Le nouveau maximum de 15 élèves par classe pourrait forcer l’attribution de plus de ressources dans les écoles.
Le nouveau maximum de 15 élèves par classe pourrait forcer l’attribution de plus de ressources dans les écoles.

L’opposition veut envoyer les étudiants en enseignement dans les écoles primaires

La critique de l’opposition officielle en éducation propose d’envoyer des étudiants en enseignement dans les écoles primaires du Québec afin de pallier le manque de profs.

Le nouveau maximum de 15 élèves par classe pourrait forcer l’attribution de plus de ressources lors de cette rentrée printanière.

Les premiers à en payer le prix sont les enfants handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA), dénonce la députée libérale Marwah Rizqy. Pour enseigner à plus de petits groupes, il faut davantage de ressources, rappelle-t-elle.

«Les enseignants spécialisés sont réquisitionnés pour enseigner dans des classes ordinaires. Pourtant, les premiers élèves qui devraient pouvoir retourner à l’école sont ceux qui sont en difficulté. Les ressources spécialisées vont aller dans les classes ordinaires au lieu d’aider les élèves en difficulté.»

Selon la députée et critique en matière d'éducation, le Québec compte 9 000 universitaires capables de mettre l’épaule à la roue en cette période difficile. «On a, au Québec, douze universités responsables de facultés d’enseignement. Ce sont des étudiants de 3e et de 4e année en enseignement ayant des connaissances, et qui peuvent aider.»

La députée libérale et critique en matière d'éducation, Marwah Rizqy

Selon Mme Rizqy, les étudiants de 3e et de 4e année qui iraient dans les classes du primaire pourraient recevoir les crédits correspondant à des stages ou des travaux sur le terrain.

«Ce n’est pas une surprise qu’on manque de profs au ratio de 1 pour 15 élèves. Le gouvernement n’a pas de plan en ce sens. Il ne faut pas attendre qu’on atteigne une crise, comme c’est le cas dans les CHSLD.»

Lundi, le gouvernement Legault et son ministre de l’Éducation Jean-François Roberge ont dit vouloir «corriger le tir» et permettre une rentrée printanière efficace, la semaine prochaine.

«Les vrais laissés-pour-compte, dans ce retour à l’école, ce sont les élèves HDAA», dénonce Mme Rizqy.

Le bureau du ministre Roberge a répondu par courriel en fin de journée, mardi. «Il est préférable de faire appel à des enseignants spécialistes, à des enseignants du secondaire, et même à des finissants des facultés d’Éducation avant de donner une charge de classe à un professionnel. Cela doit être fait uniquement en cas d’absolue nécessité. Une nouvelle directive à destination du réseau scolaire a été envoyée hier et traite de ce sujet spécifique afin de clarifier la situation.»