ÉCOLE PLEIN SOLEIL (ASS. COOP.)

L’importance de la prévention et du dépistage chez les petits

Orthopédagogue de formation, Véronique Couture a joint l’équipe de l’École Plein Soleil (Ass. coop.) il y a 20 ans et y enseigne en maternelle depuis 17 ans. « Quand tu enseignes aux petits, tu n’as pas le choix d’être de bonne humeur! Les enfants sont toujours émerveillés, c’est si beau de les voir! Mon défi, chaque année, est de bien les observer pour détecter leurs besoins, surtout pour moi qui croit énormément en la prévention et au dépistage tout comme à la joie d’apprendre. »

Partir sur de bonnes bases en lecture et en écriture

Au début des années 2000, Véronique Couture contribuait à l’implantation du programme de conscience phonologique à l’École Plein Soleil (Ass. coop.). « Ce programme existait déjà, mais pour des interventions individuelles ou en petit groupe. Il était surtout utilisé par des orthophonistes. Avec l’aide de Lina Boutin et Françoise Chamberland-Soucy, deux orthophonistes, nous l’avons donc adapté au contexte d’une classe en organisant, par exemple, le matériel déjà en place pour créer un programme efficace. La direction m’a bien supportée dans ce projet; elle est d’ailleurs très ouverte aux nouvelles idées et nous permet d’aller chercher l’expertise nécessaire pour des projets novateurs. »

Le programme de conscience phonologique permet de dépister de petites difficultés en apprentissage de la lecture et de l’écriture, « des difficultés qui passeraient facilement sous le radar sinon, car les enfants développent des mécanismes pour pallier leurs problèmes. Nous pouvons donc intervenir rapidement. » Pour les enfants qui n’éprouvent aucune difficulté, ce programme très
ludique les motive encore plus à apprendre à lire et à écrire. « Fonctionnant par le jeu ou le livre, ce programme commence au préscolaire 4 ans. Par la suite, nous introduisons progressivement les éléments nécessaires à la lecture et l’écriture à l’aide d’outils pédagogiques ludiques de la maternelle à la 2e année. »

L’importance de la motricité

Saviez-vous qu’il existe un lien entre le maintien et l’écriture? « Les muscles qui soutiennent notre corps ont une incidence sur l’écriture et sur notre fatigue en général. Par exemple, certains enfants qui n’ont pas une bonne position risquent de s’épuiser plus rapidement et de devenir moins concentrés sur les apprentissages. Pour cette raison et bien d’autres, on a développé, avec l’enseignant en éducation physique et deux ergothérapeutes, Diane Groleau et Pascale Brochu, des séances avec les petits du préscolaire 4 ans et 5 ans où l’on travaille leur maintien, leur équilibre, etc. »

Même chose pour la prise du crayon qui n’est pas toujours adéquate. « Les enfants prennent des crayons très tôt dans leur vie, mais pas toujours de la bonne façon. On travaille aussi cet aspect pour prévenir d’éventuels problèmes. »

Véronique Couture travaille actuellement sur un autre projet pour les classes de maternelle. « Plutôt que d’intervenir chacun de notre côté – l’orthophoniste, l’orthopédagogue et l’enseignante par exemple – on souhaite intégrer dans la vie de tous les jours des interventions spécifiques concernant divers aspects des apprentissages langagiers, mathématiques et moteurs à l’aide d’activités complètes et efficaces. Ce sont des choses qu’on fait d’emblée en classe, mais dans le tourbillon du quotidien, on oublie un peu l’intention derrière l’activité. Mon but est d’aller chercher l’expertise de spécialistes – et un autre regard sur ce que je fais déjà - pour être encore plus efficace auprès des apprentissages de chaque enfant. »

Bien les préparer à la prochaine étape

Toutes ces interventions ont pour objectif de faciliter la transition vers la 1re année. « Pour qu’ils gagnent en confiance et développent un certain pouvoir sur leurs apprentissages, je travaille avec mes élèves l’organisation académique, j’enrichis leur vocabulaire, j’intègre dans l’horaire quelques activités plus scolaires, même un peu d’enseignement magistral pour qu’il développe la bonne attitude face à l’enseignant qui parle devant la classe. Je leur prépare aussi un cahier, qui ressemble à celui qu’ils retrouveront en 1re année, pour assurer une certaine continuité », ajoute Véronique Couture qui visite, à l’occasion, les élèves de 1re année pour certaines activités. « Je vais travailler en collaboration avec l’enseignante de 1re année surtout en début d’année. Pour les enfants, c’est rassurant de voir un visage connu et ça diminue leur stress. Et pour moi, je les vois progresser et ça me fascine chaque fois! »

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