L'APPUI

Ne vouloir que du bien…

Pour plusieurs, le rapport à l’aide revient à admettre la diminution d’aptitude, la perte de compétence, l’incapacité, l’impuissance. Cet aveu est difficile pour n’importe qui. Alors, il l’est encore plus dur pour quelqu’un qui voit son autonomie diminuer progressivement et qui confronte sa propre vulnérabilité.

Comprenons-le bien. Faire accepter de l’aide à quelqu’un n’est pas toujours chose facile. Il arrive que cela éveille des peurs ou cause des blessures d’orgueil liées à cette situation, provoquant aussi des émotions bouleversantes. Surtout pour quelqu’un qui considère que de ne rien demander à personne est un signe de force et est digne de fierté. Ce n’est pas dû qu’à de l’entêtement. Il y a des sentiments et des valeurs qui s’entrechoquent.

En effet, malgré toutes nos bonnes intentions, celui ou celle que l’on assiste peut percevoir notre proposition de soutien comme étant une intrusion dans sa vie personnelle. Elle ne nous considère pas forcément autorisé à émettre une opinion sur sa vie privée, ni à y faire des changements dont elle n’a pas exprimé le besoin. Vouloir le bien est parfois perçu différemment. Les divergences de point de vue s’équivalent. C’est là le nœud.

Il est donc naturel de repousser le moment où l’on devient redevable à une autre personne. S’il s’agit d’un proche, cela peut encore aller, mais toujours, subsiste la peur de déranger, de perdre son autonomie, son pouvoir de décision, son intimité ou simplement de devoir une dette à quelqu’un. Quand rendre la pareille n’est pas possible, c’est blessant pour l’ego.

Aider un proche peut se révéler extrêmement délicat, et il faut parfois mettre des gants blancs. Une certaine solidarité peut être possible quand le bien-être est la priorité. Il est important de rappeler que notre société applaudit l’entraide et le don de soi. Que la majorité des gens aime rendre service et se sent fière d’aider. L’acte d’aider s’accompagne généralement de plaisir, de gratitude et procure le sentiment d’être utile et aimable. Mais surtout, il offre la certitude de faire quelque chose qui a un véritable sens.

Cette explication pourrait faire mûrir la réflexion. Peut-être la personne aidée saisira-t-elle alors les mains tendues vers elle!

Pour en discuter, Info-Aidant offre une écoute attentive et confidentielle. Le service est accessible en composant sans frais le 1 855 852-7784, ainsi que par courriel via le site Web www.lappui.org. Il s’y trouve des ressources auxquelles recourir.


Source : Sonia Leclerc, agente de communication et de développement à l’Appui Estrie. Inspiré d’articles des blogues suivants : www.domidom.fr/domimag/17-bons-gestes/faire-face-au-refus-d-aide-d-une-personneageewww.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Relationnel/Articles-et-Dossiers/Demander-de-l-aide-pourquoi-c-est-difficilehttp://e-psychiatrie.fr/situations-ou-appeler-a-laide/comment-aider-un-proche-conjoint-enfant-epouse-famille-mari-paris-psy/