Les mesures sanitaires étaient inexistantes au bar du Chat noir, dimanche soir, lors du passage des agents du SPS. 
Les mesures sanitaires étaient inexistantes au bar du Chat noir, dimanche soir, lors du passage des agents du SPS. 

Multiples infractions dans deux bars de Sherbrooke

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Une piste de danse bondée, des masques inexistants et de l’alcool consommé après l’heure de fermeture exigée : « c’était comme avant la COVID-19 », relate Martin Carrier, porte-parole du Service de police de Sherbrooke, à propos des deux établissements qui ont fait l’objet d’interventions de ses pairs au courant de la fin de semaine : le bar Le Figaro et le bar du Chat noir.

Les deux bars, qui appartiennent au même propriétaire, ont attiré chacun leur tour l’attention des policiers lors de patrouilles régulières, dans les nuits de vendredi et dimanche, en raison du grand nombre de personnes sur place et de musique forte.

Samedi matin, vers 2 h, les agents du SPS sont entrés au bar le Figaro, situé au 1863, rue Galt Est, alors que plusieurs personnes se trouvaient devant l’entrée. Une quinzaine de clients se trouvaient à l’intérieur et profitaient d’une soirée karaoké avec l’animation d’un DJ.

Les policiers ont constaté qu’on y consommait toujours de l’alcool, malgré les restrictions actuellement appliquées aux permis d’alcool des bars, qui doivent servir leurs dernières consommations à minuit et fermer leurs portes au plus tard à 1 h.

« Certains jouent sur la perception du resto-bar. Ils peuvent servir de l’alcool pourvu que ce soit accompagné de nourriture, mais ce n’était pas le cas du tout. Il n’y avait pas de nourriture du tout à cet endroit-là », affirme Martin Carrier.

Le lendemain, vers 23 h 30, ce fut au tour du bar du Chat noir, au 1665 rue King Ouest, de recevoir la visite des policiers, qui ont rapidement constaté un non-respect flagrant des mesures sanitaires. « Il n’y avait aucune distanciation : les gens ne portaient pas le masque dans leurs déplacements. Ils étaient entassés les uns sur les autres, dansaient à moins de 1 m de distance, transféraient d'une table à l'autre... »

Rappelons également qu’actuellement, les activités de danses sont interdites dans les bars et que la capacité de ceux-ci doit être réduire de 50 % par rapport au nombre inscrit sur leur permis d’alcool.

Aucune évacuation des lieux n’a été faite. « On a essayé de faire comprendre les règles, explique le porte-parole, qui se montre inquiet considérant l’augmentation croissante de nouveaux cas à Sherbrooke dans les dernières semaines. On a souvent des appels de gens qui constatent des choses à certains endroits, mais pas dans ce genre-là. »

Un rapport d’infraction général a été rédigé et remis au Directeur des poursuites criminelles et pénales afin de déterminer les constats d’infractions et les amendes qui en découleront. « On sait que l’amende minimale est de 1000 $ », précise Martin Carrier.


Les policiers sont intervenus samedi matin vers 2 h au bar le Figaro, notamment alors qu'on y consommait de l'alcool sans nourriture.  

Début d’une enquête

En réaction aux événements de la fin de semaine, la Santé publique de l’Estrie affirme qu’elle amorce une enquête sur ces deux établissements et qu’elle rencontrera leur propriétaire mardi. 

« Nous allons nous assurer qu’il comprend bien les mesures sanitaires et qu’il est en mesure de les appliquer, explique Annie-Andrée Émond, porte-parole pour le CIUSSS de l’Estrie — CHUS. S’il n’est pas en mesure de les appliquer, nous allons tenter de trouver des solutions avec lui. » 

Aucun dossier n’avait jusque-là été ouvert ni sur Le Figaro ni sur le bar du Chat noir, qui ne sont pour le moment reliés à aucune éclosion du nouveau coronavirus. La situation sera cependant suivie de près dans les prochains jours, assure-t-on, précisant qu’il n’est pas question de fermeture à l’heure actuelle. 

Cinq nouveaux cas en Estrie 

L’Estrie a vu cinq nouveaux cas s’ajouter à son bilan de COVID-19 lundi, pour un total de 1354 cas à ce jour, dont au moins 1132 sont rétablis. Alors que la région a connu une augmentation massive de nouveaux cas vendredi, avec 38 nouvelles personnes infectées, les journées de samedi et dimanche ont démontré une progression plus modérée du virus, soit respectivement six et huit nouveaux tests positifs. 

Aucun nouveau décès n'a été déclaré depuis le 23 juin dernier, fixant le total à 26 personnes décédées dans la région sociosanitaire de l'Estrie.

La répartition par territoire des nouveaux cas du week-end n'est pas disponible pour l'instant. Celle-ci sera connue mardi.