Selon le professeur de marketing David Pavot, l’annulation d’événements sportifs est inévitable.

Suspensions et annulations: «La pointe de l’iceberg», pense un prof de l’UdeS

« Il faut que tout le monde adopte des comportements citoyens. Ça passe par l’annulation d’événements sportifs, par l’annulation de grands événements comme le Salon de l’habitation à Montréal et peut-être par des fermetures d’écoles et de bureaux. Il faut être prêts. C’est le meilleur moyen de contrôler l’épidémie : le sport est la pointe de l’iceberg », pense le professeur de marketing à l’Université de Sherbrooke, David Pavot.

« On n’a pas le choix, dit le titulaire de la Chaire de recherche sur l’antidopage dans le sport. On fait face à une pandémie. On n’a pas le choix de restreindre les événements de masse. L’idée n’est pas d’empêcher la contamination, mais de la retarder pour ne pas connaître un pic épidémique extrême. »

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Selon lui, l’annulation d’événements sportifs est inévitable. « À mon avis, le huis clos, c’est de la transition afin de permettre de faire jouer les compétitions et que les grandes ligues et les clubs touchent les droits de diffusion. Dans les grandes ligues sportives, le grand revenu, c’est les droits de diffusion », rappelle-t-il. 

La situation est très particulière. « Les Jeux olympiques n’ont été annulés que lors des deux conflits mondiaux, met en contexte le professeur. On a eu des annulations de compétitions à cause de conflits de travail, mais une mise à terre aussi mondiale d’autant d’événements sportifs, c’est du jamais vu. C’est une sage décision. »

Rappelons que Rogers Communications avait acquis les droits de diffusion de la LNH pour 5,232 milliards $ CAN, à titre d’exemple.

Cependant, lorsqu’ils disputent un match sans partisans, les clubs perdent énormément d’argent en billets, en vente de nourriture et en vente d’articles promotionnels. « On sait que le match de soccer mercredi à Paris, c’est un manque à gagner de 5 M d’euros », dit celui qui n’a pas eu de réponse lorsqu’il a demandé combien le Canadien perdrait d’argent s’il devait disputer un match à huis clos, mais qui rappelle que le prix moyen d’un billet au Centre Bell est de 180 $.

« Il faut accepter ces mesures, considère le professeur. En Italie, ils n’ont pas adopté de mesures. Aujourd’hui, ils sont en lockdown presque complet. Si on continue à jouer avec des personnes qui sont infectées et un délai d’incubation qui peut aller jusqu’à 14 jours, on va encore avoir des gens infectés. Il suffit de prendre l’exemple du joueur de basket qui jouait avec des micros il y a trois jours. »