Kathy Baig Ingénieure et présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec depuis 2016

100 ans du génie Québécois

Une profession tournée vers l’avenir

Cette année, l’Ordre des ingénieurs du Québec célèbre 100 ans d’existence. Aujourd’hui, ce sont plus de 65 000 professionnels – membres et candidats à la profession – qui chaque jour contribuent à la promotion du génie québécois sous toutes ses formes. Tout ça, dans notre plus grand intérêt !

Au Québec, il y a long­temps que le génie a cessé de se cacher au fond d’un lampe. Que ce soit en génie civil, mécanique, informatique, chimique ou géotechnique,  en lien avec les télécommu­ni­cations, les sciences de la terre ou l’efficacité énergétique, la renommée des ingénieurs trouve écho au-delà de nos frontières. Reconnus pour leur créativité, ils sont nombreux à bâtir le Québec de demain. Avec la reconnaissance vient aussi un haut niveau de responsabilité pro­fes­sionnelle. 

Qu’on pense aux routes où l’on circule, aux ponts que l’on traverse ou aux équipements technologiques de pointe mis au service de la santé, la contribution des ingénieurs est énorme en matière de sécurité et d’amélioration de notre qualité de vie. «L’Ordre des ingénieurs du Québec a pour mission la protection du public et de ses intérêts. La compétence, la conformité et l’intégrité sont indissociables de notre profession», déclare Kathy Baig, ingénieure et présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec depuis 2016. 

Une nouvelle loi en cadeau?

La présidente n’est pas peu fière de ce que l’Ordre a réussi à mettre de l’avant au fil des ans. Son plus grand souhait ? L’adoption prochaine d’une nouvelle loi sur les ingénieurs. «Le gouvernement a déposé un projet visant à actu­a­liser une loi datant de 1964. Plusieurs étapes sont franchies et nous espérons que le processus sera complété au cours des prochains mois.» 

Une évolution remarquable

Le métier d’ingénieur est aujourd’hui la plus grande pro­fession dans le domaine des sciences appliquées. Ses champs de pratique se sont multipliés à une vitesse folle. «Les génies émergents – que ce soit en bio­médical, en environnement ou en informatique et logiciel – représentent aujourd’hui 25% de nos membres», affirme la présidente. 

Cette diversification des prati­ques amène du coup une complexi­fication du métier. «Aujourd’hui, plusieurs professionnels de différentes disciplines sont appelés à travailler sur le même projet. On doit développer davantage les soft skills que sont l’écoute, la communication et le leadership. La formation continue est incontournable, pour maintenir et développer les compétences.» Parmi les nouveaux défis qu’amè­nent l’évolution du métier figure donc le développement de nouvelles habiletés en gestion intégrée de projets, sans oublier l’acceptabilité sociale de ceux-ci.

Internationalisation 

Ils sont de plus en plus nombreux à venir d’ailleurs pour être formés dans nos facultés de génie. «Si 12% de nos membres ont été formés à l’étranger, 2500 de nos membres québécois formés ici habitent aujourd’hui à l’étranger. Il y a encore du travail à faire avec le gouvernement pour revoir certains règlements facilitant la fluidité de ces échanges, y compris la reconnaissance des compétences interpays.»


« La profession s’ouvre de plus en plus aux femmes. »
Kathy Baig

Féminisation de la profession

Bien que le métier s’ouvre de plus en plus aux femmes, elles ne représentent actuellement que 15% des membres de l’Ordre. «Nous travaillons en collabo­ration avec Ingénieurs Canada pour atteindre 30% en 2030. Nous mettons également de l’avant différents programmes d’attraction dans les écoles secondaires et les cégeps, de même que des programmes de rétention dans les facultés de génie.»

MENTORAT AU FÉMININ 
L’Ordre lancera prochainement un programme de mentorat au niveau universitaire afin de soutenir quelque 200 femmes qui ont fait le choix du génie comme carrière. «Nous mettons des ingénieurs bénévoles en lien avec les étudiantes afin d’é­changer sur la pratique, répondre à leurs préoccupations et encourager leur leadership. Elles seront libres de poursuivre cette relation par la suite.»

L'ORDRE EN 10 DATES

1920 
Création de la Corporation des ingénieurs professionnels du Québec avec 514 membres.  

1932
Adoption du sceau officiel des ingénieurs authen­tifiant tous les rapports et documents officiels. 

1964
Adoption de la Loi sur les ingénieurs par le gouvernement du Québec, loi toujours en vigueur. 

1974
La Corporation devient l’Ordre des ingénieurs du Québec.

1975
Une première femme à la présidence de l’Ordre des ingénieurs : Danielle W. Zaïkoff, ing. 

1976
Le Code de déontologie des ingénieurs remplace un code d’éthique de 1959. 

1991
Création du Grand Prix d’excellence. 

2013
Création des comités régionaux.  

2019
Dépôt par le gouvernement du Québec d’un projet de loi modernisant la Loi sur les ingénieurs. 

2020
Le métier d’ingénieur est aujourd’hui la plus grande profession dans le domaine des sciences appliquées.

Rédaction Diane Laberge