GE Aviation supprimera 13 000 des 52 000 emplois dans ses usines à travers le globe. On s’attend à une onde de choc majeure à l’usine de Bromont.
GE Aviation supprimera 13 000 des 52 000 emplois dans ses usines à travers le globe. On s’attend à une onde de choc majeure à l’usine de Bromont.

Mises à pied chez GE Aviation: l’usine de Bromont pourrait être durement touchée

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
La crise actuelle plombe depuis des semaines l’industrie aérienne, qui traversait déjà d’importantes turbulences. GE Aviation n’y échappe pas. La multinationale a indiqué vendredi que 25% de l’ensemble de ses effectifs à travers le globe seront mis à pied. Une annonce doit avoir lieu la semaine prochaine concernant les suppressions à l’usine de Bromont. Selon nos informations, celle-ci pourrait être durement touchée, car la majeure partie de sa production n’est pas destinée au secteur militaire.

La conjoncture fait en sorte que GE Aviation doit restructurer ses opérations. Cela se traduit par la suppression draconienne de 13 000 emplois sur les 52 000 travailleurs de ses usines. Pour le moment, on ne connaît pas l’ampleur des mises à pied à Bromont. On s’attend toutefois à une onde de choc majeure. «Dans chaque usine, ça peut être différent selon le type de production. On n’a pas autant de produits militaires que d’autres business, alors l’impact peut être plus important», a fait valoir lors d’un bref entretien Johanne Jolicoeur, partenaire d’affaires aux ressources humaines chez GE Aviation, à Bromont.

Rappelons qu’en mars dernier, GE Aviation avait supprimé 70 emplois temporaires à l’usine de Bromont. La semaine suivante, l’entreprise avait mis à pied provisoirement près de 400 travailleurs en raison de la pandémie. Il s’agissait essentiellement de personnel régulier à la production, aux services d’outillage et à la maintenance. À la même période, la multinationale a annoncé qu’elle sabrait 10% des effectifs de ses usines aux États-Unis. Ces coupures font partie des 13 000 emplois qui seront supprimés globalement.

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, a préféré réserver ses commentaires, ne connaissant pas l’ampleur des suppressions de postes à venir. «Tout ce que je peux dire, c’est que j’espère que les impacts seront les moins grands possible ici parce qu’on a déjà eu des mises à pied il y a peu de temps.»

Sans précédent

Selon le président-directeur général de GE Aviation, David Joyce, cette vaste restructuration était incontournable. «Pour protéger notre entreprise au cours des deux derniers mois, nous avons réagi par des actions difficiles de réduction des coûts a-t-il indiqué par voie de communiqué. Malheureusement, il faut en faire plus, car nous devons adapter l’entreprise aux réalités de notre marché commercial.»

Selon le PDG de GE Aviation, les soubresauts de cette importante industrie sont loin d’être terminés. «La contraction importante de l’aviation commerciale est sans précédent, affectant chaque client dans le monde. Le trafic mondial devrait diminuer d’environ 80% au deuxième trimestre par rapport au début de l’effet pandémique en Chine, au début de février dernier.»