LA FONDATION VITAE

Améliorer les pratiques pour les soins de première ligne

Créé en 2015, l’Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux (IUPLSSS) réalise des recherches et évalue les pratiques qui ont cours dans le domaine des soins de santé et des services sociaux de première ligne.

« Notre objectif est de contribuer à l’avancement de connaissances utiles et pertinentes qui permettront à divers intervenants – en CLSC, dans les groupes de médecine familiale, etc. – de mieux intervenir auprès des usagers pour des besoins liés à la santé physique ou mentale, à une situation difficile ou à un problème psychosocial », précise le directeur scientifique de l’IUPLSSS en Estrie, M. Paul Morin.

Ces recherches émanant du milieu de la pratique encouragent ainsi l’émergence de pratiques innovantes et contribuent au développement de nouveaux outils. L’IUPLSSS s’assure aussi que ces découvertes ne resteront pas en vase clos, veillant à la valorisation, à la mobilisation et au transfert de connaissances auprès des intervenants, notamment par des conférences et de la formation.

Pour soutenir l’IUPLSSS dans sa mission, la Fondation Vitæ octroie annuellement une somme de 25 000 $ pour un projet de recherche. « Ces recherches peuvent évaluer la pertinence d’outils ou de pratiques, comme ce fut le cas pour le projet mené par Marjolaine Landry sur l’équipe mobile d’intervention psychosociale (voir texte plus bas). Le fait d’avoir accès à des faits prouvés donne aux décideurs des arguments solides pour implanter ou assurer la pérennité de nouvelles façons de faire. Avec 25 000 $, on peut aussi mieux documenter une réalité, par exemple, le projet de recherche retenu cette année a pour objectif de mieux comprendre les besoins de personnes ayant eu un AVC une fois qu’elles sont revenues à la maison. Il existe en effet des enjeux psychosociaux entourant cette clientèle, et si on veut offrir les services adaptés, il faut savoir quels sont ces enjeux. »

Dans d’autres cas, la recherche menée grâce à l’appui de la Fondation Vitæ pourra servir de levier pour l’obtention de subventions plus importantes. « Bref, ce coup de pouce de la Fondation Vitæ est vraiment apprécié et a un impact dans la qualité des soins offerts à la population », conclut M. Morin.


UNE RECHERCHE SUR L’ÉMIP

En 2016, l’équipe mobile d’intervention psychosociale (ÉMIP) était mise sur pied deux soirs par semaine par le Service de police de Sherbrooke (SPS) et le CIUSSS de l’Estrie – CHUS afin d’orienter les personnes en détresse rapidement vers la ressource la plus appropriée à leur situation (CLSC, hôpital, réseau social ou organisme communautaire). 

Composée d’un policier-patrouilleur du SPS et d’un intervenant psychosocial du CIUSSS de l’Estrie – CHUS, l’ÉMIP a donc pour objectif principal d’améliorer la réponse aux besoins des personnes vivant une situation de crise par une meilleure utilisation des services d’urgence et par l’évitement du processus de judiciarisation.

Pour évaluer l’implantation et les effets de l’ÉMIP, on a fait appel à l’Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux (IUPLSSS) du CIUSSS de l’Estrie – CHUS. La recherche a été réalisée par une équipe provenant de quatre universités et composée de six chercheurs. Il s’agissait de Marjolaine Landry inf., Ph.D., chercheuse principale; Étienne Blais, Ph.D.; Dr Nicolas Elazhary; Sébastien Carrier, Ph.D.; Dr Jasmin Bouchard et Anne-Marie Savard, LL.D.

Cette recherche a reçu l’appui financier de la Fondation Vitæ, ce qui a permis entre autres d’obtenir des ressources pour aller chercher le point de vue des participants dans le cadre de rencontres de groupes ou individuelles. En effet, à l’aide d’entrevues auprès d’usagers, d’intervenants et de gestionnaires, ainsi qu’à l’aide d’indicateurs pré-hospitaliers et policiers, l’équipe de recherche a pu évaluer rigoureusement l’ÉMIP. Les résultats ont notamment révélé que le nombre de transports vers l’hôpital avait chuté de près de 50 % chez les personnes ayant reçu les services de l’ÉMIP; la prise en charge par le milieu communautaire ou par le réseau social avait augmenté de 51 % et l’emploi de la force avait diminué de 11 %. « Il importe de souligner que sans l’appui financier de la Fondation Vitæ, on n’aurait pu réaliser l’étude avec une telle rigueur en ce qui concerne entre autres l’accès aux données, les analyses statistiques ou encore tout le processus de transcription et de codage des entrevues de façon indépendante, de même que la réalisation du rapport de recherche que vous trouverez sur le site de l’IUPLSSS », explique la chercheuse Marjolaine Landry. Enfin, notons qu’à la lumière des résultats de cette recherche, la présence de l’ÉMIP a été étendue à quatre soirs par semaine.

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