Le Dr François Lamontagne codirige l’étude LOVIT (Lessening Organ dysfunction with VITamin C).
Le Dr François Lamontagne codirige l’étude LOVIT (Lessening Organ dysfunction with VITamin C).

La vitamine C pour aider les patients COVID-19 ?

La vitamine C viendrait-elle en aide aux patients infectés par la COVID-19? La question se pose. En effet, la vitamine C fait partie d’une courte liste de traitements potentiels de la COVID-19 méritant une évaluation rigoureuse selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Menant déjà une étude sur la question, les Drs François Lamontagne et Neill Adhikari de l’Université de Sherbrooke viennent de lancer une étude complémentaire visant à évaluer les effets de la vitamine C pour tous les cas de COVID-19 nécessitant une hospitalisation.

Les Drs Lamontagne et Adhikari dirigent conjointement l’étude LOVIT (Lessening Organ dysfunction with VITamin C), un essai clinique en cours depuis 2018 dans plus d’une vingtaine d’établissements hospitaliers à travers le Canada, qui évalue les effets de fortes doses de vitamine C administrées par voie intraveineuse sur l’évolution des patients souffrant d’infections sévères et qui sont soignés dans les unités de soins intensifs.

Des études suggèrent en effet que les niveaux de vitamine C de ces patients sont nettement en deçà des normales. Les chercheurs pensent qu’un manque de vitamine C explique plusieurs anomalies et défaillances pouvant causer la mort.

Bien que l’ensemble des données demeure non concluant, certaines études suggèrent que l’administration de vitamine C intraveineuse aux patients gravement malades pourrait améliorer la survie.

La nouvelle étude permettra aux chercheurs de tester l’hypothèse qu’un traitement de vitamine C réduit les risques de détérioration qui mènent certains patients hospitalisés à cause de la COVID-19 jusqu’aux unités de soins intensifs.

« Notre première s’adresse aux patients très malades, suffisamment pour être hospitalisés aux soins intensifs. Depuis le début de la pandémie, on s’est efforcés de l’offrir également aux patients souffrant de la COVID-19 », indique le Dr Lamontagne.

Considérant que des patients moins malades pourraient aussi bénéficier de traitements à la vitamine C, les deux chercheurs et de nombreux collègues ont profité de la visibilité offerte par le document de l’OMS pour obtenir une subvention supplémentaire de 1,87 M$ de la Lotte & John Hecht Memorial Foundation qui privilégie les recherches en santé sur les médecines alternatives.  

« Dans le contexte de la pandémie actuelle, nous voulons évaluer l’ensemble des effets de la vitamine C sur l’évolution des infections nécessitant un séjour à l’unité des soins intensifs, mais aussi sur la progression de la maladie de tous les patients atteints de la COVID-19 devant être hospitalisés mais pas aux soins intensifs. À ce jour, nous avons déjà recruté 70 patients atteints de COVID-19 à travers le Canada », explique le Dr Lamontagne. 

Il est trop tôt pour parler de résultats, même préliminaires. « Ces études demandent de grands échantillons pour être concluantes. Il faut être patients avant de tirer des conclusions dans un sens ou dans l’autre », indique-t-il.

L’étude se déroulera dans 25 centres hospitaliers canadiens et des collaborations avec d’autres hôpitaux, ailleurs dans le monde, sont aussi à l’ordre du jour.

« Tout le monde a le souci de faire vite, car on ne sait pas quelle sera l’évolution de la transmission du virus », indique le chercheur du Centre de recherche du CHUS, qui est aussi interniste-intensiviste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le nombre de patients hospitalisés à cause de la COVID-19 est en baisse au Québec et au Canada sur la fin de cette première vague. L’étude risque donc de partir plutôt lentement.

« Au début de la pandémie, la recherche dans le monde a mis deux-trois mois à se mettre en branle. C’est lent dans un sens, mais en même temps, c’est extrêmement rapide dans le monde de la recherche », souligne le médecin et chercheur.

« S’il n’y a plus de patients COVID-19, les études ne pourront pas avoir lieu. Mais s’il y a des deuxièmes vagues, nous sommes maintenant prêts à mener nos recherches », conclut le Dr Lamontagne.