Judo Québec, Karaté Québec, Boxe Québec, Kickboxing Québec, Lutte Québec et Taekwondo Québec veulent un assouplissement de la Santé publique.
Judo Québec, Karaté Québec, Boxe Québec, Kickboxing Québec, Lutte Québec et Taekwondo Québec veulent un assouplissement de la Santé publique.

Les sports de combat souhaitent que la Santé publique leur donne une chance

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Les sports de combat ont décidé de jouer le jeu du gouvernement: ils ont formé un lobby qui ira à la rencontre de la direction de la Santé publique pour plaider la reprise de leurs activités.

«Ce que j’ai compris, c’est que les gouvernements répondent au vent qui souffle. Plus le vent souffle fort, plus nous sommes écoutés», a imagé Patrick Kearney, président de Judo Québec, qui mènera la délégation qui comprendra aussi Karaté Québec, Boxe Québec, Kickboxing Québec, Lutte Québec et Taekwondo Québec.

«Je suis à la tête des festivals indépendants également: ils viennent de les déconfiner. Mais ce n’est pas à la suite de la lettre que j’ai fait parvenir aux autorités, c’est en raison de toutes les entrevues que j’ai accordées et parce que ça brassait un peu dans les médias, a ajouté Kearney. Même chose que pour le propriétaire du gymnase de Québec qui a décidé d’ouvrir: soudainement, le gouvernement a déconfiné les gymnases. Ça semble fonctionner comme ça.»

Kearney est amer: il estime que d’avoir une première audience avec la Santé publique à la mi-août constitue un manque de respect inacceptable de la part des autorités, qui ont rencontré certaines fédérations en plus d’une occasion jusqu’ici.

Notons que la délégation du promoteur de boxe professionnelle Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, doit aussi rencontrer la Santé publique la semaine prochaine.

«Le cabinet de la ministre Isabelle Charest est très aidant. C’est vraiment au niveau de la Santé publique que ça accroche», a noté Kearney.

Plan «européen»

Les sports de combat entendent présenter un plan de déconfinement basé sur ce que la Fédération française de judo (FFJ) a présenté dans l’Hexagone afin de reprendre ses activités. Ce plan a par la suite été adopté par la Fédération internationale de judo.

«L’aspect principal est une bulle d’entraînement de quatre personnes, toujours les mêmes, a expliqué Kearney. Donc, c’est facile d’isoler rapidement une bulle s’il y a des symptômes de la COVID-19. Je crois que notre plan est encore plus serré que certains sports d’équipes. Et comprenez-moi bien: je ne veux pas l’arrêt des sports d’équipes, je veux qu’on ait la même chance qu’eux.»

Le reste des mesures ressemblent à ce qu’on peut voir dans d’autres sports: vestiaires non utilisables, lavage des mains à intervalles réguliers, ainsi que l’obligation de laver son uniforme d’entraînement après chaque séance.

«Évidemment, je souhaite passer rapidement outre la mesure des bulles à quatre athlètes, mais je veux au moins qu’on puisse commencer avec ça.»

Kearney trouve particulièrement aberrant que les clubs échangistes aient obtenu le feu vert de la Santé publique avant même les sports de combat.

«Je fais rire les gens quand je dis ça, mais on s’entend que de par leur nature, il y aura contacts... Comment le risque est-il moins grand qu’en sports de combat?»

Le groupe fera également valoir que tous les pays d’Europe et d’Asie, pourtant eux aussi durement touchés par la pandémie de COVID-19, ont tous procédé au déconfinement des sports de combat, tout comme l’Alberta.

«Il y a des risques partout; il y a moyen de les gérer en sports de combat. Aucune source de contamination n’a été identifiée dans les clubs de judo en Europe, où le judo est vraiment plus populaire. Ça me parle: ce sont des statistiques, des mathématiques.»

Répercussions olympiques

Même si les équipes nationales ne sont pas du ressort des fédérations provinciales, Kearney et ses homologues des autres sports de combat sont d’avis que les mesures actuelles auront un impact sur les résultats obtenus lors des Jeux olympiques de Tokyo, qui ont été repoussés à 2021.

Kearney donne l’exemple de l’équipe nationale de judo, basée à Montréal.

«Ce qu’ils font présentement, comme l’Alberta est déconfinée, ils vont faire des camps de deux semaines à Lethbridge et reviennent. Ça entraîne des coûts énormes.

«Par ailleurs, comme les sports de combats sont déconfinés partout en Europe et en Asie, les Canadiens partent avec deux prises contre eux. Antoine Valois-Fortier s’entraîne avec Catherine Beauchemin-Pinard. Ils peuvent faire un bout, mais Catherine ne peut pas être un adversaire qui représente un défi pour Antoine. Pour Catherine, ça ne convient pas davantage.

«Pendant ce temps, au Japon, en France, en Allemagne, ils n’ont jamais vraiment arrêté. Ce sont tous des pays solides, structurés. Ils ont pris le risque d’avoir des sports de combat. Il y a en a au soccer, au football, au baseball., etc. Je n’ai pas de problème avec le déconfinement des sports d’équipes: ce que je veux, c’est de la cohérence et il n’y en pas.»