Le ministre de la Santé Christian Dubé
Le ministre de la Santé Christian Dubé

Novembre sera «un très beau test», dit Dubé [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le gouvernement Legault a prolongé les fermetures et les restrictions en zone rouge jusqu’au 23 novembre. En promettant de se raviser avant si la propagation diminue de façon significative d’ici là. Mais selon le ministre de la Santé, le défi s’annonce encore plus grand pour novembre à cause de l’arrivée du froid.

C’est dire que l’objectif de voir baisser les principaux indicateurs statistiques de la pandémie de COVID-19, soit les nouveaux cas, les hospitalisations et les décès, s’avérera encore plus difficile à atteindre qu’en octobre. Première période de retour aux restrictions où les Québécois ont stabilisé les courbes, mais sans les voir diminuer.

«Attention aux changements de température!» a lancé le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Christian Dubé, jeudi en point de presse.

«Ça n’a pas d’impact sur le virus lui-même, mais avec le froid, les gens s’en vont en dedans. Où l’air est plus sec. On se met à chauffer les maisons, qui sont moins ventilées. Le virus a tendance à se répandre dans un environnement sec et clos. Alors novembre va être un très beau test», a prédit M. Dubé, comme un avertissement à la population.

Le ministre Dubé s’est entretenu dans les derniers jours avec son homologue français, Olivier Véran. Celui-ci semble lui avoir mis la puce à l’oreille sur le changement de température. En France, la transmission du coronavirus s’est passablement aggravée depuis l’arrivée de l’automne.

Aussi du point de presse tenu dans l’édifice adjacent au parlement de Québec, tout comme le premier ministre François Legault, le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a expliqué que plus l’air est sec, plus les gouttelettes de salives projetées par un individu font du chemin.

L’espacement physique de 2 m s’avère aussi plus difficile à respecter entre quatre murs.

Encore difficile à Québec

N’empêche que le Québec déplorait jeudi 1030 nouvelles infections et 25 décès de plus dus à la COVID-19.

Par contre, on assistait à une nouvelle baisse des hospitalisations, 17 de moins que la veille. Quatrième diminution quotidienne de suite et une sixième au cours des huit derniers jours.

«D’avoir stabilisé le nombre de cas à environ 1000 par jour depuis plusieurs semaines, c’est à peu près normal que les hospitalisations se soient aussi stabilisées. Ça, c’est la bonne nouvelle», a constaté le ministre Dubé.

«Mais je répète que 500 hospitalisations, c’est encore élevé parce que, dans certaines régions, comme dans la Capitale-Nationale, ça nous fait mal. Si on veut se donner une marge de manœuvre, il faut baisser en bas de 500 hospitalisations. C’est pour ça qu’on continue à dire aux Québécois qu’il faut respecter les mesures sanitaires, même si on pense qu’on a gagné la moitié de l’objectif de stabiliser.»

Journée chargée en actualité

Jeudi constituait une journée très chargée en actualité sur la colline parlementaire québécoise.

Blâme de la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale à l’endroit du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon. Le premier ministre le croit de bonne foi, mais votera néanmoins pour une sanction.

Rapport dévastateur de la vérificatrice générale sur le traversier F.-A.-Gauthier, qui doit faire la liaison entre Matane et la Côte-Nord. Dévoilement du plan gouvernemental sur les minéraux critiques et stratégiques. Dépôt du projet de loi 69 sur la protection du patrimoine culturel.


« Attention aux changements de température! »
Christian Dubé, ministre de la Santé

M. Legault a quand même tenu son point de presse COVID presque quotidien. Qu’il a amorcé en comparant les sacrifices exigés de la population en ce moment et ceux imposés à nos aïeux lors de la Première Guerre mondiale.

«On demande des sacrifices aux citoyens, mais il faut peut-être se rappeler les sacrifices qu’on a demandés aux générations précédentes pour protéger nos droits puis notre démocratie. C’était pas mal plus demandant que ce qu’on a actuellement. C’est peut-être une bonne chose de profiter de l’occasion pour s’en souvenir», a-t-il déclaré, faisant la promotion du port du coquelicot dans les prochains jours pour commémorer l’Armistice du 11 novembre 1918.

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Un vaccin en janvier?

De son côté, le Dr Arruda a avancé qu’«il est possible qu’on ait un vaccin, même en sol québécois et canadien, dès le début de l’hiver, janvier, février prochains».

«Je ne veux pas rester sans espoir. [...] Je pense qu’il faut y aller une étape à la fois. C’est difficile de nous projeter, mais il ne faut pas non plus se raconter, en pensant que tout va être fini en juin l’année prochaine. Entre les deux, il y a comme quelque chose à réévaluer», indique le scientifique.

Son homologue américain, le Dr Anthony Fauci, parle d’un retour à la normale au début de 2022. Plus positif, le Dr Arruda ne se montre quand même pas en désaccord, surtout pour le maintien des mesures sanitaires.

«J’espère que ça ne sera pas exactement pareil [qu’aux États-Unis], un peu plus tôt compte tenu de la quantité de virus qui circule chez nous [plus faible]. Plus on part élevé, plus ça prend du temps à diminuer. C’est sûr que tout ça va dépendre du vaccin qu’on va avoir et jusqu’à quel point le vaccin va être efficace pour prévenir les cas et les complications.

«On va devoir redéfinir un certain équilibre de fonctionnement dans une société qui va être capable à la fois de tolérer un certain niveau de base de cas sans [tout] mettre en péril. Pour ce qui est du port du masque, des mesures d’hygiène et de distanciation, je pense qu’on va être pris pour un certain moment», a-t-il résumé.

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