Véronique Bonin

Près de vous

Quand l’appel de l’aventure et d’une pratique diversifiée se font sentir

En 2014, à l’âge de 25 ans, Véronique Bonin décide de faire le grand saut. Curieuse et aventurière tant sur le plan personnel que professionnel, elle choisit le Grand Nord comme contexte de travail. «Je voulais aller à la découverte du peuple inuit, de moi-même… et de la diversité du champ d’exercice de la profession infirmière.»

Territoire de tous les extrêmes – le plus vaste, le plus froid, le plus isolé, dont la population est la plus vulnérable selon les indices de santé et dont l’équipe médicale est la plus réduite –, il est aussi celui de tous les possibles pour les infirmières. Affectée à la clinique de tuberculose de Salluit, Véronique a au préalable occupé un poste à l’unité de soins de l’hôpital de Puvirnituk et exercé en établissement de type «dispensaire» pendant un an.

Le village de Salluit

«Un stage en santé communautaire réalisé à l’Île Maurice m’a servi de bougie d’allumage. À deux reprises, j’ai également eu Médecins sans frontières comme employeur, ce qui m’a permis de prendre part à des missions en République centrafricaine et en République démocratique du Congo. Dans le passé, j’ai par ailleurs connu une expérience de pratique en milieu hospitalier à la Cité de la santé de Laval», raconte fièrement Véronique Bonin.   

Malgré que les ressources humaines constituent une denrée rare, que les défis soient nombreux et les contraintes, non négligeables, le Grand Nord représente un environnement favorable à l’exercice de toutes les activités réservées à la profession infirmière. En tant que professionnelle de la santé, l’infirmière est à l’avant-plan.

«C’est la personne que l’on va rencontrer aussi bien pour un problème de santé physique que mentale. Elle agit en véritable intervenante de première ligne, confirme la jeune femme. Au Nunavik, divers domaines de soins peuvent être explorés par l’infirmière : santé sexuelle, dispensaire, clinique de tuberculose, unité de soins pour les évacuations aéromédicales… Il lui faut en contrepartie susciter l’acceptation, gagner la confiance de la communauté.»

Adapter les soins
Si Véronique Bonin a su manifester de l’intérêt pour la langue des Inuits et peut donner libre cours à sa curiosité naturelle, au quotidien, ses activités professionnelles sont constamment teintées de l’approche interculturelle nécessaire à l’exercice de la profession infirmière en région éloignée. «On doit s’imprégner au maximum de la culture locale, bien la comprendre et adapter les soins, ne serait-ce que lorsqu’une traduction est requise», commente-t-elle.

Depuis peu, le Centre de santé Innulitsivik offre d’ailleurs à tous les nouveaux employés qui ne sont pas Inuits une formation sur la culture et la façon de travailler avec ce peuple.

«Dans le Grand Nord comme ailleurs au Québec, l’Ordre veille à la compétence des infirmières en place et offre un soutien général à la pratique dans une perspective de bien-être des patients, de qualité et de sécurité des soins, précise le président de l’OIIQ, Luc Mathieu. Au Nunavik, l’infirmière exerce souvent seule et doit faire preuve d’assurance en s’appuyant sur un solide bagage de connaissances.»         

Pourquoi une clinique de tuberculose
Au cours des dernières années, une tendance à la recrudescence des cas de tuberculose active est observée dans le Grand Nord québécois. La fréquentation de lieux surpeuplés et mal ventilés où plusieurs personnes passent de longues heures représente un risque important d’infection lorsqu’un individu atteint par cette maladie s’y trouve, tousse et éternue. Le microbe se loge le plus souvent dans les poumons, mais d’autres organes peuvent aussi être touchés. Au Québec, la tuberculose est une maladie à traitement obligatoire et se guérit en prenant une médication pendant une période de six à neuf mois.

Source: Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik    

À VOIR!
Maintenant disponible, la deuxième saison de la websérie Stagiaire d’un jour, diffusée à Tou.tv, met notamment en vedette Véronique Bonin. Jumelées à quatre personnalités québécoises – Florence Longpré, Marianne St-Gelais, Louis-Jean Cormier et Guy-A. Lepage –, des infirmières y proposent une incursion dans leur réalité.

Pour l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), l’accès à des soins de santé de qualité au moment où le patient en a besoin constitue une priorité. Dans la poursuite de cet objectif, l’OIIQ mise sur une utilisation optimale de l’expertise infirmière où la compétence, l’autonomie et la collaboration professionnelles sont une source de motivation quotidienne.  

POUR SUIVRE CETTE SÉRIE:
28 janvier: Choisir la santé mentale… et combattre les tabous
4 février: Quand l’appel de l’aventure et d’une pratique diversifiée se font sentir
11 février
18 février
25 février