Chris Boucher lors du passage des Raptors au PEPS de l'Université Laval en octobre dernier.
Chris Boucher lors du passage des Raptors au PEPS de l'Université Laval en octobre dernier.

Le Raptors Chris Boucher désolé d’avoir enfreint les règles de quarantaine

L’ailier québécois des Raptors de Toronto Chris Boucher est désolé d’avoir enfreint les règles de quarantaine pour aller s’acheter quelques denrées à Toronto, une petite incartade qui a été captée en photo par un internaute qui l’a ensuite partagée sur les réseaux sociaux.

En conférence téléphonique mercredi, le joueur de basketball est revenu sur le dossier. «Nous avions tous été testés pour la COVID-19 dans l’équipe et comme mon test était négatif, je n’avais pas réalisé que je devais quand même attendre deux semaines chez moi avant de sortir», a-t-il expliqué aux médias.

Boucher assure qu’il n’avait pas du tout l’intention de mettre qui que ce soit en danger. «Personne ne veut avoir le virus ou le donner à quelqu’un. Nous revenions d’un voyage de 12 jours sur la route et j’avais besoin d’acheter des choses pour survivre! Je ne voulais pas seulement manger en utilisant Uber Eats.»

Boucher dit s’être intéressé davantage au coronavirus et à sa propagation après cet événement. «J’ai fait plein de recherches et j’ai compris qu’il y a vraiment une différence entre être infecté et infecter les autres, que des gens peuvent être asymptomatiques et quand même infecter les autres», poursuit-il, assurant que maintenant, des gens sont chargés de faire ses emplettes à sa place.

Sensibilisation

Depuis, Boucher a aussi pris l’initiative d’interpeller les jeunes de Montréal-Nord, où il a grandi après être né dans l’île antillaise de Sainte-Lucie, pour les sensibiliser à la maladie en faisant un vidéo publié sur la plate-forme Snapchat.

«C’est mon initiative à moi, ce n’est pas l’équipe qui m’a demandé de faire ça. J’ai constaté qu’aux États-Unis, la population afro-américaine défavorisée était plus atteinte par la maladie. Moi, je me connais, et je sais que si j’étais plus jeune, je trouverais ça dur le confinement. Je voulais lancer le message qu’on peut être atteint, peu importe l’âge», poursuit-il.

En raison de la crise, Boucher est demeuré à Toronto et n’a pas rendu visite à sa famille à Montréal. «Quand je suis revenu, j’ai été mis en quarantaine, alors la meilleure chose pour moi est de demeurer à Toronto. Je ne voyage pas. Je leur parle au téléphone et avec l’application Zoom et, heureusement, tout le monde est bien, tout le monde est en santé.»


« Nous avions tous été testés pour la COVID-19 dans l’équipe et comme mon test était négatif, je n’avais pas réalisé que je devais quand même attendre deux semaines chez moi avant de sortir. »
Chris Boucher

Un choc

Boucher avoue avoir pris comme un choc la suspension de la saison de la National Basketball Association (NBA), premier des circuits majeurs nord-américains à prendre une telle décision en raison de la pandémie. 

«On ne s’y attendait pas et quand on nous l’a dit, on ne savait pas combien de temps ça durerait, mais ça a été rapidement à tous les bulletins de nouvelles», poursuit celui qui dit passer le temps en jouant aux jeux vidéo et en étudiant des vidéos de ses matchs de la saison dernière.

«Malheureusement, je n’ai pas accès à un terrain, mais j’ai un grand balcon alors je peux quand même avoir la sensation d’avoir le ballon dans la main. La seule chose que je ne peux pas faire, c’est shooter, car je n’ai pas de panier. Je fais aussi beaucoup de musculation et je regarde tous mes matchs sur mon iPad pour voir ce que j’aurais pu faire de mieux!», conclut-il.

Chris Boucher en action le 3 mars dernier à Toronto

BOUCHER VOUDRAIT UNE AUTRE BAGUE

Chris Boucher n’a pas été très impressionné lorsque l’auteur de ces lignes a suggéré que les Raptors de Toronto pourraient être les champions de la NBA une année de plus si la saison était annulée. «J’aimerais bien mieux avoir une autre bague! J’en prendrais une autre!», a-t-il lancé.

Sa déclaration démontre à quel point Boucher, ses coéquipiers et les autres basketteurs de la NBA ont hâte de revenir sur les courts. «On veut tous jouer. Nous, on veut défendre notre championnat, on veut juste revenir et jouer», a-t-il déclaré.

«Présentement cependant, le focus est d’essayer de régler la pandémie. On sait tous qu’on va jouer encore, le problème est de savoir quand. Moi, les périodes où j’ai été blessé m’ont aidé à ne pas perdre la tête, à trouver des solutions», ajoute-t-il.

Boucher dit ne plus chercher à savoir quand le jeu reprendra. «Tout le monde peut dire ce qu’il veut. Au début, j’écoutais beaucoup les nouvelles, je voyais que certains envoyaient les équipes terminer la saison à Vegas. Mais quand ça va être la vérité, la ligue l’annoncera.»

À sa troisième saison dans la NBA, Boucher a déjà amélioré plusieurs facettes de son jeu et a été récompensé en passant beaucoup plus de temps sur le terrain. Il avait connu un match de 19 points et 15 rebonds peu de temps avant la suspension de la saison.

«Je crois que j’ai démontré que je pouvais jouer. Il y a encore plusieurs choses que je peux améliorer, mais avec ma technique, j’ai pu montrer que je pouvais trouver des façons d’aider l’équipe à gagner. Je pense que c’est ce qui compte le plus, que je puisse être efficace en situation de match.»

Après avoir remporté le titre de joueur le plus utile de la G League, Boucher avait été rappelé par les Raptors l’an dernier. Son contrat, qui lui garantissait 1,5 million $ cette année, permet aux Raptors de se prévaloir d’une option l’an prochain pour un montant de 1 999 761 $.

«Honnêtement, je ne pense pas à ça pour l’instant. Ni vous ni moi ne savons ce qui va se passer dans l’avenir. Présentement, j’essaie de me préoccuper de ma santé et de ma famille», termine-t-il.