Un employé de l’école secondaire Mitchell-Montcalm à Sherbrooke déplore le non-respect des consignes sanitaires dans l’établissement.
Un employé de l’école secondaire Mitchell-Montcalm à Sherbrooke déplore le non-respect des consignes sanitaires dans l’établissement.

Un employé de Mitchell-Montcalm déplore le non-respect des consignes

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Un membre du personnel de l’école secondaire Mitchell-Montcalm a tenu à appuyer l’intervention publique d’une élève quant au non-respect des consignes sanitaires gouvernementales dans l’établissement. L’employé, qui souhaite garder l’anonymat par peur de représailles, affirme devoir « aller au front » chaque jour.

« Quand j’ai lu la lettre de Vallery Gingras sur les réseaux sociaux, je n’ai pas été surpris. Le personnel de l’école fait de son mieux, mais aux pauses et à l’heure du dîner, il y a vraiment un problème. Tout est mis en branle pour tenter de réduire la propagation du virus, mais les jeunes ne font pas du tout attention », déplore l’employé.

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Dans la lettre envoyée aux médias et transmise au gouvernement provincial et fédéral, l’élève reproche notamment à ses camarades de classe de ne pas respecter les règles de distanciation. Une observation que confirme le membre du personnel.

« On ne sent pas vraiment de préoccupations de leur part. Puisqu’ils sont jeunes et en santé, ils se croient invincibles. Tout le monde se prend dans les bras. Je crains sincèrement pour ma sécurité », admet l’individu fréquemment en contact avec les élèves.

Selon l’employé, ce sentiment d’insécurité est partagé par d’autres collègues de travail plus âgés ou vivant avec des personnes à la santé fragile. Certains remettraient même leur emploi en question.

« Personnellement, j’y songe. J’ai moi-même des problèmes de santé. Si j’attrape la COVID-19, ça peut être très grave. C’est comme si j’allais au front chaque jour. L’option de rester à la maison et d’attendre que la situation s’améliore est envisageable. Je suis rendu là », confie l’employé.

Selon Donald Landry, directeur du secrétariat général et du service des communications du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS), « les écoles tentent de faire respecter les règles dans la mesure du possible, mais quand ce sont des élèves du même groupe classe, la règle de distance de juin n’existe plus en août. Les élèves d’un même groupe classe peuvent être à moins d’un mètre, partager du matériel », commente-t-il. 

Il ajoute qu’il peut parfois être complexe de maintenir les jeunes à distance quand matin, soir et fin de semaine, ils se retrouvent à proximité. « Ça pose des défis », assure-t-il.

« On a besoin de temps pour s’adapter et permettre aux jeunes de s’adapter, parce que c’est du nouveau pour eux. Ils n’ont pas connu le retour du printemps. Deuxièmement, il faut que la société adulte soit modèle et qu’elle fasse ce qu’on dit... On ne peut pas exiger des ados ce qu’on ne fait pas nous-mêmes. Pour des adolescents qui déjà défient les règles, quand la règle est complexe et qu’en plus les adultes ne s’y soumettent pas, raison de plus pour la défier... Sans dire que ce n’est pas important, notre clientèle est moins à risque de développer des complications. Dans la balance de l’équation, c’est mieux des élèves à l’école que confinés à la maison. Il peut y avoir de l’insécurité, de l’inquiétude, mais globalement, ça se passe assez bien dans le contexte où c’est extrêmement exigeant pour des élèves du secondaire et ces balises ne sont pas celles qui leur sont imposées dans les sphères de leur vie. » 

Comment se gouvernent les écoles pour la gestion de la cafétéria? 

Chacune des écoles a sa façon de répondre à la situation pour répondre au nombre d’élèves en fonction de l’espace, observe M. Landry.

« Je sais qu’à La Montée, par exemple, des élèves dînent à la cafétéria, il y a des élèves qui dînent dans d’autres locaux ou qui pourraient être appelés à dîner en classe. La directrice nous parlait d’une certaine rotation des groupes à certaines périodes. Il y a des espaces qui servaient à d’autres types d’activités qui peuvent accueillir des tables de cafétéria. On essaie aussi, dans la mesure du possible, que les groupes-classes ou les bulles puissent dîner ensemble. » 

Par ailleurs, selon le CSSRS, l’organisation sera informée si des inspecteurs de la CNESST viennent visiter ses milieux. « On nous a dit qu’on serait informés, que ce ne sont pas des inspecteurs qui viendraient donner des contraventions, mais qu’ils venaient faire de la pédagogie, nous outiller et nous conseiller. Évidemment, ils vont faire des constats. On nous a dit que des écoles seraient ciblées. » Le Journal de Montréal écrivait récemment que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) comptait visiter les différentes écoles de la province.