Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Denise Gagnon a été invitée à lever la coupe Memorial lors de la conquête de 2012.
Denise Gagnon a été invitée à lever la coupe Memorial lors de la conquête de 2012.

Vont-ils revenir?

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Il y a un an, les lumières tombaient sur la saison de la LHJMQ.

Le Québec venait de faire la connaissance de la COVID-19, les cas commençaient à se multiplier. Lors du dernier week-end d’activités, il régnait une ambiance un peu funèbre car tout le monde savait qu’une pause allait être décrétée dans les prochaines heures.

Ce fut une très, très longue pause, finalement.

La fin de la saison a été annulée.

À l’eau, les séries. Et par effet domino, pas de tournoi de la coupe Memorial. Contrairement à la LNH qui a réussi à finir ce qu’elle avait commencé, le hockey junior a tout simplement dû se résigner à panser ses plaies en fermant boutique.

Denise Gagnon n’attend que le signal pour reprendre son siège habituel au centre Gervais Auto.

Au moins, la LHJMQ a réussi à innover en ramenant ses équipes en action l’automne dernier, contrairement aux deux autres ligues majeures au pays. Mais ça s’est fait dans l’intimité la plus stricte, sans partisans.

Ça fait donc maintenant 12 mois que ces derniers ont été privés de leur équipe favorite. Seront-ils de retour quand les guichets rouvriront?

«Je suis convaincue que oui! Si quelques-uns ont décroché, ils vont être remplacés par de nouveaux partisans. Quand les gens vont avoir le droit de sortir à nouveau, ils vont être excités. Moi, je n’ai aucune inquiétude, je suis persuadée que les arénas vont se remplir!»

C’est l’opinion de Denise Gagnon, probablement la partisane la plus connue – et la plus féroce – de la LHJMQ. Ça fait plus de quatre décennies qu’elle va à la guerre avec ses Cataractes. Elle a présidé le fan club de l’équipe pendant des lunes, elle a même travaillé pour l’organisation. Le drapeau qu’elle agite à chaque but de son équipe est probablement aussi lourd qu’elle! Et ses costumes valent le détour quand les séries s’installent!

Beau temps, mauvais temps, la Comète a toujours été au rendez-vous à Shawinigan. «Je n’ai pas manqué plus que cinq matchs locaux! Et encore, c’était parce que j’étais hospitalisée! J’ai ça dans la peau…»

Photo: archives

Elle sait qu’elle est un peu plus crinquée que la moyenne des fans. Mais elle pense que tout le monde est dans le même bateau. «Qui n’a pas hâte de sortir de la maison? Et les fans se tiennent informés. Je le sais, j’écris les pointages sur mon Facebook après chaque période, il y a toujours beaucoup d’interaction. Pour moi, c’est un signe qui ne ment pas.»

Reste que les activités de la ligue se déroulent un peu dans l’anonymat. Vous avez assez des doigts d’une main pour comptabiliser le nombre de matchs présentés au petit écran par le diffuseur officiel, TVA Sports. Quant à la webdiffusion, coûteuse et de qualité variable, elle est loin de rallier la masse. Même la Comète la fuit comme la peste! «J’avais essayé il y a quelques années, j’avais pris le forfait pour toute la ligue mais je me suis rendu compte que seuls les matchs des Cataractes m’intéressaient, que je payais trop pour rien. Et puis pour les matchs individuels, on nous charge 10 $, c’est quasiment du vol! Alors je préfère écouter les matchs à la radio. Ce n’est pas pareil comme voir un match, c’est sûr, mais ça me permet de rester connectée avec l’équipe! Ça reste ma passion.»

Non, Denise Gagnon n’a pas profité de la pandémie pour essayer le tricot, ou pour faire son pain maison. «Et à 75 ans, pas question d’aller me casser les deux jambes en ski! Non, j’attends patiemment qu’on nous redonne accès à l’aréna. À part pour mes commissions, je sors très peu. Je vais être prête quand ça va recommencer!», lance-t-elle, excitée par la prochaine saison de SON équipe. «Je pense parfois aux partisans du Phoenix, qui ont raté tout un printemps la saison dernière. Imagine, tu es l’équipe numéro 1 au Canada et ça se termine sans avertissement, sans avoir ta chance d’aller jusqu’au bout… Si ça m’était arrivé, je serais devenue folle! À Shawinigan, l’équipe était encore jeune, ça n’a pas fait trop mal. Notre temps s’en vient. L’an prochain, on ne perdra pas beaucoup de matchs. J’espère seulement que Vasily Ponomarev sera de retour. C’est mon chouchou. J’en ai toujours un! Mais là, on m’a dit qu’il pourrait aller dans la Ligue américaine dès l’an prochain. J’espère que ce n’est pas vrai… J’ai commencé à jaser hockey avec des gens de la Russie à cause de lui!»

Dans le fond, si la moyenne des fans est à moitié passionnée comme la Comète, les 18 franchises du circuit Courteau n’ont pas trop à s’inquiéter…

***

Chiffre de la semaine: 100

Les trois équipes du Nouveau-Brunswick ont enfin pu recommencer à livrer des matchs cette semaine, après une pause de… plus de 100 jours! Cent sept jours ont séparé les deux derniers duels du Titan, 109 pour les Sea Dogs et 115 pour les Wildcats. Des trois clubs, la situation est un peu plus délicate pour les Sea Dogs, qui ont amorcé la phase de performance dans leur cycle et qui avaient en plus connu un début de saison nettement sous les attentes. Le directeur-gérant Trevor Georgie a brassé pas mal sa soupe à la dernière période de transactions, mais ce long délai donne bien peu de temps à son entraîneur pour préparer sa troupe aux prochaines séries…