Le ministère américain de la Justice relève que le MMS est en fait «un produit chimique qui, quand il est mélangé à un activateur inclus, créé de l'eau de javel».
Le ministère américain de la Justice relève que le MMS est en fait «un produit chimique qui, quand il est mélangé à un activateur inclus, créé de l'eau de javel».

Interdiction d'un traitement «miracle» contre le coronavirus à base d'eau de javel

WASHINGTON — La justice américaine a suspendu vendredi la vente d'un supposé traitement miraculeux contre le nouveau coronavirus promu depuis des années par un groupe baptisé «l'église Genesis» et à base d'eau de javel.

Saisi en urgence, un tribunal fédéral de Floride a prononcé une interdiction temporaire de vente du produit vendu comme «solution minérale miraculeuse» (MMS) qui, selon le site de ses promoteurs, «guérit 95% des maladies» mondiales, dont le cancer, le sida, ou le choléra, et désormais la COVID-19.

Le ministère américain de la Justice, à l'origine des poursuites, relève que le MMS est en fait «un produit chimique qui, quand il est mélangé à un activateur inclus, créé de l'eau de javel».

L'agence américaine de l'Alimentation et du Médicament (FDA) avait émis il y a plusieurs années de premiers avertissements sur ce produit, susceptible de causer des nausées, des vomissements et de la déshydratation.

En France, les autorités sanitaires avaient également alerté en 2010 sur les risques d'intoxication liés au MMS, où il a été promu pour «guérir» l'autisme.

Plusieurs vendeurs ont été condamnés en justice, mais l'«église Genesis» ne l'a jamais retiré de la vente.

Le 8 avril, les autorités avaient adressé une dernière mise en garde à ses promoteurs. Sur leur site internet, ils avaient défendu leur produit décrit comme «sacré», «saint» et refusé de se plier aux injonctions.

«Ils ont continué à placer les consommateurs dans une situation risquée avec du dioxyde de chlore potentiellement dangereux, nous ne le tolérerons pas», a commenté un responsable de la FDA Stephen Hahn, cité dans un communiqué.

Les États-Unis ont mis en place des unités de lutte spécialisées contre les fraudes liées à la pandémie de nouveau coronavirus qui a fait près de 35 000 morts dans le pays. Vols de masques ou de matériel de protection, vente de faux traitements, appels aux dons factices... plusieurs types de malversations ont été repérées.

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LA THÉORIE D'UN VIRUS FABRIQUÉ VIVEMENT CONTESTÉE

Une théorie avancée par le professeur français Luc Montagnier, co-découvreur du virus du SIDA, selon laquelle le nouveau coronavirus serait issu d’un accident de laboratoire, a été vivement contestée vendredi par la communauté scientifique.

D’après le prix Nobel de médecine, habitué des polémiques et désormais très controversé dans le monde scientifique, le virus SARS-CoV-2 est issu d’une tentative de fabrication d’un vaccin contre le virus du SIDA.

En atteste, selon lui, la présence d’éléments du VIH dans le génome du nouveau virus, et même d’éléments du «germe de la malaria», argumente-t-il.

D’après le PMontagnier, ces caractéristiques du nouveau coronavirus ne peuvent être survenues de façon naturelle. L’accident serait intervenu dans le laboratoire de haute sécurité de la ville de Wuhan, ajoute-t-il.

Il propose même de débarrasser le virus de ces éléments étrangers «avec des ondes».

«Cela n’a pas de sens. Ce sont de tout petits éléments que l’on retrouve dans d’autres virus de la même famille, d’autres coronavirus dans la nature», explique à l’AFP le virologue Étienne Simon-Lorière de l’Institut Pasteur à Paris. «Ce sont des morceaux du génome qui ressemblent en fait à plein de séquences dans le matériel génétique de bactéries, de virus et de plantes», lance-t-il.

«Si on prend un mot dans un livre et que ce mot ressemble à celui d’un autre livre, peut-on dire que l’un a copié sur l’autre?» «C’est aberrant», assène ce responsable de la structure génomique évolutive des virus ARN à l’Institut Pasteur.

Les modifications du virus qui chercherait à se débarrasser des éléments étrangers (morceaux génétiques de VIH...) et qui seraient observées à Seattle aux États-Unis, selon le Nobel controversé, sont fausses, ajoute M. Simon-Lorière qui s’abstient de tout commentaire sur les «ondes» du Pr Montagnier.

La théorie selon laquelle ce virus est issu de manipulations génétiques circule depuis longtemps et a été déjà démentie d’après les analyses du génome du virus communiqué par les Chinois, d’autant que les chercheurs dans le monde entier ont pu depuis isoler et analyser eux-même ce virus à partir de prélèvements provenant de patients sur leur territoire. AFP