INDUSTRIES

Industrie 4.0 : les défis de la quatrième révolution industrielle

Depuis l’arrivée du numérique, les entreprises connaissent de véritables changements qui ont des conséquences considérables sur leur compétitivité, leurs investissements et le développement des compétences des employés.

Avec l’industrie 4.0, les PME manufacturières du Québec font face à une nouvelle révolution industrielle imposant de nouveaux défis et de nouvelles façons de faire.

Qu’est-ce que l’industrie 4.0?

L’industrie 4.0, appelée également usine du futur ou quatrième révolution industrielle, se caractérise fondamentalement par une automatisation intelligente et par une intégration de nouvelles technologies à la chaîne de valeur de l’entreprise.

Il s’agit d’une transformation numérique qui bouleverse l’entreprise manufacturière en apportant des changements radicaux non seulement aux systèmes et processus, mais également aux modes de gestion, aux modèles d’affaires et à la main-d’œuvre.

Le concept d’industrie 4.0 tire ses origines d’une réflexion allemande achevée en 2011. Cette réflexion lancée par le gouvernement de l’Allemagne, puis menée par le monde universitaire de ce pays et par les grands partenaires industriels, portait sur l’avenir du secteur manufacturier. L’objectif, pour le moins ambitieux, était de définir les paramètres pouvant positionner le secteur manufacturier allemand comme le plus performant en matière de productivité et de flexibilité. Au Québec, les résultats de cette démarche ont conduit à la naissance du concept d’industrie 4.0.

Les principaux défis de l’industrie 4.0

La connectivité des données et des objets est la composante déterminante de l’industrie 4.0. Connectivité des logiciels, des équipements, des données, données massives à traiter et cybersécurité deviennent des éléments essentiels qui permettent de créer de l’intelligence dans un système manufacturier capable d’une plus grande adaptabilité dans la production et d’une allocation plus efficace des ressources.

Mais les défis auxquels font face les entreprises avec l’arrivée de l’industrie 4.0 sont nombreux. Les principaux sont :

  • les nouvelles compétences requises;
  • la sécurité des données;
  • les besoins en investissements.

Défi 1 : Nouvelles compétences requises

Afin de réussir la transition vers l’industrie 4.0, l’entreprise manufacturière doit examiner les nouvelles compétences qui sont requises et le besoin en personnel qualifié.

Parmi les compétences en industrie 4.0 les plus recherchées, nous trouvons :

  • La gestion des données (data management);
  • La sécurité des données (data security);
  • L’interaction humain-machine (human-machine interaction);
  • La conception d’interfaces utilisateurs (user interface design);
  • Le développement de logiciels (software development);
  • La programmation (programming);
  • La science des données (data science);
  • L’analytique (analytics).

L’enjeu majeur auquel fait face l’entreprise est de former les employés et de recruter de nouvelles ressources. Il s’agit de trouver l’approche la plus adéquate pour que l’entreprise réussisse à reconfigurer la chaîne de valeur et qu’elle préserve ou construise ses avantages concurrentiels.

Les compagnies allemandes ont décidé de mettre l’accent sur la formation continue de leurs employés pour s’assurer de les qualifier pour l’industrie 4.0.

Former les ressources à l’interne est une approche beaucoup plus accessible pour amorcer la transition vers l’industrie 4.0. Cependant, cela n’est pas suffisant pour réussir l’implantation de l’usine du futur.

Des études menées en Allemagne et aux États-Unis ont démontré que chez la grande majorité des employés industriels, les compétences requises pour l’industrie 4.0 ne sont pas présentes. Le Québec fait face au même constat.

Défi 2 : la sécurité des données

La sécurité des données est une préoccupation pour l’ensemble des entreprises qui ont décidé de passer à l’industrie 4.0.

La multiplication des données et des systèmes dans l’entreprise fait ressortir l’importance de l’aspect sécurité informatique. Lorsque les technologies étaient connectées sur le réseau interne et centralisées dans un même bâtiment, sécuriser le tout était plus facile. La venue d’une multitude d’objets connectés, souvent délocalisés et accessibles via Internet, impose maintenant la gestion de la cybersécurité.

Il est donc primordial d’intégrer les éléments de cybersécurité dans la mise en place de l’infrastructure informatique de l’entreprise.

Défi 3 : Les besoins en investissements

Les PME manufacturières doivent faire d’importants investissements, allant de 7 % à 9 % de leur chiffre d’affaires, pour intégrer de nouvelles technologies numériques. Ainsi, l’élaboration d’une stratégie « industrie 4.0 » et d’un plan numérique est un incontournable au sein des PME qui veulent prendre de meilleures décisions en matière d’investissements pour l’acquisition et l’intégration de nouvelles technologies.

Le plan numérique doit être enchâssé dans la planification stratégique de l’organisation. Il aura pour objectifs d’optimiser les outils actuels, de dresser le plan d’acquisition des technologies futures et d’en assurer la cohésion et l’intégration, tout cela en tenant compte du modèle d’affaires. (Source : ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, www.economie.gouv.qc.ca)

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