Au lendemain du retrait des barrages routiers réduisant l’accès au Bas-Saint-Laurent et à la Gaspésie, la peur que le virus s’installe pour de bon dans l’Est-du-Québec avec l’arrivée des touristes est de plus en plus présente.
Au lendemain du retrait des barrages routiers réduisant l’accès au Bas-Saint-Laurent et à la Gaspésie, la peur que le virus s’installe pour de bon dans l’Est-du-Québec avec l’arrivée des touristes est de plus en plus présente.

Tourisme: les réservations de longues durées en Gaspésie prisées par les citadins

Alors que la saison touristique est toujours sur la glace, de nombreux propriétaires de chalets et d’installations d’hébergement de la Gaspésie remarquent une hausse des demandes de réservations de longues durées, notamment en provenance des grandes villes comme Montréal et Québec. De quoi nourrir la crainte d’une augmentation des cas de COVID-19 en région.

Au lendemain du retrait des barrages routiers réduisant l’accès au Bas-Saint-Laurent et à la Gaspésie contre l’avis des directions de la santé publique des deux régions, la peur que le virus s’installe pour de bon dans l’Est-du-Québec avec l’arrivée des touristes est de plus en plus présente. Plusieurs locateurs d’installations touristiques ont d’ailleurs noté une augmentation marquée des demandes de réservation provenant des zones les plus touchées de la province, souvent pour de longues périodes. 

«On remarque un engouement, surtout des villes», confirme la directrice des ventes et du marketing des Chalets du Parc, Djenabou Gauthier. L’entreprise de Gaspé, qui loue une trentaine de chalets en bordure du Parc Forillon, a vu son nombre de réservations exploser au cours des deux dernières semaines, particulièrement par des clients de la région de Montréal. «On a toujours eu une grande part de nos clients de Montréal, mais cette année, il n’y aura pas de voyages à l’international, et on le sent vraiment», ajoute-t-elle.

Même son de cloche pour Maxime Esther Bouchard, propriétaire d’Entre deux maximes, une entreprise d’hébergement touristique en plein cœur de la Haute-Gaspésie. «On a beaucoup de demandes, mais pas de règles claires», explique-t-elle. Comme plusieurs autres, elle dénonce le manque de communication entre le ministère du Tourisme et les entreprises d’hébergement. «On ne sait pas ce qui se passe! On aimerait beaucoup être tenus au courant», ajoute-t-elle.

Les longues périodes plus prisées

Alors que le séjour moyen varie entre une et deux semaines généralement, plusieurs lieux d’hébergement reçoivent un fort volume de demandes allant parfois au-delà d’un mois. «C’est vraiment spécial, on reçoit beaucoup de demandes pour du 30 jours ou plus», raconte Mme Gauthier. Elle remarque aussi plus de demandes pour des chalets adjacents. «Les gens veulent venir entre amis, dans des chalets près les uns des autres», ajoute-t-elle. Si ces réservations à long terme sont appréciées par les locateurs, ils font sourciller ceux qui craignent un exode des villes vers les régions. 

Chez Destination Gaspé, on dit être au courant de ces enjeux qui ne se limitent pas à l’industrie des chalets et des hébergements touristiques. «Nos membres nous ont en effet rapporté une augmentation des durées des réservations, spécialement dans les campings pour véhicules motorisés», explique l’agent de promotion et de communications de l’organisme, Marc-Étienne Carrier. Destination Gaspé attend toutefois les directives sanitaires du gouvernement avant de se prononcer officiellement sur la question.