LA FONDATION VITAE

La zooanimation au service des aînés

À la tête de l’entreprise de zooanimation Les Toutous poilus, Anne Caroline Coutu a toujours aimé les animaux, mais elle n’aurait jamais pensé en faire une carrière!

« Tout a commencé lorsque mon père, en raison de troubles cognitifs, a déménagé en résidence. Pour le faire marcher, j’ai décidé d’emmener le chien. Puis, je suis venue avec mon lapin. Ç’a été merveilleux. Mon père était très anxieux, et de pouvoir caresser ce gros lapin angora l’a beaucoup apaisé. » Plus tard, c’est avec sa poule, juchée sur le dos du chien, qu’elle rendait visite à son papa. « C’était évidemment spécial à voir! Cet aspect ludique m’a toujours plu. Quand j’arrive avec mon carosse double et toute ma ménagerie, jusqu’à une vingtaine d’animaux,  ça surprend, ça fait rire les gens et ça détend l’atmosphère! Dans cette ambiance joyeuse, les gens socialisent davantage. »

Grâce à la Fondation Vitæ, Anne Caroline Coutu des Toutous poilus visite les quatre centres d’hébergement de Sherbrooke (Argyll, Youville, St-Joseph et St-Vincent), principalement dans les grandes salles communes, ou à l’extérieur lorsque la température le permet. « Mais on s’adapte : selon l’état de santé des gens, on va monter aux étages et les accueillir dans le petit salon ou même aller directement à leur chambre. » Tout l’après-midi, Anne Caroline, aidée de bénévoles, amène ainsi les animaux aux résidents selon leurs intérêts : « J’ai plusieurs animaux et chacun a ses forces : certains sont actifs et amènent les gens à bouger, d’autres sont très colleux et ne se lassent pas des caresses, d’autres sont parfaitement à l’aise avec des gens qui ont des spasmes, par exemple. C’est important de jumeler la bonne personne avec le bon animal : c’est une question de respect. »

La zooanimation a plusieurs vertus : « À un certain moment, mon père n’était plus capable d’utiliser ses mains. Puis, au contact des animaux, il s’est mis à les flatter, à les gratouiller… Aujourd’hui, il est encore capable de manger par lui-même. Pour les gens ayant des troubles cognitifs, je remarque aussi que, malgré la maladie, la mémoire affective reste présente; le contact avec les animaux ravive des souvenirs. Un homme qui ne parlait plus, au contact du cheval, m’a raconté des pans de sa jeunesse! Chaque fois, je suis émerveillée de voir les aînés réagir face aux animaux. »

Pour consulter le cahier spécial préparé par La Tribune dans son intégralité, cliquez ici.