.

« En goûtant le café qui sortait de cette machine-là, j’ai eu un véritable coup de cœur, j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup à apprendre et à découvrir. J’ai eu le goût d’approfondir mes connaissances », raconte le Sherbrookois de 25 ans. 

Après avoir fait un stage au sein de l’entreprise Café Vittoria et après avoir géré son propre service de barista mobile, le passionné de café a vu une occasion d’affaires dans le rachat de l’entreprise presque centenaire Hubert Saint-Jean, dont il est copropriétaire (avec Rémi Tremblay) depuis mai 2018. 

D’importants travaux ont été consentis pour redonner un nouveau souffle à l’institution de la rue King où on torréfie chaque année environ 80 000 livres de café. 

« On souhaite démocratiser le café de spécialité, faire connaître ses particularités. Le terroir influence le goût du grain. Le café éthiopien, par exemple, est très fruité, celui du Kenya est plus végétal et a un goût qui rappelle les petits fruits tandis que les grains du Brésil ont un arôme de noisettes. Depuis plusieurs années maintenant, les Québécois s’intéressent au vin, ils en savent davantage sur les différents cépages et leur goût distinctif. On aimerait faire le même exercice, mais avec le café. » 

Ceci en accord avec une vision axée sur la solidarité.  

« Comparativement à d’autres, on est un petit joueur, mais on veut encourager le commerce direct auprès de fermiers qui ont une pratique soucieuse de l’environnement et des gens. » 

Un exemple?

L’entrepreneur a mis le cap sur le Honduras en avril dernier pour aller à la rencontre des producteurs. Il a goûté différents cafés, croisé plusieurs artisans, visité nombre de coopératives.

« On a finalement décidé de travailler avec Mariam Perez, une fermière rencontrée pendant notre séjour là-bas, parce que son approche concordait avec notre façon de voir les choses. Le café au Honduras se vend environ un dollar la livre. On a choisi de payer cinq dollars la livre parce qu’on veut s’assurer que les producteurs avec lesquels on fait affaire soient payés décemment, qu’ils puissent faire prospérer leur petite entreprise en investissant dans les meilleures pratiques. L’idée, pour nous, c’est vraiment de développer une relation à long terme avec eux et les soutenir en payant un juste prix pour le produit de qualité qu’ils nous offrent. On ne travaille donc pas uniquement pour notre poche, mais on sait qu’en fonctionnant de cette façon, on encourage les méthodes pérennes. Tout le monde est gagnant parce que le producteur a les moyens de cultiver un café qui plaît aux clients étant donné qu’il répond à de hauts standards de qualité », explique-t-il. 

Le même genre de séjour a été fait au Pérou et à Sumatra. Un voyage en Afrique du Sud est maintenant dans la mire du commerçant.  

« Entre autres parce que l’Éthiopie est le berceau du café, c’est là que tout a commencé. »

Tout est histoire de relations, donc. Cette importance accordée aux liens tissés se décline aussi en boutique, où une trentaine de mélanges sont offerts en rotation, selon les saisons. 

« On suit les grains de la plante jusqu’à la tasse. On mise beaucoup sur le service à la clientèle, sur une approche personnalisée. Les gens peuvent arrêter ici acheter leur café pour la semaine, ils peuvent aussi venir boire une tasse d’espresso fraîchement préparé en mangeant une bouchée s’ils le souhaitent. On offre quelques trucs qui se dégustent sur le pouce et, encore là, on fait affaire avec des artisans de la région comme la boulangerie Au cœur du pain, le service de prêt-à-manger Tournesols et tabliers et le Marché de la ferme Beaulieu. » 

La boutique offre également toute une panoplie d’accessoires pour les amateurs de bon jus caféiné. 

« On est à l’écoute des gens, c’est la clé parce que, avant tout, on veut leur offrir les produits qui correspondent à leurs besoins. On est en train de développer des formations qu’on souhaite offrir à ceux qui veulent parfaire leurs connaissances », exprime Marc-Antoine. 

Le Sherbrookois précise que les services événementiels développés par sa bannière sont aussi en plein essor. 

« Grâce à notre équipement et à notre expertise, on peut offrir un service mobile capable de desservir de 25 personnes aussi bien que 15 000, en préparant les cafés un à la fois. On est allé partout au Québec, en Ontario, aux États-Unis et on a eu des demandes pour Vancouver. »

À travers tout ça, l’entreprise torréfie son café chaque semaine, rue King. 

« Plusieurs ne le savent pas, mais les grains sont verts lorsqu’on les reçoit. On les grille ici. C’est un procédé qui permet de faire ressortir le caractère du café, et il est délicat parce que si on pousse trop la torréfaction, on va perdre la saveur du grain d’origine. Un peu comme ce qui se produit lorsqu’on fait trop griller une tranche de pain », image Marc-Antoine.

En acquérant Hubert Saint-Jean, celui-ci a apprivoisé l’art de la torréfaction. 

« J’ai développé ma méthode. On a ici un four de 1956 qui a la particularité d’avoir une flamme directe. Ça change la façon de faire les choses et ça influe sur le résultat. » 

Après ça, il faut encore amalgamer les pépites riches en caféine de façon à ce que la chimie opère entre elles.   

« Pour un bon espresso, par exemple, il faut que le mélange soit à la fois très complexe et très équilibré. Le mariage de chacun des types de grains, avec ses particularités, va permettre de créer une tasse d’exception. » 

Évidemment, il y a dans tout ça une question de goût. Certains préfèrent leur café bien relevé, d’autres apprécient une saveur moins franche. On peut bien tergiverser des heures et des heures sur quel grain est le meilleur et quelle infusion fait davantage ressortir les arômes, « il reste que le meilleur café, c’est encore et toujours celui qu’on aime boire », résume Marc-Antoine. 

Le bourlingueur

Cologne sait se raconter

CHRONIQUE / «Ce n’est pas une ville où il y a beaucoup de choses à visiter pour quelqu’un comme toi… » Ça, c’est mon ami Chris qui m’accueillait chez lui, à Cologne en Allemagne, avec la plus faible confiance du monde dans sa ville pourtant tellement jolie. Ça, c’est encore mon ami Chris, qui sous-estime grandement ma capacité à m’émerveiller.

Le copain allemand s’imaginait que l’Europe avait bien peu à offrir quand on s’était promené sur des continents un peu plus loin de nos origines de Caucasiens. Pourtant, déjà, j’étais impressionné par le train régional qui m’avait attendu à l’aéroport de Francfort et qui, comme un métro doté d’écrans pour suivre le nom des stations, m’avait conduit à Cologne en une heure coupée en deux.

À la vôtre

(S’) Offrir le vin en bouquin

CHRONIQUE / Chaque automne voit déferler son lot de bouquins sur le vin. Juste à temps pour les soirées passées près du feu et les cadeaux de Noël. Des lectures viniques à consommer en duo, c’est-à-dire vous et la tendre compagnie d’un bon verre de vin suggéré dans cette chronique!

Vivre de vin et de voyages

Un road trip combinant vin et surf, ça vous dit? Découvrir la région viticole émergente de la Moravie à vélo? Descendre les vignobles de la côte ouest dans une caravane, de Kelowna à Paso Robles? C’est ce que propose la sommelière, Natalie Richard, dans son nouvel ouvrage Routes des vins dans le monde — 50 itinéraires de rêve. Ce petit nouveau de la famille des guides de voyage Ulysse détaille 50 circuits viticoles sur 5 continents. Des itinéraires complets à durée variable — entre 2 et 7 jours —, impliquant des vignobles incontournables de la région, mais aussi des activités, des restaurants et des lieux à ne pas manquer. 

Le guide est bâti autour des grandes villes du monde, de sorte à jumeler facilement une excursion dans les vignobles à un voyage d’affaires, notamment. Natalie cite Londres en exemple : « Les gens ne se doutent pas qu’à seulement une heure de la capitale se trouvent certains des meilleurs effervescents du monde! ». Idem avec Tokyo. Une heure de train à peine, et vous voilà dans le merveilleux monde du saké!

Vous savez ce couple qui ne cessait de vous vanter son fameux week-end dans un château bordelais? Eh bien, le voyage viticole de rêve est désormais accessible, car ce livre démystifie l’oenotourisme une bonne fois pour toutes — ici, à Niagara, à 5 h de Montréal, ou en Géorgie, berceau du vignoble mondial. Que vous vouliez voyager en mode actif, romantique, familial, bio ou « nature », il y a une route pour chaque envie! 

D’ailleurs, surveillez la page Facebook de Routes des vins dans le monde — 50 itinéraires de rêve où seront annoncées successivement 50 soirées thématiques données à travers le Québec. Un bon moyen de préparer votre prochain voyage de prédilection, tout en dégustant des vins et des mets de la région!

34,95 $

Bières

Cinq brasseries à surveiller en 2020

CHRONIQUE / L’année 2019 fut riche de nouveaux produits et de nouveaux projets. Une situation qui ne semble pas ralentir, bien au contraire. C’est le temps de divulguer les brasseries à surveiller en 2020. Des brasseries déjà en activité qui se sont démarquées dans la dernière année.

Microbrasserie Les Grands Bois

L’équipe derrière Les Grands Bois en fait beaucoup pour la culture bière au Québec. D’abord, elle brasse de l’excellente bière, c’est déjà un pas dans la bonne direction. On ne peut promouvoir une culture bière avec des produits plein de défauts. Mais elle organise également, chaque année, un festival de bière couru par les amateurs : la Commission brassicole. Revenons aux bières; elles sont agréables à boire, pour leur qualité et leur buvabilité. La philosophie de brasser tout le temps des bières « désaltérantes » semble avoir atteint un rythme de croisière qui ne secoue pas la qualité globale, bien au contraire. 2020 sera donc une année de consolidation et de brassins spéciaux — mention spéciale à la Pilsner Bingo Pivo et à la Superpause.