La pandémie a un impact majeur sur les activités et les finances du Zoo de Granby, affirme le directeur général du jardin zoologique, Paul Gosselin.
La pandémie a un impact majeur sur les activités et les finances du Zoo de Granby, affirme le directeur général du jardin zoologique, Paul Gosselin.

Les temps sont durs pour le Zoo de Granby

Alors que la plupart des grands événements ont mis une croix sur leur édition de 2020, la réouverture du Zoo de Granby à court, et même à moyen terme, semble incertaine. Ce qui n’est pas sans effets sur l’organisme sans but lucratif, affirme le directeur général, Paul Gosselin.

«Mon souhait le plus sincère, ça serait de repartir quelque part en juillet. Je doute fort que ça puisse se faire en mai et juin. Dans mes scénarios les plus pessimistes, ça sera quelque part en août ou pas du tout (durant l’été)», dit-il.

Comme la distanciation sociale semble vouloir perdurer, le dirigeant se prépare aussi à avoir l’autorisation de rouvrir éventuellement, mais avec des paramètres qui pourraient limiter le nombre de visiteurs quotidiens ou l’accès à certains pavillons intérieurs ou encore à Amazoo. En temps normal, le Zoo peut accueillir jusqu’à 15 000 personnes sur son site lors des journées achalandées.

La pause imposée à la mi-mars entraîne d’ailleurs des pertes importantes de revenus. Celles-ci sont non seulement liées à la fermeture du site, mais aussi aux activités des volets éducatif et corporatif, qui sont au point mort.

«Ça a un impact financier majeur pour le Zoo. Actuellement, il n’y a aucune entrée d’argent, mais on a quand même des coûts fixes importants. Les gardiens et les soins vétérinaires doivent continuer. Ça n’arrête pas. C’est sept jours sur sept», dit Paul Gosselin.

Selon lui, la pandémie porte un dur coup à l’industrie touristique. Plusieurs attraits enregistrent la majorité de leurs revenus durant la saison estivale, dit-il. Au Zoo de Granby, pas moins de 80% des revenus sont comptabilisés durant la saison chaude.

«Si cette industrie-là n’est pas repartie durant l’été, c’est sûr qu’il y en a qui vont avoir de la misère. Au moins, le Zoo a la chance d’avoir une bonne santé financière. Ça va nous permettre de passer au travers. Mais ça va quand même laisser des séquelles. On ne pourra pas avoir tout l’argent qu’on voulait pour réaliser des projets dans les prochaines années. Il va falloir l’investir pour remonter la côte», fait valoir le DG.

Mises à pied

Dans la foulée de la crise sanitaire, la direction a par ailleurs dû se résoudre à mettre à pied 75 employés, alors qu’une quarantaine d’autres, principalement responsable des soins animaliers, sont demeurés en poste pour assurer les services essentiels. Des mesures très sévères de distanciation sociale ont été mises en place afin de préserver la santé des travailleurs et des animaux, souligne Paul Gosselin.

D’autres membres du personnel devraient toutefois être rappelés au travail, alors que le Zoo entend profiter du programme de subvention salariale d’urgence du Canada.

Employeur très important d’étudiants durant l’été, le Zoo a en outre préparé sa saison estivale. Il a procédé à des entrevues virtuelles d’embauche. Mais il ne peut garantir que les candidats retenus pourront tous bel et bien se mettre au boulot, ni à quel moment.

«Tout ça va dépendre du moment où on va commencer à voir la lumière au bout du tunnel», dit le DG.

Au total, l’attraction touristique majeure emploie de 700 à 750 personnes durant l’été, tous secteurs d’activités confondus.

Projets retardés

Selon Paul Gosselin, l’échéancier du plan directeur qui prévoit des investissements de 51 millions $ d’ici cinq ans sera d’ailleurs retardé d’un an. Les gros projets prévus en 2020 seront repoussés en 2021 et ainsi de suite.

Le Zoo devait entre autres inaugurer en juin le nouvel habitat des hippopotames. Mais la construction a été stoppée. Même chose pour la portion extérieure du nouvel habitat des rhinocéros. Une nouvelle espèce, le cobe à croissant, était aussi attendue cette année. Mais son arrivée est retardée. Le bâtiment qui devait l’accueillir n’a pas pu être construit.

«Nous sommes un OBNL, mais on doit protéger les liquidités comme une entreprise privée pour assurer la survie du Zoo durant la crise», fait valoir M. Gosselin qui dit d’ailleurs avoir l’accord tacite des deux paliers de gouvernement pour revoir les échéanciers liés aux protocoles des subventions qui ont été accordées au Zoo.

Point positif: les capsules éducatives lancées par le Zoo en cette période de pandémie ont toutefois connu une telle popularité que Télé-Québec a décidé d’inclure du matériel produit à Granby dans sa plate-forme éducative, se réjouit le directeur général.