Selon le Dr Patrick Laplante, la recrudescence d’achalandage à l’urgence est possiblement liée à un ressac des mesures sanitaires de la COVID-19.
Selon le Dr Patrick Laplante, la recrudescence d’achalandage à l’urgence est possiblement liée à un ressac des mesures sanitaires de la COVID-19.

Recrudescence de l’achalandage dans les urgences

Après des semaines d’accalmie depuis le début de la pandémie, on assiste à une recrudescence de l’achalandage dans les urgences des hôpitaux en Estrie. La situation est particulièrement marquée à Granby, où le nombre de personnes sur civières dépassait la capacité de l’établissement, vendredi après-midi.

Dr Patrick Laplante, qui pratique notamment à l’urgence du centre hospitalier de Granby (CHG), a constaté cette hausse soudaine d’affluence.

«Tout d’un coup, on est revenu à la situation que l’on avait avant la pandémie. Mardi matin, on avait l’impression qu’on se dirigeait vers une journée tranquille à l’urgence, comme c’était le cas depuis un certain temps, mais le nombre de patients a augmenté rapidement.»

La situation ne s’est pas résorbée depuis. À titre d’exemple, vendredi à 13h, l’urgence de l’hôpital de Granby était occupée à 115 %, avec 23 civières comblées sur 20. Notons que l’établissement était le seul à excéder sa capacité d’accueil en Estrie. Toujours à Granby, trois patients étaient à l’urgence depuis plus de 24 heures, tandis que cinq personnes étaient en attente d’hospitalisation.

Au même moment, 10 des 16 civières à l’urgence de l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP) de Cowansville étaient occupées, alors que quatre personnes y étaient alitées depuis plus de deux jours et quatre patients étaient en attente d’hospitalisation.

La directrice-générale adjointe du CIUSSS de l'Estrie, Karine Duchaineau.

Ressac

Selon le Dr Laplante, on assiste possiblement à un ressac lié à la COVID-19. «La plupart des cas que j’ai vus au cours des derniers jours à l’urgence ne sont pas banals, a-t-il mentionné. Certaines personnes avaient attendu avant de consulter. Peut-être par peur d’être contaminées en se présentant à l’hôpital. Avec le déconfinement, ils doivent se sentir plus à l’aise.»

La directrice-générale adjointe du CIUSSS de l’Estrie, Karine Duchaineau, abonde dans le même sens. «Un retour à la normalité était anticipé dans les urgences en Estrie. On peut certainement faire un lien avec les mesures de déconfinement annoncées par le gouvernement.»

La peur de contracter le nouveau coronavirus ne devrait toutefois pas peser dans la balance lorsqu’il est question de problèmes de santé majeurs, a souligné à grands traits Dr Laplante. «La pandémie, ça n’excuse pas tout. Si on a une douleur à la poitrine et qu’on paralyse d’un bras, on doit se présenter à l’urgence.»

Seconde vague

Malgré la recrudescence d’achalandage dans les urgences, la situation demeure «sous contrôle». «Les effectifs sont en place et ne sont pas réduits. La fluidité des soins et des admissions n’est pas en jeu pour l’instant», a fait valoir Mme Duchaineau.

Or, qu’adviendra-t-il du personnel en pleine période de vacances si une seconde vague de coronavirus frappe la région? «Personne n’est en mesure de se prononcer à propos d’une deuxième vague. Dans ce contexte, pour l’été, on planifie (les effectifs) comme d’habitude», a indiqué la DG adjointe.

«Si la situation n’évolue pas positivement, a-t-elle renchéri, on est prêts à délester certaines activités, comme on l’a fait au début de la pandémie.»

Selon le Dr Laplante, le fait que l’accès à plusieurs attraits touristiques dans la région soit restreint pourrait peser dans la balance. «On a beaucoup de patients qui viennent de l’extérieur à l’urgence durant l’été. Ils sont entre autres en visite dans des campings, dans des parcs aquatiques. On ne connaît pas l’avenir, mais le fait que cette clientèle puisse être moins présente pourrait avoir des répercussions positives sur l’affluence à l’hôpital.»