« Le volume d’activités chirurgicales correspond actuellement à 50 % de notre volume habituel », fait savoir la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.
« Le volume d’activités chirurgicales correspond actuellement à 50 % de notre volume habituel », fait savoir la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Vers un retour à la normale progressif au CIUSSS de l'Estrie

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Les activités reprennent progressivement dans quatre grands secteurs d’activités du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, soit les traitements en oncologie, les cliniques externes spécialisées, l’imagerie médicale et les chirurgies.

Dans ces quatre grands secteurs d’activités, la reprise sera graduelle. Et l’impact de la pandémie sera important. « Ça va prendre de très très longs mois avant qu’on en revienne au niveau des listes d’attente telles qu’elles étaient en mars dernier, avant la pandémie », a expliqué mardi en point de presse la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

À LIRE AUSSI : Plus de salles d’opération réclamées à Sherbrooke

Une clinique de Bromont prête à emboîter le pas


« En chirurgie, nous avions déjà une liste d’attente bien garnie, nous avions déjà des enjeux d’accessibilité. C’est un dossier que nous travaillons depuis quelques années. Depuis le début de la pandémie, nous avons près de 1100 patients supplémentaires sur notre liste d’attente par rapport à ce qu’on aurait fait normalement. Ça porte le total à plus de 11 000 patients sur nos listes d’attente », a soutenu la Dre Bellavance.

« Le volume d’activités chirurgicales correspond actuellement à 50 % de notre volume habituel. Des mesures rigoureuses sont instaurées dans le but de planifier les chirurgies en fonction des priorités cliniques liées aux conditions des personnes en attente. La reprise graduelle des activités permettra de limiter l’augmentation du nombre de personnes en attente », a-t-elle ajouté.

Pour l’instant au Québec, aucun CIUSSS n’a été autorisé à reprendre l’ensemble de ses activités dans les blocs opératoires : l’utilisation de certains médicaments liés à l’anesthésie comme le propofol se fait sous haute surveillance en raison de sa rareté, des lits doivent être disponibles pour accueillir des patients confirmés ou suspectés COVID-19 et le personnel infirmier des blocs opératoires a notamment été réaffecté dans les cliniques de dépistage de la COVID-19.

Reprise des cliniques externes

Dre Bellavance tient à insister : quand les gens reçoivent un appel pour venir subir une chirurgie ou passer un test à l’hôpital, ils doivent répondre présents s’ils sont suffisamment en santé pour se rendre à l’hôpital.

« Si vous avez été référé par un médecin en clinique spécialisée, en imagerie ou pour subir une chirurgie, c’est que vous en avez besoin. Vous ne devez pas mettre votre santé sur pause pendant trop longtemps. C’est normal d’avoir des craintes de venir à l’hôpital, mais vous devez savoir que nous avons mis en place d’importantes mesures pour vous protéger », a expliqué la Dre Bellavance.

Des zones sont réservées aux différents usagers selon la situation, catégorisés selon trois types de zone : zone froide (pour les usagers sans COVID-19), zone tiède (pour les personnes suspectées et en attente d’un résultat de test pour la COVID-19) et zone chaude (pour les personnes ayant la COVID-19).

Dre Bellavance donne aussi un autre exemple. Les patients qui sont appelés pour un rendez-vous dans une clinique externe doivent téléphoner en arrivant à l’hôpital. « On les rappelle quand c’est leur tour de se présenter au rendez-vous. Ainsi, les gens peuvent attendre dans le stationnement, dans leur voiture, au lieu de s’asseoir sur une chaise de la salle d’attente. On essaie de limiter le temps que les gens passent dans les salles d’attente », a-t-elle précisé.

« La procédure est bien expliquée aux gens quand on les appelle. Ce genre de procédure est là pour rester, car nous savons maintenant que la COVID-19 sera avec nous longtemps », a-t-elle ajouté.

Ainsi, les activités reprennent également du côté des complexes et nombreuses cliniques externes spécialisées. « Depuis deux semaines, elles augmentent en volume. Tout en tenant compte des besoins d’espace et de professionnels, on s’ajuste pour en faire le plus possible », a-t-elle souligné.

Il faut dire que, depuis la mi-mars, de nombreux médecins spécialistes ont fait des suivis par téléphone avec des patients et que tous les urgents étaient vus dans les délais requis.

Les différentes activités du côté de l’imagerie médicale fonctionnent globablement à 70 % de la capacité habituelle.

Imagerie et oncologie

Du côté de l’imagerie médicale, tous les tests urgents et semi-urgents ont été effectués durant les deux derniers mois. « Nous fonctionnons maintenant, au global, à 70 % de notre capacité maximale. Il faut aussi savoir qu’avec les mesures de protection et d’hygiène, on ne peut pas passer le même nombre de patients à l’heure qu’avant », a-t-elle expliqué.

Du côté oncologique, « il y a eu beaucoup moins de délestage dans ce secteur d’activités où nous avons maintenu environ 70 % de nos activités ». Aujourd’hui, environ 80 % des activités régulières s’effectuent chaque jour.

« Nous avons créé des zones sanctuaires pour nos usagers du secteur oncologique, avec du personnel entièrement dédié à ces secteurs, afin de limiter le risque au minimum », a-t-elle ajouté.