Après tout juste un an d’implication au Centre d’action bénévole de Cowansville, Kathy Deschênes (au premier plan) s’est retrouvée, ces dernières semaines, à gérer une équipe et à former de nouveaux bénévoles pour l’aider à répondre à la demande, qui a connu une importante croissance depuis le début de la pandémie.
Après tout juste un an d’implication au Centre d’action bénévole de Cowansville, Kathy Deschênes (au premier plan) s’est retrouvée, ces dernières semaines, à gérer une équipe et à former de nouveaux bénévoles pour l’aider à répondre à la demande, qui a connu une importante croissance depuis le début de la pandémie.

Semaine de l’action bénévole: solidaires en temps de pandémie

Bien que les activités marquant la Semaine de l’action bénévole ne peuvent pas avoir lieu comme prévu depuis dimanche, la solidarité est plus que jamais célébrée dans Brome-Missisquoi et les alentours grâce à un élan d’entrain de citoyens qui s’impliquent auprès de leur prochain.

«Ce qu’on vit avec la crise, c’est quelque chose de hors-norme», lance d’emblée Dimka Bélec, directeur général du Centre d’action bénévole (CAB) de Cowansville, faisant référence à ce qu’il qualifie de «mobilisation sans précédent» des citoyens de Cowansville et région.

Gérant d’ordinaire une banque d’une centaine de bénévoles sur une base annuelle, dont un peu moins de la moitié se renouvelle bon an mal an, l’organisme comptait en date de jeudi dernier une liste de 235 noms.

«C’est un beau problème, on ne sait plus quoi leur donner à faire!, blague M. Bélec, qui se réjouit de voir autant de citoyens être portés par un élan de solidarité en cette période particulière. On a dû mettre sur pied une équipe de bénévoles pour gérer les bénévoles, car notre coordonnatrice n’y arrivait plus toute seule. Elle s’est retrouvée avec des dizaines de personnes à appeler chaque jour.»

Selon le directeur général, l’appel aux citoyens lancé par la classe politique a réellement trouvé écho dans la population.

Parmi ces nouveaux bénévoles, il remarque beaucoup de jeunes issus de différents secteurs, mis à pied temporairement et désireux d’aider leur prochain. Tous les talents trouveront une tâche à leur mesure, assure M. Bélec

Les habitués, plus âgés et dont certains sont désormais confinés à domicile, continuent quand même de mettre la main à la pâte, autrement. «On leur attribue des tâches qui peuvent être faites à domicile, comme des appels d’amitié ou la prise de commandes d’épicerie pour les gens qui, comme eux, ne peuvent pas sortir», illustre M. Bélec.

Un service de livraison

Après tout juste un an d’implication au CAB de Cowansville, principalement au service du dépannage alimentaire où elle travaille généralement seule ou en duo, Kathy Deschênes s’est retrouvé, ces dernières semaines, à gérer une équipe et à former de nouveaux bénévoles pour l’aider à répondre à la demande, qui a connu une importante croissance depuis le début de la pandémie.

«Quand j’ai commencé, on avait environ 32 bénéficiaires du dépannage alimentaire, se rappelle-t-elle. Depuis le début de la crise, on a été jusqu’à une douzaine de bénévoles certaines journées, alors qu’on a dépanné, la semaine dernière, 70 familles.»

Grâce au service de livraison des denrées, offert pour la toute première fois en raison de la pandémie, le CAB de Cowansville a pu dépanner des ménages qui n’ont jamais pu se prévaloir du service.

«Il y avait des gens qui ne pouvaient pas se déplacer pour venir chercher la nourriture qui ont accès au dépannage désormais», illustre Mme Deschênes.

Celle-ci reconnaît dans les nouveaux bénévoles le souhait d’aider son prochain qui l’avait elle-même motivée à donner de son temps, jadis.

«Au lieu de rester à la maison à ne rien faire, ils veulent se rendre utiles, constate-t-elle. Ils sont juste contents d’aider. Certains n’avaient jamais mis les pieds ici et ne savaient pas du tout comment fonctionnait le service de dépannage alimentaire, mais ils n’ont jugé personne.»

«Ce qu’on vit avec la crise, c’est quelque chose de hors-norme», lance d’emblée Dimka Bélec, directeur général du Centre d’action bénévole de Cowansville, faisant référence à ce qu’il qualifie de «mobilisation sans précédent» des citoyens de Cowansville et région.

Corinne Labbé abonde dans le même sens. «Ce qui ressort le plus, c’est le besoin de donner que ressentent les bénévoles. L’engagement citoyen est en train de prendre un nouveau sens avec la pandémie», croit celle qui recrute et coordonne des bénévoles responsables de prendre les commandes d’épicerie au téléphone pour les personnes qui ne peuvent se rendre faire leurs courses elles-mêmes.

«Toute la situation a amené le IGA à Cowansville, par exemple, à devoir s’ajuster pour la livraison à domicile. Avant la crise, ils livraient de 30 à 40 commandes par semaine; ils sont rendus à en faire de 50 à 60 par jour», décrit la bénévole.

«Je n’ai pas eu de difficulté à trouver des gens, mais si on manque de bras, je suis en réserve», ajoute celle qui a une bonne expérience dans le milieu communautaire.

La piqûre du don de soi

S’attend-on à ce que ces bons samaritains soient toujours au rendez-vous une fois la pandémie terminée?

«Pas nécessairement, croit M. Bélec. Le premier facteur du bénévolat, c’est la disponibilité. Beaucoup de gens pensent qu’il faut nécessairement s’impliquer pendant un grand nombre d’heures sur une base régulière pour faire du bénévolat, mais ça n’est pas toujours le cas, surtout pour les jeunes.»

«On avait déjà planifié faire de la sensibilisation auprès des gens pour leur faire voir que c’est possible de donner de son temps autrement, poursuit-il. Par exemple, on souhaite se faire une liste de bénévoles en cas d’urgence, qui pourraient intervenir seulement en cas de besoin, quand quelque chose se passe, ou bien de répondre à des sondages dans nos organismes communautaires. L’implication citoyenne ne nécessite pas toujours des heures et des heures.»

Kathy Deschênes croit pour sa part que certains bénévoles auront attrapé la piqûre du don de soi. «Ils ne reviendront peut-être pas aussi souvent lorsqu’ils auront recommencé à travailler, mais je pense que certains qui vont continuer de s’impliquer avec nous», dit-elle.

Surtout que pour ces bénévoles, la plus belle reconnaissance de toutes est celle qu’expriment les bénéficiaires de ces services.

«Surtout les aînés, quand ils nous appellent, illustre Mme Labbé. On sent dans leur voix qu’ils apprécient énormément ce qu’on fait pour les aider, ne serait-ce que de prendre leur commande et de s’assurer qu’ils la reçoivent chez eux dès que possible. Ça n’a pas de prix.»