DES JEUNES NOUS PARLENT

Cinq thèmes et enjeux qui nous préoccupent

Les sujets qui animent la société préoccupent les jeunes. Pour preuve, voici un résumé des opinions et commentaires exprimés par des élèves du Centre d’excellence en formation industrielle de Windsor en vue de cette publication.

Marché du travail

On a hâte d’y retourner pour être enfin stable, avoir notre propre espace de travail, découvrir aussi d’autres facettes de nos habiletés : travailler avec des collègues, c’est différent que d’apprendre seule. En même temps, on a quelques appréhensions : est-ce que je vais trouver un emploi dans lequel je serai bien, qui sera près de chez moi ou encore qui me permettra de bien concilier mes obligations professionnelles et familiales? Pour celles qui étaient à la maison, les vacances d’été et les congés pédagogiques étaient de belles occasions de passer du temps avec les enfants, mais quand on travaille à temps plein, il faut se réorganiser autrement! Aussi, quand on regarde les offres d’emploi, les exigences sont élevées et ça peut faire peur au premier regard : c’est à nous de démontrer de quoi on est capable et de grimper les échelons par la suite. Notre stage de fin d’études est justement une bonne façon de se faire connaître auprès des employeurs.

La famille

Ta famille, ce sont les personnes les plus proches de toi; leur impact dans ta vie et dans les décisions que tu prends est donc majeur. Notre famille joue un grand rôle dans ce retour aux études. Pour certaines, il y a l’appui du conjoint, prêt à faire les sacrifices nécessaires pour notre épanouissement. Il y a aussi nos parents qui nous encouragent – même s’ils sont loin, leurs bons mots nous aident à persévérer. Et pour celles qui sont mamans, il y a les enfants… Même si on décide d’étudier d’abord pour nous, pour trouver un emploi dans lequel on sera bien, on souhaite aussi assurer un bel avenir à nos enfants. Notre famille devient alors notre plus grande source de motivation. On souhaite aussi démontrer à nos enfants l’importance de l’école et de travailler fort, quels que soient les obstacles, et surtout, qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves.

Conciliation famille-travail-études

Quand on retourne aux études à temps plein et qu’on a des enfants, il est très difficile d’ajouter du travail en plus. On se tourne alors vers les prêts et bourses. S’en suivent d’importants sacrifices financiers : on sort un peu moins, on garde ses affaires plus longtemps, etc. Certaines d’entre nous comptent aussi sur l’appui de leur conjoint qui accepte de prendre en charge les dépenses, de travailler un peu plus, etc. C’est aussi une bonne gymnastique au niveau du temps : les enfants vont à l’école ou à la garderie, ils suivent des cours, participent à des activités, font des tournois de sport, etc. Heureusement, dans les DEP en secrétariat et en comptabilité, il y a peu de travail scolaire à faire à la maison, car habituellement on a le temps de tout terminer en classe, sauf lorsqu’on doit s’absenter, notamment si notre enfant est malade. On a aussi toujours congé d’école le vendredi après-midi, ce qui nous aide beaucoup à concilier toutes nos tâches… ou à prendre enfin un peu de temps juste pour nous!

L’argent

Ah l’argent… on a toujours l’impression de ne pas en avoir assez! Le coût de la vie est élevé, et on nous propose tellement de produits et de services : on dirait qu’il y a toujours quelque chose à acheter, qu’il nous faille absolument tel ou tel article! Quand on retourne aux études, donc qu’on quitte un emploi pour consacrer notre temps à apprendre un nouveau métier, on fait évidemment des choix. On apprend à se serrer la ceinture et à répondre à nos réels besoins. D’ailleurs, l’argent prend trop de place dans nos vies, on y pense tout le temps! Ça peut même nous freiner dans nos projets : combien de gens sont malheureux dans leur travail, mais n’osent pas changer de job ou de retourner à l’école? On s’empêche parfois de faire des choix qui nous conviennent mieux à cause de l’argent, pourtant c’est notre bonheur qui devrait être notre priorité! C’est tellement important d’être content d’arriver au bureau le matin, après tout, c’est un peu notre 2e famille!

La politique québécoise

De façon générale, on a peu d’intérêt pour la politique. Il faut dire qu’on n’en connaît pas grand-chose. À ce sujet, on pourrait nous en parler davantage à l’école, ne serait-ce que de démystifier la droite et la gauche, les grandes orientations de chacun des partis, etc. On a aussi l’impression que ça revient toujours du pareil au même : avant d’arriver au pouvoir, les politiciens ont plein de bonnes idées, mais une fois élus, rien ne se passe… Avec les années, on se désintéresse ainsi de plus en plus de la politique. Sans compter que la politique, c’est un sujet de controverse : pour éviter les conflits, mieux vaut ne pas en parler au bureau! Enfin, on trouve qu’il manque de femmes en politique. C’est dommage, car nous sommes convaincues que les femmes seraient capables de changer des choses. On pense différemment, on agit différemment des hommes, donc on est capable de faire des choses différemment.