Le Dédélicieux de Normandin victime de la COVID-19

La pandémie de coronavirus fait une autre victime, alors que le restaurant Dédélicieux, de Normandin, se voit contraint de fermer définitivement ses portes.

«C’est avec peine que nous en sommes venues à la décision de devoir fermer nos portes. La décision n’a pas été prise de gaieté de cœur, mais la situation de la pandémie que nous vivons remet tout dans le balancier», est-il possible de lire sur la publication faite jeudi sur Facebook.

Selon les propriétaires, Émilie Frigon et Marie-Josée Girard, les frais d’ouverture pour satisfaire aux exigences de la Santé publique étaient très élevés et ces dépenses devaient être faites sans savoir si la clientèle serait au rendez-vous. De plus, la capacité du restaurant aurait été réduite, ce qui aurait eu un impact sur les revenus de l’entreprise.

Étant donné qu’il est impossible de prédire combien de temps dureront les mesures exceptionnelles pour limiter la propagation de la COVID-19, les entrepreneures ont décidé de fermer les portes du Dédélicieux. «Face à l’inconnu, nous ne pouvons continuer d’aller de l’avant dans ce contexte.»

Les propriétaires Marie-Josée Girard et Émilie Frigon ont annoncé la fermeture de leur restaurant de Normandin, le Dédélicieux.

Lancé il y a huit ans, le restaurant spécialisé dans les déjeuners et les dîners n’avait pas rouvert depuis la mise sur pause de toute l’économie québécoise à la mi-mars. À ce moment, les deux propriétaires avaient même liquidé leur inventaire sous la forme de dons au lieu de tout perdre.

Sur son site Web, le restaurant Dédélicieux est décrit comme étant «un hommage à la frénésie qui animait André ‘‘Dédé’’ Fortin, chanteur charismatique du groupe populaire Les Colocs originaire de Normandin au Lac-Saint-Jean».

Pour François Potvin, un résidant de Normandin, cette annonce est une bien triste nouvelle. «Il y a peu de place qui honore la mémoire de Dédé dans son patelin et ce resto en était un, dit-il. Le Dédé avait une identité unique. Un volet culturel propre. C’est le genre de resto qu’on rêve de voir dans la ‘‘p’tite ville’’ de Dédé Fortin. Il faut garder sa mémoire vivante. Ce type de commerce le faisait parfaitement.»

Marie-Claude Parent, une résidante d’Albanel, est pour sa part attristée de voir le rêve entrepreneurial de deux jeunes entrepreneures dynamiques partir en fumée en raison des effets collatéraux de la pandémie. «Le Dédélicieux aura été un fleuron pour notre secteur, dit-elle. Il a su se démarquer et démontrer que l’on peut faire de la restauration autrement. En plus du clin d’œil hommage à un grand artiste d’ici qui a lui aussi marqué son époque.»

Sur la page Facebook du restaurant, les deux entrepreneures ont pris le temps de remercier le milieu dans lequel elles ont évolué. «Nous avons créé des liens avec nos employés, avec notre clientèle et nos fournisseurs qui seront gravés en nos coeurs à jamais. Nous voulions faire de la restauration autrement et nous avions réussi. Nous avons gagné plusieurs prix jusqu’ici, mais la réalité nous fait voir un côté plus sombre que nous n’aurions jamais pu imaginer vivre.»