Après un intense bras de fer entre démocrates et républicains, les bureaux de vote ont finalement ouvert mardi dans cet État du Midwest américain, frappé, comme tous les États-Unis, par la COVID-19.
Après un intense bras de fer entre démocrates et républicains, les bureaux de vote ont finalement ouvert mardi dans cet État du Midwest américain, frappé, comme tous les États-Unis, par la COVID-19.

Le Wisconsin aux urnes en pleine pandémie [PHOTOS]

MILWAUKEE — La Garde nationale déployée dans les bureaux de vote, où les électeurs portent des masques : les habitants du Wisconsin votent mardi, en pleine pandémie du coronavirus, pour des scrutins locaux et la primaire démocrate entre Joe Biden et Bernie Sanders, qui a dénoncé une décision «scandaleuse» risquant de se révéler «mortelle».

Après un intense bras de fer entre démocrates et républicains, les bureaux de vote ont finalement ouvert mardi dans cet État du Midwest américain, frappé, comme tous les États-Unis, par la COVID-19.

Depuis deux semaines, ses près de six millions d’habitants sont appelés à rester chez eux pour empêcher la propagation du virus, qui a déjà fait plus de 11.000 morts aux Etats-Unis, dont 77 dans le Wisconsin, qui dénombre plus de 2.400 cas.

Les électeurs attendaient, espacés, dans de longues files d’attente dans la grande ville de Milwaukee, où seuls cinq bureaux de vote ont pu être ouverts pour près de 600 000 habitants.

À Kenosha, plus au sud sur les rives du Lac Michigan, électeurs et employés des bureaux de vote étaient séparés par des parois en plexiglas, et environ 90 % portaient des masques. Des membres de la Garde nationale du Wisconsin désinfectaient régulièrement les tables et machine à voter. Quelque 2500 ont été déployés à travers l’État.

Faute d’employés électoraux, certains étant malades et d’autres craignant la contagion, plus d’une centaine de municipalités n’ont pas pu ouvrir un bureau de vote.

En jeu : la primaire démocrate mais aussi des élections locales cruciales pour l’équilibre des pouvoirs dans l’État, ce qui explique la bataille politique acharnée autour du scrutin.

Des électeurs ont voté au volant.

Trump : «Votez aujourd’hui»

Après des jours de négociations infructueuses avec les républicains, majoritaires à l’Assemblée et au Sénat du Wisconsin, le gouverneur démocrate Tony Evers avait signé un décret lundi pour reporter le scrutin au 9 juin.

Mais les républicains ont immédiatement saisi la Cour suprême du Wisconsin, qui a ordonné quelques heures plus tard la tenue du vote mardi.

Soutenu par Donald Trump, un juge conservateur de la Cour suprême joue justement sa réélection. Le président américain a donc encouragé à plusieurs reprises les électeurs à le réélire. «Votez aujourd’hui», a-t-il notamment tweeté.

Candidat à l’investiture démocrate pour le défier lors de la présidentielle de novembre, Bernie Sanders a lui jugé «scandaleux» que les républicains poussent à voter mardi «pour leur bénéfice politique». Cette décision est «dangereuse» et «risque bien de se révéler mortelle».

L’ancien vice-président Joe Biden, 77 ans et ultra-favori de la primaire démocrate, est donné vainqueur dans cet État par les sondages, mais une grande incertitude pèse sur ce scrutin.

À cause de la pandémie de coronavirus, aucune autre primaire démocrate n’a été organisée depuis le 17 mars.

À cause de la pandémie de coronavirus, aucune autre primaire démocrate n’a été organisée depuis le 17 mars. Déjà 15 États ainsi que le territoire de Porto Rico ont annoncé le report de leurs scrutins. Et le vote se fera uniquement par correspondance pour les autres scrutins prévus en avril (Alaska le 10, Wyoming le 17).

Cette quasi-suspension de la campagne renforce la pression sur Bernie Sanders, 78 ans, pour qu’il jette l’éponge.

Son retard sur l’ex-bras droit de Barack Obama dans la course à l’investiture démocrate est très difficilement rattrapable.

Dans un éditorial, le journal local <em>Milwaukee Journal Sentinel</em> a affirmé que si les parlementaires républicains du Wisconsin «disent défendre la démocratie, l’élection de mardi sera (en fait) la plus anti-démocratique de l’histoire de l’État».

La saga des élections du Wisconsin a réveillé des doutes sur les élections présidentielle, législatives et locales cruciales du 3 novembre, si la pandémie devait durer.

Dans un rare commentaire sur la politique, Michelle Obama a conseillé aux électeurs de prendre soin d’eux «et des autres», et a rappelé que les bulletins envoyés par courrier devaient impérativement être postés mardi.

Pour juguler les risques de contagion, un juge du Wisconsin avait en effet repoussé la semaine dernière l’échéance du vote par courrier jusqu’au 13 avril. Mais les républicains ont aussi fait appel de cette décision et la Cour suprême des États-Unis a tranché, en ramenant à mardi la date limite.

Les bulletins pourront être réceptionnés d’ici le 13 et les résultats pourraient donc ne pas être connus avant cette date.

Dans un éditorial, le journal local Milwaukee Journal Sentinel a affirmé que si les parlementaires républicains du Wisconsin «disent défendre la démocratie, l’élection de mardi sera (en fait) la plus anti-démocratique de l’histoire de l’État».

Certains électeurs portaient d'impressionnants masques.