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Un an plus tard, les hauts et les bas du masque obligatoire

Sarah Rodrigue
Sarah Rodrigue
Le Soleil
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Les commerçants parviennent-ils encore à faire respecter le port du masque après un an de couvre-visage obligatoire? Le Soleil est allé à leur rencontre sur la rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch.

Premier arrêt, le Pub du Parvis, où les clients semblent encore disciplinés. «Les gens respectent bien [les consignes], il y en a juste parfois qui ont oublié leur masque», explique Marie-Claude Dumais, serveuse responsable au Pub.

La situation est similaire au commerce Champagne Chocolatier. «Les gens portent le masque par respect et par soutien», croit Natalie Déchène, propriétaire. Dernièrement, il y a eu un rare cas d’une personne qui ne portait pas de masque. «Ça m’est arrivé une fois de me faire dire, "madame, je ne suis plus obligé de porter le masque parce que j’ai eu mes deux vaccins"». La personne a accepté de mettre un couvre-visage après discussion avec la propriétaire. «Je veux qu’on suive les règles jusqu’à la fin, mentionne Mme Déchène. Si j’étais anti-vaccin, anti-masque, peut-être que j’attirais plus de gens comme ça».

À quelques pas de la chocolaterie, au magasin de jouets Benjo, de plus en plus de clients franchissent les portes d’entrée sans masque. «Vu qu’on a changé de zone, les gens, on dirait qu’ils oublient ce genre de consigne-là», raconte Valérie Hamel, copropriétaire. À quelques reprises, la direction de Benjo a dû demander à des clients de quitter les lieux parce qu’ils n’avaient pas de masque. Mais la majorité se couvre le visage sans souci, les réfractaires font partie d’une minorité qui marque l’esprit, nous dit-on.

Valérie Hamel

À la taverne Birra & Basta, les clients se font sages. Lorsqu’une personne ne porte pas son couvre-visage, c’est un oubli qui n’est pas mal fondé, selon Patrick Russo, copropriétaire. «Quand il y a une transition extérieur-intérieur, quand on va à la salle de bain, il y a du monde qui oublie, précise-t-il. Mais on a une bonne clientèle régulière et elle connaît les règles». Les allègements des mesures sanitaires n’ont pas affecté le comportement des clients, assure-t-il.

La situation diffère à la Brûlerie Saint-Roch. «C’est un peu plus difficile qu’à l’habitude de le faire respecter parce que les gens voient tout le relâchement autour», souligne Faith Mercier, gérante. Cette semaine, pour la première fois, elle a failli mettre un client à la porte. «J’ai un monsieur que ça faisait quatre fois que j’avertissais», raconte-t-elle. Selon Mme Mercier, les jeunes clients respectent mieux le port du masque et la clientèle régulière lui donnent le plus de difficulté. «Les clients réguliers s'en permettent plus, ils se sentent un petit peu plus comme à la maison». Nombreux sont ceux qui ne mettent leur masque qu’une fois rentrés dans la bâtisse.

Patrick Russo

De l’autre côté de la rue, à l’Intermarché, «ça va bien, le monde le respecte quand même assez bien», mentionne Dominique Trotta, gérante des caisses. Encore une fois, lorsqu’une personne ne porte pas son couvre-visage, elle l’a simplement oublié et l’enfile aussitôt, assure-t-on. Dernièrement, il y a un homme qui ne voulait pas porter son masque, disant ne pas reconnaitre la pandémie. «Il aurait dit à nos cassiers-caissières qu’on est des moutons», déplore Mme Trotta.

François Lebel, copropriétaire de La Place boutique gourmande située au coin de la rue Saint-Joseph et de la rue du Pont, a dû intervenir trois fois dans la dernière année pour faire respecter le port du masque. «On est chanceux ici au centre-ville, on a des bons clients», souligne-t-il. Il a toutefois congédié un employé qui ne respectait pas la règle sanitaire. «J’en ai un, en fin de semaine, qui est venu "m’informer" que ce n’était plus obligatoire», ajoute M. Lebel. Il a simplement demandé au client de partir.

Dominique Trotta

Interventions policières

Le Service de police de la ville de Québec (SPVQ) a constaté une baisse marquée du nombre de signalements et de constats d’infraction en lien avec les différents règlements de la Loi sur la santé publique depuis que les allègements des mesures sanitaires ont été mis en place. Il note également beaucoup moins de signalements provenant de commerçants.

Au mois d’avril 2021, le SPVQ pouvait recevoir entre 220 et 260 appels par semaine au sujet de la Loi sur la santé publique, qui inclut les rassemblements, le couvre-feu et le port du masque. Le SPVQ n’a reçu qu’une vingtaine d’appels depuis le 1er juillet.