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Cégep de Sherbrooke

Le Cégep de Sherbrooke : 50 ans... toujours jeune!

Le cégep est un établissement d’enseignement, mais c’est avant tout une communauté. Une communauté diverse, qui a souligné en 2018 sa cinquantième année d’existence.

Nous avons voulu donner la parole aux diplômés et aux artisans qui ont influencé la destinée de notre établissement à travers le temps. Quoi de mieux que leurs mots pour présenter ces moments, ces personnes, ces orientations qui les ont marqués et qui ont façonné le cégep au fil des années. À travers des témoignages de diplômés, le récit de membres du personnel actuels ou retraités, par le biais de courts textes historiques et d’entrevues avec des partenaires, nous souhaitons refléter la définitive marche vers l’avant du Cégep de Sherbrooke. 

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Cégep de Sherbrooke

Gérald Fillion : un ambassadeur passionné

Gérald Fillion, journaliste spécialisé en économie travaillant à Radio-Canada, est un fier ambassadeur diplômé du Cégep de Sherbrooke en 1994 en Lettres. Son passage au cégep a été pour lui une ouverture et un envol vers un monde de possibilités.

« Le cégep représente une étape charnière. C’est souvent le moment où l’on quitte la maison familiale pour apprendre à voler de ses propres ailes. C’est aussi tellement de découvertes… … En arrivant au Cégep de Sherbrooke, tout s’ouvrait à moi… Ici, on pouvait s’amuser, créer, être la personne que l’on est vraiment. Je me retrouvais dans un domaine qui m’intéressait : je pouvais ainsi écrire, jouer avec les mots, lire davantage… Tout devenait possible! Surtout, je sentais qu’un chemin était en train de s’ouvrir devant moi, même si finalement, je n’ai pas fait carrière en littérature, devenant finalement un bon journaliste terre à terre qui couvre l’actualité! 

En fait, ce que les jeunes doivent retenir, c’est que le cégep marque le début de quelque chose : il ne faut pas le voir comme un aboutissement, mais comme un commencement. Donc, même si l’on change d’idée de carrière une fois au cégep, il faut continuer et ne pas abandonner parce qu’étudier et se former, c’est se donner la possibilité d’être heureux; en tout cas, ça donne des points supplémentaires!

Dans la vie, on prend toutes sortes de chemin. On a tourné à droite au lieu d’aller vers la gauche, et une fois rendu on se dit : "Pourquoi ai-je fait ce choix? Si j’en avais fait un autre, qu’est-ce qui serait arrivé?" Le cégep, c’est le début d’un chemin. Vous ignorez où il vous mènera, mais chose certaine, vous êtes sur la bonne voie! »

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Cégep de Sherbrooke

Le Cégep de Sherbrooke, créateur de relève depuis 1968

C’est le 15 mai 1968 qu’est officiellement fondé le Cégep de Sherbrooke. L’année précédente, douze établissements collégiaux avaient déjà vu le jour à travers le Québec, dans la foulée des recommandations du Rapport Parent, ayant entre autres comme objectifs de faciliter l’accès aux études supérieures et d’augmenter la scolarisation.

Lors de sa première rentrée scolaire, le 4 septembre 1968, le Cégep de Sherbrooke accueillit quelque 1730 étudiants et étudiantes, dont 240 à son campus de Granby et 127 à celui de Thetford Mines (deux campus devenus par la suite des entités autonomes). Au cours de la décennie suivante, la population étudiante sera en constante augmentation, pour s’élever à 5490 lors de la rentrée scolaire de 1978. En seulement dix ans, le cégep avait su révolutionner le parcours scolaire des jeunes et moins jeunes de la région.

Situé à ses débuts dans l’ouest de la ville, le Cégep de Sherbrooke acquiert, dès 1969, des bâtiments dans l’est, rue Terrill. De multiples rénovations et des projets de construction permettent finalement la centralisation du campus à son site actuel à compter de la rentrée 1975. 

De huit programmes d’études à ses débuts, le cégep en offre maintenant 33, sans compter les nombreux programmes de la formation continue. Les cours se donnent aujourd’hui dans six pavillons sur le campus et dans deux points de services situés à Asbestos et à Coaticook. 

La création de la Fondation Cégep de Sherbrooke (1990) et les événements incontournables comme la Soirée du mérite étudiant (1987) ainsi que la cérémonie de remise des diplômes (1994) ont jalonné une autre portion de l’histoire du cégep, tout comme l’accueil des premiers groupes de nouveaux arrivants à l’intérieur de cours de francisation (2000). Le cégep a par ailleurs adopté une politique de développement durable en 2006, qui a mené à la mise en œuvre de plusieurs actions novatrices en faveur de l’environnement. L’établissement a notamment été le premier cégep à offrir la passe universelle pour le transport en commun à sa communauté étudiante. 

Bien plus qu’un lieu d’études, le cégep permet aux étudiantes et aux étudiants de développer leur autonomie, de définir leur identité propre et de fonder leur système de valeurs. À l’écoute de sa communauté étudiante et à l’affût des changements socioéconomiques de la région, le Cégep de Sherbrooke est créateur de relève depuis 50 ans.

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Cégep de Sherbrooke

L’éducation démocratisée

Lors de la réforme de l’éducation des années 60, face à la sous-scolarisation des Québécois francophones, il devenait important pour les membres de la Commission Parent d’instaurer un niveau d’enseignement d’une durée minimale de deux ans qui faciliterait le passage entre le secondaire et l’université ou le marché du travail.

C’est ainsi qu’était créé en 1967 un nouvel ordre d’enseignement : le collège d’enseignement général et professionnel (C.E.G.E.P.). La première année, 12 cégeps ont vu le jour, puis 23 autres ouvraient leurs portes entre 1968 et 1970, dont le Cégep de Sherbrooke en 1968.

« Dès le départ, on souhaitait que les cégeps fassent corps avec leur milieu, ce qui est toujours vrai aujourd’hui. Mais ces établissements ont dépassé nos attentes. En démocratisant l’éducation, en l’ouvrant sur le monde et en la rendant plus accessible, on a notamment augmenté la scolarisation des femmes. C’est également au Québec que le taux de scolarisation postsecondaire est le plus élevé au Canada », rappelle Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps.

Le cégep s’inspire entre autres des Community College américains, à la distinction qu’il offre non seulement le parcours technique, mais aussi le parcours préuniversitaire dans le même établissement, avec des cours de base communs. « Le tiers des étudiants changeront d’orientation scolaire; au cégep, ils peuvent le faire en demeurant dans la même école et en ayant certains cours crédités. » M. Tremblay rappelle d’ailleurs que la formation générale profite tout autant aux étudiantes et aux étudiants se préparant à des études supérieures qu’aux futurs techniciens. « Les cours de littérature ou de philosophie permettent de développer des habiletés qui nous servent pour la vie – développer un sens critique, la capacité de réfléchir et d’innover, bref apprendre à apprendre. En éducation physique, on apprend aussi à prendre soin de sa santé et à développer de saines habitudes vie. Le cégep a aussi pour rôle de former des citoyens responsables, engagés et critiques, ce qui est fondamental pour une société. »

LES DÉFIS

Augmenter la diplomation postsecondaire

Actuellement, 30 % des jeunes ne poursuivent pas leurs études au cégep. Il reste donc encore du travail à faire pour augmenter l’accessibilité aux études postsecondaires. 

La proximité de l’établissement influence la poursuite des études. On remarque même que dans les villes où il y a un cégep, le taux de diplomation au secondaire est plus élevé : la présence d’un établissement collégial a donc un effet positif dans l’aspiration scolaire du jeune. « Amener nos jeunes à aspirer à des études postsecondaires est évidemment un défi pour les cégeps, mais aussi pour la société. Par exemple, en 50 ans, le pourcentage de garçons francophones dont les parents n’ont pas fait d’études supérieures qui n’ont pas obtenu de diplôme postsecondaire est resté le même. Comment changer la situation? On retrouve dans nos cégeps de beaux projets pour stimuler l’intérêt envers les études, de très belles initiatives. Le réseau des cégeps est fort : on innove, on échange, on collabore, etc. Mais pour certaines clientèles, c’est d’une stratégie nationale dont nous avons besoin. Pensons aux jeunes ayant des difficultés scolaires importantes, aux étudiantes et étudiants autochtones ou à la clientèle issue de l’immigration : tous et toutes ont des besoins particuliers qui excèdent l’aide pédagogique offerte habituellement dans les cégeps », explique Bernard Tremblay.

Le financement

Le financement des cégeps est un autre défi. « Il est important de répartir les ressources équitablement pour que chaque étudiant, quel que soit le cégep qu’il fréquente, ait droit à la même qualité de service. Globalement, les cégeps doivent avoir les moyens de bien répondre aux défis de développement d’une main-d’œuvre qualifiée, en accueillant plus de jeunes, mais aussi plus de travailleurs, car la formation continue est une excellente façon d’augmenter le taux de productivité d’une entreprise. Une fois de plus, nous avons besoin de stratégies nationales pour y arriver, car il faut notamment des incitatifs financiers – crédit d’impôt, subvention gouvernementale, etc. – pour encourager les entreprises à former leur personnel. »

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Cégep de Sherbrooke

D’étudiante à directrice générale!

Curieuse, allumée et poussée par une grande soif d’apprendre, Marie-France Bélanger n’a cessé de repousser ses limites. Toujours prête à relever de nouveaux défis, elle a ainsi évolué dans l’organisation pour se retrouver, il y a neuf ans, à la direction générale du Cégep de Sherbrooke.

« J’ai occupé différents postes, autant de belles occasions qui se sont présentées à moi! Chaque fois, j’hésitais un peu, car j’ai toujours adoré ce que je faisais… pour finalement autant aimer mes responsabilités à la direction générale! En fait, c’est la mission du cégep qui m’interpelle. J’y crois, et je me suis toujours beaucoup investie pour nos étudiantes et nos étudiants. C’est d’abord pour eux que nous faisons ce travail. Et j’ai la chance d’être entourée par des équipes formidables, des gens très dédiés à la réussite des jeunes et des adultes », raconte Mme Bélanger.

Elle-même une diplômée du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger ne pensait pas à l’époque qu’elle y retournerait pour y mener une longue carrière! « J’aimais beaucoup les sciences, sans trop savoir quelle profession je ferais plus tard », ajoute celle qui, à l’image de bien des étudiantes et des étudiants, a trouvé ses débuts au cégep difficiles. « Je me retrouvais seule de mon groupe d’amies dans mon programme, il y avait beaucoup de nouvelles choses à assimiler – de nouvelles matières, de nouvelles façons de voir les choses. J’ai même pensé abandonner à un certain moment! Mais rapidement, j’ai tissé des liens avec d’autres jeunes. Il y avait un bel esprit de solidarité et d’entraide dans notre groupe, on étudiait ensemble, on s’encourageait… J’ai aussi développé de belles amitiés avec des gens partageant mes intérêts pour le plein air et la musique. On avait même notre petit groupe musical! Le cégep nous ouvre sur un monde tellement vaste… J’ai appris énormément sur moi. »

Si elle adore les sciences, c’est toutefois un cours d’histoire des États-Unis, donné par Micheline Poulin, qui l’a marquée. « Mme Poulin était une vraie spécialiste de la question et ses cours étaient passionnants! »

Poursuivant sa formation en mathématiques à l’université, Marie-France Bélanger se découvre un intérêt pour l’enseignement. « J’ai travaillé comme auxiliaire d’enseignement pendant mon baccalauréat, puis je suis devenue chargée de cours à l’université, avant de devenir enseignante en mathématiques au Cégep de Sherbrooke en 1986. » Pendant neuf ans, elle a ainsi partagé sa passion pour cette discipline. « Ce que j’ai adoré dans ce travail, c’est le contact avec les étudiantes et les étudiants. Comme enseignante, on a aussi une liberté académique qui nous permet d’évoluer et d’expérimenter des projets », ajoute Mme Bélanger, qui a entre autres contribué à la mise en place du Centre d’aide en mathématique. 

Puis, elle a travaillé comme conseillère pédagogique. « Un autre travail que j’ai adoré! J’y suis arrivée au moment de la réforme de 1993, où les cégeps obtenaient plus de responsabilités pour développer les programmes d’études. J’avais aussi pour rôle de faire du coaching auprès des enseignants afin de les soutenir dans leur développement professionnel. J’ai travaillé avec la majorité des départements, ce qui m’a permis de découvrir leur réalité et de voir à quel point ils étaient engagés. »

Après neuf ans à ce poste, une nouvelle possibilité s’offrait à elle : devenir adjointe à la direction des études. « Je travaillais encore avec des équipes d’enseignants, mais avec une nouvelle posture. Une fois de plus, j’ai appris énormément, notamment en supervision et en gestion d’équipe. » Forte de ces nouvelles habiletés, elle prenait en 2006 la direction des études, poste qu’elle occupera trois ans avant de devenir directrice générale. « J’étais désormais responsable de tout ce qui touche l’enseignement : les programmes, les départements d’enseignement, l’organisation scolaire et le registrariat, le Centre des médias, les services d’aide pédagogique, le perfectionnement des enseignants… Je participais à toutes les étapes menant à la diplomation, et ainsi j’avais le sentiment d’avoir encore plus d’influence sur l’accompagnement des étudiantes et des étudiants vers la réussite. Même si en devenant directrice générale, l’aspect gestion a pris plus d’importance, les étudiantes et les étudiants demeurent ma priorité : on est là pour eux et notre préoccupation première demeure de voir comment on peut les soutenir, les accompagner et mieux répondre à leurs besoins. C’est cette vision d’éducatrice qui donne un sens à mon travail. »

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Cégep de Sherbrooke

Une vision, quatre orientations stratégiques

À l’aube de 2023, le développement du Cégep de Sherbrooke sera résolument inscrit dans des choix respectueux des dimensions sociale, environnementale, culturelle et économique. Prenant appui sur ses forces vives, le cégep demeure mobilisé pour assurer la qualité de la formation et la réussite éducative. À l’ère de la transformation numérique, il mise sur sa capacité collective de réfléchir stratégiquement dans un environnement marqué par la rapidité des changements. Faisant preuve à la fois d’audace et de rigueur, le Cégep de Sherbrooke forme une communauté dont les valeurs centrées sur l’humain contribuent à la richesse de l’expérience vécue au sein de l’institution.

Telle est la vision que s’est donnée le Cégep de Sherbrooke avec son nouveau Plan stratégique de développement 2018-2023. Un plan issu d’une importante démarche qui s’est échelonnée sur plusieurs mois et qui a nécessité beaucoup de réflexions, d’analyses des meilleures pratiques en éducation et d’une vaste consultation auprès du personnel, de la population étudiante et des partenaires. « Tout le monde a pu donner son opinion et contribuer à ce vaste chantier. C’était important pour nous d’avoir cette approche collective, afin que tous se sentent concernés et s’approprient ces nouvelles orientations », explique Marie-France Bélanger, directrice générale. 

Quatre grandes orientations stratégiques présentées ici et qui comprennent au total 12 axes et 35 chantiers guideront ainsi les décisions et les actions qui seront prises au cours des prochaines années. « À partir des objectifs et des résultats attendus, nous sommes à voir comment nous y arriverons. Le travail est bien amorcé », de préciser
Éric Gagné, directeur des études. 

Développer l’engagement afin de favoriser la réussite, la persévérance et la diplomation

Exemples : favoriser la transition secondaire-collégial, instaurer des pratiques pédagogiques propres à la première année d’études, soutenir les actions favorisant l’engagement des étudiants et étudiantes.

Les études révèlent que la réussite des cours à la première session au cégep est un indicateur fiable des chances de diplomation. « Nous déploierons donc plus largement les pratiques pédagogiques appropriées à la première année d’études. Nous effectuerons par exemple une rétroaction plus fréquente pour laisser à l’étudiante ou à l’étudiant le temps de s’adapter à sa nouvelle réalité. Nous verrons aussi à mieux l’outiller dès son arrivée au collégial, en lui enseignant notamment des méthodes de travail propres aux études supérieures : gestion du temps, préparation aux examens, etc. », explique M. Gagné.

Les recherches démontrent également que les étudiantes et les étudiants ont besoin de comprendre la contribution du cours au programme d’études dès le début de leur formation. « Nous porterons une attention particulière à la structure de nos programmes techniques lors de leur actualisation pour pouvoir plonger nos étudiantes et nos étudiants plus rapidement dans l’action avec des apprentissages authentiques et concrets dès la première session. »

Encourager l’innovation pour améliorer les pratiques

Exemples : instaurer des mécanismes de veille dans des secteurs d’intervention stratégiques, exploiter le potentiel des technologies numériques, implanter des modes diversifiés de formation (à distance, en entreprise, etc.)

« La transformation numérique est un incontournable, et on a tout avantage à bien s’y préparer, de façon consciente et intelligente. La classe est en train de changer, d’autres modèles émergent… Pour éviter la fracture numérique, il faut former la population et aider les entreprises. Comment faire le virage ensemble compte tenu des enjeux qui se présentent? Cela constitue d’importants défis, mais aussi de belles occasions d’innover et de se développer », fait remarquer Mme Bélanger.

Offrir un milieu sain visant le mieux-être

Exemples : accroître la pratique de l’activité physique, réduire le volume de déchets dirigés à l’enfouissement, valoriser la mobilité durable et active, miser sur les arts et la culture pour animer le milieu.

« On veut créer un environnement agréable et sain, avec des espaces de vie intéressants et stimulants. Le cégep permet tellement de façons d’apprendre à se découvrir », rappelle Mme Bélanger, qui mise notamment sur les forces vives du cégep en matière culturelle pour animer le milieu. « Il est aussi démontré que les étudiantes et les étudiants engagés réussissent mieux. Nous mettrons donc en place des projets entrepreneuriaux, communautaires, culturels ou autres, ainsi que plusieurs activités par programme qui interpelleront les jeunes », mentionne
M. Gagné. Des initiatives seront développées pour tenter de réduire le stress et favoriser la pratique d’activités physiques. Par ailleurs, pour réduire son empreinte écologique, le Cégep de Sherbrooke augmentera le recyclage et le compostage, réduira les déchets et favorisera le transport actif et durable.

Positionner le cégep comme un acteur majeur du système éducatif dans la région

Exemples : intensifier les liens avec les acteurs du développement social et économique de la région comme accroître le volume d’activités en formation continue et l’offre de stages, augmenter le rayonnement du cégep.

« Grâce à nos valeurs humaines, nous nous distinguons par notre qualité de formation et l’encadrement que nous proposons à nos étudiants et étudiantes. Nous voulons continuer dans cette voie, tout en bonifiant leurs apprentissages avec plus de stages ou d’expériences concrètes, notamment par l’entremise entre autres de notre entreprise-école. Pour cela, il faut tisser des liens serrés avec notre communauté, sortir des sentiers battus pour voir comment on peut travailler ensemble. Cette collaboration est importante pour nous et contribue à l’expérience Cégep de Sherbrooke », souligne Mme Bélanger.

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Cégep de Sherbrooke

Enseigner au cégep, de père en fils!

En 1967, Joseph Franchomme quittait sa France natale pour venir enseigner au Québec. Mais alors qu’il se prépare à enseigner la littérature au Collège d’Amos, il apprend que l’établissement a fermé ses portes!

« Un de mes amis québécois m’a dit de ne pas m’en faire : bien qu’on était le 20 août et que les classes commençaient en septembre, il y aurait sûrement un poste pour moi quelque part. Il avait raison, puisque j’ai finalement été embauché à l’Institut de technologie de Trois-Rivières, qui se préparait à devenir un cégep et qui souhaitait offrir à ses nouveaux étudiants les cours généraux telle la littérature. L’année suivante, l’établissement devenait effectivement le Cégep de Trois-Rivières. Puis, en 1969, comme je souhaitais faire ma maîtrise tout en enseignant, j’ai déménagé à Sherbrooke, où je fus engagé au Collège de Sherbrooke. J’y ai enseigné jusqu’en 1997. »

Ce qu’il a aimé de sa carrière au cégep, c’est la diversité. « Tout comme on peut faire uniquement de l’enseignement, on a aussi plusieurs opportunités pour réaliser des projets de toutes sortes. J’ai été président du syndicat, coordonnateur de département, j’ai lancé la garderie puis le Centre d’aide en français écrit, devenu plus tard le Centre d’aide en apprentissage. Je me souviens aussi d’avoir amené mon ordinateur personnel, ce qui a pavé la voie au laboratoire informatique en français. Tous ces à-côtés ont rendu mon travail toujours plus passionnant. »

En 30 ans de carrière, Joseph Franchomme en a croisé des générations! « Un des avantages d’enseigner, c’est qu’on reste toujours jeune, car les étudiantes et étudiants, eux, ont toujours 18 ans, et ils n’en savent pas plus que ceux de l’an dernier! Mon approche est restée la même : j’ai toujours aimé connaître les jeunes… et j’ai toujours eu beaucoup de jasette! Je crois que ce qui m’a aidé à bien comprendre mes étudiants et mes étudiantes, c’est que moi-même j’en étais un, puisque j’ai suivi plusieurs cours à l’université durant ma carrière d’enseignant. »

Des sciences à l’enseignement

Loïc Franchomme, le fils de Joseph, a franchi les portes du Cégep de Sherbrooke pour la première fois… à 4 ans! Il a en effet fréquenté la garderie de l’établissement, un projet mis en œuvre notamment par son père. Plus tard, il y retournait comme étudiant en sciences. Passionné de physique, il ne pensait toutefois pas qu’il y enseignerait un jour, comme son père! « Même si j’ai baigné dans l’univers de l’enseignement et que j’ai toujours eu de la facilité à communiquer, je ne visais pas une carrière dans le domaine. J’ai d’ailleurs travaillé dans un autre secteur avant d’être embauché au Cégep de Sherbrooke. Mais quand l’occasion d’enseigner les sciences physiques s’est présentée, j’avais envie de relever ce défi. C’est vraiment un travail que j’adore. »

Que l’on enseigne la littérature ou la physique, le métier reste le même : « Le but est d’intéresser les étudiantes et les étudiants et de leur transmettre des connaissances. Ce qui est toutefois différent dans mon cas par rapport à mon père, c’est que j’enseigne la physique non seulement aux étudiants préuniversitaires, mais aussi à des étudiants inscrits dans différentes techniques, donc le contenu doit être adapté à leur discipline, ce qui m’a amené à apprendre de nouveaux éléments en physique. Nous avons aussi développé un cours sur l’histoire de la science pour les étudiants du programme Sciences, lettres et arts. Je n’enseigne donc pas toujours la même chose, ce qui est très intéressant. Au Cégep de Sherbrooke, j’ai aussi eu l’occasion de participer à de beaux projets, comme celui du développement d’un logiciel de modélisation de pollution lumineuse, qui m’a amené jusqu’en Chine! »

Loïc s’est aussi engagé dans des activités parascolaires, comme régisseur de l’événement Cégeps en spectacle. « C’était un retour aux sources, puisque je m’étais aussi impliqué dans l’activité lorsque j’étais étudiant. »

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Cégep de Sherbrooke

Deux générations de cégépiens et cégépiennes!

Des amis pour la vie, des enseignants et des cours qui ont eu un impact sur leur parcours professionnel, mais surtout la naissance d’un grand amour… Pour Réal Jr Desautels et Hélène Bonin, les années au cégep furent déterminantes pour leur avenir!

« C’est en 1977 qu’on a commencé nos études au Cégep de Sherbrooke, mais c’est en 1978 qu’on s’est connu, lorsque Réal, d’abord inscrit en Sciences pures, a changé de programme pour les sciences administratives. Ce fut tellement une belle année! On était un groupe très soudé », raconte Hélène Bonin, qui se souvient des réunions de la gang à la Boustifaille – « notre Pavillon 7 de l’époque! » – , sans oublier les parties de cartes dans leur pavillon. « On accolait quelques tables, on amenait la bouilloire pour le chocolat chaud et on jouait pendant des heures! »

Pour M. Desautels, le cégep est d’ailleurs un moment fort dans le processus de sociabilité. « On a atteint une certaine maturité, on rencontre plein de nouvelles personnes, dont des gens qui viennent de l’extérieur et qui vivent en appartement. À cet âge-là, tu es en quête de qui tu es, et le cégep ouvre tes horizons », note celui qui a aussi enseigné, comme chargé de cours au cégep, en plus de s’impliquer pendant des années au sein du conseil d’administration. « C’était ma façon de redonner. Le Cégep de Sherbrooke est tellement un beau milieu, vivant et toujours en évolution. » 

Découvrir sa voie

Le cégep est une étape charnière, bien souvent, pour la suite des études. « Au départ, je rêvais de devenir vétérinaire, mais je me suis tournée vers l’administration grâce à mes professeurs qui m’ont transmis leur passion pour les chiffres », raconte Mme Bonin qui a terminé ses études collégiales en Techniques administratives avant de décrocher un baccalauréat en finance. Pour Réal Desautels, qui se voyait au départ comme futur ingénieur, c’est un cours de publicité, donné par Carole Melançon, qui allait changer ses objectifs de carrière. « Ça m’a donné l’envie de pousser plus loin dans le domaine du marketing de consommation, d’où mon choix d’étudier finalement en administration à l’université. » 

Des années plus tard, ce sont leurs quatre enfants – Eve, Vincent, Louis et Étienne – qui ont étudié au Cégep de Sherbrooke. Une autre époque, mais beaucoup de similitudes quant à l’importance qu’a jouée l’établissement d’enseignement dans leur parcours de vie.

« Après mon secondaire, je ne savais pas ce que j’allais faire plus tard, mais le cégep te permet justement de découvrir de nouvelles choses et d’apprendre à mieux te connaître. C’est une étape qui permet de prendre du recul. On n’a pas à précipiter son choix, et on peut essayer différentes voies. J’ai même eu la chance d’assister à des conférences de l’ONU à Genève grâce au cégep! C’est aussi une belle transition entre le secondaire, où l’on est très encadré, et l’université, où l’on est complètement autonome », raconte Eve, diplômée en Sciences humaines.

Pour Vincent, comme ce fut le cas pour son père, un cours fut particulièrement déterminant. « Quand j’ai eu le cours de développement Web, j’ai fait WOW, voilà ce que je veux faire comme carrière! J’ai donc poursuivi à l’université et maintenant je fais un métier que j’adore. » Diplômé en Techniques de l’informatique, Vincent était d’ailleurs fin prêt pour ses études universitaires. « J’avais une longueur d’avance, ayant développé de solides compétences d’analyse et de schématisation. D’autres cours, comme le français, m’ont par ailleurs aidé dans mes communications, que ce soit avec mes collègues ou avec des clients. »

Louis rêvait pour sa part d’une carrière dans le domaine de la santé. Après l’obtention de son DEC en Sciences de la nature, il s’inscrivait en Techniques de réadaptation physique, à la fois pour voir s’il aimait le domaine… et pour jouer une dernière saison de football! « Finalement, j’ai vite réalisé que ce n’était pas pour moi. J’ai donc pris le reste de l’automne pour réfléchir à la suite de mon parcours scolaire, et comme j’aimais les mathématiques, j’ai décidé de poursuivre en comptabilité. Les connaissances acquises dans mon DEC m’ont tout de même servi. En sciences, on développe beaucoup l’esprit critique. » Il avait visité d’autres cégeps, mais c’est vraiment celui de Sherbrooke qui répondait le mieux à ses besoins sur le plan académique. « De combiner le sport et les études, tout en travaillant, m’a aussi permis de développer de la rigueur. Pour réussir, il faut se discipliner. Ç’a développé chez moi une bonne éthique de travail. »

Les quatre enfants Desautels ont d’ailleurs porté fièrement les couleurs des Volontaires : Eve a joué au soccer, et ses trois frères, au football. « Encore aujourd’hui, je garde contact avec d’anciennes coéquipières », souligne Eve. En plus de développer de solides amitiés, le sport a agi comme élément motivateur. « Pour rester dans l’équipe sportive, il fallait être assidus à nos cours. Cela a contribué à ma réussite », mentionne Étienne, qui fut diplômé en Gestion de commerces, avant de poursuivre sa formation en comptabilité à l’université, suivant ainsi les traces de maman, de sa sœur et de son frère Louis!

Véritable petite communauté, le cégep fait ainsi vivre différentes expériences à ses étudiantes et ses étudiants. « C’est d’ailleurs au cégep que j’ai réalisé l’importance d’exprimer son opinion, bref d’aller voter », raconte Étienne dont le parcours collégial fut marqué par la grève de 2012.

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