La grande majorité des terrains de camping ouvrent habituellement leurs portes à la mi-mai.
La grande majorité des terrains de camping ouvrent habituellement leurs portes à la mi-mai.

La saison de camping en péril?

La prochaine saison de camping en Outaouais, comme partout au Québec, n’échappe pas à la guigne de la pandémie de la COVID-19. Avec l’incertitude généralisée entourant la crise, impossible de confirmer si les adeptes de la tente, du sac de couchage et du feu de camp en forêt pourront profiter du plein air en toute liberté dans les mois à venir.

À la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), le plus grand réseau de plein air dans la Belle Province, qui est en charge de gérer notamment les réserves fauniques La Vérendrye et Papineau-Labelle, le parc national de Plaisance et le centre touristique du Lac-Simon, l’accès aux parcs nationaux, aux réserves fauniques et aux établissements touristiques est fermé au public depuis le 21 mars.

« On garde un œil sur les signaux que le gouvernement envoie, mais nous n’avons pas de date de réouverture fixée. On demeure fermé jusqu’à nouvel ordre pour des questions de sécurité pour nos employés et nos clients », affirme le porte-parole de l’organisation, Simon Boivin.

La Sépaq offre une fourchette de produits très diversifiée qui ne comprend pas uniquement le camping. Chasse, pêche, restauration et location d’équipements de plein air sont autant de services aussi offerts par la société d’État dont plus du 80 % du budget d’exploitation provient de sources d’autofinancement comme les droits d’accès exigés aux usagers du réseau.

Pour l’instant, toutes les options sont sur la table pour 2020, mais il est impossible de prédire s’il y aura oui ou non une saison de camping dans un avenir rapproché, souligne M. Boivin.

« Ce qui vient compliquer les choses, c’est qu’on ne sait pas à quel moment on pourra ouvrir nos installations. On ne sait pas si on pourra tout ouvrir. On doit préparer différents scénarios qui sont tous tributaires de l’évaluation de la situation qui sera faite par le gouvernement et par les autorités de la santé publique », indique ce dernier.

Du côté de Camping Québec, qui représente les exploitants de terrains de camping du Québec, c’est le silence radio le plus complet. L’association qui regroupe 750 membres provenant des secteurs privé et public, soit plus 90 % de l’offre de camping au Québec, a décliné notre demande d’entrevue au sujet de la situation de la COVID-19 et de la saison 2020. « Nous ne donnons pas d’entrevues à ce sujet. Nos efforts se concentrent vers nos entrepreneurs et nos campeurs », a répondu au Droit le président-directeur général de l’organisme, Simon Tessier, par courriel.


« On ne sait pas à quel moment on pourra ouvrir nos installations. On ne sait pas si on pourra tout ouvrir. »
Simon Boivin, porte-parole de la Sépaq

Des propriétaires de camping ont partagé anonymement que l’association avait demandé à ses membres de ne pas s’entretenir avec les médias. Tous les propriétaires de sites de camping en Outaouais joints par Le Droit ont d’ailleurs refusé de commenter la situation.

La prudence sera de mise 

L’Alliance de l’industrie touristique du Québec demande pour sa part aux amateurs de plein air de faire preuve de prudence. Son président-directeur général, Martin Soucy, rappelle que la grande majorité des terrains de camping ouvrent leurs portes à la mi-mai. Avec le sommet de la courbe de la pandémie attendue la semaine prochaine au Québec et une réouverture progressive de certains commerces dans les semaines à venir, l’industrie du camping pourrait être épargnée.

« Dans un esprit d’achat local, on appelle les gens, s’ils ont fait des réservations, à faire preuve de patience. Ce ne sont pas de grandes entreprises qui gèrent les campings et il faut être solidaire avec elles », affirme M. Soucy.

L’industrie du camping va se plier aux directives gouvernementales, mais cette activité aurait le potentiel de pouvoir fonctionner dans un contexte de distanciation sociale, estime ce dernier.

« Il y a déjà une distanciation sociale entre les espaces de camping. Il faut juste trouver des solutions pour voir si on peut opérer en respectant cette mesure, quand ça reprendra. Camping Québec est déjà à travailler sur des approches qui pourraient faire en sorte que les espaces communautaires soient accessibles. Si nous sommes capables d’aller chez Costco et de respecter la distanciation, on peut penser qu’il serait possible d’aller dans une douche ou un bloc sanitaire, tout en respectant les mêmes règles qu’on applique dans le commerce de détail », explique M. Soucy.

À la Fédération québécoise de camping et de caravaning (FQCC), qui compte quelque 65 000 membres dans ses rangs, on demeure optimiste, confie la directrice Claudy Laplante St-Jean.

Les amateurs de camping gardent le moral malgré tout, souligne Mme Laplante St-Jean qui croit que lorsque la vie reprendra son train habituel, les gens seront au rendez-vous dans les différents espaces et terrains du Québec.

« On reçoit en ce moment des photos de gens qui montent leur tente dans le salon, qui dorment dans leur VR ou qui soupent dans leur VR. Les gens restent positifs », de conclure la directrice de la FQCC.