La présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Suzanne Tremblay.
La présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Suzanne Tremblay.

Professeurs dans le réseau de la santé: volontaires seulement?

Le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) souhaite que l'éventuel redéploiement du personnel du réseau de l'éducation pour aider les établissements de santé à répondre à la crise de la COVID-19 se fasse uniquement sur une base volontaire.

Dans un arrêté signé vendredi par la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, le gouvernement prévoit que le «personnel des commissions scolaires et des collèges» peut désormais «être redéployé, à l’exception du personnel dont une prestation de travail est jugée essentielle par le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour le maintien des services éducatifs et d’enseignement».

La présidente du SEO, Suzanne Tremblay, souligne que l'arrêté ministériel prévoit que les syndicats soient consultés pour la mise en œuvre de telles mesures.

«L'arrêté vient vraiment dire que c'est l'ensemble du personnel d'une commission scolaire qui peut être réaffecté dans le réseau de la santé, explique-t-elle. Ça peut être du personnel administratif de la commission scolaire, ça peut être des enseignants, ça peut être du personnel de soutien, ça peut être des professionnels. […] Ce qu'on va demander, c'est que ça se fasse d'abord sur une base volontaire, qu'on n'oblige pas les gens à le faire.»

La présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Suzanne Tremblay.

En plus de cette demande pour que le personnel du réseau de l'éducation soit dépêché dans le réseau de la santé seulement sur une base volontaire, le SEO veut s'assurer que la santé de ses membres soit une priorité.

«On a des professeurs qui ont plus de 70 ans, donc on sait que c'est déjà prévu que ces personnes-là ne seraient pas appelées à être réaffectées», note Mme Tremblay. Des questions sont toutefois soulevées pour les personnes souffrant de divers problèmes de santé chroniques ou celles qui sont immunosupprimées. «C'est à tout ça qu'il faudra réfléchir», insiste la présidente du SEO.

Beaucoup de détails restent donc à être définis pour établir clairement les modalités d'un éventuel déploiement du personnel de l'éducation dans le réseau de la santé. Ces détails devraient arriver rapidement cette semaine, affirme Suzanne Tremblay.

La question des tâches qui pourront être confiées devra aussi être abordée. «On ne va pas demander aux professeurs, demain matin, de devenir des infirmières, illustre la présidente du SEO. Il y a des actes protégés, il y a un ordre professionnel. Mais ce n'est pas clairement dit ce qu'on pourrait nous demander de faire. […] Ça va aussi prendre un minimum de formation au niveau des consignes pour se protéger [de la COVID-19].»

L'Outaouais étant moins touchée que d'autres régions comme l'Estrie ou la Mauricie, la présidente du SEO estime que les éventuels besoins en redéploiement de ressources en provenance du réseau de l'éducation seront moins grands ici qu'ailleurs. «Mais s'il faut le faire, je pense que l'important, ce sera d'y aller sur une base volontaire», réitère Mme Tremblay.

Du côté des commissions scolaires, on dit être en attente de directives de Québec avant d'établir un plan de match pour ce redéploiement.

«Les besoins spécifiques de la région en santé ainsi que la poursuite ou l’annulation de l’année scolaire influenceront certainement la façon de procéder. Le personnel de l’éducation est appelé en renfort pour aider le réseau de la santé, mais nous attendons plus d’informations pour savoir qui, comment et quand. Nous devrons discuter avec nos employés et les syndicats et envisager les compétences des gens pour de nouvelles tâches», de dire la directrice générale de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO), Nadine Peterson.

L'organisation ajoute être consciente que des mesures exceptionnelles doivent être envisagées quand la situation l'est tout autant.

«Les commissions scolaires sont déjà ciblées par la mise en place des services de garde d’urgence et nos gens se sont mobilisés. Dépendant de l’évolution de la pandémie, nous allons répondre présents», précise la CSPO.