La métropole de quelque 11 millions d'habitants, placée à partir de fin janvier pendant plus de deux mois en quarantaine, a été particulièrement meurtrie par le virus, qui a contaminé dans le pays près de 83 000 personnes et fait 4 633 victimes, à en croire les chiffres officiels.
La métropole de quelque 11 millions d'habitants, placée à partir de fin janvier pendant plus de deux mois en quarantaine, a été particulièrement meurtrie par le virus, qui a contaminé dans le pays près de 83 000 personnes et fait 4 633 victimes, à en croire les chiffres officiels.

Le coronavirus réapparaît à Séoul et Wuhan

Agence France-Presse
Tandis que la peur d'un rebond de la pandémie envahit la planète, des foyers ressurgissent, notamment à Séoul et Wuhan.

Près de cinq mois après son apparition en Chine fin 2019, la COVID-19, qui a contaminé plus de quatre millions de personnes dont quelque 280 000 sont mortes, a conduit au confinement de plus de la moitié de l'humanité et mis l'économie mondiale à genoux paraît sous contrôle dans un nombre croissant de pays.

Nouveaux foyers 

Mais le spectre d'une deuxième vague, voire d'une troisième, brandi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est omniprésent.

La ville de chinoise de Wuhan, où le virus avait commencé à frapper, est venue le rappeler: les autorités y ont annoncé dimanche un nouveau cas, après plus d'un mois de répit à la suite d'un confinement draconien. Puis, lundi, la Chine a fait état de cinq nouveaux cas de coronavirus à Wuhan, berceau de la pandémie de COVID-19.

La métropole de quelque 11 millions d'habitants, placée à partir de fin janvier pendant plus de deux mois en quarantaine, a été particulièrement meurtrie par le virus, qui a contaminé dans le pays près de 83 000 personnes et fait 4 633 victimes, à en croire les chiffres officiels.

La Chine a signalé en tout 17 nouveaux cas de COVID-19 sur son territoire, dont 10 sont des infections d'origine locale. Il s'agit du second jour d'augmentation à deux chiffres du nombre de contaminations sur une journée. Depuis le 1er mai, elles s'étaient maintenues à moins de trois par jour.

Parmi ces nouveaux cas locaux, cinq ont été recensés dans le nord-est du pays, près de la Russie et de la Corée du Nord, faisant redouter l'apparition de nouveaux foyers de contamination.

La ville de Shulan, qui compte environ 670 000 habitants, a ainsi été placée en quarantaine après la découverte d'au moins 11 cas durant la fin de semaine, selon la télévision publique CCTV.

La Chine avait jusque-là largement jugulé l'épidémie, à en croire les chiffres officiels.

Aucun nouveau décès lié au nouveau coronavirus n'a été signalé dans le pays depuis près d'un mois et l'activité reprend progressivement.

En Corée du Sud, où la progression du virus avait également été stoppée, la capitale Séoul a dû de son côté ordonner la fermetures des bars et des discothèques, après de nouveaux cas de COVID-19.

Ce nouveau foyer «fait prendre conscience que ce genre de situation peut se présenter n'importe quand», a souligné dimanche le président sud-coréen Moon Jae-in. «Ce ne sera pas fini avant que ce soit vraiment fini», a-t-il martelé.

Également citée en exemple, l'Allemagne a pour sa part vu le seuil critique de 50 nouvelles contaminations pour 100 000 habitants être franchi dans trois cantons.

Dans ce pays, où la Bundesliga, le championnat de football, doit en principe reprendre dans les prochains jours, bars et restaurants ont rouvert dès samedi dans l'État régional de Mecklembourg-Poméranie antérieure, sur les bords de la Baltique.

En France, où une réouverture controversée des écoles a été prévue par le gouvernement, trois foyers épidémiques ont été détectés dans l'ouest, dont l'un après une réunion de... préparation de la rentrée.

«Grâce à vous, le virus a reculé. Mais il est toujours là. SAUVEZ DES VIES RESTEZ PRUDENTS», a tweeté en début de soirée le président Emmanuel Macron.

Afin de limiter les risques de propagation, seule une partie de l'Espagne sera déconfinée. Plusieurs grandes villes, comme Madrid et Barcelone, restent soumises à de sévères restrictions.

Au cours des dernières 24 heures, ce pays a officiellement comptabilisé 143 morts de la COVID-19, le bilan le moins élevé depuis le 18 mars, loin du maximum de 950 début avril.

Même chose en France, avec 70 morts supplémentaires annoncées dimanche soir, un plus bas depuis la mise sous cloche de sa population le 17 mars.

Le déconfinement y sera modulé entre régions «vertes» et «rouges», comme Paris, où les autorités appellent à la plus grande vigilance. Partout, le masque sera obligatoire dans les transports publics et les gestes barrières de rigueur.

«Deuxième pic»

Plusieurs autres pays vont également accélérer leur levée des restrictions lundi.

En Turquie, les personnes de plus de 65 ans ont bénéficié dimanche pendant quatre heures de leur première autorisation de sortie depuis le 21 mars. «C'est comme si nous étions en vacances à partir de 11 heures aujourd'hui. Nous sommes très heureux», dit Umit Avci, 81 ans, à Istanbul.

À l'opposé, la Russie, avec plus de 10 000 cas par jour, a dû renforcer son dispositif. Les 200 000 cas y ont été atteints.

Les chiffres aux États-Unis, pays le plus endeuillé de la planète avec près de 80 000 morts, connaissent un fléchissement, avec 776 décès enregistrés dimanche, soit le bilan quotidien le plus bas depuis mars. Depuis plusieurs semaines, il y avait entre 1 000 et 2 500 morts chaque jour.

Quant à Donald Trump, il voit le virus se rapprocher de son entourage. Katie Miller, la porte-parole du vice-président Mike Pence, a été testée positive. Et trois membres de l'équipe anticoronavirus de la Maison Blanche, dont l'épidémiologiste Anthony Fauci, vont rester en isolement après de possibles expositions.

Le maire de New York Bill de Blasio a quant à lui fait part dimanche de sa «grave inquiétude» concernant une augmentation des cas d'un syndrome touchant les enfants que les scientifiques pensent être lié au nouveau coronavirus.

Bolsonaro en jet-ski 

En Amérique du Sud, le Brésil déplore à lui seul officiellement la moitié des plus de 20 000 morts du sous-continent, un chiffre que des experts jugent très sous-évalué. Ce qui n'a pas empêché son président, Jair Bolsonaro, de faire du jet-ski sur un lac de Brasilia, selon le média en ligne Metropoles.

En Iran, pays le plus endeuillé du Moyen-Orient avec 6 500 décès recensés, la réouverture des commerces s'accompagne déjà d'une hausse des contaminations. Celle-ci «est en partie due (...) aux gens qui vont faire du magasinage», a assuré Massoud Mardani, du ministère de la Santé.

Quant aux Belges, il ont pu recommencer dès ce dimanche de fête des Mères à recevoir quatre personnes à leur domicile. «Nous avons sorti au jardin notre plus grande table et cela afin de garder malgré tout cette sacrée distanciation sociale entre chaque convive», raconte Patrick Rodriguez, un marchand de journaux de Bruxelles.