Des courtiers à la mine déconfite à la bourse de New York, jeudi   

Marchés nord-américains : «une chute sans prédécent»

TORONTO — Les grands indices boursiers nord-américains ont continué de s’effondrer, jeudi, dans la foulée de l’annonce de plusieurs annulations de grands événements, alors que les investisseurs s’inquiétaient plus que jamais de l’impact de la pandémie du nouveau coronavirus.

«C’est une chute sans précédent», a observé Allan Small, conseiller principal chez HollisWealth, qui travaille dans le secteur des investissements depuis près de 25 ans.

«Je n’ai jamais vu une vélocité aussi prononcée et rapide que celle de cette chute.»

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a plongé de 1761,64 points, soit 12,34 %, pour clôturer avec 12 508,45 points. Tous ses secteurs ont perdu des plumes.

À New York, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a effacé 2352,60 points, soit 9,99 %, à 21 200,62 points. L’indice élargi S&P 500 a rendu 260,74 points, ou 9,51 %, à 2480,64 points, tandis que l’indice composé du Nasdaq s’est défait de 750,25 points, soit 9,43 %, à 7201,80 points.

Avec son plongeon de jeudi, le S&P 500 cumule un recul de 26,7 % par rapport à son sommet historique, atteint le mois dernier. Sa chute se positionne largement au-delà du seuil de 20 % requis pour se trouver officiellement dans un marché baissier, ce qui met fin à une séquence sans précédent de près de 11 années consécutives de marché haussier. Le Dow Jones a pour sa part connu sa pire séance depuis son plongeon de près de 23 % enregistré le 19 octobre 1987.

Deuxième interruption

Les actions ont chuté si rapidement sur Wall Street à l’ouverture du marché qu’elles ont déclenché, pour la deuxième fois cette semaine, une interruption automatique de 15 minutes des transactions. Cette mesure de prévention a été adoptée dans la foulée du krach de 1987, et avant cette semaine, elles n’avaient pas été déclenchées depuis 1997.

Le Dow Jones a brièvement regagné une partie de ses pertes à un certain moment de l’après-midi, après que la Réserve fédérale des États-Unis a annoncé qu’elle interviendrait pour tenter de régler les dérangements «hautement inhabituels» observés sur le marché des bons du Trésor. Mais l’élan de ce regain d’énergie s’est rapidement dissous.

Les marchés boursiers étaient déjà sous pression ces dernières semaines en raison des craintes liées à la COVID-19, mais les pertes ont repris de plus belle cette semaine après que l’Arabie Saoudite a augmenté sa production pétrolière dans le cadre d’une guerre de prix avec la Russie.

Le marché tente de déterminer quelle est la valeur des entreprises, a estimé M. Small. «Il ne le sait pas parce que nous ne savons pas combien de temps ce virus va traîner et combien de temps il aura un impact sur les entreprises», a-t-il expliqué. Selon lui, les investisseurs ont besoin d’entendre que le gouvernement est là pour les aider et qu’il n’abandonnera aucune entreprise pendant l’épidémie.