«Le Cirque du Soleil doit continuer de rayonner pour jeter bientôt un peu de lumière dans nos vies. C’est un enjeu crucial pour le secteur culturel et économique du Québec et pour les milliers d’emplois qui en dépendent», écrit Charles Milliard.
«Le Cirque du Soleil doit continuer de rayonner pour jeter bientôt un peu de lumière dans nos vies. C’est un enjeu crucial pour le secteur culturel et économique du Québec et pour les milliers d’emplois qui en dépendent», écrit Charles Milliard.

L’importance du Cirque du Soleil sur l’écosystème économique et culturel

Charles Milliard, MBA
Charles Milliard, MBA
Président-directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec
POINT DE VUE / La pandémie de COVID-19 menace aujourd’hui le sort de quantités d’entreprises dont les activités sont arrêtées. C’est malheureusement le cas pour les PME et de plus grands joueurs, notamment dans le milieu culturel où des entreprises que l’on croyait d’une solidité à toute épreuve voient leur existence même remise en question. 

Les difficultés vécues par le Cirque du Soleil n’échappent à personne. Elles sont d’autant plus dramatiques que cette véritable institution des arts de la scène est indissociable du tissu culturel montréalais, québécois et canadien. Le Cirque en est même devenu un ambassadeur planétaire. C’est non seulement un fleuron, mais également une locomotive économique dont la disparition aurait des conséquences désastreuses pour le Québec.

Les spectacles sous leur célèbre chapiteau génèrent des retombées économiques locales de plus de 60 M$ annuellement au Québec, à travers la location d’équipement, l’achalandage accru dans les restaurants et les hôtels ou via le recours à des fournisseurs locaux.

À Montréal seulement, le Cirque emploie au-delà de 1600 personnes, c’est tout un écosystème économique et culturel qui profite de la présence du Cirque du Soleil. Depuis 35 ans, il a permis aux créateurs d’ici d’exprimer leur génie à travers des costumes, des maquillages, de la musique, des mises en scène et des effets spéciaux. L’entreprise, basée dans le quartier Saint-Michel, fait affaire avec 2 300 fournisseurs québécois, ce qui se traduit par des investissements de plus de 200 M$ par année qui bénéficient à des entreprises d’ici.

Les analystes économiques s’accordent pour dire que les entreprises qui traverseront le mieux la crise actuelle sont celles qui sauront faire preuve d’innovation et d’adaptation. Or, le Cirque du Soleil incarne à merveille l’innovation et la créativité québécoise. Son importance pour notre économie nous force à nous pencher activement sur les façons de l’aider à traverser cette crise, aussi brutale qu’imprévue, et dont personne ne pouvait imaginer les conséquences. L’effet de levier sur tout un pan de l’économie doit être pris en compte par les différents acteurs, privés et gouvernementaux, qui pourraient être appelés à intervenir pour aider le Cirque à passer au travers de cette période difficile.

Nous avons toujours défendu l’importance de maintenir nos centres décisionnels ici et la protection de nos sièges sociaux prend une importance encore plus grande en ces temps incertains. Le Cirque du Soleil représente un des meilleurs exemples d’entreprises internationales ayant son siège social ici et les efforts nécessaires doivent être mis pour le conserver.

Les artisans du Cirque du Soleil doivent pouvoir se remettre au travail. Ils n’ont pas d’égal pour créer le rêve. La présente crise aura montré que même la plus grande machine à rêver du monde peut voir son univers se fissurer. Nous le constatons tous bien involontairement aujourd’hui. Mais comme le disait Leonard Cohen : « Il y a une fissure en toute chose; c’est ainsi qu’entre la lumière ». 

Le Cirque du Soleil doit continuer de rayonner pour jeter bientôt un peu de lumière dans nos vies. C’est un enjeu crucial pour le secteur culturel et économique du Québec et pour les milliers d’emplois qui en dépendent. Unissons collectivement nos efforts pour préserver nos fleurons au Québec.