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Roger Lavergne et les Cataractes se démarquent par leur audace, qui a produit deux Classiques hivernales à Saint-Tite. Cette audace pourrait maintenant paver la voie à des projets spéciaux avec Trois-Rivières.
Roger Lavergne et les Cataractes se démarquent par leur audace, qui a produit deux Classiques hivernales à Saint-Tite. Cette audace pourrait maintenant paver la voie à des projets spéciaux avec Trois-Rivières.

Complices plutôt que rivaux?

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
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CHRONIQUE / À partir du moment où Trois-Rivières a bel et bien amorcé la construction d’un nouveau Colisée de 5000 places, les Cataractes ont dû se positionner. Il était clair que la capitale régionale allait abriter tôt ou tard une équipe majeure.

Fallait-il ouvrir la porte à une deuxième équipe de la LHJMQ en Mauricie, pour faire revivre la rivalité de la 55, ou la garder barrée à double tour et s’exposer à un produit différent?

Les Cataractes ont choisi la deuxième option. Et c’est une équipe de la ECHL qui s’en vient les chatouiller dans leur marché, à compter de la saison 2021-22.

Une équipe de la ECHL qui, à moins d’un énorme revirement de situation, profitera de l’image de marque du Canadien pour mousser son arrivée.

Certains croient que les Cataractes vont perdre des plumes dans l’opération. La LHJMQ aussi, par ricochet. Cette organisation est citée en exemple pour les petits marchés depuis l’arrivée de nouveaux actionnaires en 2008. Ils ont profité d’un nouvel aréna pour déployer une franchise beaucoup plus agressive.

Soudainement, les Cataractes se payaient de bien meilleurs Européens, un gros personnel hockey. Sur le plan organisationnel, ils ont reçu le tournoi de la Coupe Memorial, le repêchage, deux Classiques hivernales, des galas de boxe, alouette. Plus de 100 000 spectateurs franchissent les barrières du Centre Gervais Auto en temps normal durant une saison.

Marc-André Bergeron a été président d’honneur du repêchage de la LHJMQ à Shawinigan en 2018. On le voit ici avec un autre ancien Cataractes, Samuel Asselin, en train d’échanger sur le parquet du Centre Gervais Auto.

Ce tableau est-il appelé à changer? Probablement, estime le président Roger Lavergne. Mais attention, peut-être pas comme vous l’imaginez…

«La compétition en affaires, ce n’est pas toujours négatif. La tarte à partager ne sera pas plus grosse au départ, et il y aura une pointe de plus. On va peut-être perdre des amateurs à très court terme. Mais en même temps, ce sont deux produits différents. Qui font tous les deux la promotion du même sport. Ça peut amener une clientèle différente dans les arénas, une clientèle qui sera peut-être tentée, à un moment donné, de venir voir ce qui se passe chez nous. Plus il y aura de l’engouement pour le hockey, plus ça peut devenir positif.»

Et puis, Lavergne voit plus loin que la colonne des entrées. À son avis, les deux organisations peuvent même travailler ensemble pour attirer des événements en Mauricie.

«Au niveau politique, on voit que les maires de Shawinigan et de Trois-Rivières tentent de s’entraider. On peut faire la même chose à mon avis dans le sport. On se retrouve soudainement avec deux arénas modernes, capables d’attirer 10 000 personnes. Ça ouvre la porte à toutes sortes d’événements. On peut rêver à des choses folles. Tiens, pourquoi pas un championnat du monde? C’est une réflexion personnelle, ce n’est pas quelque chose dont nous avons discuté à l’intérieur de l’organisation encore. Mais il m’apparaît évident que nous avons en main, sur le plan régional, beaucoup d’atouts dans notre jeu s’il y a une volonté commune d’établir une certaine complicité.»

Si ce discours sortait de la bouche de quelqu’un d’autre, il y aurait des sceptiques dans la salle. Mais Lavergne et sa petite armée aux Cataractes ont prouvé qu’ils étaient en mesure de sortir des sentiers battus. Qui, il y a quelques années à peine, aurait parié sur les chances de Shawinigan de devenir une des plaques tournantes de la boxe professionnelle au pays?

Quand Martin Mondou a mis sur pied une bande d’investisseurs locaux pour sauver le hockey junior à Shawinigan, les Cataractes jouaient souvent devant 1000 partisans à Jacques-Plante. Une décennie plus tard, ils ont triplé leur base de fans. «Il n’y a rien qui se bâtit tout seul, ça prend de la volonté et des efforts. On souhaite sincèrement que l’aventure de la ECHL soit couronnée de succès à Trois-Rivières. Tant mieux si on peut s’entraider.»

Non, les Cataractes et les dirigeants de la future équipe n’ont pas encore discuté autour d’un café. Ce n’est pas encore à l’agenda non plus. Mais Lavergne croit que, naturellement, les deux organisations auront éventuellement l’occasion de se jaser.

«Marc-André Bergeron est un de nos anciens et il a été le président d’honneur du repêchage qui s’est tenu chez nous il y a quelques années. Disons qu’on se connaît bien. Le nouveau groupe a beaucoup de choses à mettre sur pied à Trois-Rivières, ce n’est peut-être pas pour demain si on a à discuter de projets communs. On verra comment tout ça va évoluer. De notre côté, on a toujours eu un esprit régional et on va le garder.»