La SAQ Dépôt de Trois-Rivières a été prise d’assaut par plusieurs personnes lundi après l’annonce de la fermeture des commerces non essentiels, même si les succursales de la SAQ et de la SQDC demeurent ouvertes.

Ruée vers des commerces

Trois-Rivières — De nombreuses personnes se sont ruées vers des magasins encore ouverts lundi après-midi, après l’annonce du gouvernement du Québec de la fermeture de tous les commerces non essentiels pour lutter contre la pandémie de COVID-19.

À Trois-Rivières, des clients attendaient en file devant des quincailleries, des animaleries ou encore des commerces de produits d’électronique. Mais c’était devant les succursales de la SAQ qu’on retrouvait le plus de personnes, même si Québec a annoncé que les SAQ et les SQDC demeuraient ouvertes.

À l’heure des mesures de confinement et de distanciation sociale, les scènes détonnaient avec ce qu’on voyait dans les derniers jours. 

Alors que le nombre de cas est en augmentation partout au Québec, la Santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec demandait à nouveau lundi à la population de respecter les mesures mises en place.

«Un point final à ce qui restait ouvert»

La présidente de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières (CCI3R), Johanne Hinse, avoue que cette nouvelle vague de fermeture n’est pas si surprenante. Depuis un peu plus d’une semaine, de nombreux professionnels avaient déjà adopté le télétravail. «Ça va toutefois continuer la vague d’incertitude», mentionne-t-elle.

On retrouvait aussi lundi des files de clients devant les quincailleries.

«Ça vient mettre un point final à ce qui restait ouvert. Heureusement, les services essentiels restent ouverts.»

La présidente de la CCI3R soutient que plusieurs commerces de Trois-Rivières offrent dans ce contexte de crise des services de vente en ligne. Johanne Hinse encourage d’ailleurs les commerçants à poursuivre ces efforts et à développer cet aspect. 

«Ce qui est plus inquiétant, c’est les usines», ajoute-t-elle. 

De très nombreux clients patientaient à l’extérieur avant de pouvoir entrer au Costco de Trois-Rivières.

Le Groupe Brunelle exploite plusieurs bannières dans la région, dont Brunelle Sports, Sports Experts, S3 et Atmosphère, ainsi que trois succursales de la chaîne Starbuck. Son propriétaire, Georges Brunelle, n’a pourtant pas attendu la directive de Québec pour fermer temporairement ses commerces qui emploient dans la région près de 400 personnes. 

«Je pense que c’est une bonne nouvelle. Je comprends que c’est contraignant pour plusieurs, notamment dans la construction, mais c’est un mal pour un bien», estime Georges Brunelle.

«Si on est capable de faire ça le plus rapidement possible pour être capable de rouvrir le plus vite possible, on va être gagnant.»

Ces mesures restrictives prises rapidement ont pour objectif de contrer la pandémie. Si collectivement on réussit à l’arrêter rapidement, le commerce pourra reprendre. «Si on ne veut pas manquer le printemps et rester fermé jusqu’en juillet, ce qui serait terrible, on se doit de faire confiance aux personnes en santé et au gouvernement», soutient le propriétaire du groupe Brunelle. 

Ces nouvelles fermetures touchent aussi les concessionnaires automobiles. Depuis le début des mesures de confinement, les affaires roulaient déjà au ralenti dans les différents concessionnaires de la région. 

«On s’attendait à ce que ça ferme. Ce n’est pas une grande surprise. Plusieurs avaient déjà commencé à réduire les heures d’ouverture et le personnel», affirme le directeur général de la Corporation des concessionnaires d’automobiles de la Mauricie, Jean Asselin.

Même certains commerces d’électronique ont connu une forte affluence lundi après-midi.

Les défis de la construction

Cet arrêt forcé par la pandémie entraîne des défis importants pour l’industrie de la construction. De nombreuses habitations en chantier dans la région doivent être livrées dans les prochains mois. Lorsque Québec a fait l’annonce de l’arrêt de toute activité non essentielle lundi, les téléphones de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) Mauricie-Lanaudière ne dérougissaient pas. 

«Les gens ne sont pas dupes. On voyait qu’il y avait une progression rapide de la pandémie. Il faut prendre le taureau par les cornes», mentionne Maxime Rodrigue, directeur général de l’APCHQ Mauricie-Lanaudière. 

Les entrepreneurs doivent fermer les chantiers de construction de façon sécuritaire et s’assurer que cet arrêt des travaux n’entraînera pas de détérioration sur les bâtiments. 

«Il y a des mesures de sécurité et de préservation du bâtiment à prendre. Il ne faut pas que les bâtiments s’effondrent et que des gens puissent avoir accès aux chantiers pour faire du vandalisme», soutient Maxime Rodrigue.

Élargir les services essentiels?

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la CCI3R ont publié en soirée un communiqué conjoint demandant au gouvernement «d’élargir la notion de services essentiels». Les deux organismes insistent sur «l’importance d’ajouter d’autres secteurs importants», citant en exemple les entreprises du secteur agroalimentaire, du secteur des communications ainsi que les services de médecine privée. 

«Il faudrait que les entreprises dont la production est nécessaire à l’opération des milieux considérés essentiels soient également incluses dans la liste. 

Par exemple, les fabricants d’emballages pour le secteur alimentaire, les stations-service, les services de nettoyage», soutient Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ.