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Plus tôt en mars, le Service de police de la Ville de Lévis a été amené à appliquer une ordonnance de surveillance continue d’une résidence dont les occupants, tous infectés par le SRAS-CoV-2, étaient jugés «à haut risque» de ne pas respecter l’ordre d’isolement de la Santé publique.
Plus tôt en mars, le Service de police de la Ville de Lévis a été amené à appliquer une ordonnance de surveillance continue d’une résidence dont les occupants, tous infectés par le SRAS-CoV-2, étaient jugés «à haut risque» de ne pas respecter l’ordre d’isolement de la Santé publique.

Isolement des cas positifs: des ordonnances de surveillance 24h/24 rares, mais parfois nécessaires

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
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La Direction de santé publique de Chaudière-Appalaches a récemment dû prendre les grands moyens pour s’assurer que des résidents du secteur Pintendre atteints de la COVID-19 respectent leur isolement en ordonnant leur surveillance à domicile 24 heures sur 24. Un pouvoir extraordinaire rarement utilisé, tant du côté de Chaudière-Appalaches que de celui de la Capitale-Nationale, nous dit-on.

Plus tôt en mars, le Service de police de la Ville de Lévis a été amené à appliquer une ordonnance de surveillance continue d’une résidence dont les occupants, tous infectés par le SRAS-CoV-2, étaient jugés «à haut risque» de ne pas respecter l’ordre d’isolement de la Santé publique. La résidence a d’abord été surveillée par des policiers, puis une agence de sécurité a pris le relais, confirme-t-on à la police de Lévis.

Sans commenter ce cas particulier pour des raisons de confidentialité, la porte-parole du CISSS de Chaudière-Appalaches Mireille Gaudreau indique qu’il est extrêmement rare que la Santé publique doive rendre une ordonnance d’isolement pour forcer des personnes atteintes de la COVID-19 à demeurer à leur domicile, ne l’ayant fait que deux ou trois fois depuis le début de la pandémie. 

«Avec près de 12 000 cas dans la région depuis le début de la pandémie, il y a certains individus qui ont été réticents à appliquer nos consignes. La direction de santé publique module son approche en fonction des situations et de leur évolution. Il va sans dire qu’on commence par sensibiliser, éduquer et mobiliser avant d’utiliser une approche plus coercitive. Dans certains cas, nous intensifions nos suivis auprès des cas et contacts, dans d’autres situations, nous avons eu recours aux services policiers pour faire de la sensibilisation ou des vérifications. Sauf en de rares cas, ces interventions sont suffisantes», mentionne Mireille Gaudreau.

Si elles ne respectent pas l’ordonnance d’isolement à domicile, les personnes peuvent se voir contraindre d’être gardées en isolement ailleurs, dans un milieu de soins, par exemple, ajoute la porte-parole du CISSS de Chaudière-Appalaches. 

«En fonction des situations, la direction de santé publique avec le soutien du CISSS, des services policiers ou d’autres partenaires directement concernés évaluent quels moyens pourraient ou devraient être mis en place afin d’assurer le respect de l’ordonnance d’isolement, et ce, en fonction de différents facteurs (vulnérabilité sociale des usagers, enjeux relatifs à leur état de santé, incidents de non-respect des mesures déjà documentés, comportements à risque, par exemple). Le soutien par des agents de sécurité figure parmi les différentes solutions possibles», ajoute Mme Gaudreau.

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, le porte-parole Mathieu Boivin indique que des ordonnances pour forcer une personne à respecter un ordre d’isolement ou à collaborer à une enquête épidémiologique ont été rendues à seulement six reprises depuis le début de la pandémie, sur plus de 23 300 cas confirmés de COVID-19. 


« C’est un pouvoir exceptionnel que nous utilisons avec parcimonie, dans les rares cas où nous échouons à faire entendre raison à un(e) citoyen(ne) - et toujours par souci de protéger la population »
Mathieu Boivin, porte-parole au CIUSSS de la Capitale-Nationale

Le porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale rappelle qu’«au moment de l’enquête épidémiologique, outre l’annonce du résultat de son dépistage, la personne trouvée positive COVID-19 reçoit verbalement et par écrit les recommandations de santé publique et consignes à suivre pour la personne atteinte de la COVID-19 en isolement à la maison». 

«Au fil de la conversation, nos infirmières et enquêteurs sont en mesure de détecter d’éventuels cas problèmes.

Dans le cadre du suivi téléphonique effectué auprès de tous les cas positifs isolés à domicile, pour vérifier l’évolution de leur situation et repérer à temps une éventuelle aggravation de leurs symptômes, nous les interrogeons aussi sur leur assiduité à respecter l’isolement prescrit», ajoute-t-il.

Moins de collaboration

Si aucune donnée probante ne soutient pour le moment la perception d’un relâchement dans le respect des mesures d’isolement après plus d’un an de pandémie, la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale note depuis quelque temps «une dégradation appréciable du niveau de collaboration et de cordialité des personnes contactées dans le cadre des enquêtes épidémiologiques», mentionne le porte-parole du CIUSSS.

On sait par ailleurs, comme l’ont révélé les enquêtes populationnelles menées en continu par l’INSPQ, qu’un bon tiers des Québécois admettent désormais des entorses plus ou moins importantes aux consignes sanitaires en vigueur dans leur région.

À ce sujet, Mireille Gaudreau souligne que la région de Chaudière-Appalaches figure parmi celles où la population adhère le moins aux mesures. «Avec l’arrivée réelle des variants dans notre région, une adhésion plus faible aux mesures sanitaires nous met à risque d’être dans une situation difficile avant longtemps», craint la porte-parole du CISSS de Chaudière-Appalaches.

Même son de cloche du côté du CIUSSS de la Capitale-Nationale, où on déplore également «qu’un sentiment populaire voulant que “le pire soit derrière nous” soit en train de s’installer et fournisse à certains un confort moral pour baisser leur garde et s’autoriser des comportements qui augmentent le risque de contagion». 

«Il faut pourtant continuer à se montrer rigoureux afin d’éviter qu’une troisième vague ne nous frappe avant que la vaccination n’ait eu le temps de nous protéger collectivement», rappelle Mathieu Boivin.