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Yanick Jean a amorcé son parcours de pilote dans la LHJMQ en 2003.
Yanick Jean a amorcé son parcours de pilote dans la LHJMQ en 2003.

Souvenirs d’un membre d’un club sélect…

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
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CHRONIQUE / C’est passé un peu inaperçu la semaine dernière, dans le tourbillon de la période des transactions, mais Yanick Jean a atteint un prestigieux plateau, celui des 500 victoires.

Avant lui, seulement quatre pilotes dans l’histoire de la LHJMQ avaient franchi cette barre, soit Richard Martel (589), Guy Chouinard (569), Réal Paiement (541) et Mario Durocher (525). Comme les trois premiers ne sont plus actifs et que l’écart est relativement mince, il est logique de croire que Durocher et Jean vont parvenir au sommet de la pyramide!

Jean avait 28 ans lorsqu’il a fait ses premiers pas comme pilote, avec les Saguenéens. C’est toutefois à la barre du Rocket de l’Île-du-Prince-Édouard qu’il a obtenu un premier mandat officiel comme entraîneur-chef, de 2005 à 2008. Il a par la suite dirigé les Tigres de Victoriaville de 2008 à 2014, avant d’être rapatrié par les Saguenéens, l’équipe de son patelin, où il a ajouté les tâches de directeur-gérant. Jean semble bien en selle au centre Georges-Vézina.

Ce plateau est un excellent prétexte pour revisiter quelques moments-clés de ce parcours, avec des questions en vrac.

Q. Ta victoire la plus satisfaisante?

R. «Certainement le septième match de la série face aux Huskies à Rouyn-Noranda, en 2017. La veille, on avait mangé une volée de 9-2, on n’avait pas eu beaucoup de temps pour se remettre. On perdait par deux buts en fin de match, on avait réussi à ramener l’écart à un seul but, mais on avait ensuite écopé d’une double mineure pour bâton élevé, à trois minutes de la fin du match! Olivier Galipeau avait quand même réussi à marquer le but égalisateur, puis il avait de nouveau marqué en prolongation pour nous donner la victoire.

Vivre toutes ces émotions-là en une journée, c’était spécial! Je me souviens très bien que lors du but gagnant, on aurait pu entendre une mouche voler à l’intérieur de l’aréna des Huskies. Quel moment fort! Un moment fort comme celui-là, ça prend un bon trois jours avant de revenir sur terre. Personnellement, j’avais été incapable de dormir pendant deux nuits!»

Q. Le moment le plus décevant?

R. «Curieusement, c’est survenu après une victoire de 5-0. À domicile, face au Drakkar.

Mais le contexte était particulier.

C’était le 11 mars 2020, on savait cette journée-là que c’était notre dernier match avant un bon bout de temps, à cause de la pandémie. On ne se doutait pas à ce moment que ça allait être notre dernier match de l’année.

Chez nous, ce fut terrible. On avait travaillé tellement fort pour assembler cette équipe, on croyait que c’était notre année. On n’a jamais pu finir ce qui avait été commencé. Encore aujourd’hui, il y a des gars qui ont participé à cette aventure qui ne l’ont pas digéré. Même au sein de notre équipe, j’entends parfois des conversations là-dessus. C’était hors de notre contrôle. Hors du contrôle de tout le monde. Mais ça nous a frappés de plein fouet.»

Q. Le meilleur joueur que tu as dirigé?

R. «Je place Nicolas Roy et Phillip Danault à égalité. Ce sont deux joueurs exceptionnels, qui étaient prêts à faire les petits détails pour aider au maximum l’équipe. Ce ne sont pas tous les joueurs qui acceptent de couper 10-15 points par année dans leur production pour être efficaces sur 200 pieds. Nicolas et Phillip étaient fiers de le faire.

Dans le cas de Nicolas, ce fut un processus à bâtir avec lui. Quand j’ai commencé à travailler avec lui, j’entendais les dépisteurs émettre tellement de doutes à son sujet. On a discuté souvent, le mérite lui revient, il a accepté de faire les efforts pour amener sa game à un autre niveau. Il est devenu un joueur en mesure de transporter une équipe sur ses épaules. Quand il est parti de Chicoutimi, il était à 10/10 sur le chemin où je voulais l’amener.

Ceci dit, je dirige cette année des joueurs qui pourront peut-être rejoindre Nicolas et Phillip dans mon évaluation. On en reparlera quand ils auront terminé leur stage junior!»

Q. Le joueur le plus sous-estimé que tu as dirigé ?

R. «Facile, c’est Yanni Gourde! Personne dans le hockey n’aurait pu prédire que ce gars-là allait se rendre jusqu’à la LNH. J’insiste: personne!

Il a été coupé tellement souvent dans son parcours. À chaque fois que ça arrivait, il se promettait de faire mentir ceux qui doutaient de lui. Et il y est arrivé!

Même à 20 ans, personne n’aurait pu prédire qu’il allait gagner le championnat des marqueurs dans la LHJMQ. Je le regarde aller aujourd’hui, au sein d’une excellente équipe, le Lightning. Une équipe qui compte sur lui, qui ne s’en passerait pas. Quel cheminement! Il peut être fier, il a tracé son propre chemin contre vents et marées.»

Q. À quel point tu as dû changer tes méthodes à travers les années?

R. «J’ai dû m’ajuster beaucoup, en fonction des jeunes. Quand je jouais, on demandait à l’entraîneur ce qu’on pouvait faire pour aider l’équipe. Il y a 10 ans, les jeunes demandaient pourquoi ils devaient faire telle ou telle chose. Maintenant, après avoir posé la question, ils demandent si nous sommes certains que c’est la bonne chose à faire! Sans blague, la communication est très, très importante de nos jours.»