Restaurants «délinquants»: quelles sont les conséquences? [VIDÉO]

Les gens sont nombreux à l’avoir remarqué; ce ne sont pas tous les restaurants et commerces qui suivent les consignes de la santé publique.

Des serveurs sans masque ou des tables proches les unes des autres… Un malaise s’installe chez plusieurs personnes lorsqu’on remarque ces gros détails. La majorité des restaurants respectent les directives de la santé publique, mais quelques-uns se montrent «délinquants».

«Les commerçants en général et les restaurateurs en particulier peuvent recommencer à exploiter leurs établissements, mais dans le respect des consignes sanitaires de santé publique. Nous comptons sur le civisme, la diligence et le sérieux de tous pour contenir la pandémie», exprime le porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Mathieu Boivin.

Le restaurant Conti Caffé dans le Vieux-Québec fait partie des «délinquants». Une vidéo publiée jeudi soir est rapidement devenue virale sur Facebook, elle montrait la salle pleine de gens. Les gens semblaient entassés, aucun masque à l’horizon. C’est l’ancienne animatrice de télé Josée Turmel qui a rendu la vidéo publique, mettant de l’avant la décision des propriétaires d’ouvrir le restaurant «à la normale».

«On enlève les masques et les visières, la COVID est finie!» lance-t-on dans la vidéo.

Le propriétaire du restaurant est Mathieu Pettigrew.

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La vidéo a fait réagir beaucoup de personnes, certains dénonçaient la situation, d’autres encourageaient la décision. Le propriétaire de Mega Fitness Gym Dan Marino était d’ailleurs présent, lui qui avait ouvert son centre de conditionnement physique sans l’autorisation officielle de la santé publique.

«La Santé publique condamne fermement tout comportement qui ne respecte pas les règles sanitaires en vigueur et qui met en danger la population. Suivre les règles sanitaires, pour les établissements de restauration, c’est respecter et protéger la clientèle qui fait confiance en leurs commerces», indique Mathieu Boivin du CIUSSS.

La vidéo du Conti a commencé à être retirée des réseaux sociaux vendredi dans la journée, à la demande du restaurant. L’équipe n’a pas répondu à notre demande d’entrevue

Selon des informations obtenues par Le Soleil, des policiers sont intervenus pendant la soirée du Conti, à la suite de dénonciations. Depuis jeudi, les commentaires pleuvent sur la page Facebook du restaurant, les utilisateurs condamnent notamment le comportement «conspirationniste» des personnes impliquées.

«La perte de contrôle qui est la plus à craindre est la propagation du virus lui-même que ce genre de comportement favorise», ajoute Mathieu Boivin.

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Pouvoirs légaux de coercition

À l’heure actuelle, le Directeur régional de santé publique peut ordonner la prise en charge policière de toute personne porteuse de la COVID-19 qui refuserait de respecter les obligations de confinement. Cependant, il ne détient pas le pouvoir de mettre à l’amende les commerces qui ne respectent pas les consignes sanitaires.

«Toutefois, trois entités ont des pouvoirs légaux de coercition pour intervenir auprès d’un établissement qui compromettrait la sécurité de ses employés et de sa clientèle», note M. Boivin.

Selon la santé publique, la CNESST a le pouvoir d’émettre des avis de dérogation concernant la sécurité des employés, ce qui donne un court délai à l’entreprise pour se conformer. Le MAPAQ peut aussi se présenter sans avertissement pour inspecter les lieux et vérifier la salubrité des espaces de cuisine et des méthodes de préparation de la nourriture.

«La police peut aussi intervenir et mettre en œuvre la stratégie appropriée pour faire cesser les comportements à risque. Un restaurant, par exemple, pourrait voir sa salle à manger évacuée séance tenante, au besoin», termine le porte-parole du CIUSSS.