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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Mathieu Olivier tente actuellement de forcer la main des Predators.
Mathieu Olivier tente actuellement de forcer la main des Predators.

Respecter son identité, ça peut être très payant!

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CHRONIQUE / La scène s’est déroulée la semaine dernière.

Un jeune Québécois a foncé au filet durant un avantage numérique pour inscrire son premier filet en carrière dans la LNH.

Il a récupéré un lancer de Ryan Johansen, qui avait été alimenté par le capitaine Roman Josi, et il l’a poussé sous les cordages.

Ce but des Predators n’a pas fait les manchettes des bulletins de sports. Ce n’était pas un one timer dans la lucarne ni une percée entre les deux défenseurs, assortie d’une feinte qui a déculotté le gardien. Non, c’était un filet de col bleu, prêt à faire ce qu’il faut pour avoir sa place au soleil.

Voilà comment Mathieu Olivier s’est rendu jusqu’au Show. Il y a goûté un peu l’an dernier, il est en train de s’installer à Nashville. Quel bel exemple pour les joueurs de la LHJMQ!

Car Olivier n’a jamais été repêché. Même dans le junior, il n’avait pas le statut de vedette. Sa meilleure saison en carrière, à 20 ans, il a enfilé 27 buts. Soit à peu près le total de ses quatre premières saisons dans le junior!

À défaut d’être haut sur les feuilles de statistiques, il a toujours été un des préférés de ses entraîneurs. Un attaquant de puissance, qui joue nord-sud. Qui bloque des lancers. Qui protège ses coéquipiers au besoin. Olivier écoule les pénalités, il est de garde en fin de match. À chaque niveau, il a endossé son rôle avec fierté.

Tranquillement, il a monté les échelons un par un. «J’ai toujours aimé son sens du jeu, et sa volonté de compétitionner. Même s’il ne jouait pas beaucoup dans le midget AAA, j’ai insisté pour que mon équipe, les Wildcats de Moncton, le repêche», sourit le dépisteur des Predators de Nashville, Jean-Philippe Glaude. «C’était mon dernier repêchage avec les Wildcats, j’avais accepté de joindre les rangs des Predators. Roger Shannon a voulu me faire un cadeau et il l’a pris en septième ronde. Les Wildcats ne l’ont pas regretté. Dès son premier camp, les entraîneurs l’ont adoré. Il a créé une surprise, il a fait l’équipe à 16 ans...»

Les chemins d’Olivier et de Glaude se sont alors séparés. Mais le dépisteur a toujours gardé son poulain à l’œil. Échangé à Shawinigan, Olivier a souvent eu la chance de se produire sous ses yeux. Glaude a recommencé à vendre le jeune homme, cette fois aux Predators.

«Quand j’en parlais lors de nos réunions, on me faisait remarquer qu’il n’était pas explosif sur patins. C’était vrai. Mais le reste était solide! En plus, je connaissais son père, un ancien joueur. Il avait donc baigné dans le hockey depuis son tout jeune âge. C’est plate, mais ça donne un avantage. Comme un comptable dont le père était comptable, j’imagine! Mathieu sait comment se faire remarquer pour les bonnes raisons.»

À la recherche d’un joueur d’intensité pour meubler un chandail à un tournoi des recrues, les Predators ont alors décidé d’inviter Olivier, sur les recommandations... de Samuel Girard. «Les Predators avaient repêché Samuel, ils lui ont posé des questions sur Mathieu. Paraît que ses yeux brillaient quand il a répondu aux questions. C’est comme ça que la porte s’est ouverte, à 18 ans.»

Le reste appartient au jeune homme. Arrivé au camp des recrues, il a livré une furieuse bagarre à Bokondji Imama, réputé le joueur le plus craint du hockey junior canadien. Peter Laviolette l’a remarqué et plus il l’épiait, plus Olivier l’impressionnait. Le colosse est éventuellement reparti junior, mais il a de nouveau été invité l’année suivante, et il a fini par décrocher un contrat de la Ligue américaine à 20 ans.

Rendu là, il a repris le même manège: lentement mais sûrement, il s’est imposé. Il a eu droit à un premier rappel l’an dernier. Il est de retour à Nashville pour cette saison écourtée, et Glaude sera le gars le moins surpris du monde s’il s’incruste dans le vestiaire de l’équipe. «C’est un gars dont l’éthique de travail est irréprochable. Regardez-le patiner maintenant, plus personne ne peut dire que c’est une carence dans son jeu. Il n’y a pas 36 000 façons d’expliquer ce changement! C’est en suant au gymnase qu’il a pu pleinement développer cette puissance. Quand tu as cette volonté de te surpasser en toi, tu es dur à arrêter.»

L’ascension d’Olivier peut certainement servir de motivation pour les hockeyeurs de la LHJMQ. «Ça prouve que ce ne sont pas seulement les plus doués qui peuvent se rendre à la LNH. C’est important de se connaître, d’accepter son identité. Mathieu a compris ça de bonne heure, même dans le junior il n’était pas flashy. Quand tu t’appliques à faire les choses de la bonne façon, jour après jour, ça amène généralement de bons résultats!»

Chose certaine, Olivier est une autre belle carte de visite dans le portfolio de Glaude, qui compte notamment Samuel Girard et Yakov Trenin. Olivier et Trenin évoluent d’ailleurs ensemble actuellement sur le quatrième trio des Predators. Après neuf matchs, ils revendiquaient deux buts de plus que les deux attaquants les mieux payés de l’équipe, Matt Duchene et Ryan Johansen!

Ce qu’ils ont dit...

«Il joue de façon très dure... et il est rapide, physique, il garde le jeu vivant... et il est en mesure de marquer parce qu’il utilise ses outils de la bonne façon. Donc est il est constamment compétitif, et c’est un gars qui a de bonnes mains, qui est dur sur la rondelle qui a un bon esprit de hockey. Cette combinaison, cette constance chez lui est très bonne depuis le début de la saison.»