La Société d’habitation du Québec suggère fortement de faire appel aux services de déménageurs professionnels.
La Société d’habitation du Québec suggère fortement de faire appel aux services de déménageurs professionnels.

La COVID-19, un poids de plus pour les déménageurs [VIDÉO]

La tâche des déménageurs lors d’importantes chaleurs est déjà bien difficile. Elle l’est particulièrement cette année avec l’exposition aux foyers inconnus et aux éventuels contacts avec la COVID-19.

Soulever un fauteuil, descendre d’un quatrième étage, endurer une chaleur accablante. Ce lourd fardeau a été le lot quotidien des déménageurs, cette semaine. Le poids de cette réalité devient encore plus difficile à porter lorsqu’il faut respirer à travers un masque pour répondre aux recommandations de la Santé publique.

« Porter le masque, on ne peut pas le faire dans de telles journées, dit Stéphane, de Déménagement Maximum, à Gatineau. On arrive dans des appartements à 35 degrés. On part d’en haut et on descend de gros meubles. »

L’entreprise exige toutefois de ses employés qu’ils se lavent souvent les mains, et demande aux clients de garder leurs distances de deux mètres afin de répondre aux recommandations du Dr Arruda.
« On ne demande pas aux clients de porter un masque, mais on leur demande de ne pas être près de nous lorsqu’on travaille. »

Un autre transporteur de l’Outaouais, André Bélair, est spécialisé dans les déménagements de résidences pour personnes âgées. Gants, masques, et parfois jaquettes d’hôpital sont obligatoires pour ses employés.

« Le matin, on demande à nos employés s’ils ont des symptômes. Si c’est oui, on le ‘revire’ de bord. On demande aux clients d’être le moins présent possible. Dans les résidences et les CHSLD, c’est la jaquette par-dessus les vêtements des employés. Les gars n’étaient pas fous des jaquettes. Puis, le masque a tendance à bouger. »

Les entreprises de déménagement demandent de laisser leurs équipes faire le travail pour éviter les risques.

Avant la pandémie, les familles pouvaient accompagner leurs aînés dans le déménagement, en emballant et transportant les biens. Pour protéger ses employés et cette clientèle vulnérable au nouveau coronavirus, M. Bélair a dû demander aux familles de s’abstenir d’accompagner leurs parents ou grands-parents.

« Les familles ne peuvent entrer et aider à déménager, dit-il. C’est nous qui faisons cela. C’est moins facile pour les familles, qui veulent aider et s’occuper des affaires de la personne. »

La pandémie n’a pas ralenti les activités des deux entreprises. Ces dernières doivent cependant demander la collaboration des clients, ce qu’elles obtiennent la plupart du temps.

« Nous avons eu une exception il y a deux semaines, dit M. Bélair. Deux aînés devaient déménager. Lorsque nous sommes arrivés, les enfants et d’autres proches étaient dans la maison pour les aider. Il y avait six personnes en haut, et une autre en bas. Sept personnes, en plus de mes employés. On a demandé à la famille de sortir. »

Puisqu’ils touchent à tout, les déménageurs doivent être aux aguets pour freiner les risques de contamination croisée.

« On veut aussi se protéger, mentionne Stéphane, de Déménagement Maximum. Nous, on est jeunes et en santé. Il faut quand même être prudents et protéger les autres. Si un client a des symptômes, on n’y va pas. Mais depuis le début (de la pandémie), les clients collaborent assez bien. »

André Bélair a quant à lui ajouté un formulaire à son contrat de service, dans lequel les clients confirment qu’ils n’ont pas de symptômes liés à la COVID-19. « S’il y a une fausse déclaration, on dénonce. Mais comme a dit le gouvernement québécois, les gens ‘sont obéissants’ ! »

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Puisqu’ils touchent à tout, les déménageurs doivent être aux aguets pour freiner les risques de contamination croisée.

68 000 MÉNAGES QUÉBÉCOIS CHANGERONT D'ADRESSE

Environ 68 000 ménages québécois changeront d’adresse, le premier juillet. Cela représente autant d’occasions de propager la COVID-19, note la Société d’habitation du Québec (SHQ).

Pour limiter le nombre de personnes dans un même endroit clos, la SHQ recommande de retenir les services d’un déménageur professionnel. 

« Il faut éviter les regroupements d’amis à l’intérieur et privilégier les équipes de déménageurs qui ont déjà de bonnes habitudes sanitaires, si on en a les moyens, dit le directeur des communications de la SHQ, André Ménard. Si on n’a pas le choix de le faire soi-même — et avec d’autres — il faut se laver les mains, tousser dans son coude et même déléguer une personne responsable des bonnes pratiques d’hygiène chez les participants. Pour la bière et la pizza, ça se fait dehors. On essaie de mettre nos meubles près de la porte pour diminuer la présence des autres à l’intérieur. »

La SHQ a mis sur son site Web un aide-mémoire visant à limiter la propagation communautaire du virus. 

Ceux qui quittent leur ancien logement devraient avoir la décence et le respect d’au moins bien nettoyer la salle de bain. 

« Nettoyez donc les pièces vides et les poignées de porte avant de partir, dit le porte-parole. Pour la salle de bain, la raison est évidente. C’est une question de respect. »