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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Laurence Vincent Lapointe
Laurence Vincent Lapointe

Se nourrir des obstacles…

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CHRONIQUE /  Je connais un paquet d’entraîneurs de hockey qui examinent minutieusement tous les commentaires des équipes adverses pour s’en servir comme carburant à injecter à leurs protégés. Quand tu es un compétiteur, même les plus petits détails peuvent fournir une source de motivation additionnelle!

C’est vrai au hockey, c’est vrai dans tous les sports, dans le fond.

Quand elle quittera la Colombie-Britannique mardi soir pour revenir à la maison, après avoir testé négatif à la COVID-19, Laurence Vincent Lapointe sera donc mieux armée que jamais pour terminer sa préparation aux Jeux olympiques, à la suite du week-end cauchemardesque qu’elle vient de traverser.

La Trifluvienne a beau avoir été battue par sa coéquipière Katie Vincent en finale du C-1 200m, ratant donc cette première porte d’entrée pour les Olympiques, il semble que ce soit une question de jours, au maximum de semaines, avant d’obtenir un laissez-passer de la Fédération internationale.

En éliminant la dernière qualification continentale, la Fédération internationale se retrouve effectivement avec des invitations à distribuer. L’équipe nationale, en se basant sur les résultats de 2019, est très confiante d’avoir sa part du gâteau, et donc d’ouvrir une fenêtre à son ex-championne du monde. En coulisses, on dit que le pire des scénarios, c’est que la Fédération internationale décide de se servir des prochaines coupes du monde comme qualification, plutôt que de distribuer des cadeaux. Si c’est le cas, Vincent Lapointe dispose d’environ six semaines avant cette phase, en mai, afin de trouver les bons ajustements pour retrouver ses repères sur l’eau.

Comptez sur elle pour tout mettre en œuvre pour y arriver.

Elle n’a pas navigué à travers tous ces obstacles pour abandonner si près. Cette fille aux 13 médailles d’or aux Mondiaux a enduré l’enfer depuis deux ans. Des soupçons de dopage l’ont éloignée de l’équipe nationale pendant de longs mois. Elle a réussi à blanchir son nom, mais elle a perdu du temps précieux d’entraînement. Il y a des limites à s’entraîner dans la piscine de ses parents quand on est une canoéiste!

Pendant qu’elle faisait ce qu’elle pouvait en solitaire, ses rivales en ont profité pour réduire l’écart qui les séparait d’elle.

Cette défaite ce week-end reste une surprise. Surtout après ce triomphe dans la première manche, jeudi. Vendredi, Laurence avait moins d’aplomb. Quant à elle, Vincent a exploité au maximum ses ressources. Il faut la féliciter, ce n’est pas tous les jours qu’on peut battre une championne du monde deux fois dans la même journée!

Ce n’est quand même pas un effondrement. Vincent était vice-championne du monde. Pas pour rien qu’ensemble, les deux filles forment le duo à battre en C-2 pour Tokyo.

À condition évidemment d’y être admises.

Pour Vincent, c’est réglé, elle a son invitation en poche pour le C-1, au minimum. Vincent Lapointe, elle, doit attendre la décision finale de la Fédération internationale.

D’ici au verdict, elle a du pain sur la planche avec son entraîneur Marc Granger. Il faut décortiquer ce qui s’est passé, puis apporter les correctifs afin d’être prête si elle est admise à l’examen final.

Il n’y aurait pas de lendemain aux Olympiques. Tant qu’à trébucher, vaut mieux le faire avant! Ça donne du matériel précis sur lequel il faut marteler pour arriver sur la plus grande scène prête comme jamais.

Si le scénario de la fédération nationale se concrétise, je ne serai pas celui qui va parier contre Vincent Lapointe à Tokyo, même si elle a été battue dans son propre pays le week-end dernier.