À votre tour!

Transfert d'entreprise: Louis Morissette, ambassadeur pour la culture

«Dans le milieu culturel québécois, beaucoup de compagnies sont associées à leur fondateur et ce qu’on a constaté, c’est que ces entreprises mouraient bien souvent avec lui. Il s’agit d’une industrie sous haute pression et qui est appelée à changer. Il y a de l’éducation à faire. Il nous faut de plus en plus des groupes forts, bien outillés.»

Président du Groupe KO et nouveau porte-parole du CTEQ pour le secteur culturel, Louis Morissette confirme l’effritement du modèle traditionnel. En même temps, il croit fermement en l’importance de conserver les entreprises dans le giron québécois. C’est pour cette raison qu’il a accepté de s’engager dans une démarche de sensibilisation et de réflexion sur les forces et les faiblesses de l’industrie, de même que sur la manière de réaliser des transferts.

«Je proviens d’une famille d’entrepreneurs et si je n’ai pas vécu le processus de transition, je suis malgré tout bien au fait de cette réalité.» M. Morissette rappelle que son père a été l’un des fondateurs de la compagnie Venmar, à Drummondville. Ce dernier aurait souhaité voir une deuxième génération lui succéder, mais le fils a choisi d’écrire sa propre histoire. «Mes intérêts m’ont amené ailleurs, ma passion étant plutôt dans l’humour et la création.»         

L’homme d’affaires ajoute toutefois qu’il a été témoin de la passation des pouvoirs entre son beau-père et son épouse, Véronique Cloutier, une opération qui a généré sa part de difficultés. «L’industrie culturelle en est une de rapports humains et rien ne garantit que les créateurs vont suivre, indique-t-il. En ce qui me concerne, par exemple, je dois faire en sorte que le Groupe KO s’éloigne de ma personne et qu’il puisse éventuellement vivre sans moi.»


« L’entente signée entre la SODEC et le CTEQ représente pour nous le premier jalon d’un ensemble de mesures. Dans les faits, elle implique d’investir dans une ressource spécialisée pour le monde culturel. Nous nous donnons l’occasion de créer une expertise qui nécessite beaucoup de psycho­logie, mais le milieu se montre réceptif. »
Louise Lantagne, présidente et chef de la direction de la SODEC

Un sujet tabou

Alors que Louis Morissette compte s’appliquer, comme ambassadeur du CTEQ, à partager sa vision et son réseau de contacts, il veut également provoquer une prise de conscience et inciter cédants et repreneurs potentiels à discuter plus ouvertement de la question du transfert. Présidente et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Louise Lantagne, quant à elle, n’hésite pas à qualifier le sujet de tabou.      

«On se rend compte que les gens parlent très peu de passation et de fusion dans le milieu, mais il s’agit pourtant d’un élément crucial dont il faut s’occuper. L’alliance créée répond à un besoin de favoriser le dialogue, d’être aiguillé et à une volonté de soutenir les démarches entrepreneuriales. L’entente vient reconnaître la spécificité des entre­prises culturelles, ceci dans un contexte de professionnali­sation et d’internationalisation», fait valoir Mme Lantagne.

Entrevues et rédaction: Johanne Martin

À PROPOS DU CTEQ

Créé en 2015, le CTEQ coordonne les démarches des repreneurs et des cédants dans leur projet de transfert d’entreprise. Présente sur tout le territoire québécois, son équipe de conseillers propose des formations et des événements (sommets, conférences, 5@7, etc.), mais aussi un service de mise en relation et de référencement d’occasions de reprise et de profils de repreneurs, l’INDEX. 

Depuis cinq ans, le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) poursuit  sa mission et rayonne dans le milieu économique. Dans cette série, découvrez l’engagement de personnalités d’affaires qui partagent la même vision du CTEQ devenant ainsi des ambassadeurs ou des membres du conseil d’administration.

Prochain rendez-vous : Le mardi 4 février

ctequebec.com