Économie sociale 2019

Un modèle économique qui évolue avec son époque

D’hier à aujourd’hui, des hommes et des femmes unissent leurs forces, leurs talents et leurs idées pour créer des entreprises selon leurs valeurs et qui ont un impact majeur dans leur milieu.

L’entrepreneuriat collectif fait partie du paysage québécois depuis longtemps. Le mouvement coopératif Desjardins est né en 1900. Dans les années 20, les agriculteurs se sont regroupés pour créer les premières coopératives agricoles. À Valcourt, Cooptel souligne ses 75 ans, et plusieurs autres entreprises d’économie sociale de chez nous cumulent des décennies d’existence, comme vous pourrez le constater dans cette édition spéciale.

Que ce soit en habitation, en alimentation, dans les centres de la petite enfance, dans les domaines funéraire, agricole ou des services à domicile, on retrouve ainsi de nombreuses entreprises collectives bien établies. Mais ce modèle économique se retrouve dans bien d’autres secteurs d’activité : comme il émane des besoins d’une communauté, il suit les tendances, s’adapte aux nouvelles réalités et utilise les dernières technologies! Bref, il demeure toujours bien de son temps.

L’ESTRIE EN MODE COLLECTIF 

« En Estrie, l’entrepreneuriat collectif est plus dynamique que jamais, avec la création de 105 entreprises au cours des dix dernières années », explique Cynthia Collette, directrice générale du Pôle d’entrepreneuriat collectif de l’Estrie. « Notre région est un territoire fertile pour l’émergence et la réalisation de projets entrepreneuriaux à impact social, signe d’un grand bassin d’entrepreneurs innovants et d’un bon soutien de l’écosystème d’accompagnement. »

Ces entreprises collectives reflètent bien les préoccupations d’aujourd’hui. Une meilleure utilisation de nos ressources naturelles, la protection de l’environnement, la revitalisation des petites municipalités, la préparation d’une relève de travailleurs et d’entrepreneurs, autant de défis actuels qui amènent des gens à se regrouper, à trouver des solutions imaginatives et adaptées à leur milieu.

UN MODÈLE QUI COLLE À LA NOUVELLE GÉNÉRATION

Le modèle sied également bien aux valeurs exprimées par les jeunes. « On sent chez la nouvelle génération ce désir faire les choses différemment, de se consacrer à un projet qui améliore la société et rend service à leur communauté. Les jeunes souhaitent travailler dans un milieu stimulant qui porte du sens; un travail qui permet une conciliation travail-famille, laisse place à leur créativité, où ils peuvent s’exprimer. C’est justement ce qu’apporte le modèle d’entrepreneuriat collectif », fait remarquer Mme Collette. Selon un sondage mené par L’Actualité, les coopératives et organismes à but non lucratif se classaient d’ailleurs au premier rang pour l’indice de bonheur en fonction des types d’organisation.

L’autre grand avantage, c’est la pérennité de ces organisations. « Les statistiques le disent, comparativement à une entreprise privée, l’entreprise collective dure plus longtemps : 75 % d’entre elles étaient toujours en opération 15 ans après leur création, 40 % après 30 ans ! Elles ne peuvent être vendues à des intérêts étrangers ni être déménagées, car elles ont été créées pour répondre aux besoins de leur milieu spécifiquement. Enfin, comme il s’agit d’une propriété collective, il y a une relève continue; des membres quittent, d’autres se joignent à l’entreprise. Quand on voit tous ces beaux fleurons québécois disparaître à la retraite de leur fondateur, on réalise à quel point l’entrepreneuriat collectif est une belle façon de garder notre richesse et nos emplois chez nous. »

Consultez le cahier spécial sur l'économie sociale de La Tribune en cliquant ici.


LES ENTREPRISES D'ÉCONOMIE SOCIALE SONT : 

Collectives

  • Création de ces entreprises par des groupes de personnes unissant leurs forces pour répondre à un besoin (elles ne peuvent pas appartenir à un propriétaire unique).
  • Formes juridiques : organismes à but non lucratif, coopératives ou mutuelles.

 Démocratiques

  • Gestion par des administrateurs élus par les membres réunis en assemblée générale.
  • Prise de décision selon le principe « 1 membre = 1 vote ».
  • Pouvoir partagé selon un fonctionnement démocratique (plutôt que basé sur le niveau d’investissement de chacun).

Motivées par une mission sociale

  • Raison d’être des entreprises : répondre aux besoins de leurs membres ou de leur collectivité, notamment en améliorant le bien-être et en créant des emplois durables et de qualité.

Entrepreneuriales

  • Produits et services à un juste prix.
  • Activités réalisées selon une logique entrepreneuriale : les revenus doivent couvrir les coûts et assurer le développement à long terme de l’entreprise.
  • Surplus réinvestis dans la mission de l’entreprise ou redistribués aux membres sous forme de ristournes au prorata des services utilisés ou heures travaillées.

 Pérennes et ancrées dans leur milieu

  • Taux de survie élevé, notamment grâce à l’implication des membres qui se renouvellent et veillent à la réalisation de la mission de l’entreprise et à sa viabilité financière.
  • En cas de dissolution et une fois les obligations de l’entreprise assumées : avoirs de l’entreprise remis à une autre organisation partageant des objectifs semblables.

 Guidées par certaines valeurs et principes communs

  • Solidarité;
  • Entraide;
  • Équité;
  • Démocratie;
  • Primauté de la personne.

 Autonomes

  • Financement en grande partie par la vente de leurs produits et services.
  • Autonomie par rapport à l’état : c’est le conseil d’administration qui donne les orientations et les cibles de développement.