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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Marc-Étienne Hubert
Marc-Étienne Hubert

Patriotes: retourner à l’essentiel

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CHRONIQUE / Le scénario original est bien loin de ce qui se passe en ce moment.

Si tout se déroulait comme prévu, les Patriotes écouleraient actuellement les derniers matchs de leur saison dans le nouveau Colisée. Il y aurait du monde à la messe, entourés par les mécènes de l’équipe menés par Daniel Lamarre. En séries à la mi-février, tout ce beau monde se donnerait la main pour remplir le joyau du District 55!

Or, il n’y aura pas de séries pour les Patriotes cet hiver. Ils n’ont pas chaussé les patins depuis octobre. Peu importe ce qui sera annoncé le 8 février par le gouvernement, la saison est fichue.

Le Colisée, lui, n’est toujours pas livré. Bon, c’est maintenant une question de semaines, semble-t-il. Reste qu’il y a quand même un retard appréciable. Et puis, quand il sera prêt, ce ne sont pas les Patriotes qui vont y loger.

Après des mois d’incertitude, la Ville a changé son fusil d’épaule. La faveur populaire penchait du côté de la Ligue ECHL, les promoteurs ont été habiles quand le canal de communication s’est réellement ouvert. Le plan A de Jean Lamarche, c’était d’offrir le Colisée aux Patriotes et à leurs projets. Ce plan a pris le bord.

L’équipe de hockey de l’UQTR a néanmoins été invitée à y loger. La cohabitation aurait pu être une bonne idée, sauf que la Ville a tenu à monnayer le plus possible le temps d’utilisation du Colisée. Même s’ils fonctionnent avec un budget décent, impossible pour les Patriotes de payer un loyer dans les six chiffres en tant que deuxième locataire!

Ils ont donc gardé leurs quartiers au vieux Colisée.

La grande éclosion du programme n’aura pas lieu. Du moins, pas à court terme. Avec le Canadien qui s’est associé aux promoteurs de la ECHL, il y aura une éclipse médiatique dans les prochains mois à Trois-Rivières. C’est écrit dans le ciel.

Personne ne sait comment cette aventure va se finir. Ces promoteurs vont-ils se casser le nez à Trois-Rivières? Ce qui est certain par contre, c’est que cette nouvelle équipe dirigée par Mark Weightman et Marc-André Bergeron aura droit à tous les projecteurs pour ses premiers pas.

Un scénario loin d’être idéal pour les Patriotes qui espéraient sortir de l’anonymat.

Positivisme

Il faut toutefois cogner à une autre porte que celle de Marc-Étienne Hubert pour trouver quelqu’un qui se plaint de la situation. Le pilote des Patriotes enseigne à ses étudiants à contrôler ce qu’ils peuvent contrôler, et de ne pas s’en faire avec le reste. Il prêche par l’exemple.

«Notre programme est là depuis 50 ans. Il sera encore là dans deux ans, dans cinq ans. Notre mission ne changera jamais. On veut développer de bons étudiants-athlètes. On a une bonne équipe, formée de bons joueurs et de bons individus. C’est plate, la tournure que la saison a prise. Mais quand nous obtiendrons le feu vert pour recommencer, nous serons prêts.»

Stoppés depuis l’automne, les Patriotes n’ont perdu aucun joueur à la deuxième session. Le groupe est intact. C’est quand même un tour de force, considérant que les gars étudient à distance, tout en étant privés de leur passion.

Le groupe s’encourage avec le fait que l’UQTR va revamper leurs installations au vieux Colisée. C’est un peu bizarre à première vue, comme geste, d’injecter des sous dans une bâtisse aussi vétuste. Referiez-vous votre cuisine dans une maison qui tombe en ruines?

Mais bon, il y a quand même une limite à accepter n’importe quoi. Si les Patriotes font partie des meilleurs programmes universitaires au pays, ils méritent au moins un vestiaire décent. Les plans sont faits, les travaux devraient débuter bientôt. «Ça va faire du bien au moral de tout le monde. Et ça va nous aider dans notre recrutement», prévoit Hubert.

Reste à voir si, justement, le recrutement sera une pomme de discorde entre les deux organisations. Traditionnellement, les clubs de la ECHL et les rangs universitaires convoitent assez souvent la même clientèle, soit les finissants du hockey junior. Hubert préfère voir les avantages, plutôt que les inconvénients, de la situation.

«On propose la continuité du junior, un groupe homogène qui continue à s’entraîner tout en étudiant. Ceux qui sont intéressés à avoir un bac, ça ne changera pas grand-chose. Et ceux qui étaient attirés par la ECHL, bien il y aura une équipe de plus pour eux, au Québec. C’est une porte de plus pour nos joueurs, il n’y a rien de mal à ça. Et puis, tant mieux si certains de nos finissants sont attrayants pour cette équipe, et vice-versa.»

Les Patriotes ont certainement été déçus par la tournure des événements. Ils ont avalé la pilule. Ils ont choisi d’avancer dans le positivisme. C’est tout à leur honneur.

Un bel exemple de résilience, pour nous tous, en cette période de pandémie.