Le premier ministre François Legault, accompagné de la ministre de la Santé Danielle McCann et du directeur national de la santé publique Horacio Arruda, en conférence de presse à Québec, mardi
Le premier ministre François Legault, accompagné de la ministre de la Santé Danielle McCann et du directeur national de la santé publique Horacio Arruda, en conférence de presse à Québec, mardi

Plus de 5000 morts: «On doit tirer des leçons», dit Legault [VIDÉO]

Au 90e jour de la crise de la COVID-19 au Québec, le décompte des morts a surpassé la barre symbolique des 5000 décès, mardi. Le premier ministre François Legault affirme que «comme société, on doit tirer des leçons» de ce drame. C’est «une question de fierté».

Première leçon : réinvestir massivement dans nos lieux d’hébergement pour personnes âgées, surtout les CHSLD, a insisté M. Legault lors de son point de presse quasi quotidien.

«Je ne vous mentirai pas, ça va coûter beaucoup plus cher, a-t-il reconnu. Si vous prenez juste 10 000 employés de plus [dont la formation aussi payée commence lundi prochain], faites un petit calcul. À 50 000 $, 49 000 $ par année, c’est 500 millions $. En plus, il faut ajuster les avantages sociaux. Il va y avoir un peu d’économies sur le temps supplémentaire, mais il va avoir aussi un impact sur les résidences privées. On s’est engagés à les aider, c’est de l’argent récurrent.

«Évidemment, rénover puis construire des nouvelles maisons des aînés, c’est des milliards de dollars. Mais honnêtement, je pense que les Québécois vont être d’accord avec moi pour dire que nos aînés méritent ça et c’est une question aussi de fierté. Je pense que s’il y a une chose qu’on souhaite tous, au Québec, c’est de poser les gestes nécessaires pour qu’à l’avenir, on soit fiers de la façon dont on traite nos aînés qui sont dans des résidences de soins de longue durée.»

M. Legault parle du même coup de la relance économique pilotée à l’aide du projet de loi 61, auquel les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale demandent d’importants changements.


« Je ne vous mentirai pas, ça va coûter beaucoup plus cher. Si vous prenez juste 10 000 employés de plus, faites un petit calcul. À 50 000 $, 49 000 $ par année, c’est 500 millions $. »
Le premier ministre François Legault

Pour ce faire, le premier ministre ne rejette pas l’idée de siéger plus tard que ce vendredi, fin prévue de la session parlementaire. «Si c’est nécessaire de la prolonger pour être capables d’adopter ce projet de loi là puis de remettre des Québécois au travail rapidement, on est prêts à le faire», atteste-t-il, disant ne pas s’inquiéter de la corruption malgré les allègements des règles d’attribution des contrats contenus dans le projet de loi 61.

«Ces gens-là ont une autre science»

Sur la poursuite judiciaire entreprise contre le gouvernement du Québec et la Santé publique pour avoir adopté des mesures de confinement trop contraignantes pour lutter contre la COVID-19, poursuite menée par l’avocat Guy Bertrand, M. Legault continue de croire que «les mesures qu’on a prises étaient nécessaires».

Ces mesures «ressemblaient à des mesures prises un peu partout dans le monde. On avait un virus qui se propageait à la vitesse grand V. Il fallait s’assurer de confiner le maximum de personnes pour freiner cette propagation. On l’a fait au nom des intérêts supérieurs des Québécois et du Québec. Que certains pensent qu’on l’a fait ou qu’on continue de le faire inutilement, nous autres, on a écouté la science. Mais, bon, ces gens-là ont une autre science, on ne peut rien faire», a répondu le premier ministre.

5029 victimes de la COVID-19

Cette science dit que 45 pertes de vie des suites du coronavirus se sont ajoutées, de lundi à mardi. Le bilan s’élève à 5029 Québécois décédés de cette maladie depuis le début de la pandémie.

Les données du jour font état de 138 nouveaux cas dépistés de COVID-19, plus bas total quotidien à ce chapitre depuis le 22 mars. Le Québec a maintenant répertorié 53 185 cas. Signe du ralentissement de la propagation, la moyenne de nouveaux cas par jour au cours de la dernière semaine est de 227, avec les deux dernières journées sous la barre des 200.

Le nombre d’hospitalisations continue à diminuer chaque jour, cette fois de 15, pour atteindre 961. Baisse de 208 pour la dernière semaine, alors que les patients hospitalisés ont chuté de moitié depuis le sommet de 1876 du 12 mai.

De ces 961, 117 personnes sont traitées aux soins intensifs, quatre de moins que la veille.

Les bars doivent respecter la loi

Côté déconfinement, des dates de réouverture seront bientôt établies pour les centres d’entraînement, dont les représentants ont manifesté devant l’hôtel du parlement mardi, ainsi que pour les autres lieux fermés de rassemblement, comme les bars. Certains tenanciers de bars ont avancé qu’ils défieraient la loi pour éviter de faire faillite.

«Il faut respecter la loi, tranche le premier ministre Legault. On s’est dit qu’on voulait déconfiner de façon graduelle. Donc, ce qu’on dit, c’est qu’on va rouvrir graduellement les restaurants, puis éventuellement les bars. Mais pour le bien de l’ensemble de la société québécoise, la dernière chose qu’on veut, c’est d’avoir une augmentation de la propagation du virus parce qu’on ouvre tout en même temps. Donc, on va faire respecter la loi, puis ce qui doit être fermé doit rester fermé.»

La consigne d’espacement individuel de deux mètres pourrait éventuellement être réduite à un mètre d’ici quelques semaines, comme c’est le cas dans d’autres pays. La distance de deux mètres a été adoptée au Québec, après quelques semaines de pandémie, par surplus de prudence.

«Ce qu’on sait, c’est qu’à deux mètres, le risque est relativement faible. À 1,5 mètre, on a un gain [de protection] aussi, encore plus que par rapport à un mètre. Ça fait que c’est ça qui a fait le choix. On est allés avec un deux mètres parce que, de toute façon, quand on dit deux mètres, les gens vont se retrouver à l’intérieur de 1,5, un mètre, à quelques occasions. Ça a été une notion de prudence», explique le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.