«Il faut parler de sport, mais la matière première n’est pas là. On ne peut pas commencer la journée en se disant : “Ce soir, on va parler de la game du Canadien d’hier”. Il faut se creuser la tête, mais c’est un défi extraordinaire au niveau de la créativité», explique Jean-Charles Lajoie.

La mission de Jean-Charles 

Jean-Charles Lajoie est l’un de ceux qui doivent faire preuve de créativité, ces temps-ci, pour livrer une quotidienne de sport à la télé. Si le défi est de taille, le populaire animateur est d’avis qu’il est là « pour faire du bien aux gens ».

« À un moment donné, tu te poses des questions, a-t-il raconté, jeudi, quelques minutes avant d’entrer en ondes. Tu regardes ça et tu te dis : “Parler du Canadien, parler de sport, est-ce que c’est vraiment pertinent présentement ? ” Puis, tu vas voir tes courriels et tu vois plein de messages de gens qui te disent : “Merci d’être là, merci de nous changer les idées un peu ! ” Pis là, tu comprends que tu as une mission à accomplir. »

Le temps des deux heures que dure son émission JiC, à TVA Sports, le résident de Shefford oublie lui-même ce qui se passe présentement et avec lequel il avouera vivre plutôt difficilement.

« Oui, je trouve ça très dur. Je suis habitué à avoir le contrôle sur mon quotidien et là, on ne contrôle plus rien, on est à la merci d’un ennemi redoutable, inconnu et, surtout, invisible. Je fais mon travail et je rentre chez nous, je m’isole. Non, je ne suis pas pire que les autres. Mais je trouve ça dur d’avoir perdu tous mes repères. »

Jean-Charles a toujours dit « que le sport, on n’en meurt pas ». Et ça fait aussi partie des repères qu’il a perdus.

« Parce que là, on n’est plus sûr de rien, on ne sait pas où on s’en va. »

Le sport ne lui manque pas

S’il parle de sport encore deux heures par jour à son émission, Jean-Charles Lajoie étonnera en disant que le sport, l’action en direct, ne lui manque pas.

« Non, ça ne me manque pas. Je l’ai toujours dit, il y a une vie en dehors du sport et j’ai une vie en dehors du sport. Je lis, je fais autre chose. »

Tout de même, il doit se creuser la tête à tous les jours afin de donner aux membres de son imposant fan-club ce qu’ils veulent : du sport.

« Il faut parler de sport, mais la matière première n’est pas là. On ne peut pas commencer la journée en se disant : “Ce soir, on va parler de la game du Canadien d’hier”. Il faut se creuser la tête, mais c’est un défi extraordinaire au niveau de la créativité. »

Vendredi, Jean-Charles va revenir sur la trilogie Hilton-Ouellet. En fin d’après-midi, jeudi, il tentait encore de s’assurer la présence des deux anciens boxeurs.

« Le sport est en pause, mais on a l’histoire avec nous. Et l’histoire du sport est très riche. Il y aura toujours quelque chose à jaser. Mais il faut trouver les bons sujets, ce qui va vraiment intéresser les gens. »

Car il n’a pas le choix, il a une mission à remplir.